‹ Histoire de Gracchus Babeuf et du babouvisme d'après de nombreux documents inéditsChapitre 14 sur 59 · BABEUF, TRIBUN DU PEUPLE · texte numérisé non relu

BABEUF, TRIBUN DU PEUPLE

A l^UCHi DE NANTES,

Député à la Convention Nationale.

Arras, 19 germinal an 3 de la République.

Lorsqu'on vit sous la tyrannie et sous la plus infâme inquisition, le commun des hommes dit que la prudence exige de ne rien confier au papier. Mais ceux qui ne balancent jamais entre l'amour de la Patrie et leur propre conservation, ceux qui ne sont capables de poser les armes qu'au tombeau, n'écoutent pas si attentivement ce que conseille la prudence. Quand d'ailleurs, on est jeté dans ces positions étranges oti la ressource des écrits est la dernière qui reste pour servir les grandes entreprises auxquelles la passion du civisme ne permet plus de renoncer, on n'hésite pas à recourir à ce moyen; enfin, lorsque déjà on est exposé à tout, comment pourraît-on craindre de hasarder encore plus?

Une foule de causes m'a empêché d'écrire à mon ami depuis que je suis à Arras. D^abord le premier obstacle à vaincre fut celui d'esquiver la consigne qui m'interdit toute communication avec le dehors ; le second fut de m'assurer que mes lettres arrivaient par le détour que je leur faisais prendre. Jusque-là j'eusse pu te compromettre en risquant de t'écrire. Ensuite vînt l'approche du dévouement révolutionnaire, sur lequel j'avaisfondé mon meilleur espoir; puis vinrent les transes, auxquelles nous fûmes livrés à la lecture d'un journal qui nous fit craindre que Fouché n'eut été individuellement frappé; à celles-là se succédèrent d'autres, causées par le bruit qui

circula ici pendant quelques jours quelles ntoatagnftrdk^ au nombre de 57, étaient décrétés d'accusatîAi.'le né rès^ pirai qu'après que le bruit eut été démenti.^

J'ai bie$i, encore été occupé par quelques .(rivaux que j'avais commencés, gia^s que les derni^re^ circonstances que nous avons ,à déplorer, rendent t)ien inutiks et tout à. biithors de saison. Depuis le jpur de mod arrestatiOQ, une fatalité malheureuse semEle réel|emerit attachée à' tQut ce que je veux faire. Mon premier numéro 33 (ut saisi' par les barbares chez mon imprimeur. J'en avais fait un second à la Force ; au monîent de partir je le laissai aux patriotes Izoard^ agent national de la commune de A^arseille, Loy s, jacobin, , Fauve tti d*Oran^e et autres {ils m'avaient promis de rimpfifli«r; je ne croi| pas quMls l'aient- fait.* J'en avais fait un troisième ici, sous le titre de: Lettre du^Tribuh au faubourg Antoine et à tous les Sans-Culottes àe Paris. La catastrophe du 12. germinal le r^ndsusceptiblede grands changements. Cela ne yeut pas dire du tout que j'y renonce et que je quitte la partie.

«Les idées qui m'occupent, jointes à la conclusion que je veux établir- dans cette^ If ttre^ concourrôht', mon^ami, à me &ire entretenir sl^ toi de la^ grande bataille que nous venons de perdre. Ses désastres sont peut-être irréparables. Toi, moi et tous îes patriotes lie devons pas 'mous dissimuler que no^s avon!i à.en redouter les suitei; mais devons-nous nouf en kiis^ief abattre ? Non. Cest dans^ ks grands périls que le génie et le courage se déploient! Nous ne sommes point, au^reste^ sans^consolatittl^ au milieii de nos disgrâces. 11 partiît que les dominateurs d'aujourd'hui, ayant mis l'humanité à TôAlre du jour, ont r2iolu. de ne plus donner la mort. Ils ont arrêté de prèfnoncer la déportation contre ceux qu'ils regardent comme les plus grands cijpainels. (Ju'^t-^e.quela d^portatîpil ? C'est l'exil, c'est une proscription honorable, c eat la peine que les .tyrans de la République Romaine inftigeaier* aussi^aux plus chau5^> dîfenseuf s 4^nAîirlifeérté i m%is ^'éii^ n'anéantit pas pour toujours. Le tdkps change les événamentSc : oa

•m'orna

p^§fit>. Nppstf^gs le& 'egL0Q(ipb$ . dp Qcérea et <!«' P«u Ir^ Emile. T7: BâBCUF. .

^ lie 29 dii mSùle mois, ÏBkboûf/toulouFs préoiieupé ' de sa àîtûatiorf; séréCbmmanae'ati SréTèufemênT*dù.citOyétt * liehgfèr/arf^rgeûis. Il se plàiat dé ses survèillaûts ; et' detelûie ^ne efttfêvùc. « 'Nous'sôiAmes tous hôûimes, — » lài dît-il; — et nbus' devons être Capables dé' ooui ' » eft tendre ^^aû^ nôu^ fâcher. »

Ue mois suivant, Charles^ GérAi^in^ dont nous a*aV6clâ' encore cité t]ue lé noôQj pais qui va se révéler cémttte é{^stôltef'tr'conspiraieur; exprime eh jces vers énergiques (i)' lé^ soutiràllcés etié^ êspSrancesliéi hôiâiàeè dé son parti 7

CH. GÈRWAINj/^ÇES COMPAGN'ONS DTNFORtUNE

Eres prisons d'Arra^, le 26' fib^éat kA' 3^'

Salut à vQils dont la sainte énerj^e^ . L*arddht courage et la rnâïe fictté^ * Ont tant dé fois sauvé la Liberté

Des noirs complots d'une cabale fhnpie ; Salut à voua- qui de la tyranaiQ ^ . «

• ' pensiez avoir bris/^cous lesjessortSj (^and vous voyiez respjrjef^ Patrie Apfilaudissant à vos vaillantar efforts ; Salut à vou^ cpmpagnons d'iofortiine, Braves amis, dignes. d^un sort^pliis^doux !... Qui jl'a^nit cru, qu*un joux sousJes verroux • Nous «traineriqns ùne^vie importun^,

(i) Nous rappelons qMt ces* ^ers^-^insi'qub teVlétttëi qne'kioiA' pubiiolit ici> sont lôus •àbtolumeat inédiks ; une^ piutio des pipiers de Babeuf a 'échappi^.aïu^recbecc^fs des juges de la Haute-^Côur de Vendôke, de sorte, quils n'ont pas toujours connu, exaetement, le passé et léS ' refafidifs 'de Babeuf, nbtatttmèfat en eétjtn \xiiic^e-' Charles-CetmÉUiàvL ::?! t\. .,& rff^ ,

