‹ Histoire de Gracchus Babeuf et du babouvisme d'après de nombreux documents inéditsChapitre 20 sur 59 · VI · texte numérisé non relu

VI

1795. — ^abtuf rentré à Parts reprend la publication du Tribun du Peuple. — It précise sa doctrine. — tt coMàt la République dès riches. -^ Il feut î'Égàlité réehe et te tonhtttt oommàn. — Le Directoire le fait arrêter. «^ Ses rtlatloti^ enc Jeseph Lehon^Darthé et les Égaux de 179a y à Arras et à Sàint-Om^r, •

Eb proclamant cette maxime^ qu'il attribuait à la fols i Stint-M%thieii et à Camille Desmoulins : Usjfrtpàns s'èuls' craignent la iumiér$, BàSeuf ihbn trait à quel (legfé d'aadaoe il oserait élever Te toh de la discussion.

Son ^rihùn au Peûpté, rédo^ûté e't redoutable, àVjût cesse de paraître pendant sa détention à Arràs^ lOâii dès qa*il fut rentré à I^àrfs, il éii réprit la pûblicatiba pai* lé n*34. •

La tbhstttuttàtt de Vàn III; ttidéétét ^dblH Mites tes parties^ kWt itAplkéi^ là CbhstitèHbH Ué 1793^ centre iMk cbmité fih Ménléiit gtrbhdid dbavitiftit *ec q«i, ^^ qubrque rèndtfS pbbH4iifc> n'avait fermais éttf mÎM'.tin vl^ gueur, mais était restée l'idéA dtf ptiïplt, tt, à ûmpsà rérêtion, le cri de ràiliéhieht ^s pàtriotiesi

Cékt cètilè ^ÊoiostitutMi de l'ïia fil qtife Bâibéttf attaqua avec firttlésie âsitis sàh jùùtùetl, tii {hoposant 6ë lui subS'tittter, tom siinplenlèht^ celle de 1^93^ dbht tiéecstoirt^ mène tih aurait lélafgi lès hàs^.

Il disait qu'il fallait au Peuple français une Cottstitttlîdtl populaire et non un gaiiîi&ktfaikk ëk Diétàphysêqàfé;

Intdii^ulràt^Stràttbn, R rkppOklk [TYtiun, H, «59^ que la ptxx]^Mk ûcà AlBiéM id/AtûbA dèft Sèr«ba}i Wk^sAt {M

de Constitution^ et que de toutes les nations^ c'était « la plus juste et la plus heureuse. »

Il ne demandait pas tout à fait que la Frftnce n'eût point de Constitution, mais il en réclamait une de sa façon^ où presque tout fut pour le Peuple, sans cesse oublié^ aussi bien par les républicain» ou soi-disant tels, que par les moharchi&teè, pcétendus libérabx.

D4s çc moment^ on put constater que Babàûf prenait sa direction v^% ce que nqps fippelons de notre temps la

démocratie racUcale. . • % . n

Lé^eùxiême volume du 7>ffrun/car c*est ainsi que Babeuf a entendu diviser sa publication, se Compose des n^ 34 à 43^ formant ensemble 3o8 pages.

Le t^te de cette seconde série est compacte, indigeste à lire, tant les clignes, sont serrées et le caractère menu^ et de pluç iaoQrrect. ' , » '

'BaSeiilf s'en excuse en ces lerme$, à la fin àu.n^ 3 1 :

€ Dans Kobscuritéd'un caveau, à lalueur d'une sombre » lampe,, on est très désavantagéusement pour corriger ».^des épreuves^d'imjpressioh. Cet ôuvrage-ci a le sort des » numéros de Marat : ils étoient pleins de fautes typo- » graphiques. » ^ .

Le premier n* de la deuxième série {n^ 34 : 1 3 brumaire an IV), compo^çe^par cette fière déclaration :

« Le Tribut^ du Peuple est libre. Le gouvernement a eu la maladresse de le lâcher, il faut voir ju|fiu'oîi le conduira la suite de son imprudence. » ^ • -.

Mais U ajouta^en note : «Je ne p^rle ainsi que d'après les piobabiUjés, la presque évidence, ^ue le gouvernement conventionnel qui vient dp finir, et le gaujpernement législatif qui commçqce, c'est' tout un; puis(}ue les mêmes hommes, le même système, le même espri^ le dirigeUft. » »,

Il continuait ensuite de la sorte : ^ ^

' ^. Qu?ai-;)e dit, que j'étais libre ? Je ne le «uis pas. Je reste clequemuré. Je n'ai fait que change|r de prison. J'e-

ai qaitté une contrainte^ pour me condamner moi-même à en reprendre une volontaire. Celle-;^ je la crois bien gardée au dehors^ bien inaccessible aux approches des barbares. 9

Puis^ aiguisant de nouveau sa piume^ il se disait prêt à tenir tête, Achille nouveau^ — le mot est- prétentieux, *aux oppresseurs du peuple^ aux gouvernants.usurpatears, < au crime qui règne et qu'on laisse faire. »

< Ils n*ont point vu, les scélérats! », -r s'écrie Babeuf, en s'adressant au peuple» qu'il s'efforçait 4'éclairer, — € tout ce que ce titre de Titbun^ ce nom de Gracchus, et cène sublime devise : Le but de la Société est le bonheur commun I avaient de dangereux pour eux. Ils n*ont point vu que le téméraire qui s'entourdit de tels emblèmes était un homme à étouffer. > ■. *

Hélas I Babeuf, enfiévré à l'excès, croyait que tout un peuple se soulèverait pour lui; mais ses jours étaient comptés; et bientôt il allait voir qu'il suffisait de. bien peu , de«chose pour le réduire à néant, lui et ta faction*^ pourtant redoutable.

11 avait osé écrire que toul allait mal, que la livre de pain se vendait seize firdncs,- la livre de viaiide, vingt, francs, la livre de beurre, cinquante, le boisseau de pom«* mes de terre, soixante, la livre de €han4elle, quarante, la paire de souliers, deux cents francs, la portion .de drap pour faire un habita mille écus^ une corde de bois, quiaze cents livres;, il avait osé dire, avec la < masse du peuple » : nous étions de beaucoup mieux souç un Roi ; à ceu^ qui, . » au pouvoir» semblaient oublier leur origine, il avait osé rappeler < qu'une révolution politique comme la Révolu* tion française, est une guerre déclarée entre les patriciens et les plébéiens, entre le» riches et les piauvrès », et réclamer à tous un complément de réformes social/^s.

Oonc^ s'il n'était pas uff hoAne<langereuXy il était au moins un gêneur qui pouvait le devenir; tout indiquait, "^ dis lors^ que c'était lui qui devait disparaître. Les Roipains, 'disait Babeuf (page 88)^ ne cachoient

^mÊÊmmmmmaimmUÊÊÊÊitmmmÊiKatmatÊaÊmmmmaiÊ^mmmÊ^Ê^K^mÊÊmmam^ÊmmÊÊf^^K^K^ma^^^tmammm^ÊÊÊÊÊÊm^mamÊÊ^ÊmimÊÊÊmÊm^^

poîat qa*ils vooloi«ât des terres pour pouvoir Tint. Ils ne s'embarraMoient point des clameurs, des embûches et des soph4sffies des patricieris. On ne les taoit point avec cet imbécile axiome : Respect aux propriétés / Us savaient.y répondre par œt autre cri : Respect aux propriités respectables. »

Il disait encore :

€ Rome étoit en l'an 268 de son àre^ ce qu'est à peu près là France, IVin 4 delà République. Maisprécha-t-on alors Je dogme du silence et.de la patience^ delà prudence et de la constance ? Non. Cassius* Vescellinus se présente. 11 porte la main droite à la plaie. Quoique patricien^ c'est lui qui le premier propose la loi agraire. 11 e^ souverainement infuste^ s*écrie-t-il, que le peuple Romain^ si courageux^ et qui expose tous les jours sa vfê pour étendre les bornes de la République^ languisse dans une honteuse pauvreté^ pendant que le Sénat et les Patriciens jouissent seuls du fruit de ses conquêtes... Plébéiens ! ajoute-t-il, ^ il we tient qn^à vous de sortir tout â coup de la misère 0(1 ^ vous a réduits l'avarice des Patriciens. Ce discours fut ac* cueilli du peuple avec les pluêivifs transports. Il n'y eût que Pinfilme Appius^et ses suppôts (les Louvet, les Real et les Méhée de ce temps^là) qui traitèrent Cassius de royaliste3 comme tes Appius d^aujourd'hui me trakent. »

