‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 4)Chapitre 274 sur 296 · CO · texte numérisé non relu

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léouMgDé qu'il serait bien aise de f entretenir là-demis en INurticulier : va de ce pas te présenter à la porte de sa diambre, où Tordre de te faire entrer est déjà donné ; cours, et reviens promptement me rendre compte de celte couTenatioB. Je Tolai d'abord cbez le roi, que je trouTai teal. U se promenait à grands pas en m'attendant, et paraisoit a^oir la tête embarrassée. Il me fit plusieurs questions sur Lucrèce» dont il m'cUigea de lui conter Fhistoire ; ensuite il me demanda si la petite personne n*avait pas déjà eu quelque galanterte. J'assiurai hardiment que non, malgré la témâité de ces sortes d'assurances ; ce qui me parut faire an prince un f<^ grand plaisir. Cela étant, reprit-il, je te chmsis pour mon agent auprès de Lucrèce; je veux que ce soit de ta bouche qu'elle apprenne sa Tictoire. Va la lui annoncer de ma part, lyouta-t-il en me mettant entre les mains un écrin oii il y avait pour plus de cinquante mille ecus de pierreries, et di&lui que je la prie d'accepter ce présent, en attendant de plus solides marques de ma passion.

.. Avant que de m'acquitter de cette commission, j'allai rejoindre le comte-duc, à qui je fis un fidèle rapport de ce que le roi m'avait dit. Je m'imaginais que ce ministre en serait plus affligé que réjoui ; car je croyais qu'il avait des vues amoureuses sur Lucrèce, et qu'il apprendrait avec cbagrin que son maître était devenu son rîvsd; mais je me trompais. Bien loin d'en paraître mortifie, il en eut une si grande joie, que^ ne pouvant la contenir, il laissa échapper quelques paroles qui ne tombèrent point à terre, a Oh ! parbleu ! Phi- » lippe, s'écria-t-il, je vous tiens; c'est pour le coup que les » affaires vont vous faire peur ! » Cette apostrophe me découvrit toute la manœuvre du comte-duc : je vis par là que ce seigneur, craignant que le prince ne voulût s'occuper de choses sérieuses, cherchait à l'amuser par les plaisirs les plus convenables à son humeur ^ Santillane, me dit-il ensuite, ne

* Toas ces détails sont historiques. On a dit de Philippe IV : « C'était an prince

> qni avait naturellement une assez grande capacité, et s'il eût eu nue meilleure édo- •t ettieo et fbt parvenu à la couronne moins jeune, il aurait certainement r^né avec

> pins de gloire ; mais les artiboes d'Olivarèn, en nonrrissaat le penchant de ee prince

> pour le plaisir, en lui grossissant la fatigue des affaires, ^ en lui persuadant que ce

> ministre souffrait Ini-mème une espèce de martyre pour aoulager le roi du Eardean 9 d« geuvenenent, l'avaient entretenu si longtemps dtM rindoteneei qn'il Ait hon

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