• mm m

Que leA^veDrgeuîfdQ Peuple «t dc^evOtoita^ Ceux dont le bras'a'^rdiTetsé le trônev . Brisé le sceptre et foudroyéles têipf , : Dans des' ca«bots^^cre*roppit)breenvifoitrie^ . Chargés de feus t^. Hélas I qui Vaiarait cm?... Ainsi Voq ^t daas: Ronoret dans Athènes Se d^ageant de ses ignoUeacbaiaés, Le crime aki^ proscrire la vçrtù : * <

De sa Patrie il ^exile Aristide^ ^

Arme Catoo. d'un poignard Sttïci4e^' Chasse Ponapée'.et dâaît Cassius ;. ' r ' Le grand Lycurgutâ Spaiteest sa viaime; Cpargne-t-41 le veîftfiielir de' BrenaoSr? Rien^ mt$^^ltM, n'est sa^^r^ pou'r le;ciâiae;

. Canideur; morale^ et magnanimité^ * '

Il*siouiUe:tettt de son souffle, empesté ; * Mai# ses succès n'ont que l'^at dû verre, . Le même jour les ^oit* naître et flétrir. .

. Ainsi Frérpn^ d^tyie gloire éphémère> Quitftid tu jouis- ces^'est que p<>ûr périr.. ., Oui j pour périr^ tQÎ/tes lâc^^es complices Couverts- de fanfB^ en. proie au ni mépris^ Vous mouprez tous? les, plus ^pnJenxaufiplices

De vos |iQ(tfait% seront riadignetKix» .. De nos revers ton4oM enorgueillie^ «

Tu çroû^en^vainionder ta tyrannfe Et sous ton jou^ anéantir l'Etat ; César vlEiSùquit aux chatups'de Tfaèssalre,, n Bieistôt firatJBsJevainqtticitt Séoal.

Déjàa^Blrfasqéfeavak fninchi le Tibre, * Déjà Tarquin t'avançait eai vaiiviRçur, .Peuple l^jg^aîp tu* voulus élre li^9> Soerole seul te suffit pour Vengeur.

(i)' ir manqué là deux ver«p-. . .

N'avons nous pas ooaswauflisi nos Scœ voles, beur fier courag[e et leurs hardis moyens ; N'avons nous pas aussi nos Gapitoles»

N'avons-:nous pas nos rochers Tarpâêns.

Oui^ nous Vaincrons^ recevez-ea l'augure; Mes chers Amis, vainement les pervers.

Les gouvernans nousaforgetoient des fers; Nous les vaincrons ; Pintrigue, rimpostufe. Disparaîtront danf la nuit des enfers.

La Liberté n'est point un frêle arbuste Qu'uQ vent léger couche dans le vallon ; On tronc noueux porte sa téie auguste, Jusquès aux cieux et sa touffi^TObuste- S'émeut à ^ine au courroux d'Aquilon :

Et tu voudrois, homme aussi vil que lâche. Homme, que dis- je ? -^ Est-il homme Fréron t Toi l'ébranler !...r'rfé bien, Jève la hache, - Frappe, ot subi^^e destin de Milon.

Et toi Français, dont ' la valeur înSigne i

A fait pâlir l'Europe et tous htS rois; - ^ . Tu souffrirois... Non, ton âme s'indigne. Tu vas volef à ft nouveaux exploits*... Tu vas frappeivles tyrans, les* perfides; * Les scélérats ils vOulaîent.f Aservir I ' * « * liourne contre eut leurs projets homicides, • Qu'aucun n'échappe, ils doivent tous péf ir« .

Il écrit ensuite en ces termes, i BaBeuf ()) :

Arras^ Maison d'arrêt des Domimcaiiis, 1 . ' '^ le 21 grainalanlIL

A GRACCHUS BABEUF. * CA.. Gésrmàin, son frère et wni.

J'ai sçu que tu ih'a^is addrèssé quelques môts'i mais

(i) On lit au dos : Au citoyen Gracchus fisbeuf, dettenu à la tnaiflon ^'arrêt ditte les Baudets, à Arras. •* -

que le porteur avait eu la maladresse de les perdre. Je ▼ois que 1^ nouvelle de ton élargissement que l'on ni^avait dooQée pour très certaine est/ausse ; j'en suis fâphé» mais peu surpris, car pouvons nous nous faire illusion ? Non^ sans' doute: la marche des hommes du jour est trop bienX connue^ leurs proiets sont assez découverts; consentirpiçntils volontiers à rendre à la liberté des citoyens qui. dignes d'elle^ et ses chaleureux amans, feroient de nouveau tous ' leurs efforts, pour en établir et consolider Pempire, fut de même sur les ossements «pulvérisés dé ses4nâemis : faismoi sçavoi^'si t^ reçois journellement les nouvelles de Paris; comme nous avons chaque jour le Journal des HoflQmes libres^ par M. Duval, nour pourrions te suffire à cette privfttîçn qui àans ces moments est dure.

Quant aux nouvelles particulières^ je n'en ai que deHrfigue*' ment fondées Sur des conjectures, où il entre souvent plus de passion et de iouhaScs que de réalité ; si cependant il m*en parvenait quelqu'une^ qui en même, temps queÛe pTquerait la curiosité, fixerait tes idées sur quelque événement heureux ou espiré, sois assuré .que je m'empresserai de t'en faire part. Le Bois^ a écrit à quelqu'un de. mes camarades; îl ne parle aucunement de toy : je t'avoue franchement que cela m'a affecté: que signifierait en effet, une mésintelligence entre patriotes égàlemet^ victimes de la même tyrannie. Ah ! s'il est un moment dans, la vie^ ou Finimitéj Tesprit de parti doit* plus particulièrement se taire, n'est-ce pas dans le malheur commun; et qu^m« porte les diverses opinions lorsquç chacune d'elles pouvait assurer la félicité du Peuple, et certes chacune d'elles le pouvait bieb, puisque les gouvefnans les^ont repoussées toutes et frappe également, leur auteur. Quoy! de Tinimitié ! mai^ ce n'est qu'aux tyrans et leurs satellites qu'on en doit; c'est sur eux seuls que doit çn tomber le poids, car ce poids est morrifice eteux seuls doivent mourir. Ah si cette vérité eut été mieux sentie -par tous les' Républicains, qvLé d'aUarmes, que de désastres nous, eussions épargnés à la patrie; les oppresseurs^ seroient encore sous

