A RECEPTION
Ah! bonjour. Messieurs les petits, Chouans^
Quelle bonne nouvelle ^ Par quel hasard voit-pn céans, r
Les chefs de la séquelle. .
*Eh I bonjour. Messieurs les petits Chouans !
Vous nous la dopnez belle.
En deux mots, mettez-nous au fait * ^ De la méiaventure. .
Vous avez Vair iqus trop défait; .
Pâle est vo9« figure. , /
Vous inspirez tant d'intérêt !
Il faut qu'on vous rassure.
Le tbéâtitt est^ dit-oa, le champ clos
Où vous faites les drô&s ; Vous insultez mal à propos
Par gestes, par paroles; Maia aussi des gens for^ dispQS
Ont trouvé vos épaules.
-i5 fructidqr an 3. ^^
Ces vei? dont un est trrégulicr n'étaient qu'une improvisation composée pour )a réception du comte de de Béthune dans la prison des Baudets. On en ajouta d'autres, les jours suivants, et on JelJiiqça, alors, dans le public, sous la forme définitive -cj-aprto : .
(i(6p) i.tb B$G&e'%lOlk OU' GÉNÉRAI. .BÉTHU.NE
BT: at mm : ÉnfÀOt-JÊlkHOU
^ Ah I bonjour^.Nfe^sieurs* lès petits Chouans^ ^
Quelle bonne nouvelle ?
Eh I quol^.dçnc, vous^voilà dedans,
Grands chefs de la séquelle I ^ Pleurez, pleurez^ honnêtes gens :
La défaite est cruelle.
En deux mots mettez-nous au fait
De la ^mésaventure ; Vous avez l'air tout stupéfait ;
Pâle est votre figure.
Mes beaux Mëssîe'ijirs bil vous à fait
Quelque bien grave injure.
Oh I oui, bienF^avéK4is{^ixien.t« ^ '
On a coupé nos tressts ; On nous a peignéVudement/
Ânx yeux de nos tnïittrèsïi^ Qui nous voyant'dans lé téofnient,^
En riaient les traîtresses { ' *
Tout en nous traitant dé faquins.
On a pris nos cravates; Les Sant^Cttiiottss^ oh.4 lesicoquinil
En torchept leurs «âvates; Le vert déplaît à ce^ requins :
En bonnets écadBEtes.t " * .
Vous croyiez votre paVti Tort *
Contre la République ; ' Mcis^^MesBÎeuàrs^ vous aviez grand tort.
Ppur dqmp^r.votre^lique Up*a.Çallq,qu'4t>^c d'accord '
Ejiyio^Qant la rép^q^e.;
Db CooMik «st tocbaisp ckttu
Où vouviftite^'MS'drMe») . . /
Vont iasoltezoïfll à propos
Par gestes et paroles.
Mais c'est là que gaillards dispos •
Ont trouYé vos épaules, y . •
vers sont de Babeaf (i^. Ili justifient lé mot de Beaumarclrais, qu'en France : « tout finit par des chansons« s
A la reprise dé la correspondance/ le 2 fructidor^ ç*est encore « le petit drôle » qui fait pa$s^ une lettré et qui rapporte la réponse. ^
Le 4 fructidor^ Germain écrit à iofc che)- Babeuf : < J'allais tnêttre la main â. la pluhie^ au moment oti là voix de notre porte-clef^ m'a aiinoncé <què fêtais demandé à la geôle. C'était ta lettre qui m*était apportée par ùà jeune homme.
«Je ne sais pourquoi le sieur Eloy^ ton condergè, S'est plu ^â concevoir des soupçons au sujet de la corréâpOttdance qui existe éiitre nous-. »
Les lettres des 10 et 11 fructidor^ de Germaiii à Babeuf, sont remplies de détails ise rattachant aux faits précédents; le* 12, il lui annonce que lé « Bulletin des Dominicains » constate l'évasion de « quatres déterminés bailditSy très capables de nuire à la société » ; le i3, il loi écrit: . ' -
CA. Germain à Gracchvs Babtuf. 7
'|3 fructidoi'an II F*
Le messager boîtteu^ et un autre Sans Culotte^taient présents à l'ouverture de ton paquet d'hier soir* Après que je kur eus &it lecture d^ pièces qu'il contenait, et donné des explications sommaires, ils sont partis pour aller proclamer à l'armée infernale et aux Sans-Culottes les yérités frappantes que tu leur annonce. J'en attends tout le
(i) K0U8 avons eu en mains lés Brouillons autographes de ces daex pièces éé rers.
