‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 2)Chapitre 18 sur 103 · LIVRE 1, GAP. x · texte numérisé non relu

LIVRE 1, GAP. x

De voyais rien, et ma peur, en me troublant l'imagination, me cachait l'horreur du spectacle même qui m’effrayait. Tout : ce que je sais, c'est qu'après un grand bruit de mousquetades, j'entendis mes compagnons crier à pleine tête : Victoire! vic~ tire! A cette acclamation, la terreur qui s'était emparée de mes sens se dissipa, et j'aperçus sur le champ de bataille les quatre cavaliers étendus sans vie. De notre côté, nous n’eûmes qu'un homme de tué. Ce fut l’apostat, qui n’eut, en cette occasion, que ce qu'il méritait pour son apostasie et pour ses mauvaises plaisanteries sur les scapulaires. Un de nos cavaliers reçut une balle à la rotule du genou droit. Le lieutenant fut aussi blessé, mais fort légèrement, le coup n'ayant fait qu’effieurer la peau.

Le seigneur Rolando courut d’abord à la portière du carrose. Il y avait dedans une dame de vingt-quatre à vingtcinq ans, qui lui parut très-belle, malgré le triste état où il Ja voyait. Elle s’était évanouie pendant le combat, et son évanouissement durait encore. Tandis qu'il s’occupait à la considérer, nous songeâmes, nous autres, au butin. Nous commençâmes par nous assurer des chevaux des cavaliers tués; car ces animaux, épouvantés du bruit des coups, s'étaient un peu écartés, après avoir perdu leurs guides. Pour les mules, elles n’avaient pas branlé, quoique, durant l’action, le cocher eût quitté son siége pour se sauver. Nous mimes pied à terre pour les dételer, et nous les chargedmes de plusieurs malles que nous trouvâmes attachées devant et derrière le carrosse. Cela fait, on prit, par ordre du capitaine, la dame, qui n'avait point encore rappelé ses esprits, et on la mit à cheval entre Jes mains d’un voleur des plus robustes et des mieux montés ; puis, laissant sur le grand chemin le carrosse et les morts dépouillés, nous emmendmes avec nous la dame, les mules et les chevaux.

CHAP. X. — De quelle manière les voleurs ea mèrent avec la dame. Du grand des mis que forma Gil Blas, et quel en fut l'érénement.

Il y avait déjà plus d'une heure qu'il était nuit quand nous arrivâmes au souterrain. Nous menämes d’abord les bêtes à

‘Dass Apalée, on voit aumi ane jegne héroïne ra dane lour caverne. Une vieille lai conte, pour La

par des valeurs, eLemmenes ayer, La fable de Payché, Bon

Je feignis d'avoir la colique. Je poussai d'abord des plaintes

et des gémissements; ensuite, élevant la voix, je jetai de cris. Les voleurs se réveillent et sont bientôt auprès de moi. Ils me demandent ce qui m’oblige à crier ainsi. Je agora que j'avais une colique horrible, Fa pour mieux Ie leur persuader, je me mis à grincer d i

maces et des contorsions effroyables, et à m'e façon. Après cela, je devins tout à conp tranquille, comme si mes douleurs m'eussent donné quelqu he. Un instant après, je me remis à faire des bonds sur m me tordre les bras. En un mot, je jou:

les voleurs, tout fins qu'ils étaient, crurent qu'en effet je sentais des en faisant si bien mon personna étrange façon; car dès que me ginèrent que je souffrais, les vo soulager. L'un m’apporte une bout fait avaler la moitié; l'autre me en

bles, en voulant m'en ôter un que

pole plus y résister, je fus obligé de leur dire que je né sentais plus de tranchées, et que je les conjurais de me don-

ner quartier. Is ceasbrent de me fatiguer de leurs remades,

et je me gardai bien de me plaindre davantage,

prouver encore leurs secours.

Cette sone dura près de trois heures. Après

jugeant que le jour ne devait pas être fort éloigné, se prépa=

Ferent à partir pour Mansilla. Je fis alors un nouveau lagi :

je voulus me lever pour leur faire croire que j'avais grande

envie de les accompagner; mais ils m’en empéchèrent. Non,

‘non, Gil Blas, me dit le seigneur Rolando, demeure ici, mon

fils : ta colique pourrait te reprendre. Tu viendras une autre

fois avec nous; pour aujourd'hui, tu n'es pas en état de nons

Suivre; repose-toi toute la journée, tu as besoin de repos. Je pas devoir insister fort sur cela, de crainte qu'on ne

à mes instances; je parus sculement (res-mortifié de

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sur moi. Ensuite je pris des cordes que j'aperçus dans la cut» sine, et, à l'aide de la dame, je liai Léonarde aux picds d'un grosse table, en lui protestant que je la tuerais si elle poussait Je moindre cri, La bonne Léonarde, persuadée que je n'y manquerais pas si elle osait me contredire, prit le parti de me laisser faire tout ce que je voulus. J’allumai do la bougie, et j'allai avec l'inconnu à la chambre où étaient les espèces, Wor et d'argent. Je mis dans mes poches antant de pistoles et de doubles pistoles qu'il y en put ter et, pour obliger Ta dame à s'en charger aussi, je h présentai qu'elle ne faisait que reprendre son bien, nous en eûmes une bonne vers l'écurie, où j'entrai seul

promptement l'allée par où l'on sortait du souterrain, Nous arrivons à la grille, nous l'ouvrons, ot nous parvenons enfin à le trappe. Nous eames beaucoup de peine à la leyer, où plutôt, pour en venir à bout, nous eûmes besoin de la force nouvelle que nous prita l'envie de nous sauver ',

Le jour commençait à paraitre, lorsque nous nous vimes hors de cetabime. Nous songedmes aussitôt A nous en dloigner. Jo me jetaion selle; la dame monta derrière moi, et, suivant ‘au galop le premier sentier qui se présenta, nous sorlimes bientôt de la forêt. Nous entrimes dans une plaine coupée de

icurs routes; nous en primes une au hasard. Je mourais qu'elle ne nous conduisit à Mansilla, et que nous ne. Tencontrassions Rolando et ses camarailes, ce qui pouvait fort bien nous arriyur. Heureusement ma crainte fut vaine. Nous À la ville d'astorga sur les deux heures après midi.

des gens qui nous regardaient avec une exiréme

vpétromvers lé copiiaiae Toland, et La suite de l'hitoire Os aoterrin, the thapire uw.

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