CHAPITRE VII
Histoire de Laore.
Jo vais te conter, le plus succinctement qu'il me sera poeriUe, par quel hasard j'ai embrassé la profession comique.
Après que tu m'eus si honnêtement quittée, il arriva de grandi événements. Arsénié, ma maîtresse, plus fatiguée que dégoMe du monde, abjura le théâtre, et m'emmena avec elle à une belle terre qu'elle venoit d'acheter auprès de Zamora, en monnoies étrangères ^ Nous eûmes bientôt fait des connoissances dans cette ville-là. Nous y allions assez souvent ; nous y passions aa jour ou deux. Nous venions ensuite nous enfermer dans notn château.
Dans un de ces petits voyages, don Félix Maldonado, fils unique du corrégidor, me vit par hasard, et je lui plus. Il chercba l'occasion de me parler sans témoins ; et, pour ne te rien celer, je contribuai un peu à la lui faire trouver. Le cavalier n'avait pas vingt ans; il étoit beau comme TAmour môme, fait à peindre» et plus séduisant encore par ses manières galantes et généreastf que par sa Ogure. Il m'offrit de si bonne grâce et avec tant d'instances un gros brillant qu*il avoit au doigt, que je ne pus me défendre de l'accepter. Je ne me sentois pas d'aise d'avoir on t galant si aimable. Mais quelle imprudence aux grisettes de s'at* tacher aux enfants de famille dont les pères ont de l'autorité 1 Le
1 . c'est-à-dire avec de l'argent que lui avaient fourni des aaumti étraafsii