I&joug^ daUslesfers, et $é^ apis, ses coibilnes'ne gémiroient point dans les angoisses 'd*une craéllei>erplexité. Quoy de Pinimitié^ alors qu'il ne doit régner qoé* de' la confianceji de l'estime^ alors qu'on se'doit une r^'proque consolation ; dans la fougue^ dans le tourbillon, qlielqu'uiî s*est-^il dévié de la grande voye; ëst-il coupable p^rce qull a pu s'égarer; non^ car s'il Tétait .lès méchans qdi doini* neht| l'eussent épargné ; je te parle en frère^ en démo^rate^ mon cher GraocbuSy la haine' rinimitié^ la mésintelligence,.ces passions Viles, rie sont faites que pour'lecœur corrompu des tyrans^ et des gouvernani ; nptts, le caliàe, Punionji la franchise^ voilà nos sentiments^ l'eiseiice ^e notre caractère; ]'ose ihe persuader que toutes niai cousues que soient ces V^érîtés elles te îfrappero'nt^ qu'elles t'ont déjà frappé; c'est l'expression d'un cœur, chaudement républicain, chaudement ami des principes et des patriotes^ niais .non moins chaudement haineux, pour tout ce qui n'est pas tel. ' . '

Du courage, amis, du courage ; que nous serons dignes de posséder la libert4au bout d'une aussi grande épreuve; qu'elle nous sera. bien plus précieuse encore. 'Mais les tyrans s'anéantissent, et jamais le français ne les verra revivre dans'^scs foyers;' loin de nous «une affection aussi désastreuse qu'eue est fausse : la liberté est impérissable; DOS tyrans* nous en deffendent Tusage, c'est une raison de plus pour que ndus en tâtions ; en est-il un plus sur garant ,de son immortalité que ce cfue^le Peuple opprimé de toutes les manières, tolère patiemnrent pour elle. Klpntre osa lettre^à Le Bois je t'en prie, fais moy ce plaisir^ je, ne le. connais pas cbmnfie je te connais, mais j'ai vu ses feuilles; elles respiroieiit le plus pur civisme; }e*suis autant son aoqi qu'il l'est du peuple; je vous etlibrasse l'un 6t l'autre saqs-culottiquement. *

Mes bons camarades vous embrassent.

Salutctff-ateraité, Cfi. Gsi|iuiN«

BiaDitdt> latowlcf poolançe «t-f én6?«le^ Stt^fMNbFftlH*

de rint^ligent Genfiatn. otaioi^:fi9ii$ TavcfQf ^qutlifié d^à, squt doQÛoe c&.cMbeort >d'éloges>4e^€o^ae^s»d'eacoutBgQRlenli8. Ëa sitessiidor,:olle est^KfnplÎQdbTT^fiiomts.

•Qo^y* «.fil doûc i GertftiQMphfa9e9flpnmy«il;^j«i^M/^L«ej détenus ' se jdooittiidcnc riciprcquedieôt des tiouvidiM GeroMin, eQiseiréviàUatt,rà S.th^ves .dunnubtin, Voitie ;«deil xlacder>sea;fn!einiera.c*y<oos^8ar son oceîUer, .«t il eofnmffiQGe la lecture <le son HeWéûijis. IlfcjQdbe^lH'éfiisélaeat, sur :€es pirates 4'ûimr:s« Qiiiirqu^:t}]i^ohbqi»t, i»'>aai0a«»ux idc Jar liberté, veux litve dcbe' rséM bîe^fe^ >] Buissantjsaiis stijeU'^ on aiépriiec la «Mrt» l#sr c^flbdMa'* -» bteront dcnrant:toi^ toi>8^t'iiet.eratadi«s|iefisQ«ine4 tr^ jet;sur'ceU6iia£aiig«ied'AnDibalà5ea9oldatâ: « Ainis^uk :»!ciel jn'anaoooeia'vk^oire «^ Voyez; le ohaolpste batatUe, i»' nulle '/fletnae-peor: les lâfihts. Noia^, périsses» jCejttsmî t» BOUS sommes vaincus. - Qiael Algoe plus > siqpkpie 4e ta ^ .pfQtectioodes Dieux : Uâ aottsoQt'pltoé eutce laivil^Qire f»i et la :Biort I » Et il écrit à aou cher TrîtiuQ : ( « Ah l tnofx j» s^i]i^.éApeqse»tu pas ques>f>ua1ple^ve&stQ^teotQepIleo- » dtCf tout oser avec ie sentiment d'un entier, d^vpuie- > n;ient. > . ^ '

ut 1 3. tnesàîdor, îl luï annonce la visite de Cfi: Duval, Oq èiioyen qtii « n*est pas r<impant ». Illai fait part que les royalistes se fortifient^ parlent hautelhent de rétablir la royauté; paHent qu'ayant peu )a France .{Ploiera sous Un sccfjf^tre monarditque^ qu'avant jan mois ïa Hollande seraiiux pieds d'fin ^tatb'ouder. Les royalistes Capétiens, dit-il, ne seraient pas à craindre, si leur nombre ne se 'grossissait de tous ceux qui. s'accottïmoderaient d'une monarchie quetcônqiie qui.leur.dbnnerait. c en pâtureies sueurs et la soumission du Peuple, les Bo^ssy, les LTanjui- Adis^et mille autres corrompus austères* i qui se prétendent appelés ^ rajeunir le pouvoir^ — à T^r profit; bien etften^ du. Dçrrièfe eux^ se trouvent Louis ^Vllî, d'Orléans, qui 'tes consultent et payent «leurs VièitlesTumières w,

{rt36)

.mm

qui etnptoiefit < Irâr astuce ^et leur tritnre de légiste ^^ pour tnétaiiiorphoser^ oui mieux pour- masquer* le. despotittnej afin de le rendre plus facile. «

D'auVre part, tes soldats, « réduits A un liard de paye

parlediscrédit des assignats ettai cherté exorbitante des

denrées» a. murmttreat, et comparent leur eut actuel avec

Fétat ancien. Sans instruction, maintenus daos^la plus

crasse ignorance, ils \>nt, pour la plupart/^perdu jasqu*à

l!idéede la cause qu*Hs défendent. N'ajrant pas été citoyens

avant d'être spidats, ayant des cbefs aristocrates mahquaat

de réducatiou qui ftût le citoyea/-et ne pouvant y suppléer,

ils se considèrent toujours comme étant les sgrfdïits dn

Goui^ememènt, non les soldats dti Peuple et de la Libçfté.

Ils restent doùc tes instruments de la tyrmnie, sousquel»

que forme qu'elle se produise. Jls ne vous.'enteQdront donc

pas,'*dit Germain, « lorsqué^ous essayerons de leui* faire

comprendre que s'ils souffrent dest parce que les traîtres

et les ^olste's qui voudraicntles lancer contre les amis de

la' Uberté^^se sont appropriés ce qui leu&étaît dotiné. >

•Malgré tout notb serons sauvas, — ajoute Gernudn, d'un

ton inspiréj .-^ et avant peu. % Patience; patience, ça

viendra ! »i .^ . - . • # .

