LIVRE 11, CHAP. V
nistres de le spoliation. Le fait leur sembla si grave, que la plupart d’entre eux nous.trouvaient dignes du dernier supplice. Les autres, moins sévères, disaient que nous pourrions en être quittes pour chacun deux cents coups de fouet , avec quelques années de service sur mer. En attendant la décision de monsieur le corrégidor, on nous enferma dans un cachot, où nous nous couchâmes sur la paille, dont il était presque aussi jonché qu’une écurie où Yon a fait la litière aux chevaux. Nous aurions pu y demeurer longtemps, et n’en sortir que pour aller aux galères, si, dès le lendemain, le seigneur Manuel Ordonnes n’eût entendu parler de notre affaire, et résolu de tirer Fabrice de prison; ce qu’il ne pouvait faire sans nous délivrer tous avec lui. C'était un homme fort estimé dans la ville : il n’épargna point les sollicitations; et, tant par son crédit que par celui de ses amis, il obtint, au bout de trvis jours, notre élargissement. Mais nous ne sortimes point de ce lieu-là comme nous y étions entrés : le flambeau, le collier, les pendants, ma bague et les rubis, tout y resta. Cela me fit souvenir de ces vers de Virgile qui commencent par Sic vos non vobis 1.
D'abord que nous fümes en liberté, nous retournâmes ches
qui n'étaient d'abord que des termes de polais, écorchés da latin, comme tout le jargon de ln vieille pratique.
"anecdote piquaate de la jeaneme de Virgile, dont il l'idée em français. Ca poite avait affiché, rans se faire agréable, au sujet des spectacles qu'Avpuste doanait aux favorisait. Ea voici à peu près le sons
11 pleut toute la nuit; mais la beauté da jour Moss rend les jeux publics et leur pompe éclatante : De l'empire da sir Jupiter se contente ;
Apres lai, le matin, César regne à son tour.
Impodent osa se les nce d'Auguste. Ville
alinbeer et recevoir le
es fat choqué. 11 ft sf Sow, ct comimalent en quatre mots, doat le sens était à remplir :
Co deh poétique était une mpèce d'éaigme. Tout le shi ia sigh rise
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‘ait qu'un jour il se ferait distinguer par son savoir et par son esprit, Ses trois autres frères ne se séparèrent point : ils s'établirent à Olmedo, en se mariant avec des filles de labou= reurs, qui leur apportirent en mariage peu de bien, mais en
récompense une grande fécondité. Elles firent des enfants comme à l'envi l'une de l'autre. Ma mère , femme du barhier, en mit au monde six pour sa part dans les cing premières années de son mariage. Je fus du nombre de ceux-là. Mon père m'apprit de trés-honne heure à raser; et lorsqu'il ‘me vit parvenu à l’âge de quinze aus, il me chargea les épaules de ce sac que vous voyez, me ceignit d'une longue épée, et me dit: Va, Diego, tu es en état présentement de gagner ta vie; va courir le pays. Tu as besoin de v
gourdir et te perfectionner dans ton art.
‘Olmedo qu'après avoir fait le tour de l'Espagne ; que je n'entende point parler de tol avant ce temps-là! En achevant ces paroles, il m'embrassa de bonne amitié, et mé poussa hors du logis.
‘Tels furent les adieux de mon père. Pour ma mère, qui avait moins de rudesse dans ses mœurs, elle parut plus sensible à mon départ. Elle laissa couler quelques larmes, et me glissa même dans la main un ducat à la dérobée, Je sortis done ainsi d’Olmedo, et pris le chemin de Ségovie, Je n'eus pas fait deux cents pas, que je m'arrélai pour visiter mon sac. J'eus envie de voir ce qu'il y avait dedans, et de connaître précisément ce que je possédais. J'y trouvai une trousse où étaient deux rasoirs qui semblaient avoir rasé dix tions, tant ils étaient usés, avec une bandelette de cui les repasser, et un morceau de savon. Outre cela, ne mise de chanvre toute neuve, une vicille paire de souliers de mon père, et, ce qui me réjouit plus que tout le reste, une Yingtaine de réaux enveloppés dans un chiffon de linge. Voilà quelles étaient mes facultés. Vous jugez bien par la que maître Nicolas le barbier comptait beaucoup sur mon savoir-faire ,
lil me laissait partir avec si peu de chose. Cependant
d'un ducat et de vingt réaux ne manqua pas
d'éblouir un jeune homme qui n'avait jamais eu d'argent. Je emus mes finances inépuisables ; et, transporlé de joie, je con owai mon chemin, en regardant de moment en moment la