CHAPITRE XVII
pnsc de meix , oa établissement de domicile el même simple 1 272 habitation, pendant l'an et jour, dans un lieu de mainmorte. Les prêtres y étaient sujets comme les autres individus.
Les seigneurs ecclésiastiques, tels que les moines de (jigny, pouvaient bien recueillir les échutes de mainmorte, et user dans leurs terres des droits de retenue , commise , délaissement, etc. , mais à charge de vendre les immeubles ainsi obtenus ou de les faire passer , dans Van et jour , en des mains habiles a les posséder, sinon ils étaient réunis au domaine du roi. Cette disposition de la coutume de Franche-Comté, confirmée par des édits ou ordonnances de 1581 , 1634, 168G, 1731 et 1749, avait pour but de remettre dans le commerce des biens qui en étaient sortis. En effet, on avait reconnu, en 173t, que plus de la moitié des immeubles de la province se trouvaient possédés par les gens d'église.
On a beaucoup déclamé contre la mainmorte. Mais , si elle portait une grave atteinte h la liberté , si elle gênait le commerce, l'industrie et les alliances matrimoniales , il est certain qu'elle n'avait rien d'odieux dans son origine ; que les cultivateurs mainmortables étaient plus dans l'aisance que les cultivateurs de biens francs ; que cette condition attachait davantage les hommes a leur pays, empêchait leur démoralisation , prévenait la division des propriétés à l'infini et la réduction du sol en poussière ; qu'enfin elle conservait l'autorité paternelle et la vie patriarchalc ; elle resserrait les liens de famille si relâchés aujourd'hui , et qu'alors un père ne disait pas, comme de nos jours, h ses enfants, d'aller chercher fortune ailleurs.
$ 37. L'auteur de cette histoire n'a rien trouvé sur plusieurs autres droits appartenant d'ordinaire aux seigneurs haut-justiciers, mais que n'exerçaient pas les religieux de Gigny, soit a cause de leur vie claustrale , soit pour d'autres motifs plus ou moins connus. Tels étaient le» droits tTau-
101 niSTOIRE DE GIG3V.
127*2 haine; de bâtardise ; de fuye ou colombier ; de garenne; dïmlire dans les quatre cas, de banalité du cabaret, du pressoir, du taureau et du verrat; de port de lettres; de toisé des maisons ; de péage ; d'émiuage ; d'élatonage des poids et mesures; de litlre ou ceinture funèbre armoriée autour des églises paroissiales ; de banc permanent dans celles-ci ; de sépulture aux chœurs ; de recommandation aux prières ; etc.
$ 38. Nos moines n'étaient pas rien que seigneurs de Gigny et des villages voisins. On a déjà vu, en effet , qu'en 1191, 1 19t et 1226, ils avaient inféodé au comte Etienne et à son fils les grandes seigneuries de Montfleur, Saint-Laurent cl Cressia ; qu'en 1208, Pierre de Tramelay leur avait rendu la foi et l'hommage pour celle de Vallcfin; qu'en 1223 , Guillaume de Grave avait reconnu en fief-lige le meix de Léchaux, comme Gutant de Saint-Amour, en 1250, celui de Sivria; qu'en 1251, ils avaient aussi reçu un aveu féodal, pour Broissia et Montagna, de Mauassès de Coliguy ; qu'eu 1265, Guillaume de Monutidier leur avait fait le devoir pour le meix du llcvotrc, et Jacques de Champagna, en 1270, pour le village de ce nom. On les verra bientôt, pour obtenir la seigneurie utile de Grave, donner en échange, en 1294, celles de Dommartin et Varennes-Saint-Sauveur, eu s'y réservant la suzeraineté ; recevoir en 13*8 l'hommage de Jean de Saint-Amour pour sa propre ville; en 1379 et 1406, celui des puissants seigneurs de Coligny pour un fief à Loysia ; en 1666 et 1713, celui des propriétaires de Chichevière. On les verra aliéner en 1557 la seigneurie de Joudes, et en 1693 celles deCondalct de Balanoiset; avoir des terriers pour les cens à Balauod, Céséria, Chambéria, Cressia, Leyns, Loysia, Moutonne, Saint-Nizier, Saint-Tri\ïcr-dc-Courles, Varessia et Véria. On verra en outre que, daus la plupart des prieurés soumis à leur noble monastère, les chefs étaient aussi seigneurs plus ou moins hauts et puissants; qu'à Cuateau-sur-