Dané vsa lettre du 14, G^main reprend la suite de la précédante. Il renouvelle sa déclaration que l'état perplexe dans lequel on V trouve, sauvera la République et la Liberté. Il voit partout que le Peuple veut la Liberté et l'Egalité, c'*est-à-dire la Démocratie ; ^et ce Peuple a fait trop de; sacrifices et déployé trop de cc^rage podr abandonner cette conquête de la raison et de son énergie ; il sait que le bonheur pt l'aisance dont il jouissait avant le 9 thermidor nieraient dus qu'à la démocratie; il est convaincu qu'il ne peut changer s^n sort d'aujourd'hui, contre un sort plus dohz,* qu'en enseignant de nquveaula démocratie. L*idée de rallior tous les ^citoyens est un leurre, et ^ la nouvelle constitution, qui sera discutée le 16, dérangera tout à la fois, les royalistes et les démocrates. Le Gouver-

nement^ maigré''ses affinçations^ ne songe qu'à assurer une existence-paisible, « aux honhites gens^ c^e^t-à^ire aux mirUflo^é^^ à cette caste dévorante de riches propriétaires > qui spéculent sur la misère ^uMîque. < C'est cette btfhde seulement » «qui ^intéresse ; quant au Peuple, au vrai Peuple, qui souffre toujoui^s» nul v^j pense. J'ai lu, relu et jnédité, dit Germain, cette Constitution dék Oii:^e^ et je l'avoue « elle 'laisse a\issi peu d'espoir de retour pour les Sains- Culottes qiie pour les Royalistes. * »* Mais- les Sans^Culottes ne s'abandonneront pas tous à l'inerte apathie, et il espère que tous seront « d'accord . qu'il £sut ». battre^et exterinîner < pour toujours, tout ee qui s*opposc à la Liberté. >*

. Le 'i 6 messidor, aouvelle lettre de Germain, pour déve« lopper à Gracchiss Babeuf,'ses idées sur la Constitution et sur le discours prononcé,* à cette occasion, par Boissy d'An^asr' Cette Constitution Jui parait toujours contraire à la Liberté et à TÉgalité. Mais, pourtant, eHe ne satisfera pas ceux qui Tont Èiite, et qui, s^ns s'en douter, selbàt pris au piège. Dans tous les cas, dit Geitnain, veillons, prémunissons-nous contre .toute éventualité- possible, et arrangeons-jious' de telle sorte que nous ne soyons pas pris au dépourvue II y a urgence de sauver la République, ^ de rendre au Peuple ses droits, de replanter liT Liberté et ^ la Démocratie sur le sol françaié II II faut donc conquérir, sftis délai, l'opinion du Peuple, seul souverain, et individuellement, dofiner Texepiplê, comme l'indique Babeuf, €*du dévouement personnel », eu un mot vaincre ou périr, ^i^ périr ou yâinçre^ p<fnjr l'honneur du dévouement.- L?anar-^y-*^ chie, ajoute Germain « dévore un Etat,roligarchie l'écorne ^

et l'écrase, mais la ^fr^ifocra/te Tànéantit. » '

Les journaux étaient unanimes à parler d'amnistie. Germain s*empresse (lettre du 17) j^ d'en informer son < cher Tribun »; ipaisil ne lui convenait i^penda^t pas .d'être assimilé € aux Vendéens et aux Chouans »• Une amnistie pour des Républicains ! dit-il. Il espérait. qu'une lutte

«ntr^ les* piurtiSr^onoerait^Q]^ éwén/tv^^ti ruoc taumure 4ncspér^e; et^ dans- cet ^poir, ^ iL f^qpijijait pce^ue 4 r^Qumtie. Pf puis ^deuai^ joursj la -gendarinerie et la^ fprqe 4irm0e. batteot la campagne dans 4e dé))artement, ,popr intimer lk)fdre à tp^ft^lesfapfnaies^da la^équisîti^a -de rvpler aifkx frdlhtidn^s;, partout po est perplexe; à Pari^^'.Ja pr^s^e ose peaspr et ^ parler ; on se^t qu'on est à la veille xie l'action 1 . « * *

\lj avait: eu sçifsion entre. Babe^if et Leboîs, et G«na«in jaunonc^t qi^'iV^éUitc^écidid. rarSi^^r eptreeuzrbaripooîe ^qui est aï o^çeasaire e^tre pajtriotés, çt llxomptait f ur Je dévou^aa,eat de Babe^,. pour ne pas y^ faire pbsf aç^.

Tu né m'as pas encore parié, dit Germain, de ta {nî^oa.

« Y ^^ . ^i^n ?. Çst^elle -auasi ; agféa^e que oellç * des

» Orties ? . Elle Test toiijour& plus que ce^e de * }a -Fonx.

> Quanta la nôtre, elle re^fernoe tout^ .^;^pèce /de^Ds,

r;» des. soldats en, gr/ind ù9mbre,4as vpleurs^^ cathUA'des

» piètres féfractairf s et-des assermentés, dès éo^grés^des

'^i^KitpoAw pa|t|iot4&:et d^ patriotes vr^is. Le mélange

,» est iacrpyaUeet passablei^eptciomique. • Lpetnoy^de

9e pas s'en 4gayer -an peu I dit Gern^in» Oh I «joiue-

;t^iU ^qu*uo Dàmocrite passerait bien- son t^fups ici, et

^».qa'4^P'fâ spécule li^i* prêterait à, rire^! ^ais il est p^us

» buoiaintd'enTgépir. j»

Le i8messidor,>(H]^maJn 4taft« ntiakde., et cloué 4aiis ^n Ut »; il n'nen écrit pas môiiiSià Grac«hua, dMt il-^kt ,pas de nouvelles^ et il lui dit que a le floneiUegr moysn 4e x> bire enr^gq; les^tyr^ans e$t de pa^iser son^temps agréar- .» blemeat. » lliuijtMiponce la visite /d'uik Pjsrieivii fin^nc- .Sao^-Culptte, qui va iStre mis en libétfi, et.<iuife0t,^dms les grandissimes principes, >

Qu'avait pu écrire Babeuf à Germain ? Sa lettre, id

•également, nous fait défaut; mais Germain commetice la

sienne (20 messidor) par ces mots qnï sentent la poudre :

