‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 113 sur 429 · BLAS · texte numérisé non relu

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vements confus. H rêva quelque temps, puis, rompant le silence, il adressa ces paroles à Léontio : Sage Siffredi, je vous regarde toujours comme mon père. Je ferai gloire de me régler par vùê conseils, et vous régnerez plus que moi dans la Sicile. A ces mots, s'approchant d'une table sur laquelle étoit une écritoire, et prenant une feuille blanche, il écrivit son nom au bas de la page. Que voulez-vous faire, seigneur? lui dit Siffredi. Vous marquer ma reconnoissance et mon estime, répondit Enrique. Ensuite ce prince présenta la feuille à Blanche, et lui dit : Recevez, madame, ce gage de ma foi et de Tempire que je vous donne sur mes volontés. Blanche la prit en rougissant, et fit cette réponse au prince : Seigneur, je reçois avec respect les grâces de mon roi; mais je dépends d'un père, et vous trouverez bon, s*il vous platt» que je remette votre billet entre ses mains, pour en faire T usage que sa prudence lui conseillera.

Elle donna effectivement à son père la signature d'Enrique. Alors Sififredi remarqua ce qui jusqu'à ce moment étoit échappé à sa pénétration. Il démêla les sentiments du prince, et lui dit : Votre Majesté n'aura point de reproche à me faire. Je n'abuserai point de la confiance... Mon cher Léontio, interrompit Enrique, ne craignez point d'en abuser. Quelque usage que vous fassiez de mon billet,, j'en approuverai la disposition. Mais allez, continuat-il, retournez à Palermo, ordonnez-y les apprêts de mon couronnement, et dites à mes sujets que je vais sur vos pas recevoir le serment de leur fidélité, et les assurer de mon affection. Ce ministre obéit aux ordres de son nouveau maître, et prit avec sa fille le chemin de Palermo.

Quelques heures après leur départ, le prince partit aussi de Belmonte, plus occupé de son amour que du haut rang où il alloit monter. Lorsqu'on le vit arriver dans la ville, on poussa mille cris de joie; il entra parmi les acclamations du peuple dans le palais, où tout étoit déjà prêt pour la cérémonie. Il y trôavala princesse Constance, vêtue de longs habillements de deuil. Elle paroissoit fort touchée de la mort de Roger. Comme ils se dévoient un compliment réciproque sur la mort de ce monarque, ils s'en acquittèrent l'un et l'autre avec esprit, mais avec un peu plus de froideur de la part d'Enrique que de celle de Constance, qui; malgré les démêlés de leur famille, n'avoit pu ha][r ce prince. H se plaça sur le trône, et la princesse s'assit à ses côtés, sur un fauteuil un peu moins élevé. Les grands du royaume prirent leur

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