pluviôse
J*ai bien du chagrin d'apprendre que mon petit Camille est malade. Aies en bien soin, mon ami^ je t'en prie.
Le pauvre enfant s'était bien promis de te garder quelque chose de ce qu*il avait; s'il ne l'a pas fait^ le cher petitj c'est qu'il l'a oublié.
* Bonjour, m9k petit camarade. Ton papa. Babeuf.
P.-5. — Je voudrait bien savoir si tu n'a pas à te plaindre de ta maman, et si elle a eu toujours bien soin de toi pendant ta maladie.
' Ta mets toujours ton nom Babeuf en abr^é, en signant comme cela Emile B.
Cela n'est pas d'usage^ ni dans les principes. On peut plutôt mettre en abrégé le prénoûi, c'est-à-dire, que tu peux mettre seulement la première lettre du mot Emile et signer comme cela E. Babeuf, de même que je signe G. Babeuf.
11 faut aussi toujours mettre la date en tète des lettres et non à la fin ; pour rendre plus facile à les ranger par ordre de date.
(i) Au dot : A Emile, mon camarade.
(2) Au dos : A Emile Babenf, rfyublicain français, rue Hworé, M* 3q, section des Champs-Elysées.
( io3 )
Sur d'autres lettres de cette époque, par lesquelles on ^oit qu'il soit avec un vif întérAt la maladie de son fils, il met : A «ma enfant Emile.
11 dit encore : -
Par exemple, tu devrais bien te rappeler des roots tels que ceux*ci : Adieu, je f embrasse ; tu les vois tous les jours écrits de cette manière dans mes lettres^ et cepen« dant, tu les écris comme cela : Adiheu, je Vembrase.
20 pluviôse, (i)
Je suis bien fâché, mon am!^ d'apprendre ce qui est arrivé à ta maman ; tu as fait ce que tu as pu pour la sotilager, ta es un bon petit enfant.
Tu ne»m'as pas répondu sur ce que je t'ai écrit pour t'engageir à prendre tous les jours une leçon de lecture ; ta ne m'as pas dit si tu te sentais disposé à f y confor-> mer
Je t'ai promis hier de te parler dp ma situation. Voilà déjà bien du tems que je suis ici, et mes affaires n'avan* cent guère. Les malheureux imprimeurs n'en finissent pas. Pendant ce tems làj mon ami^ ton père souffre. Mais tu sais combien sa constance est grande pour résister au malheur. Pourvu qu'à la fin son innocence 'éclate^ voilà tout ce qu'il ambitionne. Tache de luî exposer, o mou cher enfant; quelques considérations consolantes, pour l'aider.à soutenir son courage.'
Adieu^ j'embrasse ton petit frère et ta petite sœur.
G. Babbuf.
i8 pluviôse.
Tu observes bien exactement tout ce que* je f ïi recommandé \ je suis coâtent de toi.
Mais je t'avertirai d'éviter de tomber dans un autre inconvénient.
En t engageant à ne plus commencer et finir toutes tes
(i) ka àoê X ^ Emile Btàe^f, à Paris, - •: .
(ib4)
lettres de la mémt mâniMej je n'af pà« «nTend« t^ifilerdire les expressions pir lesquelles tu «s ooufume d^ me manifester ton amitié. Tu me df«ii« toujours eu commentant : Bonjour, mon Papa, et en finissant : Je ftm^ brasse. Ces expressions ne pouvaient que me faire beaucoup de plaisir; elles me renouvellatent Tassurance d^ senciments de ton cœur^ de ta tendresse, de ton amour ^ pour moi. Je serais fiftché que tu tes supprime. J'ai voûte seulement te faire entendre qu'il ne fallait pas que toutes tes lettres d'une correspoiulance présentent les mêmes mots pour commencer et pour finir^ que cela, était contre le bon ^oût/quMl fallait chercher à diversifier autant qu'on lepouvait.C'est surtout les cominencementsdeslettresqu^il est mal de voir toujours figurés par les mâmA paroles. A l'égard de la fin^ il est plus ordinaire d'employer une formule haBituelle ; car tu as dû remarquer bien des gens qui. terminent toujours leurs lettres par ces termes : Satut et fraternité. Entre nousdeux^ ces termes rendraient mal les sentiments de nos cœurs.' Il vaut mieux que nous raprochions tout ensemble les deux parties de phrases ptfr lesquelles tu comitiences et tu termiheà, et qu'à Tavenir tu dises en finissant : Bonjour yïnon Papdyjè f embrasse. Mais tu peux chercher à varier cette ' terminaison^ pourvu qhe tu trouvés toujours à me dire quelque choae d'amical^ et que 'tu rendes ce que ton dœur sentira dans le moment pour moi.
Dis-nxoi chaque jour quel est Tétat de ton frère et de ta sœur.
EcrisHnoi aussi combien tu as encore, sur la figure, des boutons qui ne sont pas tout à fait guéris.
Je ne serais pas tâché que tu fasses to^s les matins une course jusqu'à la Statue de la Liberté, pour prendre Pair et te fortifier.
I Ta main se fortifie ppur écrire, mais ce qu*il te manque, c'est Porthograpbe. Tû ne l'acquéreras qu'en lisant b^u«
' coup. Depuis que je t'ai envoyé ton litre, féxerces-tu ? Adieu , aimes-moi bien^ je tfeàibtosiie; G» JS411K111.
Le sd fAûvi6êt, n MdU : 0)
Je sais Wtn ^9é, mon ch«r MAftt, ^e M liséV fécitement l^riture ccmlé*.
fit mbi âttssi jo* voïKl/ais bieû «lie tu pviitS^s yftxAt ttt CDBSoldr.