En eStt, Babeuf^ on le croirait à peinsi était accusé de coMpination royaliste^ lui qui avait fini par affirmer que ^ « tout homme qui est roi> sous quelque titre déguisé que ce soit^ mérite fa mort. »

Ce que voulait Babeuf^ et ce qU'irs'efforçaitde justifier, en entSBissant citations sur citations^ empruntées aux fastes de Rome^ c'était, en réalité^ proclamons-le Tranchement, que la fortune fut mieux répartie, et qu'il y eu t moins d'indigents. ^

Il aimait à répéter ce qui Tibérius Graccfaus, petit-fils de Scipion> l'un de ses modèles; avait dit ua jouir au Sénat de Rome :

< Les bétes SMivagesont des tannftres et des caverhès

(il7)

Mftirf»'

pour se retirer^ pendant que les citoyens de Rome ne troavent pas un toit ni une chaumière pour se mettre .à couvert des' injures du tems; et que, sans s^our fixe ni liabitation^ ils errent comme dé^ malheureux proscritSi dans le sein même de leur patrie. Oa nous appdle les >^ seigneurs et les maitres de l'univers'. Quels seigneurs I Quels maîtres I Vous à qui on n'a pas laissé seulement un pouce déterre qui pût au moins vous servir de sépulture. » Ses formules de prédilection étalent devenues oel)es-ci : •^ Pôup que l'état social soit perfectionné, il faut que ^ chacun ait assez et qu'aucyn n'ait trop {J.J. Rousu^u). Ce court passage, disait Babeuf^ est « Télixir du C^ntnai social. »

— Discourez* tant qu'il vous plpira «sur la meilleure forme du gouvernement; vous n'aarez rieo fait tant* que vous n'aurez point détruit les germes deia cupidité et de .^ l'ambition (Diderot).

— Lés malheureux sont les puissancesde la terre ; ils ont le droit de parler en maîtres aux gouvernements qui les^ négl&gcntXSaint^Just). • .

^ Surcharger Vopulence, soulager la misère, anéantir Tune avec le superflu daogereuade l'autre ; voilà tout le mystère de la Révolution {Tallinn).

^^ Loin de Regarder Tétat de céminunauté comme une chimère impraticable, il a'est pas «isé de concevoir com^mentJes hommes en sont vernis à établir celui des propriétés particulières (Mably). * * «

— Cbers amis ! l'égalité n'engendre point de guerre (Sol6n)i,

— Ne souffrez point quUl y ait lin malheureux, our un pauvre dans l'Eut (Saint^Just).

— Le but de la Société est le bonheur coaimun» (Dé^ claration des droits dé Phomme% par Robespierre, )i

— Le byt de la Révolution française est aussi le bon* heur commun {Prospectus du Tribun),

Michelet, dans son Histoire dih-XlX^ 5téc/e/ .'prétend (ju'avant les premiers mois de l'année 1794, on ne trouve

«ta

eiicuae meûtionde loi agraire dans les ^^ritfde Babeuf. ( L'éminent historien coautoet ici une grare enreur ; aotis àTOiu' étâUj, en effets ti'après des documenta nouveaux^qoe IHdée du fiabouYÎsttie ét|il ea germe ches le futur Tribun^ dès rige de aS ans.

Discutant cette loi agraire dont on a tant parl^ le journaliste rétolutionnàira Prudiiomme s'eirpriose ainsi : (i)

« Dans le fait, voici çt qu*était la loi Af^nire, léx Lici^ nia agtm'ia: L'an de Rome i^j; Ce[)iciiiius Stolon; riche plébéien bt tribun du peuple,, pour dédommager le pauvre deraristoctatifi des patridens^Qt paM»r ufielot qui ordonnait tpi^anc^inxitoyen âe poturiinit posséder plus de 5op arpeMs^ et qu'on distribuerait gratuitement ou qu'on afiferAiératc à un très bon pfix recédant de cette quantité de terres à ceiix d'entre les citoyens qui n'auraient pas de quei vivrez et qu'on leur coMéderait aumoios à chacdn septarpema. • • Et 'il ajoute: r

. «- La loiufgràire; .telle que Ten tendent des geùs qui n'oht rien, et que blesse la vue de ceux t^uiont qnclqab chose,- n'a jamais été réalisée et lie pouvait pas l'être ç tuie telle loi serait subversive de touHe société civile et '(ioUtiqne : un niireaU rigonceux pe pollrra jamais s'établit^ et Lycurgue en éuit convaiûca quand il pro^sa à aes oon^satriotes la commttnauté des bienr; t^était le -eeul moyen ^cecé pôuf p^rer à l'illégalité det fortunes ; mais oe qrs(£nie nefouvait convenir qu'à une Républiqitenassi circonscrite què^l'était Sparte, "p "

Mais il se. demandait quelle res^bûite il ratait aux grandes Républiques pour lutter avantageusemeat odnftfc i'ariatocratte dés riclies pire encore, disait^ih qôEfe celle des nobles et des prêtres^ parce quelle a pour base des aviàùtages plus solides.

PrudhoAiaie notait ^as favorible àui htxsàmpiU'aires, qui, «suivant hii^, < répugnent au régime* de la liberté », et pour les combattre il invoquait i'exemfrfè

(i) RévQlutiom d$ Parif (n* du i6 te«n 1793).

donné par les rots, qui presqw tons en avaient ésW|^ sans succès. . ....#..

Cet argument^ bn en xonviendra^ était pins .apéckoiK que solide; toutefois, il «répondait aiir seotiixienr <|e la partie riche et xncklérée de la nati>>n^ : qui, même, m (€fi temps-lÂ, nr^était nullement disposée à distribuer ses bietif aux pauvres. ' • '.>.,.-

La Ivtte entre h misère et la richiçsse était telle alorsi que la Convention Nationale, crânant il 'itre débordée, &it contrainte dé «déciéter {màm,' l'jgi)^ «.la .peine de » mort contre quiconque proposerait des Iqucriag^aicca^

> ou tontes futres^ subversives d^s j)roprié(és terriio»

> rîales, commerciales çt^ndi^tr^ellp^f^» , ^^ r^ ,,y . Cé^it.la consécration d^ cette sorte ,j^ei,.pri^ipfj d^

socie.tés ciyil^ ': 4,chacunle sien,; eC^Bsurère^ désolé, aç putj « avec beaucoup de- justifia », P^^Î?Ç ^^, reconiuiît Prud^mme, qu'çx|isUçr à^^la mbuoei §et|^ ^plainte qpe Recueilleront l^s Babouviste$ :.< En 4o(^naj^t apx j?rojpr|étair^ rasçuraçpe que leur^ prppriëtés seront respectées,

TACHEZ D%N ASSURER AUSSI A %.X HISÈRB.. It; - ^ ,

D|s ce Y>\x\. la Çotiveatipp |(j^écré|^, à 4*u|ianimité, q^^^îÇ. ^«Wisefaïy^^ des secours PVWiç^i'. ,

Ç'efjt R^r 1^, C9mme,le ditjçqcore P^ûdhomme, qu'a^uraitd4/Ç9nioi«ncerla Réyôi^t1(âqL;. ^ . •: . . .^

ép.effçfc Û ne fallajt .j)ffi;m;étVe |f U^ « p^ères detipailles^d^s Ij cas de 3^dirç^avecaçertume.: < Nous avons refjv^rséJe^ône^jq^ùc.pQija ç^ reyient-(l? « i^'çccuj^e^tHç^o de nous av|)c plus de, sollicitude aujour- € .d'bjLii,5jij'aui r^ois ? >

C'était aussi 1 opinion de Babeuf; et qpand il plaidait sî éloipëmmént la^cause du Peuple, des Sans-Cufottès, foisqa'il font ap^ter de ce nomrl6s4éguenilffis^.du jemps, tI rie fafsait (jiiè répéter, énêrgiquetnent ce mot, un ^tti *^ tardif, de Barrère : < Des secours aux mallîeurèux sont une dette pabîîqtié.-* ' ; ' ' . . ^

