‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 4)Chapitre 29 sur 296 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

CHAP. I*— M>rice mène el fait recevoir Gil Bias cbes le licencie Sedillo. Dans qvel état était ce chanoine. Portrait de sa gonyernante.

Nous ftyions si grand'peur d'arriver trop tard chez le vieux licencié ^y que nous ne fîmes qu'un saut du cul-de^'sac à sa maison. Nous en trouvâmes la porte fermée : nous frappâmes. Une fille de dix ans^ que la gouvernante faisait passer pour sa nièce^ en dépit delà médisance^ vint ouvrir; et^ comme nous loi demandions si l'on pouvait parler au chanoine^ k dame Jadnte parut. C'était une personne déjà parvenue à l'âge de discrétion, mais belle aicore; et j'admirai particulièrement la fraîcheur de son teint. Elle portait une longue robe d'une étoffe de la faine la plus commune, avec une large ceinture de cuir, d'où pendait d'un côté un trousseau de clefs, et de l'autre un diapelet à gi^ grains. D'abord que nous Faperçûmes, nous la saluâmes avec beaucoup de respect; elle nous rendit le salut fort civilement, mais d'un air modeste et les yeux baissés.

rai appris, lui dit mon camarade, qu'il faut un honnête garçon au seigneur licencié Sedillo, et je viens lui en présenter un dont j'espère qu'il sera content. La gouvernante leva les yeux à ces paroles, me regarda fixement, et, ne pouvant acc^er ma broderie avec le discours de Fabrice, elle demanda si c'était moi qui recherchais la place vacante. Oui, lui dit le fils de Nunez, c'est ce jeune homme. Tel que vous le voyez, il lui est arrivé des disgrâces qui l'obligent à se mettre en condition; il se consolera de ses malheurs, ajouta-t-il d'un ton doucereux, s'il a le bonheur d'entrer dans cette maison, et de vivre avec la vertueuse Jacinte^ qui mériterait d'être la gouvernante du patriarche des Indes. A ces mots, la vieille béate cessa de me regarder pour considérer le gracieux personnage qui lui parlait; et frappée de ses traits qu'elle crut ne lui être pas inconnus : J'ai une idée confuse de vous avoir vu, lui dit-elle; aidez'-moi à la débrouiller. Chaste Jaciute^

■ le titre de UomeU en théologie était vn honneur utile en. Espagne, parce que ce gHMle douwit <lfoH A des bénéikei et & d'autres dwtinctioi».

74 oit ^AS.

lui répondit Fabrice, il m'est bien glorieux de m'être attiré vos regards : je suis yei^ deux fuis dans cette maison avec mon maître le seigneur Manuel Ordonnez, administrateur de' Fhôpital. Eh ! justement, répttqua la gouvernante, je m'en souviens, et je vous remets. Ah ! puisque vous appartenez au seigneur Ordonnez, il faut que vous soyez un ^af^ de bMir et d'honneur. Votre condition fait voti*e éloge, et ce jeune bomme ne saurait avoir un meilleur répondait que yipus. Venez, poursuivit-elle, je vais vous faire parler au seigofiiivf SediUo. Je crois qu'il sei^a bien aise d'av(Hr un^garçoa d^ YO^ra main.

Nous suivîmes la dame Jaoiute. Le chsunonae é^ ^Qg^PM tes, et son apparlenifint coBsistait en quatre pièces djs pi^ffp ]pie<}, biea Ix^es, Ete aous pria ^atilendrç ui^ mopaçt ^^ la ]^6mière, et nious y laissa pour passer dans la aec^ôd^ iÀ éCaiti le Iscâocié. Après y avoir demeuré quelque teiofS" efs partiodier avec kû, pour le metAre au lait, elle vint nau8.4Mfi^ - 91e nous pouvions entrer. Nous aperçûmes le vieux, poilag^ ^ioncé- dans un fauteuil, un oreiller sous 1^ t$te, des co^ sins sous les bi^as, et les jambes appuyées sur ua gros çoQïeaM j^eki de duvet» Nous nous appvoôhâijôués 4e k4 saus m^i^g^, ks Té^éveaoes'y et f abrice, portant encore la pw4^5 1^ se contenta pas dé redire ce qu'il avait dât à U gouv^nante^ji il se mit à vapter mon mérite, et s'étendit principalement çv^ IfhonneMf que. je m'étais acquis chez le docteur Godmez d^BS les disputes de philosophie; comme s'il eût fallu que je fusse QB grand philos(^he pour devenir valet d'un chanoine. G^ pendant, par le bel âoge qu'il fit de moi, il se Is^ssa pas. (je jeter de la poudi^ aux yaix du licencié^ qui,t rems^quaj^t dr'aitieurs que je ne déplaisais pas à la dai^e jacijal^, dit à i^on répondant: L'ami, je reçois k mon s^wiœ le garç^ que tu m'aa^nesf il me revient assez ^ et je juge favojrablem^t de ses mœuvs, puisqu'il m'est présenté par ui^ dojpaesr Ikiue du seigneur Ordonnez»

D'abord que Fabrice vit que j'étais ^n^té, il fît une S^wàfi révérence au chanoine, une autre encore plus profond^ à la gouvernante, et se retira fort satinait,, apr^s m'avoir d^ tout bas que nous nous reverrions, et que je n'avais qu'à rester là. Dès qu'il fut sorti^ le licencié me demanda comment ja u'ap-

Page 1