Je f cnbraMe) Mi papa. Q. BàiBtàv.
Sous la date du 24 pluviôse se trouve cette lettre cte reproches : A Emile. '
Vous me dites que les ouvriers imprimeurs gagnent plus que moi ; je suis fâché de ne pas gagner davantage ; je gagne ce que je peux et je vous le doilne> vous ne devez pas avoir l'air de m'en fairedes reproches.
Je fembraise, ton papa. G. Babeuf.
Le a I ve&iMe^ il s'adresse A la citafsnnè Oobier pbar to prief d*intéresBer i lui ia ftmme dti Ministre de la J«atiee»
Le 6 gterminal an II, il appelle à son secours, Sylvain Maréchal^ l'athée, que nous retrouverons plus tard mêlé à la conspiratiori des Babouvistes.
11 lui écrit de Paris :
Celui qui v^us.adresse, cette lettre est dn citoyen^ on patrio^ accablé sous le poi4a du malheur. Il a tu dans TQi écrits tout c^ que yous înspîreat de compassion les misères d autrui ; il sait donc d'avanoe que vous seras touché de sa triste^positian.
Né sans fortune, ou plutôt au sein d'une pauvreté absolue^ l'étais arrivé avanjt 89 à vivre, presque dan^ l'aistace, du produit d*UQ. emploi que la«ftévolution devait détruire cl qu'elle a détruit en effet. Je perdis alors mon état, mais je n'en murmurai. point; jeune encore, je m'enflammai au contraire très-vivenient pour kictusedela liberté, et je consumai fo re^te d|e mes reasooroea à lure aux abus une guerre acharnée. Je .m'attaquai d'èbord à la mahote •'**' I .^ ■ ■ t, . .*i. âi ...11 i-..i -.i. il ^ ^ . . i i
(î) Au dos : it Èmiti BàhHf, à Paris.
( io6 )
et à tous les impôts indirects.; Une première brochure que je répandis fit tant de bruit et alluma tellement la horde des publicains» qu« chose incroyable, en avril 1790^ temps oti la liberté d'écrire était .décrétée, oti la Bastille avait disparu sous le souffle de l'indignation populaire, l'infâme cour des aides, vendue aux .sangsues de l'Etat^ m'envoya enlever de mon lit, au milieu de la nuit, dans mon domicile à 3o lieues dt Paris, puiis me fit amener à la Conciergerie du Palais et poursuivre criminellement. Une fois sous les verroux, ce n'est pas sans peine que je vins à bout 'de signaler au public. Tabominable procédé dont j'étais la victime. Enfin après deux mois de captivité^ je contraignis mes persécuteurs à m'ouvrir la porte de ma prison.
Je retournai dails mon département^ celui de la Somme, j'y Gs un journal ; je ne le compo8ai}pas d'un vain amas de nouvelles insignifiantes, car je me proposais d'instruire mes compatriotes et]non d'amuser une oiseuse curiosité. Je m'attachai àappeler l'attention *sur lesvicescachés de cette monstrueuse Constitution qui était l'œuvre perfide de nos premiers législateurs. Je ne pouvais manquer d'ameuter contre moi cette foule de sots et de fourbes qui n'avaient plus à la bouche que ces mots : La Constitution ou la Mort. Seul contre tant d'eiinemîs de la vérité^ qni n'est qu'une des faces de la justice, je n^étais pas de force à soutenir longtemps mon entreprise. Toutefois, je ne quittai pas l'arène, mais je me bornai à combattre les abus les plus criants et les plus sentis. L'hydre de la féodalité, horrible fléau de toutes nos campagnes; excitait le soulèvement général ; on avait 'cru le monstre terrassé dans la nuit du 4 août 1789^ mais bientôt après les perfides Constituants, l'avaient fait renaître. Je me déclarai le champion de tons les campagnards contre les ex-seigneurs ; je feuilletai, je compulsai toutes les histoires, et j'en tirai la preuve irrécusable et très-utile, qu'il n'était pas un seul droit de vassalité qui ne fut une usurpation. J'imprimai cette grande vérité. Larésistanceè Texigeance des tributs
seigneuriaux devînt générale. ,Le décret du mois d'avril dernier légitima cette résistance, et consacra l'abolition de ces tributs. Je fus bénis dans le département par tous les affranchis^ mais en revanche inexprimablemént exécré par Varistocratie seigneuriale, qui me regardait comme le provocateur de ce qu'elle appelait la spoliation.
De ce qui fut anciennement extorqué, ou par violence ou par fraade^ la transmission héréditaire pas plus que le contrat de vente n'innocente la possession ; tant pis pour celui qui a acquis : pour être sortie des mains du falsificateur la fausse monnaie ne cesse pas d'être fausse^ et c'est se rendre coupable de vol que de prétendre la maintenur en circulation. <— Il n'y a pas de prescription qui puisse créer un droit en faveur des détenteurs d'un bien mal acquis; des siècles auropt passé sur .des faits de rapine, que ceux à qui ces faits ont4)rofité, ceux à qui ils profitent actuellement n*en doivent pas moins être assimilés à des receleurs; ils devraient s'estimer trop heureux de cette longanimité qui feur épargne la restitution. Voilà c^ que j'ai prêché. Gémissant sur le sort de la classe malheureuse, dont je vois sans cesse ai*empirer la condition, déplprant bien amèrement que jusquUci on n'ait riet^. fait d'efficace pour elle, je jetai en avant quelques idées tendantes à améliorer sa situation ; bientôt je fus soupçonné, accusé d'en vouloir aux propriétés. Des frères souffrants er laborieux ne virent en moi qu'un ami compatissant et uq protecteur; pour les riches égoïstes je ne fus qu'un dangereux apôtre des lois agraires.
