‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 4)Chapitre 265 sur 296 · IÎ · texte numérisé non relu

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Ude. Pardonnef-moi, seigneur don André^ interrômpis-je en souriant, vous avez en moi un ami qui peut vous être bon à ^quelque chose. Je vous ai déjà dit que je suis encore plus aimé du comte-duc que je ne Tétais du duc de Lerme, et vous osez me dire en face que vous n'aves personne qui puisse vous faire obtenir un solide emploi ! Ne vous ai-je pas déjà rendu un pareil service? Souvenea-vous que, par le crédit de l'archevêque de Grenade, je vouis fis nommer pour aller remplir au Mexique un poste où vous auries fait votre fortune, si l'amour ne Vous eût point arrêté dans la ville d' Alicante. Je suis bien pins en état de vous servir présentement que j'ai l'oreille du premier ministre. Je m'abandonne donc à vous, répliqua Tordesillas; mais, ajouta4-il en souriant à son tour, ne m'^voyez pas, de grâce, à la Nouvelle-Espagne; je n'y voudrais point aller, quand on m'y voudrait faire président de l'audience^ même du Mexique.

Nous fûmes interrompus dans cet endroit de notre entretien par dona Helena, qui arriva dans la salle, et dont la personne toute gracieuse remplit lldée charmante que je m'«i étais tannée. Madame, lui dit CogoUos, je voua présente le fieigneur de Sautillane, dont je vous ai parlé quelquefois, et dont l'aimable compagnie a souvent dans ma prison suspendu mes ennuis. Oui, madame, dis-je à dona Helena, don Gaston vous dit la vérité. Ma conversation lui plaisait, parce que vous en faisiez toujours la matière. La fille de Georges répondit modestement à ma politesse; après quoi je pris congé de ces deux époux, en leur protestant que j'étais ravi que Thymen eût enfin succédé à leurs longues amours. Ensuite, m'adressant à Tordesillas, je le priai de m'apprendre sa demeure; et lorsqu'il me l'eut enseignée : Sans adieu, lui dis-je, don André; j'espère qu'avant huit jours vous verrez que je joins le pouvoir à la bonne volonté.

Je n'en eus pas le démenti. Dès le lendemain même, le i5omte-duc me fournit une occasion d'obliger ce châtelain. Santillane, me dit Son Excellence, la place de gouverneur de la prison royale de Valladolid est vacante : elle rapporte plus de trois cents pistoles par an; il me prend envie de te la don-

^ Les audiences sont les cours supérieures de justice et de police dont les memlicei sont des personnages fort considëraJ)les dans les colonies espegnoldi*

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