DÉCLARATION PARTICUUÈRB DB BABEUF
Vendôme^ aS Pluviôse.
Indépendamment de la déclaration commune que j*ai signée avec tous mes frères qui souffrent ici pour la plus belle des causes, je dois à leur vertu outragée, je dois à Tauguste vérité, je dois à tous les républicains, je me dois à moi-même, de faire une déclaration particulière, et de fulminer un nouvel anathème contre les deux notes abominables insérées dans le Rédacteur officiel du 22 pluviôse.
Tant que la tourbe des folliculaires vendus aux ennemis du Peuple se contenta de me diffamer individuellement ; tant qu'elle se borna> depuis près de dix mois, au soin de créer cent romans tous contradictoires, uniformes dans le seul point de vue de se surpasser pour me peindre chacun sous des traits plus odieux, j'ai gardé un silence bien paisible, très convaincu que le temps, par moi ou mes amis, me vengerait des injustices de tous les pervers. Hé I déjà nous avons vu le burin de l'impartialité devancer le jugement de nos œuvres, et consigner notre justification dans ses annales impérissables.
Mais quand la perfidie, qui continue de me poursuivre^
^'attache en même temps â mes co-vioûmcs, mon impartiaUté m'abandonne, et je n ai plus la force d'opposer ceUe d'inertie aux infilmes détracteurs des principes purs et 4c leurs dignes soutiens.
Je ne suis pas plus chef (Pun parti dans la prison de Vendôme, que, malgré toutes les fables débitées, je ne le &)s ailleurs. Je n'ai jamais été que l'égal de tous mes frères, dans le parti des ardents disciples de la chérissable Démocratie. Ce parti n'a point de chef. Tous concourrent, avec un même aèle, au tri omphe de la sainte Egalité, tous font profession des plus sublimes vertus ; oubli 4c soi, amour de tous, désintéressement, courage;, mépris de la mort, haine profonde contre tous les oppresseurs et leurs suppôts^ mille fois plus méprisables.
Cochon, l'un de ces derniers, fait imprimer que/tfvoiierai tout. Qu'entend-il par là ! Lui et ses amis ont d^à publié il y a longtemps que j'avais tout avoué. Peut être Mt-ils raison. Us l'ont indubita^blement s'ils entendent par ces deux mots ce que j'entends. Mes interrogatoires sont publics ; on peut y voir tout ce que j'ai avoué : que je détestais ^traordinairement les tyrans et les esclave», la servitude et les iniques doçiinateurs ; que j'adorais la Démocratie, l'Egalité sainte ; que j'avais toujours été prêt à iaonaacrer ma vie pour la Liberté^ pour k ^oahevr de la masse de mes semblables, et pour faire que tous ceux qui ks jugulent soient confondus ; que je croyais qw tous les vrais républicains, tous les hommes purs avaient les mêmes sentiments et qu'ils étaient généralement mes complices. Je n*en ai jamais dit, je n'en dirai jamaif davan^ge, et je conviens avec le ministre Cochon que o^ peut bi^a 4tre ^auer tout. Aii^i^ il a pu seifoit conçtam* ment raison, et quand il a dit une premiàce fois %ae l'avais umt ^v0^^ et loraqu'il a x^pt^ ^ne j'o^om^^^i tr^coT^ tout.
Si cependant je devais établi^ i<4 h f^iipppsîtion <tui d'autres aveux me restassent à faijre^ «jue ceux <pài nf raient defnetti4s ^s^^'içi 4^s me bien connaître, et qui sff^n
capables d'être nbusés par les msindatiohs d'ab syicophante aussi méprisable que le Ministre de la Police; que ceox-là, dis-je^ se rassurent. Je proteste qu'il a touîottrs été dans ma pensée de m'estitnef heureux d'aborder seul lelroc tarpéien^ si^ absolument^ il fallait ici un holocauste aux persécuteurs de la Démocratie. Que Cochon, Ministre des Rois, troure cela impossible, il n'appartient pas au chef de tous nos modernes Iscariottes et au bourreau des républicains de connaître leurs vertus et d'y croire. Lorsqu'un jour il sera appelé pour rendre cotnptt de toutes les feintes conspirations dont il les a accusés, après les avoir tramées lui-même pour se créer des prétextes d'ordonner leur massacre; lorsqu'en même temps il faudra qu'il s*explique sur la participation réelle aux . véritables complots royaux qui servaient si bien de pendant à ces premières trahisons, devenues le comble de l'atrocité, il conviendra exclusivement à son rôle et à son caractère de lâche et d'astucieux, d'éloigner^ par tous les moyens possibles, l'instant du jugement, de multiplier les incidents^ les entraves^ de simuler la maladie^ d'éterniser les discours. On découvre bien son but de prévoyance en parlant de tout cela le premier. Il a voulu disposer toutes choses de manière que dans le débat qui va s'ouvrir, tout développement utile soit vu d'avance sous l'infaYorable coulteur de discours éiernei; toute observation légale sous le mauvais rapport dUncideni et d'entrave, conslsiUé par la culpabilité qui cherche soa salut par des détours ; et jusqu'à l'accident trop naturel d'une indisposition^ comme un faux-fuyani encore pour gagner du temps. Mais on doit supposer et espérer que le haut*jury ne se trouvera pas composé de dociles écoliers du royal Ministre, et qu'il n'entendra rien à ses inspirations de ne point permettre que les kccvlU^ discourent, incidentent et soient mdades.
Dieu garde ce brave homme de la Commission militaire établie pour la conjuration de Louis XVIII !
G. Babbuf.
Le i6 pluviôse^ Cbazal disait au Conseil des Cinq-» Cents :
« Il n'est plus possible de nier qu'il y a en France des royalistes qui conspirent sous couleur anarchique. Cette vérité ne sera pas perdue pour le Gouvernement^ ni pour nous^ ni pour cette grande comniune (Paris), trop facile à égarer. On ne dira plus que le royalisme n'est pas le complice du coupable Babeuf : ce fut lui qui précipita les fnrieux de Grenelle, comme il ameuta les affamés de Ger-* minai et de Prairial. »
V Ami des Loix, du i3 pluviôse^ s'exprimait ainsi, (i) sur les fiactions qui tentaient de renverser le Gouvernement :
« Nous avons dans le temps^ dévoilé les projets atroces de Babeuf; nous avons porté la lumière dans ce dédale de crimes et d'atrocités ; nous aurons le même courage dans les circonstances oti nous sommes. On parle d'une faction d*Orléanistes ; qu'on la poursuive, qu'on la juge. Il ne &ut faire grâce à aucune faction, pas plus à celle de Babeuf qu'à celle d'Orléans. Ceux qui la ménagent et qui en parlent sans cess^, sont, à coup sûr des charlatans^ ou les complices de ce parti. Nous ne sommes plus dupes des soupçons semés à dessein sur les Amis de la Liberté et de la vérité. Nous voulons des faits précis. Les mbnacis sont INUTILES : frappez^ mais n'accusez pas. Si vous êtes trop faibles, nous vous aiderons. On ne tue pas une faction AVEC DES PRRASfts compassées et perfidement jetées dans des rapports mensongers. On attaque une faction corps à corps^ et avec le glaive de la loi. Poursuivez les toutes. Nettoyez UNE bonne fois LE SOL DE LA RÉPUBLIQUE, et que
chaque mois ne voie plus naître des complots nouveaux qui retardent la marche du Gouvernement et qui rendent le Peuple incrédule sur toutes les conspirations qu'on lui annonce. Avec vos demi-mesures, vos ménagements
(i)Nous reproduisons en capitales les parties saillant^ de cet article. /
homicides, vous perpétuez les troubles et les Anxiétés de la Nation française. »
Ce journaliste, on le voit^ avait, à un haut degré^ cette férocité qu'il reprochait, si lestement, aux Babouvistes.
Il ajoutait dans ce même numéro :
« On dit que le Gouvernement, redoutant également les partisans de Babeuf et du Royalisme, les a accueillis tour à tour, pour mieux les écraser ensuite. Il les a mis en mesure, dit-ov, de manifester leurs desseins pervers» pour épouvanter leurs sectateurs par une punition terri* ^ble ; il A mis de la chalbur dans l.i poursuite de Babeuf ET IL A BIEN FAIT : Babeuf EST UN scéL^RAT. Que le Gouvernement agisse donc avec une égale activité contre les royalistes. Nous ne voulons pas plus de Babeuf que du fils de d'Orléans, pas plus du fils de d*Orléans que du frère de Capet. Aucun de ces usurpateurs ne nous ferait grâce;
et, LORSQUE NOUS AVONS UN GOUVERNEMENT LÉGITIME, nOUS
ne voulons pas d'usurpateurs. Nous les poursuivrons tous, soit qu'ils nous parlent «au nom de V Egalité et du Bon-heur commun^ soit qu'ils nous parlent au nom du sceptre et de la tiare. >
Le comble du despotisme était atteint par ces dernières lignes; elle montrent bien qu'il n'y avait aucune réforme sérieuse à espérer des gens au pouvoir, et que la violence, seule, était alors la loi de tous.
Le même journaliste disait encore le 24 pluviôse : « Le but de chaque parti est le Gouvernement d'un seul . Babeuf, s'il fut parvenu à renverser le Directoire, s'en serait appliqué la puissance sous le nom de premier Tribun ; il eût fait égorger ses coopérateurs et ses rivaux qu'il détestait. Ce rusé coquin voulait régner seul sur des cadavres.»
Nous touchons ici au terme de la frénésie politique.
Le 22 pluviôse, VAmi du Peuple annonçait cette nouvcUc:
< La citoyenne Babeuf, cette infortunée mère, trop longtemps victime du malheur et des persécutions de son
époux, vient d'accoucher d*un républicain, cbtz des patriotes généreux qui lui ont administré les soins qu'exige sa déplorable situation. La voilà donc mère de trois enfants, sans ressource, et son époux dans les fers ! O Patrie ! O Liberté I O Vertu f... Vous devez nous être bien chères puisqu'il faut passer par d'aussi fortes épreuves, et faire tant de sensibles sacrifices pour vous posséder... »
Le Courrier républicain, du 24 pluviôse, renfernae ces sages paroles : *
« Les plus vastes plans de conspiration ne sont susceptibles de réussite qu'autant qu'ils sont appuyés sur une foule de petits moyens qui paraissent méprisables, mais qui sont indispensables. Une faut pas croire que les grands événements de la Révolution aient été le résultat de profondes combinaisons. On cesserait bientôt d'admirer le succès de telle journée fameuse, si on suivait la trame qui Ta amenée. Ouvrez les pièces de Babeuf, rien de plus misérable. Une suite de petites intrigués, plus pitoyables les unes que les autres, des chansons insipides pour la populace, des promesses ridicules, des éloges absurdes pour le soldat; le son d'une cloche, des branches d'arbres pour amuser les enfants : voilà les grandes conceptions de Babeuf; voilà ki profondies combifiaisonv qai eussent cepea^ dant été suivies de succès si elles eussent eu un comtnencernent d'exécution. »
Enfin, le Père Duàhesne répétait chaque jour cet avis :
« Egalement opposés au royalismb et à l'ANiURCHiE, aux fureurs ultra-réyolutionnaires du Tribun Ghacchus et aux fureurs contre^révolutionnairesde TAccusatrur Serizy,oa ne nxws verra point nous parer des livrées d'un parti, des couleurs d'une faction. Hommes boas» mais faciles à égarer, c'est pour vous que nous écrivons. »
Ces écrits pous mènent jusqu'à Touverture des débats.