Aux dernières élections^ le Peuple, par reconnaissance, me nomma membre du Département et, successivement^ membre du Directoire de mon district ; je restai à ce der* nier postej malheureusement je m'y trouvai seul de Sans- Culotte. L'aristocratie comprit qu'elle aurait beau jeu à me dresser des embûche^ En effet, sous les plus misérables prétextes^ que les bornes d'une lettre ne permettent pas de détailler, on est parvenu il y a six semaines à faire prononcer contre moi une suspension. Je suis ici depuis
cette époque i solliciter auprès du Ministre ^fin dobteni qu'elle soif révoquée ; mais eh vain ai-^'e invoqué sa justfce : je n*âi pu Pamener encore à daigner s^occùper de moi. Ëh attendant oh a profité dé mon absence pour pousser quelques créanciers â me poursuivre, et à faire vçndre te peu d'effets qui me restaient cnez moi ; Us ont obéi à cette cruelle instigation. Ce p'est pas tout^ on a mis arrêt sur mon faible traitement pour plus de six mois^ de manière que ma place me fût-efïe rendue, il me serait impossible .d'âtier l'occuper ; je suis ici sans ressource; ma femme^avec trois ehfantSi est à trente lieues dç Paris, dans la même détresse. Cdnçôît-on une position plua affreuse ? O Jean- Jacques! Que tu as raison de faire entrer dans réducation de chaque homme l'apprentissage d'un métier? Que ne suis-)é capable d*en exercer un ! J'irais volontiers verser mon sang pour la Pati^ie^ exposer ma vie à la frontière, mais ma femme, mes enfants qui le» nourrira? La Patrie ignore trop encore &es devoirs de nnère ; elle peut promèttte^ mais tenir I La société, où la fraterDitéet#^<galité n'ont pas jeté de profondes facihes, le lui défend.- Rou&seaUj trop sensible Rousseau, l'idée de te trouver un jour dans l'impuiftance de, pourvoir aux besoins de tes enfans te brisait le cœur; tu ne pus la supporter, et tu les abandonnas dès leur naissance aux soins du Gouvernement, cet abandon, je le conçois : tu ne les connaissais pas; mais dis nioi^ les eussés-tu délaissés à cet âge où les premiers développements de leur intelligence, les premiers mouvements de leur âme les rendent si intéressants ? O mon fils dé sept ans, copie si fidèle du bon, de Tinnoceot Emile? Oh non ! jamais je ne serai capable de t'abandonirer; je guiderai ta jeunesse aussi longtemps que je le dois, ou tu me verras mourir avant d'i^voir pu accomplir ma tâche.
Je vais conclure, généreux Sylvain, et pour ne plus abuser de votre patience, je leTerai en peu de mots : Rousseau avait une ressource^ il copiait de la musique ; je n'ai pas iin pareil talent : je suis donc plus malheureux qu^il ne le fui ; mais )è me suis essayé à manier le composteur :
une pratiqae de qjainze jours suffirait pour me rendre aussi habile qu'un autre. Obtenez pour moi^ mon frère^ la permission de m'exercer dans llmprimerfe de Prudfaomine à ^ui je ne demanderai que le prix de ce quç j^aurai réellement gag[aé. Les détaib dans lesquels je sui$ entré, vous feront juger de Timporta^ce di; servjc^ quç vous m*aurez rendu en me procurant l'occasion 4ç tp.u-r cber un salaire quelque modique qu'il soit. Ç. 3avPVF«
La détention persistait ; Qabeuf ét£Ut tQMÎoms A Çaii^ter* Pélagie. De s^ prison, il s'adreçsç^le ^GQoréal^^li Coipûi de législa^on pour obtenir i^u moip;! ^'é^re j[u^ ^YPPijrîsoQoe pour défaut dé forn^ 4909 Vf^ aptç p^bliqt ^rWK qQll s*étajt empressé de rj^tr^ctEçr^ di^ril^ U. f^o^t^fi^f puis six mois dans une 4 are qapjtlvi^p au paiA et Àl'iQ%|i et sans. communication «y^ç ^9^{^pfme Ct ^çf itiwk fS\f9LQ^^ réduits à la dernière Hêtres^ l[ dço^^d^ d^s^ Icf tf^opca. les plus touchants^ que le r^pupo^td^ spj^L. aâdirf^. apif Cff t sans retard à la Copyeûtion.
« Pbur moi^ républicain^ ^jqu,te-t"pil^ je s^ppôrte^rais avec force et constance cette situatioi^ péi^ible^ Q^ais c'est de la voir pactager .par des étre§ tendres et daps Vf^ de la faiblesse^ q'ui me déduire. »,
Pendatît cette détention, sa femme, toujoqrç cqurageq^e et dévouée^ lui prodiguait ses cônsolatioQs» Qe sjk main inhabile, elle.lui écrivit le billet et ta lettre ci-^ré^^dQÇt ooQs respectons scrU|puleusemçnt l'orthographe ;
Booij^itr^ 0K>n oher aïoifl^ fe tantveî une chemise^ ttn» paire, dfs bas^ mn bonet> «ne ciwatte^ de dMMoaf^ u» QWahoirOj JKotantvoî de» nidit, du. {rpmage.
• ^'a femme, Bxmw.
Aux Mtdefonnettef .
' J i5l*ratriat.
