‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 2)Chapitre 20 sur 103 · LIVRE 1, CHAP, x. nv · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAP, x. nv

ne pouvoir être de la partie ; ce que je fis d’un air si naturel, qu'ils sortirent tous du souterrain sans avoir le moindre soupgon de mon projet. Après leur départ, que j'avais tâché de hâter par mes vœux, je m'adressai ce discours : Oh çà, Gil Blas, c’est à présent qu'il faut avoir de la résolution. Armetoi de courage pour achever ce que tu as si heureusement commencé. La chose me paraît aisée : Domingo n’est point en état de s'opposer à ton entreprise, et Léonarde ne peut l'empêcher de l'exécuter. Saisis cette occasion de t’échapper; tu n'en trouveras jamais peut-être une plus favorable. Ces réflexions me remplirent de conflance. Je me levai. Je pris mon épée et mes pistolets, et j'allai d'abord à la cuisine; mais, avant que d'y entrer, comme j’entendis parler Léouarde, je m’arrétai pour écouter. Elle parlait à la dame inconnue, qui avait repris ses esprits, et qui, considérant toute son infortune, pleurait alors et se désespérait. Pleurez, ma tille, lui disait Id vieille, fondez en larmes, n’épargnez point les soupirs; cela vous soulagera. Votre saisissement était dangereux; mais il n’y a plus rien à craindre, puisque vous versez des pleurs. Votre douleur s’apaisera peu à peu, et vous vous accoutumerez à vivre ici avec nos messieurs, qui sont d’honnêtes gens. Vous serez mieux traitée qu’une princesse; ils auront pour vous mille complaisances, et vous témoigneront tous Jes jours de l'affection. 11 y a bien des femmes qui voudraient être à votre place.

Je ne donnai pas le temps à Léonarde d'en dire davantage. J'entrai, et, lui mettant un pistolet sur la gorge, je la pressai d’un air menaçant de me remeltre la clef de la grille. Elle fut troublée de mon action; et, quoique très-avancée dans sa carrière, elle se sentit encore assez attachée à la vie pour n'oser me refuser ce que je lui demandais. Lorsque j'eus la clef entre les mains, j'adressai la parole à la dame aflligée. Madame, lui dis-je, le ciel vous a envoyé un libérateur; levez-vous pour me suivre; je vais vous mener où il vous plaira que je vous conduise. La dame ne fut pas sourde à ma voix, et mes paroles firent tant d'impression sur son esprit, que, rappelant tout ce qui lui restait de forces, elle se leva, vint se jeter à mes pieds, en me conjurant de conserver son honneur. Je la relevai, et l’assurai qu’elle pouvait compter

yous vives, Que ne suis-je encore dans la misérable situation oft j'étais avant que d'épouser don Ambrosio! Faneste hymé=née! hélas! j'aurais du moins, dans ma misère, la consola~ fion de vous revoir sans rougir.

Ma chère Mencia, reprit don Alvar d'un air qui marquait jusqu'à quel point À était pénétré de mes larmes, je ne me Plains pas de vous; et, bien loin de reprocher l'état brillant où je vous retrouve, je jure que j'en

0 e de niatheurs, jé Wai pu vous donner AA n oe sir de votre amour, je me représentais sans cesse lendresse vous avait réduite ; je me Jes pleurs : vous faisiez le plus grand d fois, je l'avoucrai, je m is ir bonheur de vous avoir plu. J'ai so du penchant pour quelqu'un de mes ri:

que vous m'aviez donnée si Cependant, après sept années de ‘Yous que jamais, j'ai voulu vous re celle envie, et la fin d'un long escl Ja satisfaire," ‘ai été sous ce déguise

Ce château, et j'ai trouvé moyen de m vintroduin ine ches a jardinior, qui m'a retenu pour travailler dans Jes jardins, Voilà de quelle manière je me suis conduit pour ir À vous Patler secrètement. Mais ne vous imaginez pas qui il détroubler, par mon séjour ici, la félicité don

Jesvous aime plus que moi-même; je respecte vi

je vais, après cet Sees achever loin de vous de tristes

, don Alvar, ni Ton, m'écriai-je à ces paroles, le ciel ne ‘yous a point amend ici pour rien, et je ne souffrirai pas que Yous me quilticr une seconde fois; je veux partir avec vous; Any a que la mort qui puisse désormais nous séparer. Croyer= moi, reprit-il, vivez avec don Ambrosio; ne vous associez point à mes malheurs; laissez-m'en soutenir tout le poids. Tl me dit encore d'autres choses semblables; mais plus it paraissait

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