‹ Histoire de GignyChapitre 67 sur 356 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

les habitants de la seigneurie de Gigny , à l'exception de 1272 ceux de ce bourg lui-même qu'on trouve déjà , en 1518 , t. reconnus francs de toute ancienneté. Ceux de Grave et de Charnay ne furent affranchis qu'en 1778, et ceux des autres villages restèrent serfs jusqu'à la fin.

La mainmorte, appelée en quelques lieux mortmllabilité , laillabiliié, pouète, condit ion serve , fut, dansle dix-huitième siècle, la dernière forme de l'esclavage , une servitude imparfaite , modifiée et adoucie. Selon les uns, on l'appelait mainmorte, parce que la main de celui qui en était affecté se trouvait comme morte , ne produisant rien d'utile pour lui par le travail. Selon d'autres , ce nom avait été donné parce que , quand le mainmortable était mort dans l'indigence sans postérité , on lui coupait la main droite pour la présenter au seigneur, comme formant tout l'héritage du défunt.

L'origine de cette condition sociale remonte probablement à l'esclavage dans lequel tes Romains, puis les Bourguignons et les Francs , tenaient les gens de la campagne dans les pays conquis , les attachant perpétuellement à la glèbe pour la culture des terres d'autrui , privés de toute liberté personnelle et de la faculté de rien acquérir en propre. Le christianisme adoucit cet esclavage, en le transformant en mainmorte, et celle-ci fut la condition commune des habitants des bourgs et des campagnes dans le moyen âge. Avant le milieu du douzième siècle , le roi Louis-le-Gros concéda des affranchissements que ses successeurs multiplièrent beaucoup, moyennant finance ou rente perpétuelle, surtout dans le treizième et dans le quatorzième siècle. A la fin, la mainmorte ne subsistait plus que dansées deux Bourgognes , ainsi que dans la Savoie, l'Auvergne, la Champagne, la Marche et le Nivernais.

Cette servitude différait de l'esclavage ancien , principalement parce que le mainmortable pouvait s'affranchir , malgré sou seigneur, par le désaveu, c'est-à-dire, en lui abatir

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1272 donnant, sons la foi dn serment, les immeubles tenus en mainmorte dans sa seigneurie, avee les deux tiers des meubles. Mais, au reste, avant son affranchissement, il jouissait d'une liberté fort restreinte. Il ne pouvait ni vendre , ni hypothéquer ses biens assujettis , sans le consentement de son seigneur. Ce consentement était aussi nécessaire pour contracter mariage hors de la seigneurie et éviter les peines de foniuwiage. Le mammortable n'était reçu bourgeois en aucun lieu , avant d'avoir obtenu son affranchissement. H ne pouvait disposer, par aucun acte de dernière volonté, de ses biens même francs ou meubles , qu'au profit de ses parents vivants, lors de son décès, en communion avec lui. A défaut de parents communiers , et malgré l'existence de parents très proches sortis de la communion , le seigneur était l'héritier universel. Il en résultait que , pour succéder à leurs père et mère , les enfants étaient obligés de rester ensemble sous le toit paternel , nonobstant les incompatibilités de caractère et autres inconvénients qui devaient exister si souvent dans ces nombreuses familles. Cependant, les filles pouvaient se marier hors de la maison commune , et conserver leurs droits a succéder, mais elles devaient y gèûr , c'est-à-dire, y coucher la première nuit des noces ; c'est ce qu'on appelait faire le reprêt W. Enfin , les mainmortables étaient tellement considérés sous la dépendance du seigneur , que , lorsqu'ils étaient produits en justice comme témoins en sa cause , la partie adverse pouvait les reprocher , s'ils étaient en même temps corvéables et taillables h volonté, ou justiciables , ce qui était l'ordinaire. La condition mainmortablc provenait rarement, dans les derniers siècles, d'une convention expresse , très souvent delà naissance ou de l'hérédité, et bien souvent encore de h

00 It y a a Véria, proche l'étang Pyot, des ckamps appelé* les Ftprils, U Maintien des Rqirtts , oit l'on trouve des délais d'ancienne» construction i. lia portaient déjà en noms en i $4 a.

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