I ..Bpiiq'our ipon boijnft ^n^.)^ IP^n#P9îW«. *V«; ^9^. Dau)>cu çtTî^udaupjoB.r4jii^|cl^y^s ^Ys^pfiitf Jx^f^ ' dau qui aves ete che les citqç9|*4'?^44 q«i llfi « <^f ttfi^W
pas encor reçus les piésse, que des qui les ores resus qui socupres tous de suie de tont aflerre. Il pares que -tes an homme juste, eclere, daprese que Daubeu et Tibaudeu ; paruneatreveue qui sont eus avelui ileur a dit que sis tous seus que disses Tibaudau ete Daubeu, ete sures qui repondes que tont affer seterminere o tribunal de cassions (Cassation) ; qui làn ranpondes sus sas tette, insi voila a cor une homme qui parte portet pour nous ; pour les pieuses illei bien étonnât que il ne lui soi pas cor parvenus; se que le citoîens Amarman a surmant donne dès sord con nora pas lesuq^uteL Tibaudau lui a écrie tout des suis ; tout va yiet portet a Dauban ; det que nons saron des nouwellé plus sâtifainous tantferon par. Tont-fries dira à Dauben de tecrir; moi^ n)on amie, je sui tousjour bien febve (faible)'; je sens tous les nui ; ses' sas qui mas feblis. Ta £amme taûbrasse des* tous sont cuure. Babeuf,
Je t'antvoi prunetlz, des radit.
Enfin^ la Convention Nationale^ sur le rapport fait par Merlin, au nom du Comité ^e législation,, porta Tafibire devant le tribunal de Cassation.
Ce tribunal^ par un arrêt du 21 'prairial an Il^décidaque € le Directeur du Jury du district de Montdidîer .et le tribunal du département de la Somme ne. pouvaient instruire contre Camille Babeuf pour délits prétendus commis dans Tezercice de ses fonctions administratives^ qu'.^utant que la Convention nationale Teut renvoyé devant e^uz. >
En conséquence/ faisant droit au réquisitoire du Commisaaireinational^ cassa et «annula l'acte d'accusation, les d^larations des jurés> , et toute la procédure qui les avait précédés^ ainsi que le jugementrenduxontre Babeuf, par le tribunal de Montdidier, pour incompétence et excès de pouvoirs >, et ordonna que ledit Babeuf se|;iut renvoyé € par devant Taccmsateur public du tribunal criminel du département de l'Aisne^ pour être par lui dressé un nouvel acte, s'Uy a' lieu\ et être son procès jugé selon le mode déterihiné par la loi dû. ^o frimaire^ ' conformément à. Vûïticli vo de'éèlledu 1^ fiolréal. »
Ud vice de forme danila procédure suivie contre hii^ suspendait donc, momentanément^ les rigueurs de la loi réclamées contre Babeuf; mais tout était A recommencer; il allait se trouver de nouveau devant ses accusateurs, et de nouveau,* être obligé de' déployer les ressources' de son tslent oratoire pour les confondre.
En6n le 3o thermidor an* 1 1 (i 8 juillet 1794)^ les jliges de Laon déclarèrent qu'iln*y avait point lieu à accusation, et Babeuf se trouva ainsi^ pour toujours, vengé des lâches accusations dont on Payait abreuvé.
Sa victoire sur ses ennemis était complète.
11 serait difficile^ a, dit un historien, de savoir aujourd'hui lequel des deux jugements avait fait justice.
Nous pensons, qu'il n'y a qu'4 s'incliner devan^la chose jugée, et qu'à déclarer que Babeuf était innocent!
Ce qui le.;^ rouve, c'est que lors de spn procès de l'an V on né rappela pas l'affaire de Montdidier; mais un des accusateurs^ au mépris des pli^ simples cqnvenances, y fit allusion, en qualifiant Babeuf de faussaire, pour avoir, en outre changé son nom de baptême.
Tout cela était bien puéril, on en conviendra I '
Au nestei Babé&f était convaincu ^u'il n'avait* pas de' dénonciateurs ouvertement tx>nnus, mais> assez de circonstances se réunissaient pouélui faire préjuger que ceux quirempGrent.œ rôle étaient parmi Jes membres de lai) municip^té de Roye. ■ Il avait là, en effet, contre lui^. tout ce qui, dé loin ou de près, touchait à l'ancien régimei En outre^ dans le district de Montdidier se trouvaient tles biens immenses appartenant aux ducs de Liancourt et de. Maiily, ffu marquis de Ne^le, au comte d'Esiing,.à bicomtesse de la Myre, et à d'autres personnage» émigrés^ et ^ que leurs^comn^ettants ou amis s'efforçaient, p^v tous Us faiix-fiqr«nCs de la ^chicane, de nuverde la main-mise. Datiûoale. Ory Babeof, si ardent fl provoquer la vente, des : biens^ de la^ noblesse et du clergé^ devait n^essairemont. : rencontrer une vive opposition > parmi .ks praliciens de .
I9 ntl^ do RojRi^ fttî 9'âûtiéfit orgavMb «a lorM 4e pMite arîitôcmtit .OMU^frée «c ïbémk» 4a fafon à <tirj0çr )f pe«plo o^Tfier et A éStm itewté du GouterMOieAi. St «oflMie» après toiit> U n!a^sak eacore. aucua Kppui boni 4« p4upfe 7^ proprement dit, il devait tt^mnéf^ pni^^ne PéfMmitoa des corps administratifs Q?4tatt pat encore achafée,. ^«e te moisi4ie cii;C0Q^nee â4 te peffdn aeftût Misie «xo^ #0H preasemeitt^ et qv^on n^ oiasquerait pas..
Ceai ce qui arri%i|,efL effets pour l'i^fiaiDt dm ptrdMiMtu foux de Montdidier. . ^ ?
