CHAPITRE XI
Le comte-duc devient tout à coup triste et rêveur. Du sujet étonnant de sa tristesse, et de la suite fâcheuse qu'elle eut.
Monseigneur, pour varier ses occupations, s*amusoit aussi quelquefois à cultiver son jardin. Un jour que je le regardois travailler, il me dit en plaisantant : Tu vois, San til lane, un mi» nistre banni de la cour, devenu jardinier à Loeches. Monseigneur, lui répondis-je sur le même ton, je m'imagine voir Denys de Syracuse maître d'école à Gorinthe. Mon maître sourit de la réponse, et ne me sut pas mauvais gré de la comparaison.
Nous étions tous ravis au château de voir le patron, supérieur à sa disgrâce, trouver des charmes dans une vie si différente de celle qu'il avoit toujours menée, lorsque nous nous aperçûmes avec douleur qu'il changeoit à vue d'oeil. Il devint sombre,