« Oui^ l'en tois ; tope^ morbleu^ ifope^ et quand tu vou->

9 dras^ je serai prêt : qn seul«iot^ un signe; je sufs libre

-1» et en rof^te. »

II a TU B. F. ]Uibpi9,^HnU'dupeupU,S9its^Cul0ttt. U p^n^ait'i]^ qu'il Ajiftait pas; le liédiBucteur de son journal ; une lettre qu'il reçoit da lui le prouve sikabKidaaQmeiit : il n'a aucune instruction. Mais iLa de la .volonté, carjl Aéclaren^ t^as Toulosr de réconciliation avec^elui qut est détenu avec lui. Son co-détenu c'est Balteuf ; et Ger* ntain lui annonce, ce qoi sans nul douta le fera nmugrànri qu'il tente une nouvelle démarche. Daqs'sa lettre Leboia l'appelle : mon chère camarade ; c'est sans doute^ dit Ger* mafq^rhabitude d!écrire aux femmes qui l'aura, entraîné daQs cette méprise ; mais Lebois est l'ami du peupla Sans* Culottes : il est donc « dans^aon rôle. »

Tout cela est passablement égriUancT, et .prouve <fut ces hommes là, malgré les dangers de la sitisation, avaient encore le motpow rire* C'était leur façon. à eux «rde faire «rager les tyrans. »

Emory^un homme c bon, bien bon,. très .ti^on », revient de Lille, oii. il a appris que les patriotes sont dans le désar* roide plus. complet, qbe les royalistes et les malveillants sont. triomphants, que le peuple y murmine hautenient, ^ et que dans sa détjcesse il embrasserait n'importe quel parti pour obtenir un -sort plus doux, du seulement miûfns rigoureux. Les victimes /lu ^ tfaénqidor ont sa promesse : il la .remplira.

Le 2 1 messidor, Germdhi annonce Jk Babeuf qu'un citojren qui' arrive de Paris, après 3y )ours de détention, est veau le vpir; ç'^t un ofiibier dfe la 3o* division de gendar- . merie, ami intime de Marat, «i le vrai ami d\f peuple Sans- » Culotta^ x> 11 lui a appris 't)ue les patriotes.de Paris, ag^ glomécés dans les di£[J3rentes maisons d arrêt de la'icapitale, K sur le bruit généralement répandu qu'il dievait être accordé «se amnistie en faveur des détenus, ont adressé à k Convention nationak et aux divers Comités, «. un mémoire énergique et vi^ureux .w. Ils ne veulent point d'une mise en liberté qui semblerait une grâce ; téus s'accordent à dicè.qu'ib ont servi la Patrie pour la Patrie, et qu'ils .veulent étre^ugés ; ils veulent queks Ucha qui les

ont trataiés dans les prisons reçoiVent le châtiaient qaî leur est dû.' Le Comité de sûreté générale a répondu, en termes très «près, et très catégoriques, que lesTétérana de la Blévoratipti^ ies patriotes de 89, ceux dont le bras et le coeur avaient toujours été dévoués à la défense de la Liberté^ queltiue fut leor sort présent^ quelque fussent les tracasseries des contre- révolutionnaires Capétiens^ « sorti- » raieht radieux; et qu'on. leur procurerait tous les » mojrèn^ de confondre la calomnie et de l'attérer. »

Payne, un insulaire, proclame les principes de TE^alité et la Liberté absolues pour le Peuple. Germain a hâte d'en informer Babeuf (23 tM;sidor); et il lui demande si les circonstances présentes ne seraient pas favorables à un soulèvement général des patriotes. Tout est alarmant sur les divers points de notre ccdésolée et désolante Patrie. 9 Ha correspondance se continue ainsi^ Ips 23, 23, 28 et J29 messidor; .mais, nécessairement^ en se répétant presque toujours. Toutefois,* des deux dernières lettres, il se dégage contre Germain un véritable soîipçon, au point d'obliger ce dernier à dire à Babeuf : <x Germain n*est que 9 d'une couleur, quoique tu lui en prête» plusieurs, j» - Qu^tait-'il advenu ? Germain était*il «trop verbeux », suivant ses expressions; ou engageait«*il trop la responsabilité de .Babepf, en le mettant en relations avec des hommes comme <ju|fhem/ qté ne lur paraissaient pas « signifier grand chose. » Nous ne saurions le dire; et . pour couper tourt ft toute nouvelle suspicion/ en jetant un éclair de gaieté dans l'esprit du Tribup, Germain lui eirvoie, le 29, « la parodie d'utie chanson que les honnêtes » Chou£is »*d'Arras, avaient chanté, quelques jouie auparavant, à la Cemédie. . *

Enfin, après un certain refroidissement dans 1« correspondance, qui surprit ét^angemen^Gennain, au point de lui faire dépécher, exprès, le 2 fructidor, son-c petit » messager habituel, aiapt^s de Babeuf, 'cdui-ci, daigna lui ouvrir son âme et le laver de«tout soupçon; mais il 'con- •^ duait ainsi : Nous ne sommes pas de ce monde. Ces miots

semUeat avoir terrifié Germain^ qui les prendra désojv mais comme^goide de sa conduite envers le Tribun .

Il lui parle de TafEoùreaa, en détention à Lille, et ^ui est sort] récemment des Baudets; des honorables victimes de Ham, de Lebois, sur lequel ils oal eu longtemps, une opinion différente, et qiii fécemmpnt encore a parlé mal de Babeuf. Mais, chut! dit Germain» «point.tl'esclandre, 9 je tVn conjure, et -que les éelairciuements qu'on te 1 donne, à ce sujet, soient des étouffei-feux et n#n des » boute*leux !»

A cette époque» les geôliers des deux prisons d'Arras surveillèrent la correspondance que l'on savait exister entre Babeiif et Germain; iti$ufs iceux-ci ae renseignent à cet égard et recueillent la conviction qu'ils p'oot rien à craindre (lettres des 4, 5 et 9 QructMor). Leur réconcilia^* non, si brouille il y eut jam^, est complète ; ils reprenneat; en commun, leurs vue» d'avenir; ils sa; communiquent leurs nouvelles, pétrisent Tâme dé Jieurs co-^détçnus, et se préparent bravement à l'action qu'ils croient toujqurs prochaine, en jrépétanf, sans cesse, de l'un à Tautre : Çà va bien A ou Çà irm Içà iraJ '

Le » messidor, Genùain dit à Babeuf : Je < tr préviens qu'on guette aotre correspondance^ j'en suis'sûr, car on tient le secret des personnes même mises en jeu pour la surprendrez »

Et il ajoute : « Que teviendrait-il ft nos oppresseurs, » de s'en saisir? Du dépit et de la fureur, en voyant que » même dans'fes fer^ nous n'avdps rien perdu cle cette » fermeté, de cette tranittiUitc, qui letf* déconcertent, et » que malgré tous leurs «fforfs, ils ne peuvent venir à r bout d'ahérer.. » '

• Le 23, c^«s^ un officier de* gendarmerie relâché» qui a charge d'une missive de Germain p^ur Babeuf.