11 n'est peut-être pas inutile de rappeler ici; comme

' T I ■ lu

corollaire de ce qui ,yient d'être dit^ qu'en 1793, Charles jII^d'Espagne^ ayant demandé à la société d'économie publique de Madrid^ de faire une enquête sut les moyens d*aisurer la prospérité'du pays et de favoriser l'agriculture^ JovellatioSy membre de cette société, proposa une sorte de-loi agraire (t) qui atteignait ies grands pro* priétairesj sources de tout niai (i),aù profit des (léshérités de la nation. • '

\ Maison fut effrayé de ses théories 'radicales^ et bien qu'il eût présenté un tableau saisissant de la misère du royaume, on> n'osa publier alors que des extraits de son enquête im.partiale. ' t

La Révolution était fixité dians; Its esprits ; Babeuf la voulait dans les eAo5tfj« pour le bonheur du genre humain; il' récla^iait en conséquence V Egalité de fait entre les hommes. Et quand on lui demandait r Est-ce la loi agraire, que vous voulez? il répondait: Non, c^est plus que cela. « Nous savons quel invincible argument on aurait à nous y opposer. On nous dirait, avec raison^ que la loi agraire ne peut durer qu'un jour ; que, dàs le leqdemaîn de son établisseinéiit; l'inégalité se remoatreroit ». Et if ajoutait : 4:V Egalité de fait n'est pas une chimère. L'ensai pratique en fut heureusement entrepris par )e grand tribun Lycurgtie. On sait -comment il était parvenu à instituer ce sysfème admirable^ où les charges et avantages de là société étoient Clément répartis, où la suffisance étoit le partage imperdable de tous^ et où per* sonne ne pouvoit atteindre le superflu, ii

n fiut bien l'avouer,* ces généreuses utopies^ ces tenta-» tives courageuses, car il faut du courage pour lutter contre

' ( 0 JnJbnnAobré la Ley agrmria^. Publié hitégralement,' en iSso, et plus tard, p^ Candido Nocedal, (lans la Bibliothèque Riviulisneyra. (Madrid, ^i 8 58-1 859, in-4). *

. (2) Cette théorie nous fait aouvenir de ces mots jdits réceoiment dans un club de Paris : < S'il n'y avait pis de riches, il n'y aurait pas de pauvres.*

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l'oppresseur, ne peuvent guère se résumer qu'en ces mots^ toujours vrais :

Afmejf-pous les uns les autres /

Ne faites pas à autrui ce que ¥Oui ne vouirie:{'-pa$ qiÇon vous fit.

Le terrible n<» 35 du Tribun^ d'où nous avon^eztrait -ce qui précède, fut acrété, dans sa distributiçn, déserte que la moitié seulement, des exemplaires parvînt aux abonnés^ l'antre moitié, ayant, on ne sait comment, été se perdre en partie dans la distribution du Conseil des Cinq^Cenis. Mais Babeuf compléta ses abonnements par des envois supplémentaires.

Ce journal, dit-U dans son n® 36^ « donne taxit d'in^ quiétudes à l'autorité, il fixe tellament son atteAtion^ que tous les moyem de Tan/fanti^j^ d'emfécher d'être vues les grandes vérités qu'il contient, lui-lont égalemeht bons. »

A partir du d!^ 37, les abonnements, étaient reçus chez la citoyenne Langjet^ femme dé Babeuf, rue* du Faubourg-Honoré, au coin de celle dés Champs-Elysées^

A cette époque, Babeuf venait* d'être de nouveau emprisoûné; cette arrestj|tion se produisant dans un moment oh le gouvernement était très attaqué, pouvait §voif pour lui des conséquences funestes^ ^ parce que l'af rété du Directoire q^ui l'ordonnai^ prescrivait, en même temps une enquête, sur le faux don( il avait é(é accusé en . 1792; mais une décision du Jury 4'ACCttsation le rendit une fois encore à la libetté» f '

Alors parut le a"* 38 du Tripun. . , ..

Ce n* 38 contient une importante lettre^ de Bab^qf j^ Merlin^ ministre de la justice, qui'.avait ouvert le pso^ès de faux (1) en écriture, intenté autrefois à celui à qui six^ années de .vigoureux travaux révolutlonnairp;^ .(an| comme citoyen que comme fonctionnaire public avfiient ,

(i) £3 aoûr 1793, date de cette « atroce cotidasanatîbn. • ' ■' *

valij f Paçtive ç^pf<j^9n4pbai.ne^çs çoa^TA-ri^Yolptî^^ dé U'''Soinme. » Babeuf dit à Merlin que cq i\*eitQA'^ h^ qu'il attribue « ce dernier tour de.passe e,t qpn f^u l^ircctwre, quicstacgiblé, surchargé de^. la inultit^de4^.^pdcs alaires d'unie grande République malade de tqidt^.pç^ita, >

H lui disait encore : •

< On se ressouvient de vos exploits au Nord et au Pasde^alais^ dans ks beaux jour» de là réaction...

« Que àîtt de cette transhtioh de douze terroristes exilés de Pariis? Que dire de. leur translation, par votre ordre, du Fort de Scarpe dans l^espôce dé glacière ou fosse ^oubliettes de l'ancien Parlement de Flandres à Douai, où non-seulement vous les condamnâtes au pain, à l'eau, àla paille ^pourrie, à TM^scurité la plus affreuse^ à. l'horreuf d'exister pendant plusieurs mois dans ce lieu souterrain dont 4e plancher étoit couvert d'u# pied d'eaux croupilsantes* et infiDctes/mais oti ils restèrent plitsieurs journKesiie suite sans manger...

'à Pourquoi à, Alrras, entr'au très lieux, les citoyens Nayet et fi<klchefr géfnlssent-ils encore dans la prison dite des Baudets.... »

' En province et à Paris, les honnêtes gens, c'est-à-dire les réactionnaires du temps, a*aciensr républicains révolatibnnaires/ traitaient Gracchus tteibeuf d'incendiaire et d^attarchislk ; mais lui et les siens considéraient ces épxtli)ète^,ncomme adtailt de « couronnes civiques» et, aveuglés par le nombre croissant des* prosélytes qu'ifs luisaient, semblaleqt ae pas «redouter « les Claudius App'ius i» du jour, qui, {>ourtaQt, les guettaient éhin œiltrés vigilant*

. Babeuf, oéîCnmoin&ne se faisait pas ilh^sion sûr le sort qtti lui était réserve.

'Qué'de^monde, disâitMl, bientôt Va éO'e impliqué dans le procès çomfaïençé contre Lebois et contre moi ! Que de pâftHans é\i « système d'Ôter à celui qui à /rqp* pour donner À 'celui 4tiî n'a rien^ » vont être éprouvas !l (i). '

(i) Tribun4i^I'piif/0^^\^^jg/^ it^{i<k^^li\à^f!^.^

He « tiibmphe de la Liberté » et le< boolieur oomumo » est ce qti'a rtré Babeuf.

Castucienz intrigants, comme tt les opp^Ue^ répoçs». daient à sa fbnmtle poKttque par cstle approbsuâpn mici^ gée : 4 Qae tti dis mai Babeuf; que tu «s- raison ; mais que ton évangHe est inezécutablie. » Maâi^Babeuf, tpujoufa inébranlable d|uis sa foi et daai son aumur idu Peuple» leht répliqttait (it) : « Quoi, là Nature a donné aii^ifidî- ^dusde chaqtie espèce Vantarwux, IjbS' mènes moyens do bonheur, et ^anio^l appela homme^ sesajt la seule eapteft qui cobtrarkraitk NMtïfe. » « ■ .