1796 et 1797 — Constitution d^ la Haute^Cour à Vendômt* — Les Juges et les Jurés. — Leur imtallation solennelle. — Les accusés et leurs défenseurs. — Le traître GriseL — Débats du Procès. — Plaidoyers des Accusateurs nationaux. — Défense générale de Babeuf. — Prononcé du Jugement — Exécution de Babeuf et de Darthé, — Exil ou acquittement des autres accusés.
Vendôme était^ avons-nous dit^ le lieu choisi pour Tius* traction du procès des Babouvistes. On y avait réuni des forces considérables et l'accès de cette ville fut défendu à dis lieues à la ronde. Tant que la Haute^oury siégea, on ne put y aller sans une permission du Directoire.
La Haute*Cour de justice se composait de Juges et de Haut* Jurés.
Le Président de la Haute-Cour, Gandon, était assisté de quatre juges, les citoyens Coffinhal, Pajon^ Moreau et Audier-Massillon, dedeux juges suppléants^ les citoyens Lalonde et Ladève^ et de deux accusateurs nationaux, Bailly et VieiUart.
Les hauts-jurés étaient au nombre de vingt-quatre, dont quatre adjoints et quatre suppléants.
Le sort des accusés devant dépendre de kurs appréciations, la défense se préoccupa de connaître la moralité de chacun d'eux. Voici, d après une note des papiers de Babeufy les noms de ces hauts-jurés, leur qualité, leur département d'origine^ et les renseignements recueillis à leur égaf d :
haut- jury db la hautb-cour (l) Jurés titulaires.
Rey Pailhade, président du tribunal du District (Hérault). ^ Il a un peu les formes d'un homme à la mode, mais il est républicain et d'une probité sévère. (Montpellier, n« 5).
Queyroult aîné, commissaire près le tribunal du District. (Haute- Vienne). — Républicain, sur la liste des bons.
Marien Le Clerc (Creuse). — Républicain.
Caquet (Eure-et- Loire). — On le dit honnête homme^ ne tenant à aucun parti. (Chartres, n« 2.)
Duffau (Jean), électeur (Gers). — Excellent patriote. II aime le peuple autant qu'il en est aimé. (Montréal^ n^ 3.)
Curial, président du tribunal criminel (Montblanc). — Magistrat laborieux, éclairé, impartial, bon ami, bon voisin, excellent père d'une famille dévouée au Gouvernement républicain. — Il a été nommé haut-juré pour l'écarter des autres places. (N® 17.)
Le comte du Authieux (Orne). — Républicain. Sur la liste renseignements particuliers.
Le Prévost, administrateur du District (Eure). — Patriote. Beau-frère de défunt Duroy. (N* 4.)
Hyvert-la-BruchoUerie, laboureur (Manche). — Brave homme. Cherbourg.
Dulau-du-Barrat, ex-administrateur (Les Landes). A gagné à la Révolution. Navareîns.
Biauzat, (de Clermont, Puy-de-Dôme). — Il a épousé la sœur de Couthon. Républicain.
Rivière de Sariac (Hautes- Pyrénées). — Des renseignements à prendre. Navareins, département des Basses- Pyrénées.
La Chaise (Oise). — Aucun renseignement.
Pajot (Pierre- Marie), président du District (Mont -Terrible). — Républicain. Sur la liste des bons.
(0 Cette liste diffère de celle impriméç à l'ouverture des débits.
Baudin (Joseph), électeur (Var). — Connu en 1789 par ses exactions, du produit desquelles il avait fait construire une maison que le Peuple démolit le 23 mars, même aDDée. A enlevé de leurs foyers, à mains armées, plusieurs patriotes qu'il a fait conduire au fort Jean, où ils ont été ^oi^és. — Prévenu d'avoir dirigé les assassinats d'une foule de républicains errants dans les bois, pour se soustraire à la tyrannie des proconsuls qui ordonnèrent sous main leur massacre, en Tan IV. — Détenu au fort Lamalgua le 33 messidor dernier; on attendait TorganisatioD du tribunal criminel pour l'y traduire (Toulon, n? 26,)
Capus (Joseph), (Bouches--du-Rbône), — Porté sur la liste des émigrés en l'an II. Certificat du bureau central de Marseille; royaliste. (Marseille, n^ 28.)
Adjoints.
Verneilh^ juge du District (Dordogne). — Républicain.
BenQÎst(Pierre),jugedudistrict(Côte-d'Or).-'Présiclent du tribunal criminel pendant la réaction. Il a protégé les patriotes proscrits, et exposé sa vie pour garantir celle du citoyen Vallée des Prignards, attaqué par les compagnons de Jésus. (Dijon, n** 7.)
Dubois (Michel-Casimir). (Sarthe).— Patriote, digne de confiance. Zélé républicain. .
Nevac (J.^Baptiste). (Charente-Inférieure). Royaliste- Deux de ses fils ont émigré dans la Vendée.
Suppliants.
Borrcldat, père (Aude). — Républicain.
Moyner d'IUe (Pyrénées-Orientales). — Excellent.
Bourg La Prade (Lot-et-Garonne). — Aucun renseignement.
Delpouve, homme de loi (Pas-de-Calais). — Royaliste : incarcéré comme suspect à l'approche de Tennemi. Sans caractère. (Arras, n* 20.)
Cochon de l'Apparent, ministre de la police générale, suivait les débats.
Real, avocat, défendait les accusés, assisté de plusieurs
déietiseurs;, officieux comme Idi^ dont iH>iti les noms : Ballyer, ]5ère et fils, Catherînet, leûume, Laffeuterie et Mottird.
Le 14 vendéiQiaire an V (5 octobre 1796)^ les pouvoirs publics installèrent fat Haute^our^ avec une solennité qui montrait bien l'importance que le DrrecCoire attachait à rissue du procès.
Voici une relation authentique de cette cérémonie :
< Les autorités constituées de Vendôme se sont rendues au sein de l'administration municipale, où eHes ont été averties par la force année de se rendre chez \t Président de la Haute'K^our^ elles ont défilé entre deux baies de troupes, et se sont rendues à la demeure du Président où elles ont trouvé les membres du tribunal rassemblés. Le cortège s'e^t de suite mis en marche dans l'ordre qui suit : un corps de cavalerie; un corps de pompiers ; lea commissaires de police; le juge de paix^ ses assesseurs, son greffier et tes huissiers; le Président du Tribunal de police correctionnelle; le commissaire du Directoire exécutif près le Tribunal ; le greffier et les huissiers du Tribunal ; les Commissaires des guerres; te jury d'instruction près l'école centrale ; TadministFation municipale; le commissaire du Directoire exécutif; le s^rétaire en chef des adjoints; les huissiers de la Haute-Cour et gardes-barre; les membres composant la Haute-Cour de justice; accusateurs^ nationaux; greffier en chef et adjoints.
« L'administration municipale était entourée d'un cordon de garde nationale sédentaire de Vendôme ; les juges de la Haute-Cour d'un cordon de gendarmerie. La marche était terminée par un corps de cavalerie.
< Le cortège s'est avancé, dans cet ordre, par la place Saint-Martin, est arrivé à la place d'armes, d'où au Palais de Justice ; toutes les rues étaient bordées de la force armée.
€ L'intérieur et l'extérieur du Palais de Justice étaient garnis des gens armés, sous les ordres et par les soins du général Lestrange et de son adjudant-général Duvemay.
« Le bon ordre étiiit maintenu dans l'intérieur de la ville par le commandant de la place, le citoyen Gheber, qui avait eu la précaution de porter différents renforts dans plilsieurs quartiers^ de manière à ce qu'il n'y ait aucune crainte à avoir sur la bonne police qui devait exister dans ce jour à jamais solennel pour notre Patrie. »
A l'arrivée de la Haute-Cour sur la place d'armes une salve d'artillerie se fit entendre. Les € tonnerres républi-cains » annoncèrent « au coupable le jour de la vengeance nationale, à l'innocent la chute prochaine de set chaînes. »
On ouvrit, à son approche^la salle provisoire des séances, qkii se remplit à l'instant. Nous y avons vu, dit le narrateur, dont nous suivons ici le récit (i)^ «le sexe aimable qui fait le bonheur de la vie, l'embellir par sa présence. »
Les juges et les autorités constituées, prirent place sur les sièges qui leur avaient été préparés. Puis les accusateurs nationnaux requirent la lecture du décret du Corps législatif qui ordonnait la formation de la Haute-Cour ft Vendôme^ de la loi du 26 thermidor, concernant Forganisation de cette Haute-Cour, de celle du 14 messidor, qui déterminait la manière de procédé au jugement des individus prévenus de complicité avec un accusé traduit devant elle, Fenregistrement de ces divers actes et de ceux du Tribunal de cassation des 34 et 25 thermidor, par lesquels il avait été procédé à la nomination des Juges de la Haute-Cour et des accusateurs ; — ce qui fut exécuté par le greffier en chef, le citoyen Jalbertj qui^ admb au serment usité, voua « haine éternelle à la royauté. »
L'accusateur Vieillart, s^efforça de démontrer, d'après Portalis(2)^ que de tels juges formaient une véritable représentation nationale judiciaire.
Gandon, Président de la Haute-Cour, déclara que ses Membres entraient avec fermeté dans la carrière qui
{i) Journal des séances de la Haute^Cour (par Morard). (9j Hgipprt dfis Anciens. Séance du 19 thermidor.
s'ouvrait devant eux, et qu'ils sauraient la fournir avec courage.
Bailly^ autre Accusateur national, exposa ensuite que plusieurs des détenus avaient décliné la juridiction de la Haute-Cour et demandé leur renvoi devant leurs juges naturels; le tribunal remit au 19 (lo octobre, vieux style) ^ sa délibération sur ce points et prononça la levée de la séance.
Le cortège se remit alors en marche dans lemémeordre, au bruit de l'artillerie de la place d'armes.
Plusieurs détenus ( Amar^ Vadier^ Laignelot, Germain, Babeuf^ Buonarroti, Darthé, etc.), ayant appris que la Haute-Cour devait le 19 vendémiaire an 5, prononcer sur leur déclinatoire^ sans les admettre à son audience^ et qu'ils ne pourraient plaider cet incident que par des défenseurs officieux^ adressèrent au Président une protestation pour être entendus.
Drouet, représentant du Peuple^ avait été accusé, par la majorité du Corps législatif, dC avoir participé à la cons^ piration, dénoncée par les Messages du Directoire exécutif des 21, 23^ 25 et 26 âoréalan lY^ dirigée contre la sûreté intérieure de la République et tendante à renverser la Constitution et anéantir lis autorités par e lie établies(i) mais il était parvenu à s*évader.
B&beuf et soixante-trois accusés des mêmes faits par les jurys spéciaux de Paris^ Rochefort, Cherbourg et Montreuil-sur-Mer, furent traduits^ avec ce représentant^ devant la Haute-Cour de justice.
Le nombre des accusés s'élevait à soixante^inq; dixhuit firent défaut.
Parmi les accusés présents^ au nombre de quarantesept^ se trouvaient : ,
Gracchus Babœuf (son nom est ainsi orthographié dans les volumes du procès), homme de lettres ;
(i) procès-verbal du Conseil des Cinq-Cents, du lôthennidor an VI
Jetn-Baptiste Buonarrotij musicien^ éditeurj qui aéra Phistoriograpbe de la conjuration ;
Jean-Baptiste Cazin ;
François-Norbert-Daniel Cochet^ de Saînt-Omer;
Augustin-Alexandre Darthé(deSaint-Pol), âgé de Soans, ci-devant employé dans les bureaux de l'ancienne agence de commerce en Belgique^ et ex-membre de l'administration du département du Pas-de-Calais ;
Jean-Baptiste Didier;
Cbarles-Antoine-Guillaume Germain^ natif de Narbonne, âgé de 25 ans^ lieutenant d'hussards^ destitué ;
Gouillard, administrateur de la commune de Narbonnc;
Joseph-François Laignelot, homme de lettres^ exmembre de la Convention, âgé de 27 ans ;
Théodore Lamberté, imprimeur ;
Grégoire Nayez, coiffeur à Montreuil-sur-Mer^ âgé de 27 ans ;
Polycarpe Potofeux^ de Laon^ âgé de 25 ans^ homme debij condisciple de Robespierre;
Louis Taffoureau, de St-Omer^ âgé de 29 ans, &bricant
de bas; Eustache- Louis-Joseph Toulotte^ de St-Omer^ âgé de
22 ans.
