‹ Histoire de Gil Blas de SantillaneChapitre 219 sur 254 · OR. BLAS · texte numérisé non relu

OR. BLAS

si je demeurerais ou non à la cour. A présent que je sais bien à quoi m'en tenir, tu peux partir pour Valence quand il te plaira, poiu’ aller instruire ces seigneurs de ma situation présente, que je regarde comme leur ouvrage, puisqu’il est certain que sans eux je ne me serais jamais déterminé à faire le voyage de Madrid. Cela étant, s’écria le fils de la Coscolina, don César et don Alphonse seront bientôt informés de l’état présent de vos 'affaires. Que je vais leur causer de joie en leur racontant ce qui vous est arrivé ! Que ne suis-je déjà aux portes de Valence ! mais j’y serai en peu de jours. Les deux chevaux de don Alphonse sont tout prêts. Je vais me mettre en-chemin avec un laquais de monseigneur. Outre que je serai bien aise d’avoir un compagnon sur la route, vous savez que la livi-ée il’un premier ministre jette de la poudre aux yeux.

Je ne pus m’empêcher de rire de la sotte vanité de mon secrétaire J et cependant, plus vain peut-être encore que lui, je le laissai faire ce qu’il voulut. Pars, lui dis-je, et reviens promptement ; car j’ai une autre commission à te donner. Je veux t’envoyer aux Asturies porter de l’argent à ma mère. J’ai par négligence laissé passer le temps auquel j’ai promis de lui faire tenir cent pistoles, que tu t’es obligé de lui remettre toi-même en main propre. Ces sortes de paroles doivent être’ si sacrées pour un lils, que je me reproche mon peu d’exactitude à les garder. Vous avez raison, monsieur, me répopdit Scipiou, et je me sais mauvais gi’é de ne vous en avoir pas ' fait souvenir ; mais patience, dans six semaines au plus tai d je vous rendrai compte de ces deu.v commissions ; j’aui’ai parlé aux seigneurs de Leyva, fait un tour à votre château, et revu la ville d’Oviedo, dont je ne puis me rappeler le souvenii- sans donner au diable les ti’ois quarts et demi de ses habitants. Je comptai donc au iils de la Coscolina cent pistoles pour la pension de ma mère, avec cent autres pour lui, voulant qu’il fit gracieusement le long voyage qu’il allait entieprendre.

Qucl(]ues jours après son dépar t, monseigneur ût imprimer noti'e mémoii'e, qui ne fut pas plutôt rendu public, qu’il devint le sujet de toutes les conversations de Madr id. Le peuple, ami de la nouveauté, fut charmé de cet écrit; l’épirisernent des linances, qui était peint avec de vives coirlem's, le r-évolta contre le duc de Leime; et si les coups de griffe qu’y rece- .

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