‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 2)Chapitre 40 sur 103 · LIVRE 1, CHAP · texte numérisé non relu

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pelais, pourquoi j'avais quitté ma patrie; et par ses questions il m'engagea , devant la dame Jacinte, à raconter mon histoire. Je les divertis tous deux, surtout per le récit de ma dernière aventure. Camille et don Raphaël leur donnèrent une si forte envie de rire, qu’il en pensa coûter la vie au vieux goutteux : car, comme il riait de toute sa force, il lui, prit une toux si violente, que je crus qu'il allait passer. 1 — n'avait pas encore fait son testament, jugez si la gouvernante | fut alarmée! Je la vis, tremblante, éperdue, courir au secours du bonhomme, et, faisant tout ce qu'on fait pour soulager les enfants qui toussent, lui frotter le front ct lui taper le dos. Ce ne fut pourtant qu'une fausse alarme : le vieillard cessa

de tousser, et sa gouvernante de le tourmenter. Alors je vou- . £

lus achever mon récit; mais la dame Jacinte, craignant une seconde toux, s’y opposa. Elle m'emmena même de la cham+ bre du chanoine dans une garde-robe où, parmi plusieurs habits, était celui de mon prédécesseur. Elle me le fit prendre, et mit à sa place le mien, que je n'étais pas fâché de conserver, dans l'espérance qu'il me servirait encore. Nous allames ensuite tous deux préparer le diner.

Je ne parus pas neuf dans l’art de faire la cuisine. Il est vrai que j'en avais fait l’heureux apprentissage la dame Léonarde, qui pouvait passer pour une bonne cuisinière; elle n'était pas toutefois comparable à la dame Jacinte. Celle-ci l'emportait peut-être sur le cuisinier même de Varchevéché de Toléde'. Elle excellait en tout : on trouvait ses bisques exquises, tant elle savait bien choisir et mêler les sucs des viandes qu’elle y faisait entrer et ses hachis étaient assaisunnés d'une manière qui les rendait trés-agréables au goût. Quand le diner fut prêt, nous retourndmes à la chambre du chanoine, vb, pendant que je dressais une table auprès de son fauteuil, la gouvernante passa sous le menton du vieillard une serviette, et la lui attacha aux épaules. Un moment après, je servis un potage qu’on aurait pu présenter au plus fameux directeur de Madrid, et deux entrées qui auraient eu de quoi piquer la sensualité d'un vice-roi, si la dame Jacinte n'y edt

‘ L'archevèché de Tolède est un des plas riches bénéfices de l'Espagne. Par comtés aurai, sivant Gil Blas, le culsialer de cette prelatare doit être le parangon de tout le cunsntors,

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eee ree je lui dis : Monsieur, vous saver qu'un

souvent de mémoire : si par ha- Sous: mon pes ‘vient à oublier, je vous prie de le faire souvenir de mon zèle. Je le veux bien, mon enfant, me ré pondit le Hotnire: ta peux comptér l-dessus. I est juste qu'un mialtre récompense tin domestique qui l’a bien servi. Je Vethorteral même à te donner quelque chose de cahsidéable, pour peu qu'il soit disposé à recorinaitré Les strvices. Le licencié, quand nous atrivimes dans sa chambre, avait enéore tout son bor sets. La dame Jacint Visage baigné de pleurs de commande, était auprès dé lle venait de jouer son rôle, et de préparer le bonhomme À Tul faire beaucoup de bien, Novia laissäihes lé notdire seul avec mon maitre, et passinies, elle ét moi, dns l'anlichambre, où nous rencontränies le chirurgien, que le thédecin envoyait pour faire ‘une nouvelle et dernière saignée, Nous l'arrètäines. Allendez, maitre Martin, lui dit la Souvérbänté ; Yous ne sauries entrer présentement dans 14 chambre du Seigneur Sedillo. Il va dicter ses dernières volorités À un fotaire qui est avec tniz vous le saignerez tout à votre aise, re il nora fait son testament.

Nous aviotis grand'péur, Ia béate et mot, que le liceneié he mourôt et testant; mals, par bonheur, l'acte qui catisait ‘notre inquistude se Mt: Nous vires sortir le notaire, qui, me trouvant sit 0n passage, the frappa sur l'épaulé, et me dit en souriant: On n'a point oublié Gil Blas, A ces mots, fe ressentis une jolt toute det plus vives; et je sus si bon gré à ior maitre dé #Mre souvenu dé moi, que jé nie promis de bien

sa mort, qui ne manqua pas d'ar-

chirurgien l'ayant encore saigné, le pau-

ne vielllard, qui m'était déjà que trop affaibli, expira preséqde dans le moment. Comme i] rendait les derniers soupirs, Je médeein parut, et demeura un peu sot, malgré l'habitude ‘avait de dépacher ses malades. Cependant, loin d'im=

‘la mort du éhanoine à la boisson et aux saignées, il disant atin air froid, qu'on ne Wi avait pas tiré

Sing ni fit boire fistez d'eau chaude. L'exécateur de

‘Ta haute médecine, je veux dire le chirurgien, voyant aussi “qifon n’avait plus besoin de son ministère, suivit le docteut

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