Et il ajmtiifit :

< C'est'-à-dire qoe toote riotrtligfsice dont la Nature fiôQs a ddoéi, et-que nous prisons bien aiurdesstfs ^ aetts de tons les autlVè aflitnaux/ ne peotHieus oondum k étnf ffûSsi sages qtlVM et à orf|liniser lui mode qui ^pipScbe que dès gourmands prt nnem la part de k majorité dq tÎN^Qpèdu. CTest^hdife^ que cette »a)oriti est condamnée â "Avtt matb^reaseèt affamée; et que, le bonheur ^Beti N^ure avait destiné pour tous est éqJîfs^A jamais iper Pamorité supérieure de la minorité!» . . *

Dans le Pas-de-rCalais^ mémeySi réfractaiiie an socia» lhm<s, Babeuf tf ou VH des •diftcipiiis ; les E^mtxd$ i'79a(2) lui enfbyèrenT leur adhésioUi aîn^i que J. D. DjcschaiBps, dont Popinidu y^ai; prévalu .dans la ^ociitijfof utaice.de Sàtnt'Omer, le f6 pniirial«n II. Ils- nepaéëlsseot. avec Bii, au '{ourdu danger, en 4PentAse4Ui-4. ^ ^

Le^ÔouVèmcmem/eankffiil dojyite, awaiclai^répandieii pit>AlSton el gmtuitement; Ams <les - dépfurteçpedia, oui '< faut n^40, 9^ qiÂ^id'apr4s4e que-dîcBdbettf êsiaiûes.de ^n n* 40 du Tribun^ a<tak.« é«^ iakriqué de 4siaai|fci>à faire 4>len abjtofr^i^^ Veon 4io« erses-priiicipes^ '«

(1) Il annonçait aussi jqu'il allait « ^bprer, dans le silenée? te f4an Ueiééeétf^ii tte «e |j^^e>jbeurpux. • .

On avait eu soia' aussi de publier que c'était lai qui faisait les frais éQormes de son ample . distribution^ de façon à < opérer la conviction > qu*il était « largemeat soudoyé par un puissant parti conspirateur. »

Les numéros qui suivent sont consacrés, comme les précédentSj à développer avec* talent et conviction^ la doctrine de Babeuf en faveur de VJEgalité.réelte.

Toujours et partout cette doctrine est résumée par ces formulestrès simples^ essentiellement honnêtes, qui résument son corps de doctrine- :

ÔTSa à, CELUI QUI À TROP, POUR DONMfeR ▲ CBLyi QUI n'a RIEN. LE BUT DK LA^SOCIÉTÉ EST ^E BONHEUR COMKAJN. .

Cest en un mot Tapplicatiop de ce que dix ans auparàvant, Babeuf, jeune ^Commissaire à terrier, avait exprimé dans ses lettrei à Dubois de Fgsseon.

Mais, modifiant son opinion .d'autrefois sur .Robespierre, tiui avait dit k 17 pluyiôse an II : « Nous voulant un or dre^de choses t ou la Patrie assurs ts BiBN*tTRS os ChAQUB INDIVIDU, ct OU chaquB individu jouisse avec or^ gueil de la prospérité et de la gloire de la Patrie^ » il s'écriera enfin, inspiré pat le patriotisjne et le^ désir de voir triompher sa doctrine :

€ Danton aimait là République à la façon du boucher .Legendre, son intime ami* Illa voulait pour mettre leaté» volutionnairesÀ la place des prince^ et gros seigneurs; pour donner le Rincy à Merlin de Thionville et Comtat-Mes^ saline au susdit boucher. Nous valons^ bien d'Artois et d'Orlétfns^*disoi,ent, d'après leur maître, ces scélérat^ eotre eux. Oui, répétait constamment Danton, ^ chacun son tour. La Révolution est pour ceux qui l'ont faite. Il faut que ks révolutiontiiiresi» prennent la place de ceux qu'ils ont culbutés; que, comme eux, iiseient«lç l'or, du bien, des terires, des palais^ dç belles courtisanes et tous les plaisirs réunis 1 » . ^ . .:

Urne de Robespierre I — . aiécrie encore Babeuf^ — cendres chéries! raoimez-vous et deign^ confoodiie les plats diflamateurs. Mais non^ méprisez-les^ demeurez

paisibles, restes précieux 1 Tout le Peuple français^ dont vous ayez voulu le bonheur et pour lequel votre seul génie avait fsiit plus que personne^ tout le Peuple français se lève.pour vous venger.

« Et vous, pamph)|ftaires, apprenez mieux à respecter la mémoire d'un -sage, d'un ami du genre humain, d'un grand législateur, et abstenez-vous d'injurier pelui que la postérité vénérera ! »

Les i6 et 17 pluviôse an IV (février 1796), le Directoire qpi décidément voulait se débarras$er de Babeuf^ fit arrêter safemme(i)etsesdeu^ enfants par de la Maignière, juge de paix de la sectioi\ des Champs-Elysées. Babeuf raconte dans son Tribun (II, 263-5) les détails de cet « atroce attentat ». Sa femme^ « cette grande conspiratrice^ qui ne sait hi lire ni écrire »> fut interrogée et envoyée le 17 au soir, à la prison de la Petite-Force, avec un mandat motivé sur prévention de complicité de conS' piration contre le Gouvernement.

C'était la ruine de Babeuf et de son journal. Aussi prenait-il soin, par une note du 5 ventôse an IV, plaeée à la fin du n« 40^ d^informer les abonnés que « son bureau de souscriptions était mis en déroute par le bon vouloir » du Gouvernement; il les priait de ne plus lui envoyer au n^ 29 du* faubourg* Honoré « ni lettres^ ni argent», qui tomberaient aux .mains des souteneurs de la République.

Si Babeuf, ainsi qu'il le déclare^ avait repoussé les offres des hommes du jour, il avait accepté celles des Sans- Culottes, et c'est avec leufs « derniers gnenilloos >,dont-il disposait en toute liberté^ jqu'il répandait partout son journal, afin d« les délivrer dé < l'horrible joug » qui les tuait. • . . •

A Paris, l'impression et la distribution du Tribun pouvaient avoir Ûeu ; maitél fallait* user de « mille moyens

^im^

(i) S» femme Kit arrachée à « deu9 jeunes enfisnts • dont Tun était • très malade. » Les Patriotes du club du Fanthé9n se cotisèrent pour subvenir aux besoins âe cette femms dans^la prison.

de contrebande jt pwtr le faire pàrimur diiis tes àépéHt^ mentir

Dune tous k^ ces^ Babeuf mdûfdait le may^û' iâ ce

procurer encore le Tribun ; c'était de 9^adrei!^r à* P&fie à

on Patriote qudcon^e de.92 («X (pii étaient trôs nom-

^ breux^ et il recommandait de ne psm^ les confondre «^noc

ceux de 89, qui. étaient les «outenéors 4a gourernedieiit.

Le n<> 41 se <:ompose d'une Adresse 'du Tridun du Peuple à l'armée (Soldats^ dans une République, etc.)jiet d'une Adresse des' Patriotes étArras au Consett des Cinq-Cents, sur la nécessité de subvenir aux pressenti besoins des parents des défenseurs de la Pttrié.

Le n^ 42 est et>mme le suivant imprimé en caractères plus gros et qui ne fatiguentpas.-la vue. Il renferme unseul article intitulé : Un mot pressant aux Patriotes^^ C'est Un appel à la prudence. 4 Le .lorrent Àt l'énergie ne peut plus être arrêté *par. aucune digtie»! mais il fautveiller.» il ne faut pas tomber dans le piège tendu par les émissaires des «Tallieny des Legendfe, des Barras. Jamais* dit-^ilt . < il ne sera, rien fait de grand et de digne du Peuple que par If Peuple eroti îl n'y aura que lui > ; il ne ^ut donc pas qu'il aille chercher ailleurs ses libérateurs. Et il se dé^ clare prêt 4 marcher yers une victoire sûrè^ il le Jour du Peuple^ à la suite et sous Tunique direction des booimes du Peuple^ lorsqu'ils lui marqueront ce jour heureux. .9

C'est rap^l^ non d^uisé; cette fois, à la fl^wlte^ au renversementduiDîreotoircf. f-

Nous voîei krri^és au 43«^t deJ-rilèr nûmérfa dii TVitik tlu Peuple, H va deJ pagéè 297 à 3oà ; il est Saté de Pariî le 5 {laréalao IV, et on le vefid toujours çheij la citofeone L)inglèt.

(On -y avait «fors di8cr«dit complet sur los'assiffiiftU et cherté eatiesslve'des denrées. • . •

raït, pour la réception des abonnements, à la fin du nt 42 du Yribum.

Ce nqméro d^s9e tooK lesautiM en énefgte.