Après son a(;q)9iE|«0W\<;, Babeuf rçiur^ ^ -PMri^ r#pjr«t sa position au bureau des subsistances, mais à contre coeùr^ paratt-It^ comme l'indique la lettre cl^îiptés qu^l adressait au citoyen Garin : ^ -
Citoyen^ pendant près de six mo2s^ )*ai été attaché à vous et à votre cause... Je vous trouve d^une insoucisnoe que fe ne parviens pas à m'expliquer... Je termine en vous donnant avis que parce qu'il feut que ]t mange, tt que je fasse manger d'autu^, je suis retourné àf ma place.
Babeuf.
On était! atara » fdoin r^ç d4 IloiMpieriii, &«^uf> f e reaieîUant^ éirita de ae coœpi^ooieitra» et v^écut qiielqiie temps dam^ robiouriié^ ct^ebaRt jèeiM^ro ik ^m oublié, 'i^ J^jogcaphe à» Mcm|s, qj«a mm Byxm»i 44j4 cité, jidÊtàjcp aujet ; « U ^t aaiMft rem^ipal^er q^q^t hoauna nktt ^naé os aucun» msiai^ soua te \!fffmm du>Cii9iité^ Salut publia;» paUil^tare étaÂiTU |i;0p iH'dfOI pour oeky ee les aaokjDiisa 4dceaiyir4'.Ml vwbtient pw fl^^ de ttîbuiis quexseax dairaaobeuna RoflaeiM»
U fiai hii' saimr^aé^ dana tQ«i»le$ «as, 4? u*av^ pm^ paatiii^atti saoeutnareai eiéculiiine de l'époque*
Fendant kisloisiif .forcés qmLiitti laissaiem les- éy^ti« meatSy 11 s^>ceapa d^éciîm rÂïflaiîee eu Canspm^fi^uwê dê9 Cênsptratmrs du d^artârmni 4^ im Sontm€$. (^ est restée inéd^/ poiai quit^ son emploi daai sa bais^ncea^ qui* poiiPUUBC4e^&ûsaxtiaiyreir^ poux^i^aiev dÉftattivaoMa^
(Ii3)
etiéMflument la graode politique, la politique de presse, où il devait trouver la mort.
ÂQ ^ thermidor an II/<— chute de Robespierre^ — Babeuf était à Laon, près de son fils Robert-Emile^ gravement malade. Il revînt ensuite à Paris^ reprit la plume^ se fit thermidorien, attaqua la Terreur^ trouva pour la qualifier le mot de terroriste ^ puis batailla contre les uns et les autres, en fondant le Journal db la Liberté os la PatssBy qui décida tout à fiiit de son avenir.
On le vit alors parler partout dans les réunions publiques et plus particulièrement dans son club de rEvêché, être soupçonné d'étrt un chef de contre-révolutionnaires et de royalistes^ provoquer sans mesure la Q)nvenrion, puis tout à coup abandonner les vainqueurs et passer aux vaincus^ enfin insulter tout â la fois Tallien^ la jeunesse doréCj les contre-révolutionnaires et les ennemis de Robespierre.
De sorte qu'après avoir été l'admirateur de Saint-Just et deftobespierre, Babeuf les prit eqhaine^ et attaqua violemment leur mémoire, lorsque, tombés^ il s'aperçut que ceux qui les avaient combattus n'avaient voulu que la mine de Ift République;
Le biographe de Mons^ a dit excellediment^ à propos de cet instant de la vie de Babeuf:
« On ne conçoit pas qu'en attaquant les Jacobins, Babeuf ait aussi attaqué cette portion de l'assemblée qui venait de renverser Robespierre. Cette conduite impolitique le laissa sans appui; les Tallien, les Préron, les BÙrras, les Merlin de Thionville, devinrent bientôt ses ennemis au même d^é que les Billaud^ les CoUot, et les autres agents du Gouvernement 'révolutionnaire. L'un de ceux qu'il attaqua avec le plus àe violence dans une brochure : Du système de dépopulation^ ou la ¥ie et tes crimes de Carrier (i), curieuse par les recherches qu'on
(i) Voir à la Bibliographie*
j. trouve sur ^ ^^^ 4^^ ^ propoai^it 1^ di^çemvira^ Tadoption de ce système, fqt Tépouvant^bk Carrier* Les coups portés à ce naonslre» et qui retombaient sur les Jacobins^ suscitèrent à Babeuf de redoutablea equEiemiA; parmi ces derniers» et ce fut une cbo^e ét;^nge, quoique fort orcUnaire dans les troubles civile que dç Toir Tameo» devenu à, cette époque Tadversaire le plus déclara d«a:J4CO* bins^ accuser Babeuf dans la séance du lo pluviale aa 3 (29 janvier 1795), d*outrager la représentation natiomlie^ et demander son arrestation^ qui fut ordonnée peu de joors a|>rè6, »
Mai? la lutte dans ces'çondittons était matérieUemcot impossible; nous n'avons pa^ à la suivre sous. ses, «specti si multiples, car un livre entier n'y suffiriût poMit;.9iaisil nous faut parler ici^ au moins en quelqi^eti page^^ du célèbre Jouj^inal db t.k LiBSitTâ de la. PaBssE> puisqu'il tient une si^^ande place dans la vie de Babeuf et dansiez fastes de la Révolution*
Ce journal (i), de format in--8^ imprimé sur ce qu\Hi appelle du papier à chandelle» était répandu dans. les. masses^ à un grand notnbre d'exemplaires.
Comme son titre l'indique, il ét^ît eotièreq^ent om-. sacré à, la défense^de la liberté de la pcesstj et aq^iJl combattre ce qu'on nommait alors la Queue, de M^be^ietn^e^
Le n® i. est double; ou mieux ce sont deux éditions différentes du même numéro, mais dont le texte est cqo-* forme; la première édition sortit des presses de Rougy^^ rue Honoré^ 35; la seconde fut imprimée cheas Guffipy» même rue, même numéro.