Pais venaient : Amar^ Antonelle^ Blondeau, Boudin, Breton et femme Breton^Clercx^ Cordas^ Crespin^ Drouin, Dufour^ J)uplay (Jacques -Maurice) et Duplay (Maurice), Ficquet, Fion, Fossard, Lambert et sa femme, Lamberti (Théodore), Lapierre (Marie-Sophie), chansonnière de la conjuration, femme Martin, Massard^ Monard (M"**)^ unte de Sophie Lapierre, Morel^ Moroy, Mugnier, Philips^ (1) Pillé, Rayebois^ Ricord, Roy, Thierry, Vadier et Vergne, tous inconnus, on le voit, et qui disparaîtront de la scène politique après le procès.
(i) L^orthographe de plusieurs de ces noms virie dans ks pièces du procès.
Georges Grisel, d'Abbeville, (0 4^^ ^^t le traître de la eoBspivftion^ figorail oéceisaireiiiMt panai Ipg témoins essentiels .
Les contvimax étaient : Jean- Baptiste Droust, représentant du peuple^ Robert Lindet, Félix LepeUetier^ fiaude^ Joseph Bodson^ Bonin, Qirétiea^ Cordebar, Ficquetj Guilbem» Joirry, Menessier, Monard (loaeph), Moanier,Parrsin, Reys et Rossignol, ex-^énéraL
Les débats s'ouvrirent le 2 ventôse an V (20 février 1797)1 ^^ durèrent plus de trois mois.
A peine commencés^ des patriotes de Vendôme tentèrent de faire évader Babeuf; leurs efiforts ne servirent qu'à augmenter contre lui la haine de ses ennemis.
Nous allons maintenant assister aux luttes athlétiq ues de ce mémorable procès.
Le soin scrupuleux que nous avons mis à rapporter exactement^ mais fort en abrégé, les paroles des uns et des autres, nous est un sûr garant que cette partie de notre travail aura au moins le mérite de f impartialité.
Les premières séances furent consacrées à l'accusation et à réclamer l'exclusion du traître Grisel ; Babeuf, Buooaroti et Qh. Germain prononcèrent â cette occasion des discours qui émurent les assistants et indiquèrent 4'ampleur qu'auraient les débats qui commentaient.
A la 6* séance Babeuf déclara nommer Hézine, rédacteu du Journal de la Haute-Cour de Vendôme, son défenseur. Après avoir fait l'éloge du dévouement rare de oet écrivain démocrate^ qui avait soutenu avec le plus grand C(»irage, depuis leur séjour à Vendôme^ les accusés de floféalj il denuinda si cette désignation solennelle assurerait à Hésine une garantie < contre ceux qui l'obligent à se cacher pour pouvoir soutenir ses travaux patriotiques. »
^1) Il nous a été impoMible da savoir oe qu'était devaau ce pcr- #fînnify à l'iMoe d« pooote.
Le Président lui répondit^ avec humeur et dureté, qu'une loi écartait Hézine, de Vendôme, et qu'il ne lui conseillait pas d'y paraître. Puis, plus brusquement encore, il ajouta : La séance est levée ; faites sortir.
A la 8^ séance le Président de la Haute-Cour prononça un jugeaient qui déboutait les accusés de leur demande en radiation de Grisel de la liste dés témoins.
Les débats allaient donc s'ouvrir complètement.
Ce fut Bailly qui se chargea de faire remarquer aux accusés que depuis quelques jours, il s'organisait, dans Venceiate de la Haute-Cour, un plan de diffamation contre les magistrats et le Gouvernement^ et qu'on cherchait, par un débordement d'injures atroces, de menaces outrageantes, de soulever le Peuple et la troupe; puis il lut l'article 257 du Code des délits et des peines concernant le respect dû aux tribunaux.
Le Président Gandon (i), de son côté, ordonna aux huissiers de lui désigner tous ceux qui approuveraient, improuveraient, interrompraient.
A ce moment Babeuf demanda la parole. .
Renfermez-vous bien dans la question que vous allez traiter^ ou vous ne parlerez pasj — lui dit le Président.
Il veut désigner de nouveau Hézine,< pour son défenseur; on lui retire la parole.
Il l'obtient^ quelques instants après, pour parler sur ^inadmissibilité des autres témoins après Grisel.
Le Président lui réplique que ses € moyens ne sont que d'atténuation. »
Babeuf riposte : Vous voulez interpréter, disséquer mon discours, dit-il; vous menacez de me renvoyer dans mon cachot et de me juger de suite. Faites-le : cela vous donnera beaucoup de facilité.
RéaL exige qu'on laisse parler Babeuf; mais le Prési-
(t) Le Président de la royale Haute-Cour de justice, comme oa disait alors, par dénigrement.
éoDt dédare i|iic la poliae de ladifcusiion tet est iotoïéc, ^fit 411e cela Je x^guàt.
ië dtmandc tà^ts la paeeie, ditStéal*
Je vous la re&ise, répond ie Président^ ^t *il ft'éiève-dM murmures de toutes les parties de k si41e.
l^s accusés yik:riexit : Si ^oqs voukz opi^^is^uviiiar^ renvoyez-nous dans nos cachot^.
C'est une infiUnie qui n'a.pas d'<eKe9iplejfdjt.r,un 4?qux.
Il est étonnant» ajoute Amar^ que tohs pi}é$endi^ limi- .tex Texpredsion de }a pensée.
Germain^ le courageux GermiiiD, selève et cçiKnçt^ à Viei'liartses injures, au tribunal «ses iijijttstîi^eg... V.Qtie partialité est révoltante^ s'éorie-t»-il.
Babeuf prend alors la paK>le. 11 prpuve que la isaaae des témoins à charge.se compose d'hommes ^aré^j d(& moucha rds« frappés de diverses .condiimiuitions;.d>utres accusés tiennent le même langi^ge, ,mais la H^^te-1GQlv j>asse outre.
A la 9* séance^ Amary^iui'sMtah 'blessé* en* passant sous le guichetj parut la téte^^ensangiantée.
Babedf, àqui on demande si le Heu où onl'a att£té est iceluide son domicile^ refuse "de répondre.
Faites venîrGrfscl,<lk iè'Présîdent.
A ce nom^ un mouvement d^ndignation éclate dans toute la salle.
On passeensuf te à Vexamen^ par experts^ de certaines pièces inerimmées ; -elles feront l'objet 'pri ncipat des débats des séances suivantes ; mais à la fin^ outré -des contradictions perpétuelles des experts/ un ^'uré^ s^éoria indigné : leorsbience 'n'est que conjecturale et leur témoignage n'e«t jamais affirmatif.
A la I a« «éance Babeuf se pli^ignit de Tinfidélité des sténographes ; il réclama leur expulsion : elle lui fut
-^^£--,-m.£.^ Oiiîa •■■■A» rlifcii'W ll^lUMiM H^ i^^lîltiSllfrîfiH . Ifl ■■iillf'^ TvIuoCC» rillo BlTlCiS vieux llCUIVilUC UdllArl Hllwll^ tit 'rlCIUlC
Cour djécidaïque les pièçesdeDaribéservii^entftvi.prpcèSj quoiqu'elles ne lui eussent pas étéacomiknmîf uéesJfûo ast
toujours aux expertises. Voilà plus de cinq cents fois que je plaide, dit Real, et jamais je n'ai essuyé un pi^reil refus il fisot gue toute la France sache que cette fameuse pièce : Tuer les cinq, n'existe pas.
Un des principaux arguments invoqués par les accusés , était que le Gouvernement et la police provoquaient des conspirations pour se défiûrç des hommes qui entravaient sa majnobe us\irpatdce.
Cet argument préoccupait fort les Accusateurs nationaux ; i'un d'eux, fiaifly^ essaya de l'examiner 5 grave- OBcnt Pt mais il produisit peu d'effet ; c'est qu'au fond il y awt du vrai dans cette assertion.
A la i3^ séance Babeuf paria contre la déposition du
témoin Harger, qui avait prétendu que ces mots, si incriminés : tuer les cinq, qo^'on avait relevés sur un écrit de la conjuration, n'avaient été rayés que par un paraphe habile qu'il avait apposé sur cette piéce^ lorsqu'on l'arrêta. Cette protestation était d une haute importance, car la pièce en question, avec ces mots : tuer les cinq, avait été affichée sur tous les murs de Paris^ et on en avait éppuvanté la France au 'moyen des journaux. Vieillart en avait ^it, eh outre, le premier et le plus saillant chapitre de son acte d'accusation, sans jparler de la rature. La Haute-Cour fut plus honnête : elle publia la pièce, mais en ajoutant : ces mots sont rayés ; cependant Us sont encore très lisibles. On finit yard^couvrîr^ grâce aux contradictions des experts, que le président recevait chez loi ces derniers^ que ce qu'on entendait en séance n'était, à cet égard, comme le disait le défenseur Réal, que la < répétition d'une pièce de comédie. » L'accusateur Bailly, honteux d*étre' convaincu de mensonge, déclara que quand à lui il n'assistait pas chez le Président, à Texamen de cette pièce. Alors, la Haute-Cour, confuse'» humiliée, voyant Bailly déraisonner, 'craignant que d'é nouveaux interrogatoires révélassent d'autres inrquités^ leva brusquement la séance. Amar ayant, à ce moment^ demandé
parler contre le Président, les Juges et Jurés se retirèrent précipitamment^ pendant que les accusés rentraient» dans leurs cachots, aux cris de Vive la République / et en chantant l'un des couplets de PHymme des martyrs de prairial : Dieux protecteurs deja Justice /
L'expert Harger eut en cette séance mémorable^ une attitude étrange. Jamais on ne put tirer de lui une réponse affirmative. Ricord lui demanda s'il n'avait pas cheidié à découvrir ce qu'il y avait sous les autres ratures. Il répondit : J'ai cru la chose moins importante. Buonarroti lui demanda si le Directeur du Jury ne lui avait pas dit qu'il y avait : tuer les cinq. Il répondit. Je ne m*en souviens pas.
Alors, Lamberté s'adressant aux accusateurs nationaux^ leur dit : Pouvez-vous lire ; tuer les cinq I
Vieillart répondit : Je le lis très bien.
Bailly : Je ne peux pas les lire.
La divagation était à son comble. Et c'était pourtant sur cette pièce que reposait en grande partie l'accusation.
A la séance suivante^ on vit de suite que les rôles avaient été distribués et que les Juges entendaient réparer Téchec de la veille. Réal^ ayant demandé la parole^ elle lui fut refusée brusquement. S'adressant alors aux Juges il leur dit : vous avez colomnié les accusés^ et vous leur refusez la parole ; je ne croyais pas que le Président eût besoin de justification. A ces mots^ la Haute-Cour se leva -précipitamment, et BaiUy rappela les défenseurs officieux à Tordre, au milieu de murmures énergiques et de plaintes bruyantes.
Je vous rappelle à la Justice ! s'écria Taflfoureau, et Geriçain ajouta : Vengeons les principes et oublionsnous!
Au milieu d'un morne siledce la Haute-Cour reparut entourée de gendarmes et d'huissiers; et Gandon prononça un jugement qui défendait aux accusés d'interrompre les témoins et permettait au président d'ôter la parole aux accusés quand ils s'écarteraient de la question.
