‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 356 sur 429 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De Tcntretien secret que Qil Bias eut avec Navarro, et de la première oco^alkm

que le comte d'Olivarès lui donna.

D'abord que je vis Joseph, je lui dis avec agitation que j'avois bien des choses à lui apprendre. Il me mena dans un endroit particulier, où, l'ayant mis au fait, je lui demandai ce qu'il peosoit de ce que je venois de lui dire. Je pense, me répondit-il, que vous êtes en train de faire une grosse fortune. Tout vous rit: vous plaisez au premier ministre ; et, ce qui ne doit pas être compté pour rien, c'est que je puis vous rendre le même service que vous rendit mon oncle Melchior de la Ronda, quand vous entrâtes à l'Archevêché de Grenade. Il vous épargnai» peine d'étudier le prélat et ses principaux officiers, en vous découvrant leurs différents caractères; je veux, à son exemple,

• rite, et de plusieurs autres crimes ; mais après que son procès eut duré den

• ans et demi, on ne put prouver ce dont on l'accusait. On le retint tout et

• temps-là en prison. On prétend que l'on lira le procès si fort en longueur, t»ii « pour empêcher qu'il ne se sauvât que pour entretenir la haine du public eontrt a le duc son maître, et prévenir le retour de sa faveur. » [Histoire univerulU, tome XXIX, p. 109.)

Enfin, en 1621, après avoir eu de Philippe III des lettres d'absolution de toai

les grands crimes dont on l'avait d'abord accusé, il fut condamné à mort i comme

« atteint et convaincu du meurtre de deux gentilshommes espagnols. Il fut déo*

« pité publiquement, et mourut si courageusement et si chrétiennement, qu»I

a attira la compassion de tout le monde. » {Ibid., p. 109.)

Calderone fut une victime qui paya pour le duc de Lerme. Celui-ci, étant c»dinal, brava les procédures à l'abri du respect qu'on avait en Espagne pour U pourpre romaine.

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