‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 404 sur 429 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De l'inquiétude et des soins qui troublèrent d'abord le repos du comte-duc, et de l'heureuse tranquillité qui leur succéda. Des occapaSkas

de ce ministre dans sa retraite.

Madame d'Olivarès laissa partir son mari pour Loecbos, ^ demeura quelques jours après lui à la cour, dans le dessein d'essayer si, par ses prières et par ses larmes, elle ne pourroitpa? le faire rappeler ; mais elle eut beau se prosterner devant Leurs Majestés, le roi n'eut aucun égard à ses remontrances quoi(jue préparées avec art, el; la reine, qui la haîssoit mortellement, ^t avec plaisir couler ses pleurs. L'épouse du ministre ne se rebuU point; elle s'humilia jusqu'à implorer les bons offices des dames de la reine ; mais le fruit qu'elle recueillit de ses bassesses fot de s'apercevoir qu'elles excitoientle mépris plutôt que la pitié. Désolée d'avoir fait en vain tant de démarches humiliantes, elle alla rejoindre son époux, pour s'affliger avec lui de la perte d'une place qui, sous un règne tel que celui de Philippe F. étoit peut-être la première de la monarchie.

Le rapport que cette dame fit de l'état où elle avoit laissé Madrid redoubla le chagrin du comte-duc. Vos ennemis, lui ditelle en pleurant, le duc de Medina-Geli et les autres grands qui vous haïssent, ne cessent de louer le roi de vous avoir ôté du ministère; et le peuple célèbre votre disgrâce avec une joie insolente, comme si la fin des malheurs de l'État étoit attachëeà celle de votre administration. Madame, lui dit .mon mailre,aii-

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