La suite de la féancc fut un perpétuel colloque entre accusés et juges. A la fin Babeuf s'écria : J'invite les citoyens Jurés à rappeler le tribunal à loi et à la justice.
Le tunaulte continuait ; tous les accusés disaient : C'est un scandale affreux I Le Président refusait la parole même à l'accusateur Bailly^ qui^ exaspéré^ hors de luî^ s'écriait : Oui^ c'est un scandale de voir les accusés et les défenseurs o£Scieux faire parade d'être républicains. -— Alors» l'agitation fut à son comble^ et se levant tous, les accusés répondirent : Oui» nous sommes Républicains.
La Haute-Cour considérant qu'elle ne pouvait continuer les débats dans l'état d'effervescence où l'on se trouvait, renvoya la séance au lendemain.
On reprit à la séance suivante l'examen de la fameuse pièce : tuer les cinq ; mais on n'aboutit encore à aucune constation. Déjà, suivant l'expression de Vieillart, on s'élevait de toutes parts contre les lenteurs de la Haute- Cour. Babeuf, en rappelant ces paroles, adressa une invocation à la masse des opprimés, et leur demanda si c'étaient eux qui aspiraient impatiemment à l'honneur de creuser l'hécatombe des défenseurs de la Démocratie. Il ajouta : s'il plait aux jugeurs de nous condamner, sans nous entendre tous, nous nous endormirons en paix dans le sein de la vertu 1
Les i6 et 17* séances furent entièrement remplies par des débats, auxquels prirent part Babeuf et Buonarroti, sur la pièce : hier les cinq. On arriva, enfin, à retrouver quatre ou cinq mots, sous un seul» et à lire tenir au lieu de /lier, et à interpréter, à sa guise, une phrase que personne ne pouvait lire. Grisel parut à la fin de la 17* séance, mais il éuit ivre, ses traits étaient altérés, et on dut clore les débats pour éviter un scandale.
Grisel ouvrit la 18* séance, et pendant deux heures et demi continua ses déclarations contre les accusés. Ceux-ci l'écoutèrent avec une imperturbable sécurité. Mais, au qaomcnt où, s'arrétant, il dit aux juges ; je vais boire un
ye;*ré d'eau^ un accusé répliqua : 'Èoii là cî^ué; ^^llrat ! Ahtohélle, répondit à Grisèl, en un làngaéé iioble, èïêré. oU il compara ce qui se passait aux tenlps anciens, Ou leà puissants Àe la terré livraient aux bêtés tétoCti ték amis de là liberté publique. . '
On retrouve Grîsel à la ig» séance. Reconnaîftiéai-Vôiifc certains accusés, lui dit le Président, Certainement, répondit ^prisei. Eh bien I cherchez Ricord et Làighélot. Grîsel ckêrcbe et ne désigné personne. Rictord se lève en àc nommant. — Ah! je vous reconnais, dit (iHsei. tJà autre accusé, Ficquet, se levé à son toiir, et dît : je sùîs Laignelôt. Je vous reconnais aùssîj iajbùtc Grisél. — Re^^rdé^ moi bien, réplique Ficqùet ; en ëtés-vôii^ eùcoré iùt ? — Sûrement, très sûrement. -- Alors, le Président dit : Citoyen Laîgnelot, levez-vous, et Lftignelô^ ^e levâj en disant : Me voilà. — Grisel ne put que dire : Je h*6 Ytfùs reconnais pas. — L'indignation était au comblé dans tout l'auditoire.
Plusieurs accusés répondirent aux attaques de Ôrliel. L'un d'eux, Didier prouva, notànimént, ^tfe Grlsd tmniéme n'Avait jamais cru à l'existence d'une côàspiirttion.
La 20* séancq fut en partie remplie par un disciours méthodique de Babeuf où il fit la parallèle des trois déclarations de Grisel, savoir : i<> de sa dénonciation ou révélation à Carnot: 2® de sa déposition devant. le directçur du jurv d'acci^sationj 3^ et de celle faite devant la Haute-Cour. Il démontra que ces déclarations offraient de nombreuses variantes et des invraisemblances qui ût permettaient pas d'ajouter foi aux dépositions de ce traître. Q.ui que vous soyez, disait-il aux Jurés, pouvçz-vous ne pas voir dans Grisel un détestable ennemi du iPeuple, s'il ne reconnaît pas le véritable patriotisme dans ceux qui ont pîi être persécutés après lè premier jirâlri'al ?
/Et il ajouta r « Prairial î Ëpoqtie terrible, joùrh&'filneste, sainte et révérée, qui ne se réprésétllte jan^iik 'à h pensée des Français vertueux sans provoquer l^ttêndrissë-
celui 4e$ efforti généranat 4a la vertu «t d«^ plus giTMdf malheurs da Pe^pIe. Prairial 1 Journ4^ d4fi«4^|if^i loai^ honoraUe^ où, le Peuple et ses dél^iiés fidil^ firent leurs devoirs ! Où des traîtres mandats^ri^ Ojti %es difEi^ mateurs^ ses a^saasios, le# usurpat;e^rs d^ sa louveraiof té^ de tous ^a droits^ mirent le comble des atroci^^s dpnt f^ucuue histoire n'o&e d'exemple. Qui se rappelle prairial se rappelle I4 plus hprrible &miiie que des homo^s £|ffregiX, des bomaieç qui, ô boqtc l resteot eo cré4iT et presque honprés parmi nous, organis^eut au milieu 4 ^^^ réelle abondance ; il se rappelle (es deux onces 4e pain par jour auiKqûelle^ fut condamnée pendant plusieurs mois ^nç population immense ; il sq rappelle toutes Içs ifqages ^poi|« vantâbles que traîpait 4 sa suiti^ ce forfait inouï. Le plus grai^d noml^ie de^ citqyexu, hommes, femmes, en&qts. se soutenm^t à peine, chancelant d^ns Içs ruçs d^ Paris^ promenant des squelettes méconnais^UeSi des figures pâles et déformées, disputant slux plus vils animapx la proie de^ épluchures tombant de$ ^outpi de çiûsine der riches, laissent dans l'encçinte des maison^j plus eitténuéf , eocorq, le vieillard^ Tenfant faible» l'i^pQU&e 4<^ii;al^i r^ dMÎjt à «n tel état de d^gillance qu'il t^M^t ^ait plus permis de quitter leurs misérables grabats ; la mèr^ allaitant, trouvant son sein dessécha Ah I j'en atteste tpus ceux qui survécurent 1... Ils se souviçajieiit de Tîncrçy^ ble affluence qui régnait par le chemin» 4es s^uUures ! Çimt l'on consulte les rc;gistres publips (et l^ur relevé a été publié), ils attestent à tous l'exécraUe dépopulation, Peffrayante mortalité d^ peite année III, d'oti date une Constitution qui dira... k nombj» des suicidjis que le dé^ jespoir à déterminés l... Honn^tçs gens du jour ! Vous qm n'ave? pa^ laissé au véritable hçnn^te i^mme une pierre pouf reposer sa tétc s tout fie qu'il f vait a'iq^t fpglûWi Mans iqcs tetnps de deuil, de famine ^ 4f iport» $uu9 votre main rapace et cruelle. Vos ;P#lais ^oré? forent autant dp gpuflf^ea où voua n^fcates f^s bontp 4'cow^eUr les
deroières dépouilles des indigents ; vous punîtes les peuples d'avoir coopéré à la révolution ; vous Tinsultiez par un faste nouveau, le plus révoltant qu'on ait vu encore... Il se leva, il ranima sa vigueur éteinte, et vous le traitâtes... en Révolté!!! »
Pendant ce long discours, dont nous ne pouvons reproduire que les parties saillantes, le président et les accu* sateurs nationaux firent ce qu'ils purent pour arrêter Babeuf, qui, malgré eux, persévéra jusqu'au bout.
A la fin^ BaiHy, outré de colère, s'écria : € Vous Tentendéz, citoyens jurés, vous tous qui avez juré une haine à Tan^rchie et de maintenir la Constitution de 95 ; vous entendez Babeuf développer ici le plan de la conspiration; il justifie l'horrible sédition du Peuple de Paris en prairial {indignation générale) ; il préconise d'atroces représentants qui ont été justenient voués à la mort (cris d'horreur ; tous les accusés répondent : Us sont morts pour la Liberté !), des députés perfides qui soutenaient une horde de révoltés [ils défendaient les droits sacrés du Peuple l!!\ qui sous prétexte de demander du pain ont assassiné le vertueux Ferou [tu calomnies le Peuple^ c'est un royaliste qui lui a percé le sein.)... La Haute--Cour ne souffrira pas que les accusés attaquent la République. »
En réponse à cet audacieux défi, tous les accusés se lèvent et crient: < Nous, attaquer la République, nous qui voulons mourir pour elle I »
Deux décisions importantes, et qui permettent de bien juger les tendances du Gouvernement d'alors, dont les juges n'étaient que les très humbles serviteurs, furent prises à la fin de cette séance. Par Tune d'elles la Haute- Cour, circonscrivant de plus en plus la défense des accusés, leur défendit de prononcer des discours séditeux, c'est-âdire d'aborder la politique générale. Par l'autre, il fut décidé que l'état de la pièce contenant la déclaration de Grisel devant Carnot ne serait point constaté.
On crie à l'injustice, à l'infftmie ; l'indignation est
générale. Au debors, Ptnthoasiasme gagne de proche en proche.
An début de la 2 1* séance, il y eût lutte entre Babauf et le Président, qui^ irrité^ lui dit brusquement : « Jusqu'ici vous avez conduit les débats ; je vous déclare qu'à compter de ce jour ce sera moi. »
Puis, après plusieurs questions, il exprime son étonnement d'entendre Babeuf nier la conspiration^ lui qui proposait le 21 floréal au Directoire de traiter de puissance à puissance, et qui se disait alors le centre d'une grande conspiration de Démocrates.
Babeuf répondit à ceci : qu'il avait voulu épouvanter le Gouvernement, afin' de sauver les Démocrates, en le confirmant dans l'idée de 1 existence d'une vaste conspiration ; qu'il espérait^ en terrifiant le pouvoir, lui ôter Fenvie de persécuter les Républicains ; et qu'il voulait qu'un seul se dévouât pour tous.
Babeuf continua^ mais le président, avec des gestes menaqints, lui dit : On ne veut plus de vos discours. Il insista. Alors le président lui posa cette question : Quels étaient donc les auteurs de la conspiration, puisque vous prétendez n'y avoir eu qu'une part secondaire ? Babeuf répondit que le moment n'était pas venu de s'expliquer ^ cet égard. .
On soumit à Babeuf plusieurs de ses écrits ; pour les défendre, il cita Mably, J.-J. Rousseau. C'est alors que Bailly prononça ces paroles : « Babeuf n'a pas commis de crime en publiant ses opinions; mais vouloir employer la force pour les faire triompher^ c'est là une entreprise atroce. » Puis, il attaqua Babeuf à propos de la Constitution de 1793^ une des horreurs de Tan II, dit-il; il ^'indigna de ce que les accusés fussent plus occupés de propager « leurs ridicules principes d'Egalité »; il se plaignit^ enfin, de ce qu'ils justifiaient la conspiration au Heu dé chercher à prouver qu'ils n'en étaient pas coupables.
et tes co-accusés^ attiraient sur eux Tinévitable âgHAW des lois excessives du temps.
