‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 382 sur 429 · SI · texte numérisé non relu

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Toir ; mais les images affligeantes dont j'avoîs f<e^it rem^ » dissipèrent insensiblement, et je ne pensai plus qu*à me bien acquitter de la commission dont mon maître m*avoit chargée J'attendis avec impatience l'heure de la comédie pour y i^, jugeant que c'ëtoit par là que je devois comnaencer; et sitôt qu'elle fut venue, je me rendis au théâtre , où je m'assis laprès d'un chevalier d' Alcantara. J'eus bientôt lié oonversitkni avee lui. Seigneur, lui dis-je, est-il permis à un étranger d'oser too faire une question? Seigneur cavalier, me répondit-il fort ptiiment, c'est de quoi je me tiendrai fort honoré. On m'a vailé, repris-je, les comédiens de Tolède ; auroit-on eu tort de m'a dire du bien? Non, repartit le chevalier, leur troupe n'est pss mauvaise; il y a même parmi eux de grands sujets : vous verrez entre autres la belle Lucrèce, une actrice de quatorze aas, qoi vous étonnera. Vous n'aurez pas besoin, lorsqu'elle se moBlren sur la scène, que je vous la fasse remarquer ; vous la démèlerei aisément. Je demandai au chevalier si elle joueroit ce joar-là. Il me répondit que oui, et même qu'elle avoit im rôle très-iirilittt dans la pièce qu'on alloit représenter.

La comédie commença. Il parut deux actrices qui n'avoiait rien négligé de tout ce qui pouvoit contribuer à les rendre charmantes; mais, malgré l'éclat de leurs diamants, je ne prisniTine ni l'autre pour celle que j'attendois. Le chevalier d' Alcantara m'avoit si fort prévenu en faveur de Lucrèce, que j6 ne pouvois la deviner qu'en la voyant elle-même. Enfin cette belle Locrèoe sortit du fond du théâtre, et son arrivée sur la scène fut annoncée par un battement de mains long et général. Ah I la voici, dis-je en moi-même : Quel air de noblesse ! que de grâces ! les beaai yeux ! la piquante créature! Effectivement j'en fus fort salisfiait, ou plutôt sa personne me frappa vivement. Dès la première tirade de vers qu'elle récita, je lui trouvai du naturel, du feu, une intelligence au-dessus de son âge , et je joignis volontiers me applaudissements à ceux qu'elle reçut de toute l'assemblée pendant la pièce. Eh bien! me dit le chevalier, vous voyez comme Lucrèce est avec le public? Je n'en suis pas surpris, lui répondisje. Vous le seriez encore moins, me répliqua-t-il , si vous l'entendiez chanter ; c'est une sirène ; malheur à ceux qui récoulenl sans avoir pris la précaution d'Ulysse! Sa danse, poursuivit-il. n'est pas moins redoutable ; ses pas, aussi dangereux que sa voix, charment les yeux, et forcent les cœurs à se rendre., Sur ce pied-

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