C'est une belle page d'histoire, la plus belle peuti^tre qu*ait écrite Bi^ufk

Le Tribun y commepU) la pioclaznation du Dtrectoke ttl9s lois ultramartiâles et extraordinairement. pénales, des %7 et 28,g^nniaal4 contre les groupes^ lesl attmupe*nv^nts, leâ discours^ lesécril;^ les affiche^, les auteurs^ les imprimeurs) les colporteurt, les avilisseuride la Conatit^* tÎQii de95 et les apologistes de celle de ^i^

« Tout est consommé, $'éçriert«il'. La Teneur oontre le

> Peuple est i l'ordre du )our. Il n'est plus permis de.

> perler; il n'estipiMs permis de lire ; il n'est plus pecmis. ».depenatf||

n 11 n'est plus permis de dire que Ton aouA'e ; il n'ose >. plufrpermis de répéter que nous viyons sou$Je règne dest

> plus affreux tysips/> * .

Babeuf avéit csison ; les enrichis des dépouilles des

princes^ triomphaient : c'était la fin de là Réirolution. ' Barras avait acqjrâ die belles seigneuries^ Meclin de Thîonville possédait les^ châteaux et l'immense terre du Raiacy^ et donnait 3oo,ooo francs par mois à sa courtisane; Tallien avait f^it une'brillante alliance arec k cour d'Espagne ; Fréron* avait épousé la sœur de Bonaparte ; Legeadre enitredenayt à grand frab le Gomtat l!

Tout ce moôi^ jadis républicain, né pensait plus au Peuple, si même il y avait quelque fois pensé, c -

C'est aux grosriehes, a\it fameux, praptriétair^s, aux puissants voleurs^ qu'ils Adressaient^ désormais, lêurs^ proclamations/ • «

Corxmie si le Peuple, à son to'^ri «^ pouvait pas taire un APÇEL au grand non^.breni,-^'eL^ ^^ «^ot, Iriser ce qui existait, i- r • .• - •

c -Mert^celui-qu^dira vertft^lementf ^^e •«* <*«« Oiam^ bits V)rit composées *dg tyrais, 'dç'royaKiU^s. ^ de contre- Révolutionnaires;' et" qu'ea conséquence, çi^ Chambi;eSj méritent d'être dissout^. „

» Mort à celui qui énoncera la même opinion sur le Directoire I

». Mort à celui qui écrira une telle opinion 1-

» Mort à celui qui Timprimerm 1 »

Eh bien! oui, Babeuf prophétisait. Tout cela il l'avait dit, il l'avait écrit ; donc il devait mourir et il mourra parce que luij républicain austère, (Convaincu, ihébranlable, n'a pas voulu ployer i'échine devant les nouveaux parvenus. Pour être resté républicain, quand d'autres s'inclinaient devant un régime nouveau qui était la négation de la .Révolution^ il sera' meurtri^ vilipendé^ décrété d'accusation^ condamné, et exécuté sans pdtié; et ce Peuple pour qui il avait sué sang, et eau^ ^ou|||||eU il avait X compromis son avenir^ dont il avait rêvé le bonheur ptrfait, ce Pea)>le, dis-je^ impuissant à le défendre et à le sauver, sera non moins impuissant ft.leiivenger.

Et Babeuf, qui, lorsqu'il sondait Tavenir, devinait bien que la liberté de la Presse pouvait seule sauver la Révolution^ en sera réduit, à la dernière ligne de son redoutable journal (i), à jeter aux échos ce. cri encore vibrant, mais impuissant aussi à conjurer l'orage qui de toute part s'amoncelait sur lui : ' ^ •

< Peuple I sois tranquille !• Nous briserons toutes les » chaînes pour t'empécher de mourir victime de ceux qui » te torturent, te dépouillent et favilissQpt depuis vingt » mois. » . '

La République des *Riches (%), prophétisée par Babeuf, était maiiresse désormais des destinées de la nation. • Quelques fêtes encore, quelques victoires^ ef il n'allait

(i) Babeuf voulant tourner la loi relative aux écrits péri93iques déclare que le Tribun du Peuple a'est pas un journal, dans le sens de ce mot, puisqufil ns' )}arait patf à époque«fize. Ses écrits, 4iuil encore sont de% mémoires critiques et historiques surja Révolution. Us méritent bien- ctf titre, ^'eifet, et'on tes*consultera toujours avec proHt. • ' • • ..-•».

(2} Le Tribun du Peuple, n«36, page 126*.

plus être question ni du Peuple, à qui on avait tant promis, ni de la Révolution, qui avait tout dévoré.

De nouvelles castes, enrichies des dépouilles des anciennes, se lèveront, insolentes comme leurs devancières^ et oublieront dans un luxe tapageur la jbassesse de leur origine, essentiellement plébéienue.

Quant à la fraction du Peuple, q^ui lors de la Révolution était trop pauvre pour s'enrichir, même de quelques lopins de terre, elle continuera à végéter, à porter des ha^ bits troués, à manquer de linge, à gémir dans des taudis que les Kfuscadins du nouveau régime n'iront pas visiter.

De sorte qu'en tous points la prophétie de Gracchus Babeuf sera réalisée.

La Révolution n'aura pas profité au vrai . Peuple, au Peuple des faubourgs'et au Peuplé des campagnes.

Il n*y aura eu qu'un déplacement de^'numéfaire au seul profit des Bourgeois et des Éduq'ués ; et tout, sera à recommetlcer encore, une fois*

Mais il faudrait un homme pour recommencer l'immense entreprise de }a\égânératiop de tout un Peuple, et Babeuf ne sera plus là pour l'éclairer^ pour le guider^ pour lui assurer cette victoire qu'il avait entrevue, et ce bonheur commun qui avait été le rêve de son existence, et vers lequel, par d'autres moyens qui découlent aussi d^ la Révolntiop, nous nous acheminons insensiblement de jour en jour.

Nous voici acffvés avec le no.43 du Tribun du Peuple^

à la limite extrême de la carrière politique de Gracchus

Babeuf.

* Il nous &ut maintenant revenir un peu sur nos pas^

pour reprendre, chronologiquement, certains autres détails

intéresssants d^ s% vie et de sa doetrine^

L'action publique de Babeuf, en cçtte année décisive

pour lui, s'exerçait, non-seulement dans le Tribun^ mais encore dans VEclaireur du Peuple, auti'e journal, aussi haut en couleur, qu'il avait fondé le 1 2 vêntôte an I V et

rti*>i

qlii dàràju^li'aû 8 Bdréal Suivant, c'est-i-dite [usqii'â l'époque de ion arrektatitm.

Les bibliographes de là Pk^se ons attribue éë fèarhal lés uns à Bâbeùfy les àuti'es à Duplày. Nous sëmmes en mesure d'affirmer qu'il est, au moins en grande partie de Babeuf, ayant retrouvé lès Brouillons des articles^ joints t des exemplaires^ dans ses papiers.

U eollabôrait même à différentes Feuilles àhiies^ et entretenait ùhe volumineuse correspbnSancè dvéc séiJrèrèSf les Égaux des départements.

Les relations dé Babeuf avec le- Pas-de-Calais dataient de sa jeunesse ; il y était retourné, mais 'cette fois pour y faire huit mois de détention, en 1794. Il n'y a donc pas lieu d'être surpris du grand nombre, d'adhérents qu^il fit dans cette région, où l'on se spu venait encore de ses placards et de ses chansons, .si franchement révolutiannafres.

Le Tribun dji Peïiple avait d^ abonnés â.Arras; il y était reçu^ notammçnt dans là familTé des Lebon^ Là, aussi', on rencontrait des f^aujc. Informés des embarras financiers dé Babeuf, lés Égaux S^Arf as se cotisèrent et Itii a^elsérent la lettre ci-cfprès :

ÊÈS ÉGAUX D'ARRAS à leur TRIBUN.

Arrais, 25 pluviôse, an IV de b R<(publiqii^.