RM S'eflbrça de démôiitrcr que Bâtllf dénaturait sans êesse les èkoées les plus simples ; pois, Buonarroti paria èû pdlifi(|ué profond des droits et de h souveraineté dû Peuple,
On demanda, ensuite^ à Babevf, quels éutent ses cornptiets ; il l'épondit, que e'était bien peu h connaître que de SttppOBeir quHl livrerait à leurs persécuteurs les noms A'hoaimH «stiâiàbles, qui n'avaietit été mus que « par la plus sublime de toutes les vertus. »
La prtmîôre question renouvelée è Babeuf, à rooverture lie la aaf séance, fut cellb^ : A-t^'On formé un Comùé insurr^ittear ti ^iàiait*oft la Didtmturef LoTuiement, Babeuf fépondit que dans les con^r^sations privées avec Daitbé) sur les malbsurs puiUics^ celui-ci avdt deauuidé s'il ne conviendrait pas d'exaimner les avantages et les iaeonvénieacs résultant de l^ablîsscmeat de la dictmtnre, pendant le court espace de temps niosssairB pour sauver la Patrie ; maie qu'il n'avait jamais été fiumé lAe Comité in* aurreeteuf.
Alors^ dit k Présîdeat» que aignîfie la pièce intitulé : Création JPmi JMrecioire insurréctemr ?
C'est un rêve philanthropique : Telle fut la féfxmnde Babeuf. Elle aurait pu clone les débats ; raaîs 4'amres questions se ^effaieot chaque jour sur les q^ueatîxiM de la première heure, et le Qouvernemeojt teuait trop bien «es onnemds^.pour accepter d'aussi fragiles ei^cBBes.IjBs débets continuèrent donc avec acharnement de part et d'autre.
Babeuf démontra, dans cette aéaace^ qu'il nlétait pas Fauteur de VAci^ (Tinsurr^tiou^ qu'il nei'av,aitpasâsrit, et qu'il n'appartenait â aucun des accusés; qu'ai w k Directeur du Juxy^ Gérard^ avait fiait une faupse aUégatioo en le }ui attribuant en tjnmt contre lui» de cet écHt» des inductions perfides^ et çn en faisant l'un des jNriiKiyAWt cbeis d'accusation.
UKS^mm
n ifft qn& êhiUi toutf les^ ct^, iï fkllait côtisiééwr oet écark 9bU¥ flr^s th^pottà : les môdâ^ FintecMioà et left moyeiM.
Arrivé 9 VêtÉtthea du troUièiiie pcriiK, Babeuf foc vîo«leûàïént interrompir pttr l'accusatettr fiaiUy qui, attc foreur^ lui tfia : 4 LOfs(pie le Peuple a déclaré par. la Coùstitûlioâ de i7$5 qa'il ne vovlait plos de cette de 9^, ctflèi^tà è^t un conspirateur qui parln en bveur d'une Gon^titûddki aâti-llberticide et populicide I s^
Il ajodtà ! 4 Lôréqa'^ tbaqnè séance^ au lieu de se dé* fie&dfè du de dètelop|16r id te principe de Pinsurrèction {Plusieurs voix : C'est une ittpostuii), on semble appeler li Pfeùplè ft ibi..., nous rèqu^rohs qoe ceux des accusés qtii jlïstffierôfit Ainsi râccilsâtion^ soient rappelés à Tefrdns et t^ue la pàtôlk leur Mil retirée. >
On lui répond : Vous n'avez pas le droit d^mptcher lia àCcusC de se défeodlre à sa riiode;
Et^ désignant Babeuf, un accusé ajoute : « Dans tous les cfts, sa tête est là {x>ur payer l »
Là Haùte-Gour, considérant que k discours commencé par Babeuf sur la pièce qui lui était soumise^ tend à prouver qu'on peut conspirer pour la Constitution de ^793^ et renferme des provocations séditieuses, décide que lé Président pourra^ à son gré, lui ôter la parole.
Un k tapage terriUe > s'élève des bancs des axxusés qui « vomissent des invectives » contre les juges, et leur demandent, comment) enfin, ils pourront se défendre.
Vous ne pouvez pas cependant vyncoper ht défense d'un «ûciisé, dit Vérgne.
On posa de (nouvelles questions à Babeuf; il ae borna â répondre :« Renvoyez^moi dan^ mon cacliot; je suis fl^tede, je passe toutes mes nuits à travailler pour ma (Mfense. Je n'ai point de-défenseitr et quand je veux parler vous m'ôtez la parole : ma présence est ici inutile. »
La '23* séance intlDcdupée en.gfunde partie par £uonar- Mi, qui expliqua que le 'Comité^ dit insurreaeuc^ était composé de démocrates voulant la souveraineté populaire
mmmi^
toute entière, Vinstruction de tous, l'aisanee de chaam, et parmi lesqueb il se rangeait lui-même. £e$ hommes, dit-il^ étaient sensiblement affectés de ne pas retrouver tout cela dans la Constitution de 1795, et ont cru pouvoir £dre apercevoir au Peuple son erreur^ afin qu'il pût remédiera ses maux. La propagation des lumières était le seul moyen dont les associés voulaient se servir pour améliorer le sort du Peuple. Il déclare légitime et louable ce qui avait été £ait et prouve, par la lecture de plusieurs pièces, que les associés étaient convaincus que leurs sentiments étaient ceux de la majorité du Peuple'; dès lors, dit-il, les préparatifs faits, étant essentiellement subordonnés à la volonté du Peuple, ne pouvaient être regardés comme contraires à la Constitution de 95, qui reconnaissait solennellement sa souveraineté.
Babeuf demande la parole : on la lui refuse, avec dureté, en lui disant : Ailes* vous encore nous lire des volumes? Il insiste et le Président, montre en main, lui dit : Corn* bien de temps réclamez-vous ? — Le temps nécessaire à ma défense.*
Avant d'accorder la parole, le Président veut savoir si Babeuf a envoyé des copies de Vacte insurrecteur^ et Babeuf lui répond <\vJ il ne faisait pas partie de l'Association. 11 veut qu'il nomme les agents dont les noms sont désignés par des lettres initiales, et Babeuf lui répond qu'il ne sera le délateur de personne. 11 veut savoir qui a envoyé un brevet d'agent à Grisel...
Alors un véritable débat solennel s'établit, et Babeuf prouve que cet envoi n'a pas été fait par lui; il réclame le brevet, pour le contrôler : ce brevet n'est pas au procès; il s'étonne qu'après avoir été longtemps perdu, ce brevet se retrouve juste au moment ou on a besoin de l'invoquer...
La parole fut à Babeuf dès le commencement de la 34* séance. Quoique malade il s'y était fait conduire, et persista à dire que les pièces du prétendu Comité insurrecteur n'étaient que des copies, et par conséquent, ne
pouvaient être invoquées par Taccusation, qu'il ne fut jamais chargé de l'envoi des lettres^ qu'il n'était enfin que le secrétaire, non responsable, du Comité des DémocrateSé
A la séance suivante on continua à parler de l'acte tnsurrecteur, et Babeuf déclara de nouveau qu'il en avait vu plusieurs exemplaires (i), mais qu'il n'en était point Fauteur.
11 affirme aussi n'être pas l'auteur de l'écrit intitulé : Doctrine de Babeuf, mais y avoir donné son assenti* ment.
Germain dit qu'il voyait arriver avec satisfaction le moment oti il lui était enfin permis de détruire ta monstrueuse accusation de Gérard, qui faisait de lui le chef de la prétendue conspiration^ du prétendu Comité militaire^ un agent civil^ un député, un ministre de la goerre^ un commissionnaire^ un afficheur^ un groupeur^ un agent intermédiaire, etc.^ en d'autres termes le Michel Morin de la conspiration ; mais l'ordre des témoins ne permit pas qu'il fut encore entendu.
Mazot, inspecteur de police, fit dans la 26^ séance sa déclaration à propos de son entrevue^ sous le costume emprunté de légionnaire, avec Aubry ; il raconte ce qu'il ^it et entendit) ce qu'on lui proposa et remarque que I^rouin lui avait dit qu'il considérait ce projet comme impossible. Plusieurs autres témoins sont entendus, mais leurs dépositions offrent peu d'intérêt. L'Escot, de Chartres, s'embrouille dans la série de questions qui lui e&t posée par les accusés, et finit par avouer qu'il est dénonciateur. Il se produit alors des mouvements d'horreur dans l'auditoire, et on entend les accusés s'écrier : C'est lui qui a conduit les patriotes au camp de Grenelle, pour fraterniser avec la troupe, et qui les a fait assassiner. Ce scélérat, ajoute Laignelot, est venu me trouver en me
(0 On avait découvert un c grand nombre d'exemplaires imprimes. • (a5« séance ; 2 germinal.)
yn4fi5dcrÇpçqt. UBf utf-ÇOjU^r f s enfuit àto^utw japbes.f
L'^acot reparaît * 1» ^nçç ^^i.y^nite. 1^ d^f^sepc officieux Ballyer père^ lui demande s'il n'a pas reçç u^e lettre .dWsU.PV«9n 4c Vpndôiçc, cp gp'^l^p a fait, gçi U lui a .enypjeée, fiX gui j été le dicTc^tf .^ Jp pri^A. Af?» brigadier, répond-il à cette dernière question. On vit fli^k^ fîowripji, **qi9Jt à r^gt-^paipy, pren^fp Ip j»rok pour,4i»cuiRçr .son g^néi^ 4 VP.ir /^U Wtifc )e t4m¥ eo UhftTté, jl? son fiu^nté priyfe. -- Vj! ^^îp, fptig^ loi, iui cric^nt les accusj^. ^p^ar di,t ; ^Tçut est bpn, a)ur ctoçaîtççlayf^rité; ilfaut sjyînal^ > la Fra;ice enti^ lftS;SCéWi;ats.ftui ,^ nfl^cnt. p^llxer, s'adre^^uit àl^j âui t)a»e.c^tp question : ygyif i^pus ayez dit q^^ ]fi J^iiiiftçe ypjis avait chargé je s^ïIY^iUçr 'Blofi^wu ;>^ vous feitdes rapports écrits ? — l^lofi. — Qui Içs feijpjt? N'était<e point Romain ville ? Je n'en sais rien. Bailly> déclare qu'il est indécent de mettre ainsi un témoin à k question. Real, Amar et plusieurs acciisés.demi^ndent la parole ; mais la Haute*€our se retire et décide que nul n'auraila parole sur c^t incident.
Un autre témoin^ Rondeau, dit, connaître .Blondeaa^ et avoir fait partie avec dui et quatre de ses camarades, de l'orgie du 7 messidor, rue àp la Tannerie ; qu'op Jeur fit promettre de nouveau d'être fidèles à la causé de Brouet, 'Babeuf, etc. Là, Blopdeau lui 4it queJesconji^rés avaient pour eux 3o,ooo ouvriers, des jer-géqéraux, et que i^flix Le Pdletier conduisait Tafiaire, déguisé en savoyard. On devait se por^r sur ie Directoire, Kétat-major.^t le Corps législatif, pourégorger tout, excepté ceux qui étaient mr une liste qu'il £t voir.Qn. qous j^çmit, dit-il, encore des écrits venantdu brave La Terreur (i) et les pièces justi-
(ij Pamphlet publié par Orlsd sous ce titre.
■■^^^^■^^■■^T^*^—*'— '^^"'— ^' ' - •m^^-^'-^^mm-^-^imm
était Blondeau iQDiflu^U yox^ fit pré^r 4€^ogiA9t, i^n4çmi *4wndit : U /a'i^Mt pfs ^ACi<Ul. A^t;(ç ^ai^w .qup«tion, {ipaie ,par l'wqcat R($«^ : N'y #y#it-il PRS <^n jq^u^m^ Av^c Kou^ .d(fe^i^ W 4r#g9«ï> il rtPW4it .: Je .fle sais j»fi;...()e c^>i5.4^;atti.•.; c'était^j.ejjieq^eb^e^^ le Mip»tcp qui l^H^ù ^^1^4.