A l'origine chaque n% signé : G. Babsof, s«t coo^pos^ij^ de 8 pages et paraissait < tous les joues »; i^ se distribuait à < rimprimerie de Gu^roy, rue Honoré^ n<» 3$^ cov^r des ci-devant C|pucins 1^, oti il s'imiprimait^.e,^ où l^^n. t^ç^t vait les abonoemenù et les correspon4a.nçe$^ -
(i) Poor d'autres détails bibliographiques, roîr au chapitre: bliographk.
U^± imt dé 4 KrrèS poiiif ?o UnAèttii àd un thoîà; lehdtSft'fratic (te pôfjt ^btir firis et'4 liWes îo s6h pùiîit îtf dé^rtbc&èdtS-
On lit à la fia de plusieurs nuinérbs^ :
€ Ce tournai est le grand livre ouvert a toutes' lés vé* mé^; la botté aux lettrés' dé toùé les surveillants de la Pàtné^ et la ttibûxïe publique des hommes libres, énergiqueif, et ainls des principes. »
Là futte fut incessante ; et dès lés premiers nfùméros on l^at voir qu'elle serait fatale à fiabeuf qui, ne ménageant aucune expressioa| aggravant chaque fois ses attaques^ devait nécessaiiréméht^ en un temps donné, dépasser de beaùccïup les liAiites permises en tout temps à la presse poHiîqûe:
Lc'û» io (i"^ jour dés Sans-Culotîies Tan 11}^ mérite d'être sïgnalé; il re{)roduit, en effet, V Adresse de la Sor cSfé pHputaïri iPArras à là Convention nationale , contenant déclaration sur la liberté de la presse, et dénonciartiottcciàtrtf Bertrand' Barêre. (i)
Dans (%ïté pétition, qui n^avait pu être lue à la Convention le 28 fructidor^ que lé Bulletin de' la Convention eMdh^onîteoVàvàlént refusé « prudemment de'recuéillir »,. mais que Babeuf publiait, pour conserver « à la postérité' M lîQtà^ dfe^hoâmés qui ont combattu les premiers çt la i^fàV vaillatofment dans les moinènts de crise de la liberté », ^ lëâérs1ré}5ùbliçàins d'Arras^ dont là dévise était : € Quit &ika)iâe laperintsston dêtre libre n'est pas digne de fitrilJ:^. Rousàeaui>^ osaient proclamer' qu'ils n'étaichr pa^«'dii ilÀcSbre dé ces citoyens, aussi faibles q|ue'bien >^ inténtîoà'iïâ, qui demandent pour amsi dire à genoux >' la'peViûî'ssioh (Tê^re libres. » Aussi rappelaïent-ils aux Députés que le mandat impérauT qû^'ls ava,ietit reçu ' lebr fàisàft un devoir d'assurer la liberté et de là baser.
CO tcfte pièce forme unie brochure in-é de i5 pages, imprimée à Ams,rue du'Sàutnbn.
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sur des lois sages; et ils ajoutaient- : € Des actes oompres- » 8i& de la libre émission de la pensée, seraient le résultat 1^ d une violente oppression : Ce serait le règne de AfaJrs - » milien Robespierre. »
Ils terminaient ainsi :
< Hommes du 9 thermidor, c'est devant vous que nous déclarons, et à ceux de nos concitoyens^ qui, étourdis par une longue léthargie, vous demandent s'ils peuvent être libres, que la chute des tyrans nous rend à nos droits éternels ; que la liberté sorte toute rayonnante de puissaace» de la tombe du dictateur.
€ Représentants, les hommes du Nord qui ont muselé Togre dévorateùr dont les fureurs pendant cinq mois ont désolé notre contrée, vont prouver qu'ils se sont élevés à votre hauteur, en vous dénonçant ce fantôme révolutionnaire {Barère) auquel Joseph le Bon s'est adossé, pour lutter victorieusement contre les victimes qui tentèrent de Tarracher 1 ses fureurs. »
< Nous vous dénonçons Barère », avaient osé écrire les républicains d*Arras, Barère, — ce vil esclave de Robespierre, comme l'appelle Babeuf.
Et continuant leur courageuse dénonciation, ils la justifiaient en ces termes :
< Le sang coulait par torrens dans notre ville; 2000 individus, entassés dans les prisons, attendoient l'instant où le tigre^prêtre termineroit leurs infortunes sous sa dent dévorative. Des ministres de mort, dans des orgies scandaleusement publiques, portoient à pleine coupe des santés de sang humain. Arras, que vous aviez déclaré deux fois avoir bien mérité de la patrie n'offrait plus que le lugubre spectacle d'une solitude où l'on h'apercevoic ça-et-là que des tombeaux. »
Ces lignes sont signées de : < Boissart, président, TuBouLBT et LsMaLBT, l'aîné, secrétaires. ».
Mais Babeuf ne se bornait pas à recevoir et à publier les adresses des Municipalités, il s'était surtout lait l'organe de certains mécontents qui espéraient trouver le salut
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public ou le salpt de leors iatéréts dans la liberté de la presse. ^
La violence de langage du journal de Babeuf fut telle eofio^ qu'arrivé aun^aS, les puissances du jour s'ému* rent et obtinrent^ le 22 vendémiaire an III (i3 octobre '794)} du comité de sûreté générale, un ordre d'arrestatioo du fougueux limeur et d'apposition des scellés sur ses papiers ; mais cewPci, prévenu à temps, put s|échap« per et resta caché dans Paris.