Le 3i* thermidor, Ch; Germain, blessé à la main droite, écrit à Gracchus Babeuf, par la tdain d'uh autre détenu nommé Gouillafd : « J'attends ét^ nouvelles^ de Guîl*> » hem. ...Je ne te dis rien- encore de ton plarn,. non qnt

Aki

»^ j«:Clai0ie<l'6i» pfarlertJeTaot Icjcamande qtriéait poaT> » moi« carir'^r un Juré da ii prairial ; maî^ chut l Des »i QsfanU de Coraélieyiveoi eiicoTe> et'tcuuc leur, présage >p un ^xt plasiheureux que celui '^e leur» aînés Caius »* ec' Gracchuii; ib^aHiont* hiça encore^ quelques &ctk>a » ancjenipejà.coaibattDqyiittîs ils sont* d^cid^ à imoioler >'lesiai:tietii('surie«iiycbaisesj aU' f este, «plutôt que tl^étre » eui->{némes sacrifiést Sàlut tapostolique !»

Le 14^. nouvelle- missive. Germain a!-iieça une lettredécousue de Guilhem et un journal^ qu'il fait'^pASseiL à Babeuf ; ibroît arrixér k moineiu^oti enfin la Patrie^ sera débarresséedes embryonspcstileiitiels'quirsouillent l'ho* rizon polhique;inai5 bieatâtil se ravise : « Vobùx inutiles^ s^écrie-tfii l 'paroles vaines,' c'est ton * système seul^ c'est ea^procbunantlaivi^ieliibejtéj en ''faisant jouir le Peuple.

▼ de la vraie Égalité^ qàe la félicit^j^ Tabondance' et la veita ^taMiront parmi npus. » C'estdoncà ce système, ajoute»*, t-il^qjifil faut s'attacher exclusivement;. Il se plaint que jusqu'ici tpot n'hait été que fluctuation^ 'tantsôt en avant, tantôt en arrière ; on s'use, di^•il, c}aps ces* vicissitudes^ il n'y a eu de changementa'qti6'^p(iun dc^^ indhridisi, mais/

X la massfireste'itoQ jours coiufàmnéé à soa igcioranre et à sa misj^e. li qualifié ceste'policiqùc^e politique d'ôpiion; aes moyens sont'des)eux de Tou6s:pour, amuser le tapis, des fictions métaphysiques inventées par des rusëa légistes^, ipab le iood> des.-choses rtete de . m€mi. Je sait l^îen que «e n'est p^'k' titre q^i fait le roî, ni le parcb^âaio» qui fait r^fistoctàtei mais. s'il «e remue 4:^t.qu'ir'ne veut plus qu'il ee fiias^^ nouyeàuf xic))«»^'d^ nouveaux, tyraas. « AdîeUj naoùichçr-tmbïin, adiei», V ; • .

Le 5, autre lettre : et celle-ci très longue^et.très împpr-. tante* BabdUf av4it dit à Germaitu < Npi^, nous. u&on$ toujours en' pai^oles' et ndus n'avançons pas. A quoi serC/natfetiaal{érable^<an^âoea^ >\£t Gei^m^ifi* 4uii répopdail^^ € CiQoiii-mjdoïKirqtie'letBo^nt tfoit venu md^ag/ir ? » Gecifiak^peasaH'que jjlua L'oo< s'était apffss^nnsur'uae qiMsttoo^ i:(kisien éffaititsolu àrbettt&dis V^qtàoïii II anogn?

qu'ils âuraijpot raî^a d^ usWpAteOrf^') iqu^ilfavKbraÂt que^ .f^ toDS sfiôeot MldaUy^t souwii^iit (j^ion GQBf§ et ^ son âme la cause commune, «t que le jour oO^: lui/{M«Ise>; montrerait < aux enfanta chéris*de Tétemel le chemin de la vietèRe'»^ oeàt miUé lanSos le-^sttîrraient.

Germain; pressa par fitibeut d'apprériér' son plan de régâîéraftion sodaïiste lùr'dit': « Ton plan'^(i) est le Code' > quelesGracq&es eux-mrémes eussétlt' promulgué^* si les vinStniesÀppicus; qiy sontdt nos j6ars fesr riches pro- » priétaîres, et par' conséqpente natoï^flement déduite; »' les plàs grands et les plusiuiueux vojenrs^ ne lesenssettt y égorgés. > * -. *

Il bondUsâtt en pensant q^ed^ln côté tôuï était luxé et abondance' et^que'de Tàutte il n'y avait *que baillons et misère;: qtf^aftcfUt un pétiple^ disait-H enVore^il est «interdit » d^attciAdre le développemer\j en beauté^ en* esprit, en v » force etenâge qûi^ selon le vœu delà nature » appartient à tous ; que là p^rt aUt fruits de la terre esc insuffisante^ pôûî beaii^dp, .et qu'il y a des hommes qui ont mllfe fois trop, quafid tant d'autres n'ont absolument rien.

.II ne comprenait pas qii'il put^rencontrer des résistances quand il demandait le jbSftfge'* égal entre tous de toutes choses'; Tthrithmétique des, autres était menteuse^ selon lui; il bornait^ au reste^ ses partages aux objets de consommatîon, dé manière que nul n'ait faim, et que le gaspillage àti riches put )>roKfer ailx. pauvres.

II voulait qu'on répudiât toutes .l^s traditions anciennes, et surtout qu'il né fût plus question de.ce qu'on appelai tJbdiplopsiatie, pensant que, sitôt querin^^t^uZ/pn agrairtehrtey Objet dé ses- vœux, ^eriait conveqablement, affermie, on viendrait « contempler lé tableau .consolant »

(i) Germain, en hoknme pratique, avait découpé le trayàil de GtacaièWBàbeof, et Fèr^airditiséeii SSottiidés otr^alrnésy/miM^'îl' p«Mttt qaé Jchadia '4ci c«S:artklta dsnût Mv mé4ît4'

■jf

rfk

de le prospérité d'un pe\iple qui-Aratt su s'affranchir de ce dont les 'siècles Tàvasent dsÂirgé à perpiéliiité. '

II voolait enfin qu'on feètituât au Rrople tout-* St qui lui avait été prié. ' • , •'•