Noua sommes ici.eojprésenee des ilépoaittona des mili* iatre6>4a camp deGoaiiêlki et.elkBs^patleur importaiKe.
*L'Qrff\e de çiessidor, Jes conversations qui y furent tt^vkts, les tentatives faites pour découvrir le mctuchard qui y assistait en cpstpme de dragon^ absorbèrent^ par leurs détails^ 1^ ^8* séance. Antoine. Pilet, américain^ militaire du camp, confirma les dires de ses camarades^ et a^ura qu'on les portait A tenter la délivrance de Drouet. filondeauj inteq>eUé^à ce propos^ répondit : Je qie réserve d'arranger. ces cinq sdélérats à m&manière quand ils auront tous été entendus... Les dépositions continuept: elles se contredisent dans certain^ détails... C{lon4eau^ les qualifie de calomnieuses^ parle avec énergie des services rendus .à ,1a Patrie par le représentant Drouet^ fait une allusion touchante i la veuve dvi vertueux Monard« assassinée c par les bouchers du Temple », et signale les cinq témoins comn^e des « égorgeurs de républicains à Grçnelle»^ encore < couverts du sang de leurs yictimçs. >
Aicemomentiun in^en t^i digne i de nmarque^ se^jsro* ^wait.
On venait de faire entrer dans la salle Meunier, âgé de
-9o aos, Ghaasdttf'au ai* végîment. LeFvésident lui- ayant
demandé son nom, Meunier, au Ueu -de vépçndrey -se
lowAa ^ers les^çcusé» etttètOQUtLViHymne dês Mmrtyrs
"Levez-^vousiillustres' Victimes I
J4algfé les efforts dfs Juges et des -Accusateurs ..Nationaux, Meunier acheva son couplet ;.,pv|is.s;^ad|re$sf^nt au
Président, il lui dit : Si vous êtes Patriote^ cette chanson doit vous faire autant dé plaisir qu'à moi.
Le calme revenu j le Président fit à Meunier la question suivante : Connaissez-vous quelques-uns des prévenus?
Meunier répondit : c Je ne connais personne»; puis s'adressantauxJurésilleurdit : a Est«<epourrendre hommage auxamis du Peuple que l'on me conduit dans cette enceinte. Leur cause est la mienne^ elle est celle de tous les défen- . seurs de la Liberté. Que ma langue se dessèche, qu'elle s'attache à mon palais, plutôt monter sur ces gradins que d'accuser la vertu^ que d'imiter l'infïme Grisel I L'année dernière je n'avais que dix^neuf ans et me trouvant à la merci d'un conseil d'égorgeurs et de bourreaux, qui m'effrayait par l'appareil du supplice^ j'ai eu la faiblesse de souscrire à leurs violences pour conserver mes jours. Depuis^ condamné à dix années de fer, pour avoir lu les papiers des amis du Peuple, Gérard (i) m'avait promis de me rendre la liberté, si je voulais signer les déclarations qu'il avait fabriquées; mais^ aujourd'hui rendu à maconscience^ je dois dire la vérité... Je vous le répète^ citoyens jurés, je ne connais aucun des accusés ; je ne connais pas plus les faits qu'on leur impute. J'affirme que c'est Gérard qui a fait les déclarations que j'ai signées et qu'il a tout mis en usage pour me suborner. L'accusateur Vieillart est venu dans la prison m'ûfTrir copie de toutes les pièces et de mes dépositions, dans la crainte que je ne les aie ou* bliées... Le Président a entre les mains une lettre qui l'informe de ce fait^ elle est du 2 de ce mois : qu'il la montre I »
On devine l'impression profonde que dut produire une si courageuse déposition.
La cond u ite du Gouvernement et des J uges étaî t dévoilée • Aussi, l'avocat Real put-il dire : cette scène est étrange. En vérité^ très étrange, répliqua l'accusateur Bailij.
(t) Directeur du Jury.
L'iadignatioQ était peinte sur tous les visages ; le tribunal était confondu. , .
A la suite de cet incident, et après une heure de 4élibération^ la Haute-Cour déclara que Meunier serait rappelé, quMl lui serait fait Iççture des articles 366 et 367 du code des délits et des peines, et que s'il persistait dans sa déposition, il serait dressé procès-verbal contre, la Cour le considérant cooiaie faux témoin.
Meui^ier, rappelé, persista dans toutes sesdécluratiqns.
Le Président dicta le procès -verbal au greffier; M^uqier le signa. .'
Puis la Haute-Cour se recira une Ibis encore, et revint ensuite prononcer une jugement qui ordonnait que Meu^ nier serait écrouéde nouveau et traduit devapt-le Directoire du Jury d'accusation.
Meutûer payait de sa liberté 1q. courage de dire la vérité aux hommes politiques, transformés en juges de la Haut^ Cour de justice de Vendôme.
Réali ayant demandé que IcTribunal déployât la ouéne sévérité à l'égard de PEscot, convaincu deiihensonge à chaque mot, obtiot pour itoute réponse : Cela ne vous re-* garde pas.
Et ayant réclaooé la lettre écrite par le témoin MeunMr au Président, l'accusateur VieiUart répondit : Vouf ne l'aurez p9fl, - ; .^
Barbier; âgé de 23 ans; sortant du 2* bataillon^ de la légion de police; fît une déâaration^ analogue' à eéUef de Meunier. On a tout fait, dit -il, pouif lui àrtachepsa eignatore, et comme il n'était pàa son maHre; il aëigné) mais devftiit lafttstîcè-il se rétracte. Malkéé, {)resque agonis- Hnt^ Gérard a même dû se rendra à' Bkétre, oQ é l'avait transporté, pour obtenir sa signatuite ; VîeiHart Ta visité ^s«î-en prison.- •
Tafloureau interpelle Vîeillârt et le prie d'expliquer 1^ rusons qui Tônt détermi«iéà se rendre auprès des témoins détenus» A tenter auprès d'eux tous les moyens de
eotroptioti 6t à âxercfaët* à les sobortitt p»f t^fltri^fue la plus criminelle !
^iefflatl, ilèdHitèilé» talbtfâe ; ^7e ^ mè Tttppelle 'pà$.::Vitti ce ^tec^'al pa leor (Éréj... am i^te,... fe if*aî.... t^en-âît... qtii Ait... îîrtjûdidablcaut accusés... J'aî létaeiffÔémaUdé aux têiHewrt si pôâf fiitiitter létir tertre Us Aîéirafeht tjtiefè lèat fisse ^ssët<^pîe dé I\uM d'accusation. Je n'ai cru en cela Mtt t6ttà ^fsottné.
D«^iMrmwes ^<tes «qrMd'ifirflgiiaiîofli^etueiHtMiit ces
iââàSUÈàL'
TafFoureau renouvelle au Président la demande 4e -^liditb- "AuMdi^idh des teftrM pàt )dBqi»eUéa Memier et Barbier lUi^noticeM tes {j^éttlficiiions de l 'acousatetir Vieillart; -mSi^ GaftiaM, â'dii akr ^embtofrassé et au «rifieu de Piiidj«gnation générale, se borne à drre : Ma foi, je ne saia tt ^ù'^Tlés S(Mt devett«i^...; {e<xxMS lia av<drperdtna.«.; fe ne ttîé É^ppéBe pas ce ^e ^n id 4kit ? «i t«ste» a Heu €«aiém insignifiantes.
Sarbtet^sevoitjArsoû tour> sopniiaaiiz'ixiêrafs riguurs ique libniflier.
L'émotion est ft ton comUe ; tlu banc des >acciis0a i0C de celui de leurs défenseurs, s'élèvent les plus vîmsittfcla- MlitbMsj maiij fl<teiidu)le tomuiteeiiirantykiHattte-Cbur »se tetire daitë la chambre du Ootïseil pour ^schever le procès-verbal et renvoie la séance au lendemain.
Le Aeiulemarin on ae . ristrouva ^ ii|^i^ rémiQtîDQ 4lait tovjpurs tJTès graod^^ L,'iapident étaof dos, pn ipaiffa à |*audi^09.>d'autres t^aM>ins» maigrie les protestations de R^l^«««lUside ^jjwaiû c^ s'écfia^- voui^ n'y:g^nÊiftf 4rJ»i je léraiplutôi; jjj^aardar ^ur <aus les nmçf 4e Piurî^«. tMs d'abord, ^ epr4pome à Ges,prote^tioi»S|.;b9?i£es snt 4e:qM'w îéBwiff «ppiqitieiuiii ta>caMS6ÎHsqH!4Ja:5^)dwi<d^ bats, la Haute-Cour déclara, par jugemem^ogAJie fMet»9«sr at Barbier ne xeparaiirajient plus auf séaoces.
.Lelpreaaier ^noweau* titeoin entendu qs( un «otmÉé ^Df6p^, âgé de f)9 ans.Sl déohretrue lca*&40Ï^liém«Wrtdî^
Montreuil-sur-Mer, chez le père Nayez, Nâyet fils, accusé^ ie menaçait tous les jours de le fatre' guflk^ifiêF quand Lebon serait venu à Mon treuil; Cependant Lebeo 7 vint et Nayez ne le dénonça pas. Nayez proteste^ 0t prétend que Dieppe a inventé tout cela pour le perdre. Pbtofeax ie défenà. Ce dernier reprend la parole quelques mstants pour faire cette juste remarque : que h conspifa^ tion du ai floréal < est un grand cadre dans' lequel 6fi teut faire entrer tous les hommes qui déplalseAt aux dominants du jour ». Quand on aura, ajoute^-il, victime les plus zélés républicains^ on victimera les modérés^ et le trône s'élèvera sur les cadaVres de tous ceux qui auront servi I4 République. Cette prédiction ne devait pas tarider à s'accomplir. / ^
lacqûes Martin^ concierge delà maisoi) d*arrét,ét Duval, ex-prêtre^ marchand épicier et ^çrcier, dépoîseat contre Kayez, q^ui, suivant cux^ r^eyait' beaucoup de lettixs pour un hommede, sop état. Duval dit qu'il vint le voir à sa sorûe de la prison d*Arra8; il lui parla des malheurs du Peuple, regretta la mort de Robespierre, fit espérer te^ retout du règne de la Terreor^ et chanta plusieurs chansons < qu'ils âvaierit composées en prison à- Arras ». Na^ez lui confia, en outre^ qu'il avait été mis en lîberté pa^lfes-solUr châtions de Babedf. dont il avait reçu tine lettre.
c»ii»f .N4jrf?.iiftwoit JfjQOfdiii,, ^twr 4f ,U ^s|ea^J|
teWwff é^3trOm^fi% «tew d'Amsu Ptiis,c^ -p^s^ à r«j^
^^li'^^tymf^iÇt^i aymtsexvi d Timpressiop, d^s plamdfi* Vft n^flpiPoisiiird, i« CfefirhoujcgrPrpbublepaent, lit epspiie Jkftteisragé 4:t«^e'^ fé{|)QJin,.e{jipfis qijKeJqu^ ÎAtjçcpeUa&ipos.de Nf^rl^fi^ der/ij^rlui dit : que d^p^s.jtqut ^V^'kl IMIX axait mpnlé, il.# y,avîi«M,i)^ufleyeng€;8^îi€e »«re.8ftb^ qui •viaiiifldt.riR enfem i4>i. wpr *. ; ;^
Aces mots, Babeuf sfi^làve^itt ayant obtenu aypcjii^-^ cvltéla.pacfiai oopiflMiice ^u discours pour prouver c^jx^
(jTM
« Duval lui en veut à cau3e de l'enfant fait par son frère A sa aœur». Leç accusés et les juges Tinterrompent. Gennain est de nouveau interrogé.- On lui demande s'il n^est pas eo relatioq à Paris avec plusieurs personnes qui veulent renverser le Gouvernement pour y substituer l'Egalité réelle. Il recQnnaît avoir éci:it à Babeuf qu'il était inquiet sur la division des* patriotes ; que les uns voulaient ceci, les autres cela; qu'enfin^ ils ne s'entendaient pas; que c'était commei la Tour de Babel. Et il ajoute: j'aime l'Egalité réelle; je me complais dans cette idée philantropique ; mais je ne crois pas qu'on puisse l'étabjdr de suite : ce ne sçra que par les institutions. A une autre question, Gerqiajn répond : je demanderai à Bailly lui-même, s'il me croit assez béte pour demander à un homme. A qui j'écris pour la première fois comment on attaquera Iç Gouvernement. Ici^. Germain semble renier Babeuf, car nous avons vu au chapitre V de ce livte, combien sa correspondance dan ^ la prison d' A rr as avec le Tribun avait été active. II recid epsuitç hommage à la réunion du Panthéon et aux réunions patriotiques.
