LITRE IV^ CHAPITRE XI
Je ne résiste plus, madame, repartis-je en me relevant; il faut m'éloigner de vous ; mais ne pensez pas que, soigneux de conserver une vie qui vous est odieuse, j'aille chercher un asile où je puisse être en sûreté. Non, non, je me dévoue à votre ressentimeiit. Je vais attendre avec impatience à Tolède le destin que vous me préparez; et, me livrant à vos poursuites, j'avancerai moi-même la fin de mes malheurs.
Je me retirai en achevant ces paroles. On me donna mon cheval, et je me rendis à Tolède, où je demeurai huit jours, et où véritablement je pris si peu de soin de me cacher, que je ne sais comment je n'ai point été arrêté ; car je ne puis croire que le comte de Polan, qui ne songe qu'à me fermer tous les passages, n'ait pas jugé que je pouvois passer par Tolède. Enfin, je sortis hier de cette ville, où il sembloit que je m'ennuyasse d'être en liberté ; et sans tenir de route assurée, je suis venu jusqu'à cet «mitage, comme un homme qui n'auroit rien eu à craindre* Yoilà^ mon père, ce qui m'occupe. Je vous prie de m'aider de V06 conseils.