' Le 8 thermidor, G^rgiain s'exCuse^de ne pas. avoîr, écrit le 7 à son « chercamurade >; il a révafsé tout, le jour, et il ne^ se prouve, pas dans son a^icjtte accoutumi^. « Estj<e le temps P^Est-ce la position ? Est-ce la vaste icjée xlu sublime projet » qu^ls allaient mettre à contribiuion ? Il avouequ^ily.aeuujn peu de tout^ceia. Au moment de poigni^'der César, « l'immortel firutus sentait en son âme

> une vague et ind'é&nisi;able inquiétude. » C'est^.dit-ril, le tribut que tout homme^ imprégné de préfugés/ paie à son espèce au mooient où il va aborder -une voie il^frayée ; c'est râmç'« qui s'épure dans une dernière fer-

> mentationetqiii va prendre* son essor pour échapper » aux convenances d'un mdtide perverti. >

Et faisant un retour sur le passée à propos de la Saint- Qarthélemy. dont voici l^anniversaire^ il s'écrie ^vec rage : « La race de Charles IX n'est pas çiorte!. ; Oh ^ certes^ » il ne tiendra pas à moi %ue le dernier de ces monsti^es

> durcisse de ses ossements la terre;»des Égauv > Ecris-^moi, ajoutait-il ; cela contribuera â me. « désat-

» trister un peu^ en ouvrant* à mes idées on champ » moins lugubre^ car on a beau direj'l'avenir le plus beau, » dès qu'il est au bout d'un poijpard^ cause tou|oyrs un » -certain frémissement': 11 fiiut plus que. de la vertu pour » s*aguérir à la cohsommàt^)A.*J'{iurais plus que* de la » vertu : tu peux y cotaptier. » ^

Du 10 thermidor nous avons deux rettres^'* rûne de Germain, Vautre de Babeuf.

Celle de Germain est courte; il est toujours sous une impreîissioii^ tristesse qui raaéaatit; il -ne se «ompreod plus ; Guilhem le laisse sans nouvAles, et il en est à se deqp^ndérce qui *peut bien se passer^ car en ces tempi dç. révolution on voit dés choses ai étranges le Une gfawo ^

siiustre pèae? sur soc cimf;le feu sacré n'tot pftsr encore éteint^ msis ibsent qo^il est temps {k>ur lui de sortir de cette pfisôil qui l'énenre» Il vevt i^r. Adieu, dit-il, mon cfacfr GsàccthiS) et « reçois l'accolade fraternelle de' subi et » de mon compagnon- Oouillard. »'

Babeuf est phi6 {Mtiqne. Il ae'< quitte pas la pltittiê »; ^ etdé! fait sa missive aMes- propoYtidns d'uife brdchtire:; Mieîhc informé qoe son correspondatït^ > il savait qu^une Gointmisimi desdouze; jvippléftii leoomitC de aâireté giiké^ nterebttTementannc détenus> et il pebsafit ne pas être ttop présompiueux ^n! comptant^ pour lui et së^'^tâu^ sot une' « pl-oclmioe mâse'en Ubetfté? officielle. »^ C^st » que ierro^aiistne'éttfft dcVerfti m^iïaçatiti in(|tifétàiitj < fomûdatle»^ que IrGouveriiemei^rt avait béibin' d'un iqipûfy etqu'il ne'pouvaltletrouirefqtie'Cdàris'Iei pÉttietel câractérisèl^vrenfdrcés^ solides; »'^ ^

ProfitdDr^onc de ila ' c^on^stanii; ^ disait Bcfteéf^' pre^ noniifotreiiberté d'abord ; nptfs savdlâr cjnel ùiàgé^il^û faindrtffiûre^' et une feiif iilsres>'^ nons « nbul} occbpertoi sans désemparer de la grande affaire. »

.Le connniéf ce^ suivant 4uî; bt il développait loflguèinent ses tbcci^es'à cet égaiidy n'avait fusqu^ici (onxsi qne' '4^i|ea lacsxPoratr-profitod'iin très' petit nombre. ». Il- voulaiti' qn^ portât ^la tiaurriture « c&eztoùs^séangenitf'pat^per-* tions<égaks; > afift qu'on ne vti plus g^homutd nsël vêtus siircent^Je vois^ ajoutait' Babeuf^ -^ et il avait mille 1/ fois^TOsoa^T-H « sain» chemisesy sànis faabir^^sans souliefs^* >' presque toi» ceux qui font pousser -le lin et le chanvre, » presque tomrceiiz^qui mettent en état 'd*ëtre emjilo^ées/ >. 'soitcâ matières tetiitesj soit lalàine^ on4a aoip^ presque »'tona rcdkxaqtii tissent, «qni fi>ar la tdile'erlesétoffes/qut » liMneat la préparatixSn^' ausl cuirs; qni' confbctidnnenfc »'lea cbaJussare^^e v<ris paiement, nianquérà p^u près » de^toat^ceux qui travaillent mensueUemiSBt aux' mpu- » bles^ aux^ustensiles de>m^er) ou* de ména^/«ui bftti-* > flbénts, eto » ^ .

Et^ afOQtait : t .

» Si l'observe ensuite la.£ûble minorité qni ne manque » de rien^ en dehors des propriétaires terriens, je la Tois » composée de tous ceux qui ne mènent pas de fait la main » à U pâte^ de tous ceux qui se contentent de, calculert » de combiner^ de travestir^ de raviver et rajeunir, tous » des formes, toujours noiiveiles, le très vieux complot de » la partie contre le tout,' je veux dire le complota l'aid« » duquel on parvient à faire remuer une multitude de » bras sans que ceuxjqui les. renuient en retirent le fruit » destiné^ dès le principe, à s*entasser en grandes masses » sous la main de criminels- spéculateurs, lesquels après » s'être entendus po^r réduire sans cesse le salaire des » fravailleurç^ se CQUcertent» soit entr'eux, soit avec les » distributeurs de ce qu'ils ont entassé, les marchands^ » leurs co- voleurs^ pour., fixer le taux (le toutes choses, » dételle sorte que ce taux ne soit à la portée que de » rppuleace des mem^es de leur ligue, 4fest*è<iire de » ceux <|ui sont comme en position d'abuST'des moyens » d'accumuler les signes représentatià et de s'emparer de » tout.