succès possible. Un brave bougre est à Bapaume pour les impressions. Je peÀse que 'demain matin au plus tard, nous aurons raison de. tout et que les imprimés seront à la disposition des zélés chargés de les répandre.
Le Sans-*-Culotte de Sfûnt-Omer est p^rti hier soir avec une douzaine de ses camahides que j'ai prêché de mon mieux ; pour être encore plus sûr qu'il ne leur manquerait rien de ce qui peut rendre leur mission fructueuse, je ine suis Qcçupé toute la journée d'hier de quelques petits ouvrages que je leurrai remis ; ils m'ont juré de faire leur devoir. J'ai leçM hie une rlettre de Goulliart ; vîte^ je lui ai envoyé ma harangue avec une copie de ton anti-Senlecq^ et j'ose croire qu'il en fera bon 4isage^ Vu qu*il a plus de facilité encore que nous pour une efficace propagande, et que la classe des Sans-Culottes de son pays est bien plus ardente^ que celle de cettp contj^ée. Tu verras les lettres de Goujillart qùè je te fai$ remettîre; elles ne disent pas. grand chose; il n'en est pas' moins, comme tu l'as déjà reconnu, un gas précieux. On va m'apporter ce matin le sublime acte constitutionnel de 1795. A ton exemple, je tâcherai d'en faire ressortir quelques unes des clauses, lihsrticides, et je remettrai demain le travail à divers Sans-Culottes afin de motiver le refus d'acceptation. Compte en un mot qiie je ne négligerai rieOj pour étendre, comme tu le dis très-bien, la tache d'huile; veuille donc m'excuser, si je ne réponds pas bien longuement, somme je le devrais, aux lettres que j'ai reçu de. toi cet après- dîner. Il parait que la nouvelle de l'arrestation de Guffroy estapocryphe ; des lettres jAis récentes que celles où* on *te l'annonçait, la démentait fonîieUement. .Leblanc des Gravilliers e^t donc en correspondance avec toi ; je cannais cet homme i>our avoir été ion voisin pendant près de deux mois au Plessis; je l'ai entendu souvent jaser et je n'ai pas toujours été satisfait de sa conversation. Je supposai d'abord que ce n'était que pour dooner le. change aux moutons qixi foisonnaient dans la caverne, grâce: à la sage prévoyance du comité d'oppression générale; de sorte quf pour soulager
mon âme de tout soupçQti^j'e tâchai de lui inspirer, de la confiance, et avec quelques bons patriotes de la Révolution nous le tâtâmes de prés; il était oul du moins il nous parut â cent piques* de la Révolution. Ce qui acheva de déterminer notce opinion sur son compte fut une lettre que nous le chargeâmes. d'écrire au comité oppresseur^ à l'effet de détruire des bruits calomnieux que la perversité semait contre nous. Oh f par ma -foi, la lecture de cette lettre dan& laquelle, «ans aucun motif, il traînait dans la fange la jplus, infecte des jiommes qui cmt droit à notre estim^j à notre souvenir^ à notre reconnaissance et à nos regrets, nous donna de lui la plus pauvre idée. Nous protestâmes hautement contre cet tScrit dans lequel, au lieu d'être représentés comme des calomniés^ nous étions au y contraire érigés en calomniateurs de ce qui exista jamais ^ de plus pur^. j'ose dire de plus sacré. Dès ce moment nous nous détachâmes de Leblanc et il alla se confondre parmi nombre de personnes qu'avec toi nous avons jugé ne pas professer les principes de la pure démocratie. Du reste, Leblanc n'est pas uTi aristocrate ; ie ne le crois même pas thermidorien; é'est plutôt un de ces hommes qui se sont laissés mouvoir par une fausse pitié, et qui ne voyent que mal danS|tout ce qui choqué leur opiniâtre ehtêtjement. 11 passait au Plessis pour un des plus hommes d'esprit de la prison.