Gerpaju est encore le principal accusé jnterrogé dans la 9 i^^éaoçe. On lui deniandede s'expliquer sur une lettre qu'il a écrite à Babeuf à propos d'une entrevue qu'il avait eue avec .l^r^^s; il dit que çetfe lettre est étrangère à la prétendue conspiration, et regrette d'autant plus qu'elle ait été rendue pùbSque qu^elle renferme des • paroks qae Barras n% pùiiiV ptàt\o^ées. S'il faut rétablir fidèlement cette conversation, je le ftmii dit-il ; mahf le Président et BàiHj s'y opposent. On lui représente trois autres lettres dans lesqnelles il rendait compte à Babeuf -de ce qa*il se passait à te ci -devant caserne de la Courtilie, le jour du iTcénâëtneht: de la légion -tk police^ le 9 floréal; il lés recoimait, avoué qu'il M est iVuifeur, et déclare qu'il s'en glorifie, carie royaiirâie conspirait 6l<M et tout patriote était dans impérieuse 'obligation de se tenir en éveil et pr^t^ le' repousser. On lui rappelle < ses relations avec Barrsis; Hllit^^u'il les a' suspendues parceque Féru et
aQtl€s saltimbanques de son espèce fiûsaient courir le bmit qu'il était vendu au Directoire^ à peu près^ ^jout^ t-il, comme « on fit courir celui, lors de notre arrestation, que nous étions des royalistes. » L'accusateur Baillycherdie à prouver par analogie que Germain trompe les Juîés; ctiui-ci invite le Président à le rappeler à l'ordre. Un vif débat s'engage, etGermain s'écrie à la fin : Pensezvous me faire un crime d'avoir vu en floréal que déjà il exisuit des agents patentés de Louis XVIII?
A la fin de cette séance, le Président lut un jugement qui défendait aux accusés de chanter, en se retirant, comme ils avaient l'habitude de le faire.
L'interrogatoire de Germain se continua à la séance suivante. Il s'agissait cette fois de ses prétendus agissements à la poudrière de Grendle pour obtenir de la poudre pour l'armée du Peuple. On ne put rien prouver contre lui, malgré les démonstrations (les révélatims suivant Bailly) de Grisel, de qui Germain impadenté dit, en s'adressant au Président : Vous qui êtes ici le Ministre de la justice, vous vous déclarez à chaque instant le défenseur des plus vils scélérats.
Germain eut, dans cette séance, un mot typique, qui vaut la peine d'être cité. Si, dit-il, tout jusqu'ici ne me prouvait que la conspiration n'est qu'un rêve creux de ceux qui ont intérêt à sacrifier des républicains, j'en serais pleinement convaincu aujourd'hui que j'aurais la preuve que les prétendus conspirateurs avaient résolu de faire d'un blanc bec comme moi un Ministre de la Guerre.
Lcbois, que nous avons vu en désaccord avec Babeuf dans la prison d'Arras, paraît dans cetteséance. 11 déclare que le 21 ventôse de l'an 3, il fut exilé à Arras, par ordre du marquis de Rovère, qu'il avait dénoncé dans ses feuilles. Il y trouva pour compagnon de prison le citoyen Taffoureau. Il ajoute que plusieurs patriotes d' Arras Payant invité de continuer son journal, il en rédigea plusieurs numéros manuscrits qu'il fit circuler dans cette
▼iUei n'ayant pâilt k fircuM dtlet fan» ini|>riiiieB» Il pttiK que c'est le aea4 SQfetqiliaJit pudonner Iku â Gx^het, alord détenu dons une aùUfe prison d'Arras^ d'éorirt à Taffoaf eoii^ le 1 1 gérininal an 9, une lettre finiisaoc |>ar ces mot» : « L'on dit toi que nbs réyoluttoniiaires^ t4s cdihpâ^Qooa, travaillent enboi^i si oela élt vrâi^. mMd4 1^ moi. Des compliinèbts à fimbe^f et à Lebois. »
La déposition faite^ â la 33« séance, par Pillé, est d^une haute importance.
Il déclara qu'étant sans occupsttion, Félix Le Pelletier lui fit copier, sept ou huit fois, un écrit intitulé : Création d'un Comité insurrecteur et d'autres pièces analogues. Il croit que les minutes étaienit dfï Babeuf. II copia aussi ehcB fiabeùf deè écrits d0 la «min de Buonarroti. Qui était ce Pillé et quelle valeuf pouvait avoir sa déposition, si compromettante poxj'r Babeuf ? ^^ An dire de plusieurs actusés^ Pillé serait fou> ils offrent de le prouver^ mais le Président s'Jr oppose. Si PiUéest fou, dit-il^ on vérifiera le fait et les jurée j feront attention -, iians tous les cas^ 4c la scène qui se passe dans ce moment ne sera pas perdue pour les jurés et la postérité. i^ En effet, la déposition de Pillé a une importance capitale.
Didier affirme qu'on avait fait croire A Pillé qu'il était tnédedn du roi.
Moroy affirme que Pillé lui a demandé si le démon de Philippea était plus puissant que celui de Nayez et de Cveipiti.
PUlé^ pilésetit, avotie IM £iits.
fikibku^ ayant provoqué le Président, est emcnené par ies igèfadarmes; il rentre peu de temps après.
D'autres témoin^ copisfie^ sont entendus^ Ils avouent avoir fait des copies de Taicte insurrecteur» en avoir été effrayé^ niais cependant l'avoir toujours considéré < coioib
' L^tin d^euXj Benôtt^A qui os detnandait pourquoi il ft^àtrait pas** communiqué ses craintes à Tantorité, dit.:
«4^9«im9laigpM.f;ooB<Srçr4îf<arç 41^^94^ fi« fermes
Real lui fait reconnaître que Grisel et l^i poit 44<^j[4r£ q^^ projet 4*ipswiifctioa n'ej^ii^tai^Hç cl^rw qiuelqijp tfte» çtiaucles et quUl n^ p^UVI^t fi^evQÎr iTç^^P^tloQ • ^
P^ié.iy[outeqpe Bf(t>^uf ^js£iit tr^ ÇOpvq^t des insurrections, (i) seul dans sa chambre; il renven|j|ji|,l^(^ çtjiai^ et ^s tablçg^ çt çrUit ; mouj? sommes (ç;^Jnsqrrection. Aç^la Babeuf répQQ4 que q(|^4 il faisait 4es yers^ il se battait to flaoçs ; wâsi ce$oot de ces, çho^eç» (lU-il^ 9ui arrivent à toi^ cp^jc qui <;QmpOHnt.
lAtçrrqgé par Gerw^in^ PiUé^vQiie qu'il est bien vrai qu'un diable Ta porté chez Babeuf, dans la traversée des ruea S^ij;it-Dcr^ill çt MpntQr^uql : c , Je tournais çpnvpe une hirqodeUie ; |ç pe vonlais ps^ ^ aUejr ; il nje semblajjt qve je prévojrutfi ce qi^i «st ^r\vL Qi*an4 je vins à la porte^ jç fua (;om(qe transporté JM.i^^u septième . qvioi que fiabeuf ne restât qu'au troisième, ce qui m'a .fait croire qu'il y avait là un esprit n^alfaisant. D'ailleurjs, il p'est ^nH bien d'autres 4ventvu'e$ plps eztraordipaireâ. »
Q.u'e][Mendez-you3 par le démon^ lui 4^t |e Président. — J'entends qu'on peut faire pacte avec Iç détpôil pour fiûre du mal à tous ceux qu'eux n'aime pas.
Des éclats de rirent partent d0 toqs les points de fa sdle etla séance est levée.
A l'ouv^rtvw 4ç h 34* ^éftApç, -rr-.fm^ «9»me? au ;4 gcr«una|^ ^ ie Pr^ident 4it 4 B woarrQ^i .' Ayez-vous ei) connaissance d'une réunion ^fipclfyi JQir^tQir^, in;^rree^ ttur } — . Non, citoyen, répond-il.
Oft «rafiréseQte^ BoonarMfti lUM piéi^ de sa m^io* -^rJe h iKonnais, dit-il. J-^allais quelle fois uoiv Babeuf^ qfjif^ i^iMti&iaia>comme un ami du ^Peuple, «t des priactpes. H
(i)I^pelQ^8,jLce^tûe|y q^? ff^^ f^îi^ ,c(ucun rapprochement. <lue luâielieu dansait comme un câbri dans «on cabinet, au mb- ^^^ oi k «mit a préndœ une -vfeolotioa «upt^if e. De am icm^
âs cet écrit pour éclkirer'le Peuple^ mais le journaliste auquel je le portai n'ôsà pasTinsérer; depuis il n'en à été fiiit at;icune usage.
^'avez-vous pas travaillé avec les hommes qui voulaient le rétablissement de là Q>tlstitution de 1793, lui dit-on encore. — ^ Non, répond-il; et, d'ailleurs, il n'y â bu
AUCUN MOUVEllKNT. "
On lui donne lecture de pièces qui établissent qu'il n'est pas toujours resté dans Tinaction. ~ Je vous ai dit, réplique-t-il, que j'étais un mécontent, que je pleurais l'insuccès de la malheureuse affaire de plairial. Eh ! bien, je m'entretenais, sanà crainte, avec meâ amis, de ce que je pensais.
■On lui dit qu'une fraction seule du peuple réclamait un changement de Constitution. — Il répond : la Constitution de 1793 avait été Baite par 4 millions 800 milles votants; le Peuple avait le droit de la demander; elle lui appartenait.
Didier s*écrie : le 14 juillet, il ne fut abattu qu'une Bastille par le seul peuple de Paris alors qu'il en existait 20,000 dans la République; dites -donc, que Paris est une fraction du peuple I
Après lui Laignejiot dit : Tu avais juré de la maintenir cette Constitution, quinze jours avant qu'elle ne fiit foulée aux pieds.
L'accusateur Bailly résume les débats par ces inots : Nous croyons que le peuple en ayant accepté une autre, c'est celle-ci qu'il faut reconnaître.