> IHs lortf, ces innombrables mains desquelles tout est » sorti, ne peuvent plus atteindre à rien, toucher ^rien, et » . les vrais producteurs sont voués - ail dénument^ ou du » moins le peu qu'on leur laisse, n'est que la grosse écume, » ou le Uès maigre gratin des produits de la nature. » ^ : Le « Tribun Gracchus » se scandalisait donc <* jusqu'à la fureur.de voir un tel désordre; » et il voulait^ répétant œ qu'il avait dit déjà, que « la commerce vivifiât tout et portât la nourriture égale chez tous ses* agents. » . Mais, qu'est-<e que le commerce ? C'est lui-même qui pose la question^ et il va nou7 répondre : < C'est l'ensemble de toutes les opérations qui|fiDn't naître la matière psefluère» quiVapproprient.aux diverses qTsagèSj par la manipulation et qui les distribuent. » Ainsi, tous/ ceux, qui coopèrent à l'une deœs choses soht des agents de conunerce.

Pourquoi^ dès lors, les premiers agents, « ceux qui ibnt le travail créateur, le travail essentiel» > en retii^

raient-ils .« incamparablement moins d^avantagesj'^ueles demies, que les tdaifebands, pal: exemple^ qui ne fânt que le travail le plpssabaltenlïey jle tcaviiil^de dist«ibucioni? »

Çela^ ^disait Gracdhus^ Babettfi s'expliquede soi^méihé;

C'est que 1^ derniers < abusent » et que les* pfetnien 4 se]piissent:,abuseBiW.)c'esttqoec0i spéculateurs ettnarcbaAd» « se liguçnt tBOtre eoa pioor tenir âl 'leur disposition

> levéfitKble prodcucttur^pourôtre tdujouiW «n {ibsitioh » de lui dire :tmvaiUe beauooup'^t oiange^eu; ou tu

> n's^uras plus de travail let tu ne mangera paà db'torut. » Voilà, 4)$iUtQXiraccbu| Babéuf.Oac^à M UfbMire dfèté^

par les.capitau^ ». *•; j r^ jf. '<" ^ *

La. réformefdUj commerce entrait donc dans le pian de Gracchus,. dahs Je plan «'-réformateur de^tous-lës abus »j qu'il devait pay^nde :sa séle; tnais celte réformé ne devait atteinÂ*e>.idans:sa pensée^ ^Ue It cdlnméite' qui'iie réalisait pa? .« le hiende tous.^» '^ J '

L'industrie^ I Tagriculturev^ hs «rta diverit sont ènsttite,' successivement:. discutés 'de même «par le terrible réformateur^ qui prévoit, toutefois, lés^iitraves que tie manqueront pas d'apporter ^ soii œuvre, les intéressés d« IMntfrieuf et les réactionnaires de l'extftiear. Aussi, Bien qu-en ceci tout^ ou à peu prés, soit un ^ve généreux, mais impraticable, Babeuf recommaiXle-t-il encore à âermain^ plus audacieux que lui, et qui vou4);ait que la réforme s'étendit dé proche en prpchewusqu'aux peuples* les plus éloignés, la modération' dans Iqç^ désirS|,^^ tou)^ en comprenant qii*il 'fauciraît, surtout, faire place nette, pour h constrftètton du nouvel édifice. Mais il craint limpressîon terrible que ferait,'* sér des écrits qui n^y sont point encore préparés, un acte dVfj^ énergie inouïe jusqu'ici il sent bien que la itoasse nç,yilluminera pas tonr à coup à leurs idées nouvelles, bién.qu* « à transiger 9 sàh^cesse elle tte fasse qu'ajourjjj^er indéfioin;^ent son » bonKeor^;toiitefois, il est pour Faction, .et puisqu'il faut détruire pour édifier, .et que ccPéglisc et le presbytère rappellent fe^'pirétfé;' lé palais le tyran, le château le

tMV

^is§U|PÇiiV9i.l9i>iC4muki le) moiney la: c;aseniete soldat, le •bWbrt If Rrf«pnqîcc)et4?^WfiTOdfc/boaiT«aa ctlâ vie- \ tii||6ii|yriiKp^ia&tilermciUe^ii«iirraik4m^ pour extirper définitivei^çflt l^If^kbte pati deC « < > faire Sapareittre leur

IJ^ff ,^|^hJv. AiiiKina ^ de vôqtaiP^M^dre les f#âits^de Jf^J^éY^t^^niU ftttft «o^ pas oatamer^ mais anéantir a^sq\ui^ept Isivieuiiir^ioiedqppressioii, dje pr^togéct^le SJ^pçi^titjp^ ^' alors Vexposfir.â reooimtletioetv

14ial^fii{;'$K^Pii^{^r disait i;enctértainâikt OtacclAia Ba^ l3ÇA{4i« BPi^^xi^'^^^^ ^^p^hi) Shguette laerveTHeuse-^ qui serait nécessaire pour faire d*un côté^ la fK>U6sièrê do pps^Pi ^e^riantr^^sUrgîndcJterrcctoiit cmM rédame et »^ cpmporte^ yi^\s^$^P9fMlt\ d'une sodétéd'cHgaux. > ] £t.t^t^d'^ïftesri^i^jé<aiênt sLintépeSsés &-ne rîM cJ(afi^CjÀ^cf^.^-jClis$*ii depuis desasièdes f! f

Mais Cracchus ne peKdaitpafticouta]^) et U recom^ lUff^t Iç;;^ n^4n[)^l».cy^ppsitioasià]>soa;«'Chcr>gé^rHl», à qj^^ poi^^ tfrnjiiner)^ U dPOAaitii'accolade en ces- termes- : « , ^ut rea,rEgaUtf sjvnte. .».

Tpttt t^s^f e^t^dfir^i c^tté: lettre \ùXk y trourM sea^plos iatime^P pepséçs, ap^, plus > larges i aspirations d^aVeair^ tempérée^. sçu)fqi\çptrpar la.prudeçce qu*iQspire Ja-déteit*

LS'ii ttM^midoi:/Cb. Germaiji qui avait neçu, ^P^ lettre, surpns d^ voi^ son « cbier trijb^un :». pasp^r. a^r lui] aon indignation et son empertemènt^ l^i^ dit,4'ua toiMiiîjk leur i^tu^és un arinocrat^ fiteffé; le bruit ofi ej(f, vepfu jfifrr, qu'à mon < manoir »; inai8.consoles^tqi.;T€mj)ep^>,p Etil i^ksure que quand à* lui, ifèsi^re. êt^ xp^ff peuenliberté^^^ais il ne pair^ira pas s^o^. a.v^îerp|isrlç#| ordres de GraçctiXiS, S|ns avoir reçu de liii^c ^'impositi^di X sacrée des mat^s.»Vcar il faut la^«g|:Aç^;eiÇSç|Çf,s^p9)ir, mettre à exéutibti ie <^aste et sublime^ pfojçt dçf^^-J rianistes. » . ' ,

Le métAe }0ur, Babeuf recevait uqe. dcuxi^lmiç, Iq^ide^

Page 1