\a police continua son œuvre de surveillance ; ne pouvant atteindre la téte^.elle s'en prit aux subalternes ; mais les perquisitions foitcâ de divers côtés n'amenèrent aucun résultat efficace, et il faillit attendre. - j •
Pendant ce temps le journal de Babeuf., continuait à paraître clandestinement, sous un nouveau titre^ sans toutefois interrompre la série des numéros, voulant que la Liberté ob LàPaESSKCt le Tribun du P.euvls qui allai t lui succéder, fussent en quelque sorte une même q^vre^ interrompue de fait, mais continuée sous la même inspiration. . .
A partir du n^23, en effet, le titre change, mais non le format et la disposition du journal. « L'objet du premier étant rempli », c'est-à-dire < la .conquête du palla* dium anti-tyrannique, » la liberté de la Presse, étan^ assurée, Babeuf adopta ce nouveau titre : . , . --
Le Tribun du Pkuple, ou le Défenseur des droits de Pfcomme, en continuation du Journal de la Liberté de la Presse, par Gracchus Babeuf,
C'est Gracchus, Tribun du Peuple ^ désormais^ qui par<^ lert au Peuple, de.ses-droits souvent.... de ses devoirs, assez rarement. Mais ne critiquons pas trop les féroces revendications auxquelles son journal servait de tribune. Il n'était que trop vrai que Ton pouvait alors dire, avec la section du Muséum : < Il est assez humiliant pour le Peuple d'être obligé de redemander ses droits. » Au reste, ajoutons à la décharge de Babeuf, qu'ennemi du Gpuver-9 cernent révolutionnaire, qui avait trop pesé sur Jia France,
il avait soutenu la déclaration faite lé 14 fructidor an II. 1»^ MciBÀ' be'+Bîotivflïe èà^ ée^tè'm^^ » ment de sang, que les amis de la Patrie yqudt^éient i^ eSnitr de*bl«esaclï^^^^^^^ > ^ ' '' -^' ^^^' ' ' ' ' Bàbélinie vouliadt! qùe^ dé < Simples lois répressives eotîtrelesmaIveilIahts¥j et n^on ces^etéçùtîons fà'tiôQabrables qui àstombrissent les plus beMés pages 'de la I^'éVolùtioh; Aussi, ^u^nd, té 7^ vendéd(iiiii4^an Iti/H dénonça dans'' son Journal de la Libetfew là Prtsse 'l^cxh-tence de € deux partis bien ptohonc^sj l\ïn ed faveur du maintien du Gfodvèrncmcirt 'dé'Robe^pi'ert^^^ ^ayé
eiclùsiveiiièht stir les droits éternels dé l^hbmmelVéconiius' pimDiclamt6n\; W rângèait-il ^ioltiifient; aVéc '^ux qui arboraient ce dertSeJrdâpeau.'EV c'était albrs'Pôîpihibn'de totrtce qà'ilyàVaitelî France ci%c&nme^ hum|lins et patnptèsJ'La « 'trè^ ^andeWti'è Uè Ifi 'pbpu&tion f)àrisKnî)é i adhérait à cette opinion/ ijui dé^aJft liie^i^i, éoniixié le |>tbplîétisait Babeuf, ^élte celle ^(fé\«^rei(^é tôWn?départemeht du Hfùti; Aé^ comniûnêfs eniîèrè^s d'Ai-ras/ée Caâbrar, et dé toutâ ceiW '6iif' r£r<>rrlBi2 Lebon » avait porté < ses pas ensanglantés. ...» • "^ -^ • ^"^ ' ' "Toîèr sbn bpfmôn sur Robespierre i: ^ "f ' ~
< Oe^ Robespierre, ';'d6nt la mériiôire est aujourd'hui f\ injustement abhoàrée, Robespierre' daih lequel' U ''^embté
ifàféti doit idistihglier deux personnes; Vest^à-âirel^ôbespierre, sincèrement patriote Ht ami dés principe ^Ust" ^è'au i^moifcnc'éhiéiit de l7Q3/et I^bes|>iéiW'£ml£tièux, ^àn eil'è plus profond^ dés scélérats dé^ùisrcettèépoc|Uë\ ce Robespierre, dis-je, alorrquMls fut âtqyénj est peut être la meilleure source oti il faille chercher les grandes . vérités et les fortes preuves des droits de la Presse.' % (i)
Etplus^oin: * \ / ^\
< Il Vitfi pas moins vrai qUénotre déclaration des droits,
(1) Journal de là Presse, parGltcchus Babeufi n* i«, 27 fructidor an IL — Merlin de Dvmiy venait de .déclarer (séance du 4 fruaidor) qu'une loi sur la Presse était très dlfiSdlè affaire.
» eHr à'êflt potM pnéaitt^ est etioore sublime quoique ce aoit de Robespierre que nou» ea ayons reçu le présent. Nous estimerons, nous adnvrerons l'ouvrage et tkàm aobUeimie qneLfiit; roomer? o« btm, coasme je Vkt déjà N dit, nous distinguerons dans Robespierre deux hommes^ Elobeaftorre^ apâtxe de b Ubetté^ et Robespierre, le pfas ûrflaae des tyransi.