Je sliiif satisfait que Varlet ^oit eii .liberté : Varlet est susceptible d'un grand dévouement. Il a quelques moyens^ tâ.têre très-chaude^ et parfois d'une exaltation maniaque. Il est un des cCopéfatfurs de la journée mémorable du 3i maî^ dont il ne s*est pas ibontré indigne dans uiie lettre que je .viens de lire et qu'il adressa en germinal dernier aiTx comités de sûreté et de législation et à la Convention elle-même; il y parle le langage franc et vrai du patriotique ; aussi sUis-je fort étQpné de sa misç ijx liberté»
Mon ami^ n'emploie pour reàoitfvrerla'iiberté aucun des moyetié que l'on te suggère par les lettres dont tu^m'as communiqué les extraits : vingt fois on m'a bercé de pan
^ta
rellleà sumeitM ; j'agis été assez bén poUiiptittc fàfciRt à ceû écootë-s'il plAit; que m'est-il ttrmix d'aymt cédé i la tentation ? Qut )e ft'ai fait que prêter à rrré à ceux à l'instigation desquels 6ti die bérnait.D'ailleurs, attends que je reçoive de Goaillaft ixrft seoDtidè lettré ; }e me Êûit expliqué clairement avec lui^ et je*fie douté pas qu'il ne se prête de Mnnegrâceà toùtcèqU'il faudra entreprendtie pour te rendre ta liberté, que tu îe flattèraîs en vàth d*ob. nir du goÙTernetiient. Ha à son service de braves bougres, c'est t*en dire asèez. A^ ce sair du demain ttiatin. Je vais ni'occupef tf^-activement ; il n'y a pas de temps â
perdre.
Salut et fratermté^ mon cher Egtl.
Ch. OÛoiaik.
Lé t4, Germain intbrroe Babe^^t que Gouillarf sur un ordre de ràccusateur Gosse, vient de partir» àvf c ses cb-accusés, pour Èéthiine (i), oti doivent s'apurer leurs comptes administratifs. Le i5^ il lui écrit pour lui envbyer un conte en vers ou'|>ot pourri 4ê sa composition; le i6^ â propos des publications de Seplecq. le i% pour le féliciter de sa répoiise â la lamentation du forban Ôenlecq; les 17 et 18^ pour se plaindre de ne j>as recevoir de nouvelles de Gd'uillart ; le '2Q, pour lui annoncer qu*ii ira le voir^ à 6 heures^ aux Ëaùdets,' mais accompagné du concierge» et lui donne (deuxième lettre) soj\ s^timeut sur les affaires.du temps ;^le 21, pour lui 'dire qu*onrac->> disait d'être l'auteur^ — ce qui est possible — d'une brochure quiy la veille, avait couru la Ville sous ce titre': Un patriote à ses concitoyens ^ au Peuple; le 22, pour répétérqu'il enhige de ne pouvoir écrirç j qu'il en cot&re à ne pouvoir desserrer les dents ni le poing.... ^
(i) On Ht dans le Themumèirr dàjùur; par boiadt^ ad i^ ft^rièr 1793 : '- Bemtnai. La feuaiHe montre le plus grand xète à itairo^ 1er. Dans un -seul jour aussiy il s'est fidt 3o aliâriaass à la municipalité, et qui plttè est sans le goupillon des prêtres; le tout ptfur réparer promptemenl par de betitè citoyens la perte des gnnds.
Dans riifienralle, Bab«uf trait lancé «^ dehors,— le 17 fructidor, -— un terrible manifeste aux Egaux, sous ce titre, qui le résume $n^sammenf : Lf Tribun du Peuple à P Armée infernale^ çt lç*i8, «ipr f^atriotes iPArras, un autre manifeste contre la Constitution- républicaine de
C'était la lutte par tout, et de tous les instants. ' Mous reproduisons ces deux docutnfnts d aprè§ les brouillons autographes de Babeuf.