‹ Histoire de GignyChapitre 80 sur 356 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

même qu'à Saint-Etienne de Dijon et à Bar-le-Régulier, près 1305 Saulieu, les sacristains de ces monastères remplissaient lesfonctions curiales.

Ce fut en cette qualité que les sacristains de Gigny firent divers accords ou tarifs pour les droits casuels , tant avec les vicaires ou curés qu'avec les paroissiens. Ainsi, eu 1336, c 105. le sacristain, Pierre de Scey, et le curé Denis, reconnurent qu'ils devaient partager par moitié les dîmes , les oblations quelconques, les offertes du quarautal, et les droits d'inhumation des enfants dans le cimetière de la paroisse ; mais que , dans les oblations de la veille de Noël et dans les droits de sépulture au cimetière du prieuré , le sacristain devait percevoir les cinq sixièmes et le curé un sixième seulement , avec toute la pitance ; qu'au sacristain appartenaient tout le luminaire et tous les vêtements des défunts inhumés au prieuré ; qu'enfin tous les autres droits de fiançailles, mariages, baptêmes, etc., étaient entièrement propres au curé.

Ce règlement fut contesté, un siècle après environ, par le c. u*. curé P. Maréchal, qui prétendit, contre le sacristain Etienne de Véria que son prédécesseur avait été surpris, et que sa reconnaissance ne pouvait préjudicier à ses successeurs. Cependant , d'après l'avis de plusieurs jurisconsultes ecclésiastiques, ils renouvellèrcnt ce règlement, eu 1408, mais avec la modification que le curé percevrait la moitié ,

(83) Le village de Véria a donné son nom à une ancienne famille féodale» dont non-seulement notre sacristain , en 1408 et 1414, mais encore Hugues de Vairii% écuyer, père d'É tienne de Vairiè, clerc ( peut-être le même que notre sacristain), lequel, en 1 368, reconnut tenir en fief de Renaud d'Audelot, sire de Cressié, tout ce que son père tenait déjà è Vairié. On trouve encore Uumbert dt Ycrye en 144 î. Il 7 avait à Véria deux anciens châteaux dont on retrouve encore aujourd'hui quelques ruines 1 l'un dit le Chdteau Pietteuxt entouré de fossé*, sur un pic pelé au-dessus du moulin ; l'autre près du bief, au voisinage du territoire de Gigny, dont les champ* voisins sont appelés sur le bois du Chd» /#*«, et Chtsianx , nx Vergers, La mesure de Hri* est encore citée en 1 $46.

1 ;î0o au lieu du sixième , dans les redevances pour sëpuïlures au cimetière du prieuré.

§ 3. Le même sacristain, Etienne de Véria, eut deux fois, en 1412 , des difficultés avec les paroissiens de Gigny , au sujet des droits de sépulture à percevoir. Dans la première il pré-

c 113. tendait être en paisible possession d'exiger de chaque personne âgée de plus de dix ans, deux francs, deuxécus, deux florins, etc. , selon les facultés. Mais les paroissiens ayant contesté cette prétention , le prieur du monastère fut choisi arbitre, et décida qu'il serait perçu, pour tous droits de l'année de funérailles, 20 sols estevenants des riches, 12 sols de ceux de fortune moyenne , et six sols des pauvres , non compris la perception de blé à partager par moitié avec le curé ; mais h condition que le sacristain fournirait , a ses frais, un luminaire convenable, et le linceul ou drap mortuaire pour couvrir le cercueil. Cette décision fut rendue le 5 avril 1412, et approuvée par les paroissiens le 7 août suivant.

c. Quelques mois après , à l'occasion de la seconde diffi-

culté, il fut statué parl'oflicial de Lyon 1.° que tout individu âgé de plus de douze ans serait inhumé au cimetière du prieuré, soit qu'il jouit de ses droits ou qu'il se trouvât sous la puissance paternelle, soit qu'il fût marié ou célibataire, etc.; 2.° qu'il serait payé pour tous droits au sacristain un florin d'or, ou la valeur, selon le cours, et h son marguiller douze deniers estevenants ; 3.° que les nobles , les marchands et autres personnages du grand état formeraient une classe h part en dehors de ce règlement, au profit du sacristain seulement; 4.° qu'il continuerait aussi à

(84) La monnaie esleveoante (s'epfuutitnsit) était ainsi appelée du nom fie l'église de Saint-Etienne de Besançon qui la faiwii frapper. La livre cslevenante valait 14 sous 6 deniers tournois. Elle portail l'effigie du bras de Seinl-liiicnue, ou plutôt d'une main , dont les deux derniers doigts étaient fermés, avec la légende B. Sitphanus, et au revers une croix elTintcription ^esoniium.

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