LIVRE X, CHAPITRE XII
âdUai de brusquer les choses, tant je craignois de les voir changer I Heureusement la dame avoit encore plus que moi cette affaire à cœur ; et, bien loin de la négliger, elle donna de si bons ordres, que les préparatifs de son hyménée furent bientôt faits. Dès qu'on sut dans Cordoue que la vieille marquise d'Almenara se disposoità épouser le jeune don Manrique deMedrana, les railleurs commencèrent à s'égayer aux dépens de cette veuve; mais ils eurent beau s'épuiser en mauvaises plaisanteries, ils ne la détournèrent point de son entreprise ; elle laissa parler toute la ville, et suivit son chevalier à Tautel. Leurs noces furent célébrées avec un éclat qui fournit une nouvelle matière à la médisance. La mariée, disoit-on, auroit du moins dû, par pudeur et par bienséance, supprimer la pompe et le fracas, qui ne conviennent point du tout aux vieilles veuves qui prennent de jeunes