CHAPITRE XIX
que l'acle de celte générosité fut revêtu du sceau & Etienne de Giyny et de ceux de deux autres personnages.
$ 5. L<* prieur Guillaume est surtout connu par la charte 1294 de 1294, qui a réuni la seigneurie de Grmje à celle de c. oo. Gigny. On a déjà vu qu'en 1277, le prévôt de ce lieu avait cédé h nos moines quelques héritages, et que deux années après, le comte d'Auxcrrc leur avait accordé la haute-justice (qu'il tenait peut-être depuis 1264 de Jean, sire de Cuiscaux) sur cette petite seigneurie dont ils se trouvaient déjà suzerains. Cependant, cette terre, par sa proximité, se trouvait tellement a leur convenance, qu'ils firent en sorte d'en réunir le domaine utile au domaine direct. Ils y parvinrent en faisant un échange avec Guillaume de Grayc, fils du prévôt Raymond, mort avant cette époque. Ce seigneur céda donc à ses suzerains , sans se rien réserver, tous les hiens et droits qu'il tenait d'eux en fief-lige et qu'il pouvait prétendre dans l'étendue de la paroisse de Graye et Loysia et dans la paroisse de Gigny. De ces biens et droits il fit même un état détaillé revêtu de son sceau et de celui d'Amédée, abbé du Miroir, mais qui malheureusement ne nous est pas parvenu. En eontréchange, les religieux de Gigny lui cédèrent en fief-lige, et a la condition de vasselage, tous les biens et droits a eux appartenant dans les paroisses et territoires de Dommurt'm, Varcnncs-S.-S. et Chclères, et encore au hameau des Croies situé en la paroisse de Frontenaud. Mais ils se réservèrent expressément dans ces paroisses le patronage, les dîmes, les oblations, les sépultures et tous autres droits ecclésiastiques, concédant seulement à Guillaume de Graye, en augmentation de fief, quarante quartaulx de blé, moitié froment et seigle, à percevoir chaque année sur les dîmes de Dommartin et de Varennes f79'.
(79) Le haine* u des Croies existe toujours à Frontenaud ; mai» on cherche en Tain la localité de Chéliru, a moiu» que ce aoit la Ckivrt ou la bois Cktvnj, hameaux de Varennes, ou Chall«nch«> hameau de Condal.
129* Celle convention, conclue au mois de mars 1294, fut revêtue du sceau de Guillaume deGrayc, de celui de Jcau de Chalon, comte d'Auxcrre, et de celui de Gauthier do Changey, chanoine d'Autun et officiai de Lyon, agissant au nom de l'évéque d'Autun , administrateur de l'archevêché pendant la vacance du siège.
§ 6. C'c6t ainsi que la seigneurie de Grave fut réunie a celle de Gigny. Or, si on possédait l'état qui a dû être annexé à l'acte d'échange qui vient d'être analysé, ou saurait positivement en quoi consistait cette terre. On saurait notamment si elle comprenait, comme le rapporte la tradition locale, le village de Cropet, où se voient encore les ruines d'un château fort. La mention dans l'acte d'échange de biens existants sur la paroisse de Gigny, dont Cropet a toujours fait partie, pourrait appuyer cette tradition, aussi bien que la circonstance de terriers communs et réunis pour ces deux villages. Mais d'ailleurs, cette même tradition, quoique reçue à Grayc et à Cropet, est évidemment mise en défaut par l'acte d'échange analysé, dans la manière dont elle rapporte l'union des seigneuries de ces deux lieux a celle de Gigny. En effet, si on y ajoutait foi, le dernier seigneur de Grayc et de Cropet, après avoir tué des maraudeurs de Cuiseaux qui venaient pêcher et dérober le poisson de ses étang9, aurait été assassiné lui-même dans son château de Grayc. D'après une autre version, au contraire, il serait allé chercher h Rome le pardon de ses meurtres, et après l'avoir obtenu, il serait mort en route, avant sou retour. Deux filles, héritières de ses grands biens, que l'on qualifie vulgairement Dames de Cropet, auraient remis ensuite , dans l'un comme dans l'autre cas, toute leur fortune aux moines de Giguy, soit pour obtenir le pardon de leur père en l'autre monde , soit surtout, dit-on, pour se procurer à elles-mêmes desplaces en paradis que nos bons religieux leur auraient assurées. On va jusqu'à dire que l'acte de cet échange des biens dp