LIVRE Vil, CHAPITRE VIII
({ne Ions ces gens-là fussent des enfants trouvés qui n'avoient jimaisyu de frère.
Cependant on commença la pièce. Alors quelques gentilshoou&es qui ëtoient dans les foyers coururent se placer pour fentendre; et nooi, en enfant de la balle, je continuai de-m'entntooir avec ceux des acteurs qui n'étoient pas sur la scène. Il y eo aveit un parmi ces derniers qu'on appela devant moi Melchior.Ge nomme frappa. Je considérai avec attention le personi^e qui le portoit, et il me sembla que je l'avois vu quelque pirt Je me le remis enûn, et le reconnus pour ce Melchior Zapata, o pauvre comédien de campagne, qui, comme je l'ai dit dans le premier volume de mon histoire, trempoit des croûtes de pain dans une fontaine.
Je le pris aussitôt en particulier, et je lui dis : Je suis bien trompé , si vous n'êtes pas ce seigneur Melchior avec qui j'ai eu l'honneur de déjeuner un jour au bord d'une claire fontaine, entre Yalladolid et Ségovie. J'étois avec un garçon barbier. Nous portions quelques provisions que nous joignîmes aux vôtres, et nous fîmes tous trois un petit repas qui fut assaisonné de mille agréables discours. Zapata se mit à rêver quelques moments, ensuite il me répondit : Vous me parlez d'une chose que j'ai peu de peine à me rappeler.- Je revenois alors de débuter à Madrid, et je retoumois à Zamora. Je me souviens même que j'étois fort mal dans mes affaires. Je m'en souviens bien aussi, lui repliquai-je; à telles enseignes que vous portiez un pourpoint doublé d'affîcbes de comédie. Je n'ai pas oublié non plus que vous vous plaigniez dans ce temps-là d'avoir une femme trop sage. Oh ! je ne m'en plains plus à présent, dit avec précipitation Zapata. Vive Dieu ! la commère s'est bien corrigée de cela ; aussi en ai-je le pourpoint mieux doublé.
J'allois le féliciter sur ce que sa femme étoit devenue raisonnable, lorsqu'il fut obligé de me quitter pour paroître sur la scène. Curieux de connoître sa femme, je m'approchai d'un comédien pour le prier de me la montrer; ce qu'il fit en me disant : Yous la voyez; c'est Narcissa, la plus jolie do nos dames après votre sœur. Je jugeai que cette actrice devoit être celle en faveur de qui le marquis de Marialva s'étoit déclaré avant que d'avoir vu son Estelle, et ma conjecture ne fut que trop vraie. A la fin de la pièce je conduisis Laure à son domicile, où j'aperçus en arrivant plusieurs cuisiniers qui préparoient un gr^jid repas. Tu
^ .. .,•• ue Jit-elle. Je n'en ferai rien, lui répondis-je; '. ^iu .»cut-étre bien aise d'être seul avec vous. Ohî ^»ii-Oiie; il va venir avec deux de ses amis et un de y,u.>* :i iw tiendra qu'à toi de faire le sixième. Tu sait \.%ié, .tis comédiennes les secrétaires ont le privil^e de .^c eui's maîtres. Il est vrai, lui dis-je; mais ce seroit Vil 1)0 lieure me mettre sur le pied de ces secrétaires laui auparavant que je fasse quelque commission de 0.:. :K.»ur mériter ce droit honorifique. En parlant ainsi, je . .» .0 ^iio^ Laure, et gagnai mon auberge où je comptois ... V. oiw les jours, puisque mon maître n'avoit point de