Frèrb,

' Ndtisàdmrtieé ïàsdiiiMaés'bdôiils $ie iÀ (^^prodves, èifïsique ta fothifle; c^t pourquoi nou^ \v(fiii i^sold unanimement de faire parmi nous une collecte pAtrioti* qnë, « de ftn'atfreèfc? Ih rtiontàîAt ; tti rfôuVe^a's fii cbn- ^ckfnee cf-jo?At iv265 livrés^j^ecois-fei^dë tesfrère^.Tods nos Sans-Culottes y ont cèntribùéavec^lé^ ne leui-doiidè pàsle désespctfr d'un rèfui!.:.' Continué' i débiter. les m^^apMitWAMPàtriciàt, àm€iitetséflî[iné; èUenépéùit tftttf t'àsëûfrér d^ )51us éti phx^ restimé étlk tecont^aissancè des nbnlbipeui et Infortunée plébéiens. ...

(tgi)

Mk

Nôtisn 'avons pas reçu ton n° 39; mais noof l'avons lu ! Iba cdûra^ I mon amî,et la I^atrieét là Liberté sont encore Mût fois sauvées.

Salut démocratique. ï. Cres... {Cresson).

On trouve parmi les pièces tnkpriméoy du procès 4e Babeuf, tocâe VI I , celles ci-après r .

1^ Lettre de Léandrt Lebon ^frèi^ de Joseph Ltfbon) à Babeiïf^ datée d'Arras^ le 16 ventôse, «n lV.<tt hii'doAn^ l'alre^ae de sa bette-sc^r : Elisabeth RtffÊtMr Lëbùn^ ek€% la eUojrenne veapè Régnier, sa mère, Mbergltiè aufmuebom'giTHesdm^àSaint^PoL Eo >P.-S., ponsiplimeatB d'^Ei^iiie Régnier^ d'Angëliqu^'Règtiièf Lébon>^ feoBinie de .Léandre. Et en marge ces lignes : W Banfôdr, » brso^e Babeuf. Les £yâiijr t'embrassent akisi que mol^

2<> Lettfe des citoyens d* Arras (soussignés) aui membres do Directoire exécutif, en* date du 10 ventôde an IV, pottr réclamer une pnnittén contre LèmaigAHïe qUi s^était pcMé conire k femiiie de Babeuf àdes excès qui outragent Phanianicé, làîustica et la Gonstiturij^ v

Voki en outre un document dé la dHie épo^ftie, tité des papifls> de Babeuf» qui est d^tne grande importance pour rhistoire révolutiôhnaire des villes d* Arras et de Bétfaune. C'est Une plainte contre les àtiteurs d'écrits rojrâfistes. -

fiétnUtie, le 37 pluviôse, 4* ànn^ Rëput>licainé.

Le Commis f^ire, du fiire^oire exécul\f près Vadmin -nistration municipale de ta commî^ie de ÈtikUn^,

A Padministration-municipmle de la commune.

Cà il^est pas sans incïignatiôii et sans s^ rappeler des îbàvèbifs aéchlrans, que le commissaire du Directoire êxfc'ùtif i^rès l^d'ministrâtion municipale àe la commune de Bétbune a vu se reproduire à ses^eux dès écrits sortis deé tCLSilii^âc rimposturë et de la ' scélératesse |.d^s écrits oliié pMriotism^ traîné dans labou^, acijusé par les amis tfès rdis/ètàît dëpciiit avec dès couleurs qui appartiennent

aux êtres impurs qui les avoient créés, qui méditoient la ruine de la République et qui savoient bien ne pouvoir y parvenir qu*en assassinant ou faîsaat assassiner moralement ceux qui depuis le commencement de la révolution^ avoient été ses plus fermes appuis. La révolution du g thermidor coounençoit à peine à faire sentir ses funestes effets^ que déjà toutes les presses étb ient employées pour multiplier les calomniei que La malveillance se plaisoit à répandre contre ceux qui avoient été patriotes. L'énergie, comme l^lpsouciance, étoient attaquées par elle; tout tdllboit sous ses coups ; de U les défiances^ les craintes, la pusillanimité^ les haines et la réaction. Un gouverne* ment qui marchoit vers la contre-révolution, n'eut aucune peine d'attachçr à son char tous ceux qui sous le gouvernement révolutionnaire/ n'avoient eu du patriotisme que le masque : on divisa les patriotes,* on intimida les uns/par des menaces d'incarcémtioh, e( trop souvent la peine suivoit la menace, et des intérêts particuliers égarèrent les aiitres : c'est alors qu'on mit en usage cette maxime des tyrans, consacrée dans la politique de Ma- ' chiavel : dhiser mmt régner. Chaque patriote se croyoit en sûreté en s'is<nR d« son frère ; on les prit tous séparément, et tous succombèrent; des écrits measongers et fallacieulioondèrent le public; le public, toujours avide et souveht méchant,se rassasiaade ces rapsodies. Bientôt la fausseté eût les apparences de la vérité, et les vésitables amis du Peuple ne futent plus que des anthropophages, des voleurs, des délapidatèurs de la fortune publique, qu'il falloit éloigner de U société, et livrer au glaive de la' loi. ^ . . • •

Plusieurs de ces écrits lui sont tombés dans les mains, et entre autres ceux qui ont pour titré : Cri des hahitpins de Béthune ; Atrocités commises à ArraSy et la Censure Républica ine, par Gufiroy .

Considérant que ses écrits ne peuv/ent que continue^ à tenirle Peuple égaré sur le compte de ceux qui ont chaudement soutenu la^ République, et qui la cimenteroîent

encore de leur sang^ à' faine regarder tomàlë Mbinthi!i ât sang teà lÀartyrs dé la liberté^ à perpétuer le^ divisions entré les citoyens^ et à etnpëcher uheiéùniôn sincèîTe entfe tous fes liàbitati^ de cette cdmbHiHe :

Requiert radmitfistlratSbamcihitipaléde là conimunèdie Béthuûe dé les faire bAiler) afid qùé le aouvenir de sembhbles ouvragée soit poù^ toujours i1hit€j et tfuHi tfe puisM d&orttoais apporter aucun ôMt^cle à cb que Von MX tous et à jatnaîs réunis, t

Signé : Dujarbin. *

Sur le réquisitoire ci-dessus; Padnfinistration municipale» considérant que tous ces écrits ne tendent qu'à perpétuer la haine et la division parmi les citoyens de cette commune, qui devroient se réunir et ne former qu'un peuple de frères, arrête que ces écrits dont s*agit seront brûlés publiquemeiu au devant du perron de la maison commune, le 2 ventôse prochain^ deux heures de relevée après«inidi. ^ - >

En séance, le premier v^tôsHS, an IV de la République.

Signé : Ca'r^kAtibr, président, etc.

Mais c'est la ville de «Saint-Omer qui 8em)>Ie avoir a fourni à Babeuf le plus fort contingent d'adhérents, pour ses tentatives insurrectionnelles. De là sortirent, en effet» TaCfoureau, Cochet, Fonteniei|[||ont nous avons parlé déjà, et d'autres qui apparaissent, à diverses époques, dans sa correspondance.

Lorsque Cochet, Tua d'eux, sera pris dans la mêlée qui va suivre» il écrira (i) de la maison d'arrêt du dépôt de la Conciergerie de Paris, le i5 prairiaf an IV (5 juin 1796) à sa femnte, marchande, rue de la Victoire, à St-Omer :

« J'ai été arrêté le la;... j'ai été interrogé Ijier ;... on me demanda si je n'avais pas été président du comité ré« volutionnaire de St-Omer. Ma réponse . fut oui, puisque

(i) Débats. Tome III, p. 578-58^.

^f ■!■■■ ■■ mm^m^éimÊ»<m^mmm^mmmm-m^

pensée, -non déguisée, de renverser le Directoire et de fonder la République des Egaux ^ un soir, Darthé y ayant donné lecture d'un a^ du Tribun^ ou les Directeurs et certains Députés étaient attaqués vivement, la clôture de la Société du Panthéon fut oi'donnée^ le 9 ventôse an IV (29 février 1796), par le Directoire et exécutée par ie gé« néral Bonaparte en personne.

Disééos^ mtSû ût^n^abéatkis; Ifes ch«Ar dr ta dOiivelle Société se constituêrtni^ (germinal an fV — mars 1796), eii cdmit2 secret, sjpus le nom de Directoire secret.

