‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 7 sur 429 · XIV JUGEMENTS ET TÉMOIGNAGES · texte numérisé non relu

XIV JUGEMENTS ET TÉMOIGNAGES

emprunter des idées^ des histoires, des lambeaux, tout ce qui était à sa convenance, comme H. Ticknor Ta péremptoirement démontré *. II n'est pas d'auteur qui ait eu moins de scrupule à cet égard et qui en ait agi avec moins de cérémonie que Le Sage. Il justifie tout à fait la spirituelle définition que donnait un jour M. de Maurepas : « Un auteur est un homme qui prend dans les livres tout ce qui lui passe par la tête. » Cela n'ôte rien à ses mérites; niais il faut être vrai avant tout et sortir une bonne fois, à son sujet, du lieu commun national et patriotique. Ne soyons pas pour lui plus fiers que luimême : Gil Bias n'avait pas le point d'honneur si haut placé.

M. Yillemain dit encore, après avoir parlé du Diable boiteux :

« Mais ce ne sont là que des notés, et Vdlbum de voyage du grand peintre de la vie humaine. C'est dans Gil Bias qu'il Ta décrite par une fiction fort simple, celle d'un spectateur qui s'est môIé à tout, a passé par toutes les conditions, depuis celle de valet jusqu'à celle de premier commis et de sous-ministre, et a fait connaissance avec tous les vices, tous les travers, tous les ridicules, par l'exemple d'autrui, et souvent par le sien. Cette forme a été partout imitée. On a fait le Gil Bias de chaque pays; et le meilleur livre que nous ayons sur l'Orient, l'Anostase de M. Hope, est une espèce de Gil Blas^ racontant par quelle succession d'aventures il a tour à tour essayé toutes les

1. Voir notamment au tome iHt page 7 Of de aon Hitloire de la littérature espagnole»

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