CHAPITRE XXIV
Saix vendirent au prieur de Gigny le tiers de la dhne de Varermes, avec le meix Jeannin, situé à Joudes.
Cependant , le chef de nos moines est surtout positive- 1356 ment connu par une charte de 1356 , insérée dans le re- c. m. cueil de nos preuves , et relative au cens de cinq toU de LorurU*Saumer que , depuis 1204 , les chartreux de Bonlieu devaient payer annuellement au prieuré de Gigny , pour L'a censé me Dt d'Ilay. Cette monnaie n'ayant plus cours dès long-temps, les chartreux avaient payé depuis bien des années , en équivalent , seize sols de monnaie eslevenante de Besançon , et ils se croyaient fondés h se prévaloir de la prescription. De leur côté, les religieux de Gigny, trouvant que cette somme était insuffisante , exigeaient vingt sols estevenants par an ou un florin et tiers de bon or de Florence. Or, les parties ayant soumis leur différend a l'arbitrage d'Étienne de Beaufort, chevalier, et d'Eugène de Monta igu f ceux-ci décidèrent que , peur un bien de paix , les chartreux paieraient une somme de 18 sols estevenants, à quinze au florin, lequel paiement continuerait à s'effectuer a chaque fête de Saint-Martin d'hiver, sur l'autel de Saint- Bierre de Gigny. Cette sentence fut prononcée à Orgelet, le 19 juillet de ladite année 1356, devant Pierre de Ronchal, prêtre et notaire public , en présence non-seulement des parties , mais encore de Renaud de Tramelay , seigneur de Présilly, Guillaume , seigneur d'Ecrille , Jean de Vi remont , Guillaume de Beaufort , Pierre de la Tour-du-Mai , N.., prieur de Vaucluse, Vincent, curé de Bonlieu, etc. , etc* Elle fut approuvée et scellée par frère Jean de la Grange * prieur de Gigny , et par frère Pierre de Saint-Maurice , prieur de Bonlieu. Le sceau de notre prieuré porte, comme dans le siècle précédent , l'effigie et l'inscription de saint Taurin. Celui de Bonlieu est empreint d'une croix avec un alpha et un oméga, et avec la légende Sigill. B. Marie Boni bd. Quant à celui de Jean de la Grange , il offre saint
134 IllSTOIRE DE GIGNY.
1356 Etienne assis, en costume d'évêque, la tète entourée d'une auréole , ayant la main droite élevée avec deux doigts fermés , comme sur la monnaie estevenante de Besançon , et tenant une palme de la main gauche.
13à7 S 3. Ce prieur ne resta pas long-temps titulaire à Gigny , car on lit qu'il quitta notre monastère pour prendre possession, en 1357, de la riche abbaye de Fécarap en Normandie. Ainsi, il est à croire qu'il n'y était déjà plus , lorsque
k ,09- Jean de Sauler, pitancier du prieuré, acensa, le l.tr février 1357 (c.-a-d. 1358), une vigne située à Digna, dite Dessonbs Chastel, dépendante de son office. Cet acensement fut fait en présence d'ÉtienneN...., curé de Digna, moyennant la rente annuelle de neuf pots d'huile de noix, bonne et pure, livrable à la mesure de Chevreau. Cette redevance fut perçue, dans les derniers siècles, par le ebambrier de Gigny , prieur de Châtel, après la suppression de la pitancerie.
S *. Dès que Jean de la Grange fut abbé a Fécamp , il s'occupa de fortifier le monastère pour le mettre à l'abri d'un coup de main, si à craindre dans ces temps de guerres intestines et étrangères. Charles d'Évreux, si justement surnommé le Mauvais, roi de Navarre et gendre du bon roi Jean, possédant de grandes terres et de beaux fiefs en Normandie, prit, pendant quelques années, cet abbé pour son conseiller. Mais ce prince perfide ayant renouvelé, en 1362, les hostilités contre son beau-père, à cause de la succession du duché de Bourgogne, et ayant sollicité la remise des fortifications de l'abbaye, éprouva un refus de la part de Jean de la Grange. Par ce motif, les hostilités furent dirigées contre le monastère, auquel elles coûtèrent 10,000 florins; et en 1363, l'abbé, ainsi que son neveu du Brcuil, furent faits captifs et jetés en prison. Mais ils parvinrent à s'évader, l'un en descendant de sa fenêtre avec une corde, et l'autre après avoir gagné h prix d'argent le gardien de la porte. S 5. Cotte preuve de fidélité et de courage unis h des