La iX)Iice> tenue en éveil par la publication clandeatine du TVi^i/n avait. fait arrêter la'feaflRn<| ilc Babeuf et ses eofiânts (mars 1796)^ espérant obtenir, par ce mç^yea. d'intimidation des révélations sur ce qui se tramait contre le Gouvernement; maii les séaUCbs des'Panthéonistes demeurèrent secrètes, malgré les craintes^ les appréhensions Içs leriîeurs ^de certains . membre^, dont Tatûtiide semblait iu.stidar ce motrdéJ.-J. Rousseau 1 que « l'homaie oscille^ sans cessêj de réaction en réactio^i »

£ngerWaal aà IV (avril 1796)^ le Directoire secret Lança dans le public un écrit intitulé : X>oit'On obéissance à la Constitution de 17^3 ? qui ré^ndit pjiçmi les citpyàis « des doutes nuisibles à la sûreté et i la tranquillité publi(]^ues. » . .

D'autres écrits ou placards séditieux^» furent en outre distribués^ ^ un très grand nombre d'ei^Aiplaires^ et attiièrei^ l'afteotion du Gouvernement sur ce qiie plus tard Taccu^tion appellera le Comité insurrecteur.

Ters le milieu d'avpl 1796, le Manifeste des Egaux jeta i'inqt^iétude dans. la population et le ,GK>uvemeaiçnt.

L'importance ^exceptionnelle, de ce* document nous oblige, bien qu'il soit connu, à le reproduire ici en enûec. Un l'a souvexu attribué à Babeuf; mais il est incontesmblâment, de Sylyayi Mjtréchal. Buona^oU nous ap^p^xt^d même que ic Directoire secret n'en permit jamais li^ju)r biication, parce, qja'il n'e^ approuvait pistous leatc^mesi lUHamment ces. mots ■: « Périssent les arts, », etc.

MANÏFÈSTE DES EGAUX.

ÇoNDORCET (Tabteau de respnt Qi^main.)

PnwLB mr Funkcb )

Pendant quinze siècles tu as vécu esclave, et par wo^' séqueni' maUietireilf • I>»puis sk aniiéés tu wî^irasi à peitfe, %t« fMtente de l'MMpeiKtaâd; du iMidièii» etdii* l'igaUté. . . i

UEoAi.nréf prémiei^ vted de la^ nsituiti i p»0ui0r baséin de Phomme^ et pf iiiéipel aceitod de tMce asMciatioa^légt** tinte! PeuitfrdéVMiicél fun^âs pM élépluafa)9Mitfd4U<^

les autres nations qui végètent sur le* globe itftbPtKUiÉ-i> Toujours et Mrr&ut la pituvre espèce huiftainfe, Hrréa k des anthropophages ^us ou niehïs adntoivs, servit de* jouet à tOQtes Ihi atftb^ionè, dé pâture â toutes lès tyraKintei; Ibttjours et partotlt en befça les hooMilaf de bdles pih* roW» :')amaBi et nulle part ils n'ont obtenu- la dieM â^«f€^ le mot. fie temps itnmétûorfd on* nous répdee tt^ee h^po^ ciide : les hommes séHiSégûu»; et de temps «iâltt^ifté^ riài k plus avilissante comme la phis ndHiAMfusé idiS^fité pèse insofléthment stirle (renre humain. DepuïS-qu'îly' a des Sociétés dviles, le plus bel apanage de rbomsuer étff sans oontradfictron recoàni^, maïs n''apu encore se fœllsiïP une seule -fois : l'égalité-ne ftit autre (^lose qti^alie^bélM m^ tt)§HKf fictfbn et la loi. Aujén/dliui qu/eUéest i«!)aiinée d'une vorr plirtibftc, on noe* report* : Tafeési-Vaû», mi^ sérables ! L'égalité de âiit n'est qù'iml' ifhknêre i éon^ ttatez-nrôos de Kégalité condîtiëAi!ifeU& : voua étëa ^ttk devant ilé loi. Canaille, que tie faut-il de ^us ? ItiHlnour flmt derplttr? LégMateûf^, gotrvortMMis^.rftihtf Ptçpriétaires^ écputez'à votre tour.

Nous sommes tous égauz^ n'est-ce pas ? Ce principe de- "Wii^in«osfC8té,paPi»qnl'i moina d'eue atteint de fiDlîe» ^tl u^ saurait dire sériëusSment qu'il fait nuit quand "St

Eh bien ! nous prétendons désormak vivre et mom^

^aux comme nous tommes oés^ nous voulons T^lité réelle ou la mort, voilà ce qu'il noéis faiit.

Et nous Taurons cette ^alit4 rébUe^ n'importe à quel prix. Malheur à ceux que nous rencontrerons antre elle et nous 1 Malheur à qui feroit réaîaCance à- un v^oeu aussi

prononcé! * '

La Révolution française . n'est qif :. T/avant-cqcirrière d'une autre. révolution 'bien plus grande^ bien plus âolen* nelle^ et qui sera la dernière.

;Le 'Peuptcta- marché sur le. corps aux rois et aux prêtres coalisés contre lui : il en ^i^ de m4me aux nouveaux tyrans, aux nouveaux tartuffe •fpplifiqpes' assis à la place \ des anciens. . ' . j

. Ce qOi'il QQus faut de^plus quQ l'égalité détroits ?

Il nous faut non pas seulement cef te igatité transcrite dans la déclaration des Droits de f Homme et du Citojrettf nous la Voulons au milieu de no|is, sous le toit de Qos maisoas. Nous consentons à tout pçur elle» A faire table rase pour nous en teai%à elle seule. Périssent^ s'il le fiiut, tous les arts, j^urvu qu'il nous rieste l'égalité réelle i

Législateurs et gouvernans qui p'avez pas plus de génie que de bonne foi, propriétaires riches et saffse^tiailles, en vain ^sayez-vous de neutraliser^ notre sainte entrepytf en disant :.Ils ne font que reproduire cette loi agraWe demandée pins d'une fois avant eux. .

^Calomniateurs^ taisez-vous à votre tour, et. dam le silence <ie la conftisiaa^ écoules nos prétentions dictées par la nature et basé^ sur la^justice.^

Laioi agraire, ou le partage des campagnes (i), fut. le VCBU ipsdintané d6 quelques soldats sans principes^ de quefa|ues peuplades muçs par leurnnstinct. p^tôt que par

(i) Entre ceux, naturellement, qui les habitent; mais la question (iprtent plus délicate quand il s'agir du partage des villes. Alors les difficultés surgissent de toute part, sans solution raisonnable possible. On sait, néanmoins, ce que de nos jours, la ligne agraire, 4 psio^ cèlnffiencéç, a d^à produit an IHande. --V^ A.

h raison. Noos tendons à quelque chose de plus sublime, e^de plus équitable, le bibn ccfnuvH, ou là comcuNAirri Ms biens! (i). Plus de propriété individuelle des terres : la terr0 n^est à personne^ Nous réclamons, nous wulons la jouissance communale des fruits de la terre : Usjruits sont à tout le monde.

Noua dédaioils ne pouvçir «souffrir davantage que la très-grande majorité des hommes travaille et sue au service et pour le bon plaisir de Fextréme minorité.

. Assez et trop Icnigtensps moins d'un million d'individus dispose de ce qui appartient à pliis de vingt-milliofis de leurs semblables, de Iturs égaux.

Qu'il cesse enfin, ce grand scandale que nos neveux ne ' voudront pas croire I Oisparoissez enfin, révoltantes dis«tinctions de riches et de pauvres, de grahdset de petits, de maîtres .et de valets, de gouvernans et de gouvernés.

Qu'il ae soit plUs d'autre différence parmi les -hommes que celle de Tâge et du sexe. Puisque tous ont lef mteies besoins et les mêmes familles, qu'il n'y ait donc plus pour eux qu'âne seule éducation, une seule nourriture Us se contentent d'un «eul soMl etTM'un même air pour tous : pourquoi la même portion et la même qîialité d'arimens Mit suffiraient-elles -pas à chacun d'eux ? '

^ Mais déjà les ennemis d'un ordre de choses le plus naturel qu'on inisse inaugurer, déclameH contre nous.

fiésoi^nisatettrs ef factieux, nous diseht-Ils, voua ne voulez que dt% massacres <et du butifi.

