LIVRE Vil
CUAPi I. — DCS amottn de Gil Mas et de la dette Lor0MçK fiéphOA.
J'allai donc à ^eha potter au bon Saninel Sithoii iés iroH ttiilte ducats que nous lui avions folés. f àvotiërai franchement que je fui tenté dUr la mttte dé iri'appn^Hèi- tiet argent, pour cbmmehicer moil InleirfdstTitfe sous d*hëurèuîc au** pices. le pouvais faire ce ctmp itîit)unéhieht ; je n*atài8 qu'à TOTager cinq où sit jours, et m*en retoui-ner eiisulte cotnmé si je me fusto acquitté dé ma côtnînlf^iDn. Doh Alphonse et son pèi-e étaient trof) préventks en ma fâVèur pour soupçotiner ma fidélité, tblit tnë favofi^lt. ïè ne stitseottibat poiu4anl point à la tentatibn; je pnî* mêtnè di^ qùlé je la Surmontai en garçon d'htm^ëur; te qui n'était pas peu tollable dans mi jeune homme qui avait f^^^èiité de grand» Mponâ. Bien des pémnnes qui ne voient que d^honneiies gehï ne sdnt pas si scrupuleuses, celle» surtout à qui Ton a confié des dépôts qu'elles peuvent retenir San* intéresser Ifeur réputation pou^* raient en dire des nouvelles.
Âpres atoir fait la restilution au niart^bahd, qui iiè s'y était nullement attendu, je reviiis au château de Leytït. Le comte dé Polan n'y était plus; il aVàit itprls le chemin de Tolède avec Julie et dbn demand. Jë^ irbutat tùon notre«au faïaître plus épris que Ja^aii de sa SéHiphittë, ^ SérapUinè enchaU-^ tée de lui, et dbn César charmé de lés possédet* toiiS 6étix. I($ m'attachai à gagner l'amitié de ce tendre père, et j^y téaisiii lé dèrins rihtëndaht dé là maison : c'était inëi ^Ui réglaié tout^ je iticetais l'ai-gènt des fermiers; je faisais la déj^nSé, et j'atàis stîr les vÉdets un ethpirè despotique : mais, eôntré l'ordinaire dé mes pareils^ je ii'àlraSëiS point de nion pdU-i tbir. Je ne chassais ptts léâ dôtnesti^ues <|Ui nie déplaisaient^ ni n'etigeais (^è des autres qu'ils mé fUi»sënt ëiîHèretnent dévoués. S'ils S'adi^ssaiéiit âtrëètélaetit à â6n QéS6r ou à son fils pour leur demander des grâces ^ bien loin dé les traverser, je parlais en leur faveur* D'ailleUrs> leS marques d'afifec* ti(m cfue mes deux mitltréd me ^nnaiéht à toute hôure m'in^
spiraient un zèle pur pour leur service. Je n'avais en vue que leur intérêt; aucun tour de passe-passe dans mon administration : j'étais un intendant comme ou n'en voit point.
Pendant que je m'applaudissais du bonheur de ma condition, l'amour, comme s'il eût été jaloux de ce que la fortune faisait pour moi , voulut aussi que j'eusse quelques grâces à lui rendre; il fit naître dans le cœur de la dame Lorença Sephora, première femme de Séraphine, ime inclination violente pour monteur l'intendant. Ma conquête, pour dire les choses en fidèle historien , frisait la cinquantaine. Cependant un air de fraîcheur, un visage agréable, et deux beaux yeux dont elle savait habilement se servir, pouvaient la faire encore passer pour une espèce de bonne fortune. Je lui aurais souhaité seulement un teint plus vermeil , car elle était fort pâle ; ce que je ne manquai pas d'attribuer à Vaustérité du célibat
La dame m'agaça longtemps par des regards où son amométait peint; mais, au lieu de répondre à ses œillades, je fis d'abord semblant de ne pas m'apercevoir de son dessein. Par là je lui parus un galant tout neuf ; ce qui ne lui déplut point. S'imaginant donc ne devoir pas s'en tenir au langage des yeux avec un jeune homme qu'elle croyait moins éclairé qu'il ne l'était, dès le premier entretien que nous eûmes ensemble, elle me déclai-a ses sentiments en termes formels, afin que je n'en ignorasse. Elle s'y prit en femme qui avait de l'école : elle feignit d'être déconcertée en me parlant; et, après m'avoir dit à bon compte tout ce qu'elle voulait me dire , elle se cacha le visage , pour me faire croire qu'elle avait honte de me laisser voir sa faiblesse. Il fallut bien me rendre; et, quoique la vanité me déterminât plus que le sentiment, je me montrai fort sensible à ses marques d'afPection. J'affectai même d'être pressant , et je fis si bien le passionné , que je m'attirai des reproches. Lorença me reprit avec tant de douceur, qu'en me recommandant d'avoir de la retenue, elle ne paraissait pas fâchée que j'en eusse manqué. J'aurais poussé les choses encore plus loin, si l'objet aimé n'eût pas craint de me donner mauvaise opinion de sa vertu en m'accordant une victoire trop facile. Ainsi nous nous séparâmes jusqu'à une nouvelle entrevue, Sephora persuadée que sa fausse i ésistance la faisait passer pour une vestale dans mon esprit, et moi pleio