‹ Histoire de GignyChapitre 74 sur 356 · CHAPITRE XIX. ifl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. ifl

la terre contre ceux du ciel existe dans l'étude d'un notaire 1294 a Saint-Amour !...

S 7. La commune de Graye, y compris Charnay et quelques hameaux écartés, n'est peuplée aujourd'hui que d'environ 350 habitants et ne paie que 2,200 francs d'impôts directs. Ce n'était donc pas au moyen des cens, des amendes, des lods, des échu tes de mainmorte et d'autres droits féodaux , que son domaine utile pouvait être bien avantageux à nos moines. Mais, en outre, d'après l'acte d'échange, le seigneur y possédait en propre des moulins, des battoirs, une grande étendue de bois d'assez bon produit , et surtout de très beaux prés loués a bas prix, plus de 2,500 francs dans les derniers temps. Quelques-uns de ces prés furent bientôt affectés à doter les offices d'aumônier et de chambrier dont ils conservent encore les noms.

Nonobstant la tradition, le titre ne parle pas d'étangt, d'où l'on peut inférer que ceux, au nombre de trois, dont on voit encore aujourd'hui les chaussées, ont été établis postérieurement par les religieux de Gigny. Mais, au reste, on ignore à quelle époque (déjà bien reculée) et pour quels motifs on a cessé d'y retenir l'eau et d'y nourrir du poisson. C'est plus tard encore qu'ils confectionnèrent un autre grand étang au fond de l'étroite vallée au nord-ouest de Monnetay, lequel pour cette raison fut nommé Nouvelletan. Il conserve toujours ce nom qui lui est donné dans les titres du dix-septième siècle et qui est devenu commun à cette profonde vallée t80*. Sa chaussée, qui subsiste encore, a environ trois mètres de hauteur.

Quant au château du seigneur de Graye, il était construit au nord du cimetière, en un lieu où l'on reconnaît des ruines et qui porte même le nom de Place-du-Châlcau. On montre

(lo) Ceat Mot doule par inversion de nom que, dans un terrier de ta*9$, le ruiiwu de oette vallée, ejai coule k la Pérou» e et à Louvcnne, est appelé rui»- •cau de LouvtnnmUn m lien de KouvélliUn.

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1294 aussi l'emplacement de deux tours ou colombiers , l'un au sud-est du cimetière et l'autre au nord-est du château.

S 8. L'église de Graye est agréablement située sur un monticule blanc , pelé , rocailleux et isolé de toute autre éminence et de toute habitation. Son gros et vénérable tilleul rend cette position plus pittoresque encore , surtout quand on croit voir, comme jadis, sous son ombre, les moines de Gigny faire un frugal repas, après la procession du mardi des Rogations, et y manger le potage de millet ou de panis suivi de la tarte-verde. Cette jolie petite église, couverte en laves, et à deux collatéraux, est d'une grande antiquité, quoique de plain-pied et avec des voûtes arrondies. En preuve, on signale les quatre petites croix, d'une seule pièce de pierre chacune, qui se trouvent aux quatre coins du cimetière. Ce qui est certain, c'est qu'en 1294 celle qui existait était déjà paroissiale. Elle est sous le vocable de saint Saturnin , qu'on fête à Graye et à Charnay, le 29 novembre , et qui a donné le nom de SorUn ou Sahu-Sorlin à plusieurs habitants de la commune, même a des prés et à un étang. Deux autels ou chapelles de cette église sont érigés, l'un en l'honneur de sainte Foy, fêtée le 6 octobre, l'autre en celui de saint Loup, évéque de Chalon-sur-Saône, chômé le 27 janvier. Cette dernière chapelle n été fondée et dotée, dit-on, par la famille Grammonl de Gigny.

S 9. La paroisse de Graye fut , jusqu'en 1742, de l'ancien diocèse de Besançon, et celle de Gigny de celui de Lyon. La limite de ces deux archevêchés existait donc entre ces deux paroisses. La première a été unie à celle de Loysia depuis un temps immémorial, puisqu'elle l'était déjà en 1294. En conséquence , les desservants prenaient le titre de curés des églises de Graye et Laysia. Le défaut de presbytère à Graye peut faire penser que depuis long-temps , ils restaient à Loysia , quoiqu'on voie les tombes de quelques-uns d'entre

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