Pst/ft^B DB Fbamgb, ' ' ^

Nous ne perdrons pastibtre tem|>s à leur répondre; mais nous te dirons : la sainte entreprise que'nous organisons n'ad'atitre but qiie da^m^tre un terme au;c dissentions civiles et â la misère publique. ' Jamais plus vaste dessein n'a été conçu et mis à exécu-

(i) Iciy le réformateur nage ^o pletne faiit|i8ie; il sor^ de la réalité, lui qui rappelle si orgueilleusement les autres à la vérité. U est phis sage, plus pratique, dans tes- paragraphes suivants.-^ V. A.

(aoa)

tvm. De ïw ea lois quelques hominos de gimiù, quelqaes sugcAj en oat parlé d*ufie voix basse 'et tremblante. Auaw dieux A'a eu le courage de dife*la vérité loutç eatîène.

Le «lomeiit des grandes mesures «est arrivé» Le oial est à «m cpmble ; Ucouvce la b^t de la terre. Le cfaaos^ eous le nom de politique, y règne depuis trop de siècka. Q.iie tottt^eptre dans Tordre ist reprenne sa pkee. A la. voix de r^alité^sque les éléinens de la jastice et du bonheur s'organisent. L'iastaot est venu de fonder la* RéPUBUQus DBS Egaux, ce srand hospice ouvert A tous les homases. L^s jours de la restitution gén^r«le sont arrivés. Paoûlles gémissantes, venez vous asseoir à iaJDsble pombiune dnssée par la nature peur toiji^ $es en fonts.

PaUPLB DB FfUNCB,

La pbis pure de toutes les gloires f étoit donc réservée ! Ottij c'est toi ,qui le premier dois offrir au monde. ce touchant spoct^cle.

D'anciennes habitudes, d'antiques préventions^ voudront de nouveau faire pbstacle à rétablisseiitent de la RiPUiBLKqB P^$ So4|jx. L'organisation de Tégalité réelle, la seu}e qui répondra 4t tons les be^i^s, «ans faire de victîmèBj sans CKXûter de sacrifices, ne pUira peut être point 4'abord à tout le monde. «L'égoïste^ l'ambitieux fié^ naîra de ri^ge. Ceux qui po^s^dent injustemenjt crieront à rinîusti^e. # . \ M

J<^saacQi ^sdusives^ les plaisin aoilitatrea, les aiaanoes personnelles^ causeront.de vifs r^rets à .<iuelques iodi«^ vidas blasés èur les peines d'autruiMLes amaots du pouvoir absolu» Ifs vîU suppôts de Tau^f rite arbitraire, ploieront avec peine leurs cbefisuperbef sous le nlveaui de l'égaUté réffle; leur vue coufte pénétrera 'df^ficilement 4ins le prochain avenir du bonheur coyimua; mais quefpouvtot qiielq^esmiUiersde mécqatentscontre une naisse d'hommes tous heureux, et surpris d'avoir cherché si loiig*temps une félicitSS qu'ils avoient sous la- main.

Dès le lendemain de cette véritable Révolution, ils se d^ofit tout étonnés : Çh quçi .l 'te bqnheur commnn lennit

à si peu ? Nous fi'aTion» qu'à le voiflbir. Abl poorqadt ne

avons-nous ^as voulu plutôt ? Fallait-il iiohc nous le faire dire tant de fois ? Ouij^ans doute ; un seul homme sur la terre, plus résdlu, plus puissant qu^ ses semfelablesj que ses égaux, l'équilibre est rotapu : le crime et le malheur sont sur la terre. ^, Pbuple db France^

A quel signe dois-tuidonc reconnaître désormais l'excellence d'une Constitution?... Celle, qui toute entière repose sur l'égalité db fait est la'seule qui pbisse te convenir et satisfaire à tous tes vœux.

Les chartes aristocratiques de 1791 et de 1795 rivoient tes fers au lieu de les briser. Celle de 179} étoit un grand pas de foi t vers l'égalité réelle ; on n'en avoît pas encore approché de si près ; mais eU^ ne touchoit pas encore le but et n'aboitioit point lé bonheur commun, dont pourtant elle consacroit solennellement le grand principe, Psupi^B DE France,

Ouvre les yeux et ton cœur à la plénitude de la'félicité.

Reconnois et proclame ave/: nous la République des

Egaux.

VoiUr donc le fameux Manifeste des Egaux qu'on ëevait répandre dans Paris et qui fut le prétexte, sinon la cause, de la condamnation de Gracchus Babeuf. Eh I bien^ nous ledtHiaadons aux hommes de bcfnne foi : Que {>efisent*ils de cette conceptâotT mAaphysique, à phrà^s triviales et prétentieuses, sans portée politique sérieuse^ à laqueWé on n'aurait dû attacher qu'une médiociré importance, purâqa'en réalité elle n'avait eu et tie i^Uvait avoir aucutie >r influence sur i'esprît public ? Lorsqu'à la distance de près d'uB siècle, on reljt ce document^ dont beaucoup paflent sans PaYoir vu, on est presque tenté d'avouer qu'il est, dausfsoa ensemble, à l'hônoeur des fiabouvistes, car, du milieu des divagations dont il est rempli, il s*exhale un tal amour de l'humanité que le bien ré^^, entrevn, désiré poi les sociaIîste»5 tait excuser l'âjM^é de I# forme, la

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violence des expressions et jusqu'aux moyens préconisée^ moyens irrésl^abies^ au reste^ dans un pays aussi vaste et aussi populeux que^ le nôtre, ^

^u siirplus'^ on conçoit que des républicains de piincipef se soient révoltés d,ja pensée que le Directoire songeait à rétablir la Royauté, ce qui^ ppur eux, épieurs par excellence, résultait des agissements et des déclarations des uns et de^utres» et de cette réponse destinée à semer l'effroij faite par Isnard à une députationde la Commune de Paris : Le fMf^^gtur étonné cherchera sur les Iforis de la Seine Pendroit ûù aura existé Paris.

En d'autres termes, Babeuf et ses disciples peasaient qu'un acte de violence pouvait seVl sauver la République» qu^ils savaient menacée par ceux mêmes qui l'avaient faite et qui, efifrayés de ses ^cès, voulaient.à tout prix enrayer la Révolution et ramener la sécurité dans les esprits. •

Malgré tout, nousdoutons qoe les* termes de ce Manifeste, répudié pour partie par fiabeuf, fussent de nature à grouper des adhérents au Babouvisme, car il semblait impossible qu'une population, aussi jalouse de sa liberté, que le Ait en totit temps fil population de Paris, consentit à aliéner cette liberté aU profit d'un système de communisme qui ^e répondait ni aux nécessités du moment, ni aux tendances sociales de la natiolî française.

Mais il renfermait quelques dispositions qui semblaient de nature 'à satisfaire la cupidité des unft, le patriotisme des autres^ notamment lorsqu'il disait :

« Nous déclarons ne pouyoir soufifrir davantage que la très grande majorité dés hommo^ travaille et sue au service et pour le bon plaisir de l'eitrême minorité. »

« Tous ont les mêmes facultés, les m 4mes besoins. »

En ce temps-là, les plus grands esprit» eux-mêmes s'égaraient facilemenflà la recherche'd'un idéal; on tâtonnait, on cherchait sa voie ;ala' vraie formule des revendications sociales n'était pas encore trouvée, et les réformateurs les plu^ clairvoyants juraient cru n*être pas éçDOtés« s'ils

avivaient cité à tout propos Platon. Thqpaas Morus^ Jean Bodin, Morelly et vingt autres/

Entraînés par d^ardantes convictions, par un immense amour de Fhamanité^ ils se noyaient tous dans des déclamations creuses et stériles^ qui enleviieni à leur système ceqa*il pouvait avoir de véritablement pratique.

Il appartenait à TArole des économistes du XIX* siècle^ de trouvera peu près la formule du bien-être relatif que tout homme a le droit de réclamer de la société au milieu de laquelle il vit; mais si^ autrefois, tout était réve^ de nos jours tout est par trop mathématique y et si Ton veut slacheminer définitivement*vers ce bonheur commun entrevu parles philosophes et les socialistes, dont nous venons de citer les noms, il famt allfr au-^elà cj|,e8 doctrines économiques de ctuz dç nos contemporains^ qui, par trop prudents, les ont renfermées dans une formule en quelque sorte algébrique, qui clôt tout progrès.

Sylvain Maréchal fit, en outre, ppur les Babouvistes la chanson ci-après :

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