‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 399 sur 429 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Comment Gil Bias i^cit que l'avis de Faturiee n'étoit point fsm. Du Toyage que le roi fit à Saragoase.

Cependant ce que le poëte des Asturiee m'avoit dit n'étoit pas sans fondement. Il y avoit au palais une confédération furtive contre le comte-duc, de laqueileon prëtendoit que la reine ëtoit le chef; et toutefois il ne transpiroit rien dans le public <les mesures que les confédérés prenoient pour déplacer ce nâfliistre. Il s'écoula même depuis ce temps-là plus d'une année, «ans que je m'aperçusse que sa faveur eût reçu la moindre atteinte.

Mais la révolte des Catalans soutenus par la France et les mauvais succès àe la guerre contre ces rebelles excitèrent les murmures du i^euple, qui se plaignoit du gouvernement. Ces plaintes donnèrent lieu à la tenue d'un conseil en présence do roi, qui voulut que le marquis de Grana, ambassadeur de l'Empereur à la cour d'Espagne, s'y trouvât. Il y fut mis en délibération s'il étoit plus à propos que le roi demeurât en Castille, w qu'il passât en Aragon pour se faire voir à ses troupes. Le comteduc, qui avoit envie que ce prince ne partît point pour l'armée, parla le premier. Il représenta qu'il étoit plus convenable à la majesté royale de ne pas sortir du centre de ses États, et il appuya son sentiment de toutes les raisons que son éloquence put lui fournir. Il n'eut pas plus tôt achevé son discours, que son a\is fut généralement suivi de toutes les personnes du conseil, à la réserve du marquis de Grrana, qui, n'écouta^nt que son zèle poor la maison d'Autriche, «t se laissant aller à la franchise de sa nation, combattit le sentiment du premier ministre, «t soutint l'avis contraire avec tant de fonce, que le roi, irappë de la solidité de ses raisonnements, embrassa son opinion, quoiqu'elle fût opposée à toutes les voix du 'Conseil, et marqua le jour de son départ pour l'armée.

C'étoit pour la première fois de sa Tieque<oe viQiiarqite tvaà

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