< Il a toujours été du propre de cet homme pek'fidke- de sœyoDnen ea ifeaine U oaarcher adroite do crtioe et de s'identiier ensuite dans tes personnage^ Jes ptnr odieua de se* tablesRix^ qu'il a. seaièl4 psendre* a^ç la dernière
'Où a'tmprimènmt.Ies numéro» sa i» ils de Ift ùib^êrté et dft mibumi On. n'y vàit plus de nom dHwprimdori 9lfi peu partout^ sans doute, car les caractères sont diffémmi' et te pipier/vane;
Le aDanmaicedua^ 37 indique, toutefois^ que le député fittSee^re^t nedevemii'iaipriimur do TribuMi. *A pattir de ce nuin^. le jownai leite du fliémè format, mais les numéros seront doublés et triplés, er tes pages, aérant nsinésatées, e^necvappd de tôvies cetlrâ des ■amâroa ptécédents,- de tioete que ce n^ a^, forme les pagesazo èis)» de b çellectibn. Geot indh|iie^' à n^^m pas dbuter> que Babeuf amît en vue h» cônsermtion d4ns« tes dépAts pnliËcs de aoalonrpaL pdiâqqew '
Le n^^&iDDHtf de.lN^iaprinfniil deJViinkUfp. (I se ter- BÛaeipâhuaeirioleote attaquexpnirei'abbéQpégoIrvetsoB wfçotâ ^M yâpâalisme; que lu âtom^CuIottes^ dit Bel* faetfcdeTnkâftbnsnooaiceirdebdue.B Babeuf ne pardon^ nail piuâ Ooégoicé, ^ et;ici;, à neb yeux, le^ p«tri(He dis* panittont àfidt, — r d'avoir ngreÛK) « ia basiiiqiie de <2haFt»s, cekle de Itismes. et ceUé de âtrasbourg, là des- ^saais de C0OÎX de^Maytùeé^ II» MÎtEaux:de..Gisorvs,... et autres turpitudes tomMeSc .sçtis. ki fer destrucolu» ^des hqdie^ du, fanatisme et du nobilisme. »Et iL aiûut&.: € Que i^oi^s veut ce prêtre ?.,. Quel âge a-tii ? Qu'xjt^ lui &sfle une peosiôn honnête et qu'il se taise^. » 7-
Le n^ 29 et les numéros suivants sont datés de Vlmpri'^ m$rie du Tribun du Peuple, et il en sera ainsi jusqu'à lafiq.
Les Q^ I à 32 forment le i*' volume, qui se compose de 338 pages.
Le n** 33 imprimé n'a point été distribué. Babeuf le déclare lui même, au n<* 34 (i5 brumaire an 4) (i) en ces termes :
< Mes vieux lecteurs vont me demander ce n^ 33, qui n'a point paru^ parceque le manuscrit en a été saisi par r Inquisition^ au moment qu'elle m'a arrêté. Je promets de faire incessamment réimprimer ce numéro^ qui peut*étre en vaut la peine. Il contient Vacte d'accusation très complet des réacteurs thermidoriensl.%.. L'histoire le réclame.
• c k l'occasion de ce même n^ 33, une anecdote,^ue je pe crois ni inutile ni déplacée ici^ prouvera combien il eût de malheur. J'étais parvenu à le recouvrer d'après une épreuve chez rimprimeur échappée aux recherches des sbires.
«^ « En partant de la Force pour mon exil à Arras, je Pavois remis^ comme dépôt précieux^ entre des mains que je jugeai dignes d'en être chargées. Isoard, ex^procureur de la commune de Marseille, le trop renommé Héron, le premier massacré depjiis à: Kij^ et Pautre végétant encore dans les cachots d'un département voisin de Paris, furent ceux qui reçurent ce gage de ma confiance. J'ignorois comme ils en avoient usé. Il n'y a que quelques jours que j'appris qu'ils en firent &ire aussitôt mon départ, une édition si vaste qu'elle leur a coûté deux mille firancs; mais que le saint office en ayant eu vent, fit saisir toute cette édition,la mit à rmdex;tira de là Un motif d'exil pour les éditeurs,... et c'est ainsi que je pus être la cause innocente de la mort du pauvre Isoard.
{1} Ce ©uméro parut plus tard, lortquc Babeuf sortit delà prisou
d'Arras.
« O Gouvernexneûtinqaisitorial I O régime des CastiUes I Qoe tes fastes sont odieux I Que de forfaits rempliront tes annales I »
Babeuf avait raison; et l'on s'étonne vraiment que ceux qui avaient fait la révolution et qui venaient de proclamer la liberté de la presse^ fussent aussi sensibles aux attaques dont ils étaient Tobjet, et ne trouvaient pour y répondre que la mort ou Texil ; mais il en est souvent ainsi à toutes les époques.
Nous voici arrivés au 33^ numéro du journal de Babeuf : par la violence extrême des articles^ il fera mettre en quelque sorte sa tête, à prix.
La police n'ayant pu encore découvrir le terrible tribun, dont la retraite n'était connue que de quelques intimes, avait fait arrêter ses distributeurs, espérant, bien à tort, obtenir d'eux des révélations.
Il est assez curieux de reproduire ici l'interrogatoire 8ubi,à cette occasion» le lopluviôsean Ill^parla citoyenne Anne Frémond, £emme du citoyen Lenoir, demeurant à Paris, rue Froidmanteau, que l'on savait être la principale distributrice du Tribun.
On lui posa les questions suivantes que nous faisons suivre de leurs réponses :
D. Si ce n'est pas elle qui vend publiquement les n^ 3o et 3 1 du journal : Le Tribun du Peuple ?
R. Qu'on lé voyait bien, puisque les voilà (en en montant plusieurs exemplaires saisis sur elle).
O. De qui elle tient ces exemplaires ?
R. Je les tiens de celui qui les fait, de Babeuf lui-même.
D. A quel endroit Babeuf lui apportait ces numéros ?
R. A la place que j'occupe au Jardin de l'Égalité. ' D. Si elle sait oti demeurait Babeuf ?
R. Non, parce que c'était lui qui les apportait.
D. Si çUe ne sait pas que Çabeuf s'est soustrait aux re«