‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 2)Chapitre 64 sur 103 · LIVRE 11, CHAP. IX · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAP. IX

j'ai joué dans le goût des grands acteurs de ce pays-là; et cependant le même public qui trouve en eux ces manières fort agréables, n’a pu les souffrir en moi. Voyez ce que c’est que la prévention! Ainsi donc, ne pouvant plaire par mon jeu, et n'ayant pas de quoi me faire recevoir en dépit de ceux qui m'ont sifflé, je m'en retourne à Zamora. J’y vais rejoindre ma femme et mes camarades, qui n’y font pas trop bien leurs affaires. Puissions-nous n'être pas obligés d’y quêter, pour nous mettre en état de nous rendre dans une autre ville, comme cela nous est arrivé plus d’une fois!

A ces mots, le prince dramatique se leva, reprit son havresac et son épée, et nous dit d’un air grave en nous quittant :

snoop ue Adieu, memieurs ; Paissent les dieux sar vous épuiser leurs faveurs ‘1

Et vous, lui répondit Diego du même ton, puissiez-vous retrouver à Zamora votre femme changée et bien établie! Dès que le seigneur Zapata nous eut tourné les talons, il se mit à gesticuler et à déclamer en marchant. Aussitôt, le barbier et moi, nous commencames à le siffler, pour lui rappeler son début. Nos sifflements frappèrent ses orcilles; il crut entendre encore les sifflets de Madrid. Il regarda derrière lui; et, voyant que nous prenions plaisir à nous égayer à ses dépens, loin de s'offenser de ce trait bouffon, il entra de bonne grâce dans la plaisanterie, et continua son chemin en faisant de grands éclats de rire. De notre côté, nous nous en donnâmes tout le soûl, après quoi nous regagnâmes le grand chemin et poursuivimes notre route, CHAP. IX. — Dans quel état Diego retrouva sa famille, et après quelles rejoulssances Gil Blas et li se séparèrent.

Nous allâmes, ce jour-là, coucher entre Moyados et Val-

puesta, dans un petit village dont j'ai oublié le nom; et le

* Le Sage prite ici à prince dramatique le tic de certains acteurs accoutumés à réciter des vers, et qui ne peuvent s'empêcher d'en farcir leur conversation. On a préeata que le célèbre Le Kain, en sortant de cher lai, disait à son domestique, sur ‘en ton pompeax et concentré:

Jean, Jean ! couvrez ce pot. ouvres cette fenêtre. Couvrez ce pot, vous dit-je !.… Il s'enfuirait peut-être. d'u va dans ma jraneuse mademoiselle Clairoë, arrivant à la Comédie Françane avec

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rier au fils d'un de nos alcades : Connubio junrit stabili pro-

priamgue dicavit?. C'est cet hymen, formé sous les plus heu-

reux auspices, que nous célébrons depuis deux jours avec tant Nous avons fait dresser dans a plaine ces pavil

Les trois héritiers de Pedro ont chacun Je sien, et

tour la dépense d'une journée. Je voudrais que t

plus tôt, tu aurais vu le commencement de nos

Avant-hier, jour du mariage, ton père faisait les | | don

un festin superbe, qui ful suivi d'une course de bague. Ton

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pastorale, Il habilla en bergers dix garçons d

et dix jeunes filles ; il employa tous les rub

aiguillettes de sa boutique à les parer. Cette |

forma diverses danses, et chanta mille chan:

et légères. Néanmoins, quoique 11

Jant, cela ne fit pas un grand effel

invention : Finis coronabit op

sur lequel, Dieu aidant, je ferai représenter par mes disciple

une pièée que j'ai composée; elle a pour titre : Les Amuse-

ments de Muley Bugentuf, roi de Maroc. Elle sera faite~

ment bien jouée, parce que j'ai des écoliers qui déclament

comme les comédiens de Madrid. Ce sont des enfants de

mille de Penafiel et de Ségovie, it

Les excellents acteurs! 11 est vrai que je les ai exerci

déclamation paraîtra frappée au coin du maitre, ut Ha di

Al'égard de la pidce, je ne l'en parlerai point; j

laisser le plaisir de la surprise. Je dirai simplement

doit enleyer tous les spectateurs. C'est un de ces sujets tr: qui remuent l'âme par les images de mort qu'ils offrent

i Vesprit. Je suis du sentiment d’Aristote : il faut exciter la

. ar Les teas ascrés d'au coustant hyanée, Ba Elle à cot dea à joie an destinée.

Tied des vers de l'Énfide cé Sen0n promet à Écle de lui doaner ex mariage Déion D es ae D ve TETE "La ba couroasera l'œuvre

* Pear aie dire,

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