LIVRE IV, CHAPITRE IV
place, chacun selon son rang. La cërëmonie commença ; et Lëontio, comme grand chancelier de l'État et dépositaire du testament du feu roi, en ayant fait Fouverture, se mit à le lire à haute voix. Cet acte contenoiten substance que Roger, se voyant sans enfant, nommoit pour son successeur le fils aine de Mainfroi, à condition qu'il ëpouseroit la princesse Constance, et (lue, s'il refusoit sa main, la couronne de Sicile, à son exclusion, tornberoit sur la tète de l'infant don Pèdre, son frère, à la même condition.
Ces paroles surprirent étrangement Enrique. Il en sentit une peine inconcevable, et cette peine devint encore plus vive, lorsque Léontio, après avoir achevé la lecture du testament, dit à toute l'assemblée : Seigneurs, ayant rapporté les dernières intentions du feu roi à notre nouveau monarque, ce généreux prince consent d'honorer de sa main la princesse Constance sa cousine. À ces mots Enrique interrompit le chancelier. Léontio, lui dit-il, souveneas-vous de l'écrit que Blanche vous... Seigneur, interrompit avec précipitation Siffredi, sans donner le temps au prince de s'expliquer, le voici. Les grands du royaume, poursuivit-il en montrant le billet à l'assemblée, y verront, par l'auguste seing de Votre Majesté, l'estime que vous faites de la princesse, et la déférence que vous avez pour les dernières volontés du feu roi votre oncle.
Ayant achevé ces paroles, il se mit à lire le billet dans les termes dont il l'avoit rempli lui-môme. Le nouveau roi y faisoit à ses peuples, dans la forme la plus authentique, une promesse d'épouser Constance, conformément aux intentions de Roger. La salle retentit de longs cris de joie. Vive notre magnanime roi Enrique ! s'écrièrent tous ceux qui étoient présents. Comme on n'ignoroit pas l'aversion que ce prince avoit toujours marquée pour la princesse, on avoit craint, avec raison, qu'il ne se révoltât contre la condition du testament, et ne causât des mouvements dans le royaume; mais la lecture du billet, en rassurant là-dessus les grands et le peuple, excitoit les acclamations générales qui déchiroient en secret le cœur du monarque.
Constance, qui, par l'intérêt de sa gloire et par un sentiment de tendresse, y prenoit plus de part que personne, choisit ce temps pour l'assurer de sa reconnoissance. Le prince eut beau vouloir se contraindre, il reçut le compliment de la princesse avec tant de trouble, il étoit dans un si grand désordre, (\\x'\V\i^
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put même loi répondra ce que la biensteiee edgeoit de M. Enfin, cédant à la violence qu'il se feisoit, il s'approcha de 8if» fredi, que le deyoir de sa charge obligeoit de se tenir amnpièB de sa personne, et lui dit tout bas : Que foiles^ftKis^ Léofttief L'écrit que j*ai mis entre les mains de voM fiUe a'éloit polit ilestiné pour cet usage. Vous trahissez...
Seigneur, interrompit ^core Siffredi d'un tOB ferme^ sotgtti votre gloire. Si vous refuses de suivre les volontés du rai vobe oncle, vous perdez la couronne de Sicile. Il n'eut pas aeliavéds parier ainsi, qu'il s'éloigna du roi, pour Tempéelier de kii lépliquer. Enrique demeura dans un enibarras exUréne; il ae eealoit agité de mille mouvements contraires. Il étoit irrité eonlfe 9if^ fredi , il ne pouvoit se résoudre à quitter Handle; el| paHa|tf entre elle et Tintérôt de sa gloire, il fut asm longtempe imxrtain du parti qu'il avoit à prendre. Il se détermina peartart, «I crut avoir trouvé le moyen de conserver la allé de SifliredI, mbbs renoncer au trône. Il feignit de vouloir se soumettre aux volenléi de Roger, se proposant, tandis qu'on solliciteroit à Rome la dis* pense de son mariage avec sa cousine, de gagner par bsb Itafaits les grands du royaume, et d'établir si bien sa pmsBwee, qu'on ne pût l'obliger à remplir la condition du testameai^
Dès qu'il eut formé oe dessein, il devint plus tranquille; et, m tournant vers Constance, il lui confirma ce que le grand clMBce lier avoit lu devant toute l'assemblée. Mais, au mom«nl nftne qu'il se trahissoit jusqu'à lui offrir sa foi. Blanche arriva âtm h râlle du conseil. Bile y venoit, par ordre de son père, rendre wbê devoirs à la princesse; et ses oreilles, en entrant, furent kêppêKêdes paroles d'Enrique. Outre cela, Léontio, ne voulant pas qa'eit pût douter de son malheur, lui dit en la présentant à €onstaiMto7 Ma fille, rendes vos hommages à votre rmne; souhaitei-Mhf, douceurs d'un règne florissant et d'un heureux hyménée. Ge OOip terrible accabla l'infortunée Blanche. Elle entreprit ImtlleHMid de cacher sa douleur; son visage rougit et pâlit succeasifeaertt et tout son corps frissonna. Cependant la princesse n'es eiit aucun soupçon; die attribua le désordre de son oompllmeitl l'embarras d'une jeune personne élevée dans un déser^ elpea accoutumée à la cour. II n'en fut pas ainsi du jeune roi : kl via de Blanche lui fit perdre contenance, et le désespoir qu'il reoMTquoit dans ses yeux le mettoit hors de loinaoème. D ne doelfli /m gae, jageaat sur les appareôces» elle ne le crût fnMftlOi I