Le 35«, 36* et 37* séances sont remplies par des interrogatoires d'autres témoins portant sur les faits précé* denu. Elles furent agitées. Du côté des accusateurs on s'efforçait de justifier le changement de Constitution. Du côté des accusés, on semblait s'irriter de plus en plus à la moindre allusion qui les atteignait. < Sais-tu ce que c'est que défendre le peuple, disait Cordés, toi qui ne fais que l'assassiner ; je parie que tu t'es toujours caché quand il
s'est montré f — < Si vous connaissiez^ ajoutait Moroy, les femmes de mon quartier, vous ne seriez pas étonné de ce que j*ai dit^ car à chaque instant elles m'envoyaient au diable. Je leur avais promis du bien, et le pain valait alors 3oo livres la livre ; ils n'avaient plus de confiance en moi et je craignais qu'ils se jetassent dans les mains des royalistes. »
A la 38* séance, l'accusateur Vieillart qualifia d'absarde le raisonnement de Real. Celui-ci protesta ; il faut bien, dit-il^ que nous obéissions à vos jugements : nous sommes les plus faibles» — On le rappella à Tordre. De violents murmures éclatèrent au banc des accusés^ et on entendit Germain, Vergue, Buonarrotti et Blondeau, soutenir chaleureusement leur défenseur.
Germain, toujours le premier sur la brèche^ s'écrie indigné : « Pour vous, citoyen Bailly^ qui dites à chaque instant^ pour nous foire eiécrer des Jurés et du Peuple^ que nous voulons avilir toutes les autorités constituées^ est«ce les avilir que de dire la vérité, tandis que vous avilissez à chaque instant la République et tous les Républicains, à qui vous foites boire à longs traits le désespoir et la rage... Oui^ quand nous serons sortis^ car enfin, vous ne les guillotinerez pas tous^... il s'en échappera au moins un ou deux,... ceux-là poursuivront les suborneurs et ceux qvà, pour leur bon plaisir, auront tenu ici sur ces gradins soixante-quatre personnes pendant trois mois et les ont traînées pendant des années dans les Gichots. »
Le Président pour prouver que les instructions d'agent du Comité insurrecteur avaient été envoyées à Bodson, fit lire une lettre du fils de Babeuf à son père.
Real, indigné, prote8ta,et demanda si le Président souffrirait qu'un enfant servit de témoin contre son père. Je ne le pense pas; vous vous couvririez de honte !
BaiUy fit observer que la protestation de Real était informe à la vérité et aux mesura. Vous faites votre
4ev(Hr pgur la pren^ière im 1 grièrosit alpn plaricgn accusés.
Mais la Haate-Cour décida qi^e la lettre du petit Babeuf serait lue^â titre derenseigneaaent.
Ballyer fils, défenseur pfficte^x,décIfl^a aux Jurés qu'ils s'aparcevroat « que la seuk psssioa et riatcigue oat agi dans cette affaire. »
Oa continua jt la 39* sésncei rexamea de la correapoodançe relative aux 2®et i(/ arrondissements^ pour découvrir ceux qui avaient rempli le rôle d'agent ; mais les réponses sont constamment négatives. Les prévenus ignorent ce que Ton veut dire par Comité Insufreete^r^ JOirectoire <U Salut puèiiQ^ agents^ etc. Cazin déclare même que Gérard est un fripon, qu'il a vou^u lui faire avouer que ^ Pelle* tier fournissait les fi>nds«
Le Président demande à Grisel s'il persiste d^tns ses déclaratioQs contre Massard? -~ Oui, citoyen^ répond'^il.
Et vous Massard ? «<- Je persiste k fout nier et â-dica 90e Grisel est un fourbe.
Buonarrati à Grisel : -r Ave«*vous vu Robert Lio^et? -^ Oui ; c'est celui que j'ai le mtçux vu, et je ne çrai^ yu de (M méprendre sur son signalement : ib ^handelVe don« naît sur sa figore. Il a les cj^eveux to^t blancs, il poite des boudes, il a le neas long, il est çiaigre et a envirp^ SO'à $p ans.
Des iklats de rire partent du banc des jaocwée ^^i /oat le Bignaiemen^i tout différent^ xle L^^d^.
Massart prononce un discours dans lequel ij .qMliAl QrisAl d'infilpiip 4:yilomniat^ur. il rend^comp^ des services q4'il a rpndus A la Républiqi^e.; il reUve les pan.tradi<:tiaos de& AccusateMTs nationaux, çt lét^blit ,que ia prétendit conspiraôon n'est qu'un aàvfi.
La fin de cette séance fut oi^geuse^ les débats se ppor** suivirent entre le Président et d'autres pxévenu^>, 4ui^ toujours, déclaraient ne rien savoir dsv la prétearfue conspiration} B^lljft 14^a pafiu un ^W>\ favorable A
DufMTi Crispiki> «lon^ iiap[p9lao( un Mte d« proMli d4 et Dofbttr^ (|iû aurait pa s'approprier 8000 livret^ aa qr^ qu'il avait Mcueiliies daoa une soaisoo isolée, s'écrie : € Vous rtèyez que de pareils hommes ne sont pas faits pour prêcher le pillage detptropriiitiés* »
Gres^a fut interrogé à k séaace mivante» Il ûvùt à établir Pbrigioe dés aoroies et de la poudre tcouvéesen sa possession. Il dit que le fusil était celui avec lequel il montait la garda en gS:; il a rapporté là poindre de la Vendée. Un aubergiste de Paris confirme cette déposition^ et fiût une c ponpeuss apologie de la nxNralitéj du civisme et àt la probité « de Grespiiu
L'audition de Romaiaville dOntia lieu à de vifs débats* Vieillart dans un discours écrite fréqueQsmeot îfvterrofnpuj se plaigoit des accuiés et des défenseurs ; et dit que le Gouverndment était innocent dietf faits doot on Paccusait* Real voulut parler; le Président s'y opposa. Il ne put q^ jeter ce mot : U 7 a oonoi veoce ; tout le prouve. RÎal, écouté à la fin^ releva les contradictions de Vieillart, fit un tableau saisissant des massacres de Grenelle, et s^écrîa : Président, je vous prie de demander au témoin si cette 1>dudierie nierait pas organisée pat tk police, pour {aire assassiner la République ? Le Président s'y refusa, ce qui causa un grand tumulte, pendant lequel on entendit les voix de Germain, de Laignelot, de Romainville, et d'autres préveùuà.
L'accusateur fiallty, avec fureur : ^ Oui, c'est une boucherie, cette affaire de Gfendie; toutes les fois <iu'un tributial condamne sans appel, c^est un malheur; thais, iious, nouà ne somtnes pas ainsi... Vbus êtes ici pdur jugef Drouet et complices, mais don pour Taffaire de O^Uelle. Noos requérons qu'on s'occupe de l'affaire pour laquelle nous sommes assemblés I... »
Réàl : k ft de^na^e qu'on tie charge poitit les accusés présents de TafErire dé Grenetie et de toutes lés époques de li Rétolotioii) teiks que septembre, etc. Puisque VMllsrt nous en iû t descrimes, pourquoi voulea-vouli que
nous ne nous défendions pas ? Pourquoi le Tribuaai de Cassation n'a-t41 pas agi pour les malheureux de Grenelle comme il vient d*agir pour les royalistes ?... >
Le président et tout le Tribunal : « vous n'àtbz plus LA PAROLB. » (Longs murmures.)
Bailly : « Les accusés oublient le respect qu'ils nous doivent, comme au premier Tribunal de la Républi*
que. »
Cochet ; « Vous nous le devez aussi le respect^ comme malheureux. »
La Haute-Cour se retira ensuite^ pendant quelques instants^et revint prononcer uu jugement portantque TaSaire de Grenelle ne donnerait lieu à aucun débat dans Feaceinte de Vendôme:
Vadier,la fille Montbrison,Laignelot,ex-conventiei8ont entendus : ce dernier déclare ne rien savoir de la prétendue conspiration.
La citation de papiers trouvés chez Drouet donne lieu aussi à de violents débats.
La 41* séance s'ouvrit par une expertise d*écriture attribuée à Drouet. Hargez, expert déjà cité aux débats, déclare que ni la lettre, ni la signature ne sont de Drouet. Laignelot répond qu'il faut que cet homme soit un sot ou un scélérat : il a dû voir les pièces avant de les examiner. Drouet, en écrivant devant vous, ajoute-t-i(, vous fera voir que vous n*étes qu'un sot. VieiUart veut venger l'honneur de l'expert; de longs murmures l'en empêchent.
Plusieurs accusés se plaignent qu'on éternise l'affaire ; elle aboutit, en e£Eet, à des niaiseries. « Nous sommes fatigués d'être dans les fers, disent-ils ; il y a huit mois que nous sommes à Vendôme ; il y en a quatre pour votre
aisir... »
L'interrogatoire de Ricord est, comme les interrogatoires précédents, la négation de la conjuration.
Buonarroti observe que les Accusateurs nationaux ont bâti leur accusation principale sur ces mots ; bonheur
commun. Or, ces mots qa'on attribue aux prétendus conspirateurs, sont inscrits tout au loing dans la Constitution de 1793.
La séapce suivante est occupée en partie par trois femmes^ dont Tune, est femme de marchand de vin. Qu'a-t-on bu, qui a • payé^ un . tel avait-il ce gilet, qu'a-t-on dit ? Voilà en quoi se résuinent les questions de cette journée.
Le procès, dont le retentissement est si grand, devient^ à force de iximuties, puéril et grotesque.
On entend la citoyenne Lambert ; écœurée elle-même de ces débats, elle répond au Président : < Si ma précédente protestation ne suffit pas, je vous déclare de nouveau que je proteste contre votre compétence. >
Boudin est questionné. On l'accuse d'avoir fait des jalons et des bâtons. 11 reconnaît avoir fait des bâtons. Il répond non à tout le reste, notamment lorsqu'on lui pose cette éternelle question; < Avez-vous eu connaissance d'une co.nspiration ? » Lorsqu'on lui demande auand il a été arrêté, il réjplique : < Le 21 Soréal, par la grâce de Dieu; et, depuis ce temps mes enfants meurent de faim !.. > N'avez-vous fait aucune confidence à Naudin. — Non. —
Il l'a dit. — Cest un fourbe ; je suis connu dans tout le Cauxbourg pour un honnête homme;; voulez-vous tout le fauxboiirg pour témoin ? Je vous le ferai venir.
Vadier et Amar, questionnés, répondent à tout, très fermement : Non ! Non 1 — Amar ajoute qu'il n'est pour-suivi, ainsi que la plupart de ses malheureux compagnons d'infortune,; que pour leurs principes démocratiques, et parce, qu'ils op.t terrassé les ennemis du Peuple.
C'est l'exacte vérité, et elle s'aflirme, de plus en plus, â l'approche dû terme du procès.
A la séance du 25 germinal (48^ séance), le président dit aux 'prévenus qtre sî;^ comme il avait cru le temarquer, ils désiraient voir ^aivancer k procédure, il Jes invitait à. ne &ire que dei'ObKrvations utiles. '
Clen»» tùUeufj n'ujaiH Vk^tof. f«s ^pn^ à \îp^ ti^
attcuaé do SttW9t twr h U^H 4e9 ^QWPI^ coa9^ «QpfPJ^ de la Commune : il dit ne rien savoir de tout i^.
L|imberté| fut Timprimeur des placards de la conjuration. Il le reconnaît, mais il refuse dç dîre'^ui lui apporlait les copies. Son attitude est telle qu'il en résulte de Y^ves jBiItércations entre' lui et le président. BailTy Ini fait une réprimande paternelle. Lamberté déclaré n'avoir rïen imprimé après la loi du 27 germinal, et dés lors, n^être pas Timprimeur d*objets imprimés le 4 floréal. Son nom figure,' lui dit-on^ sur une liste de Représentants do Peuple. Il réplique qu'on ise trompe, qu'il ne s'appelle pas Lamberti, Il prononce un di^ours énergique sur la liberté de la presse^ et fiiit une vive peinture de < Ilmmoralité du Gouvernement et de la scélératesse du tribunal^ » qui loi a constamment refusé la levée des scellés.
Baill^^ avec colère : il est un fait certain, ce sont les déclamations réitérées des accusés contre le Gouvernement et iè Tribunal. TU veulent tout décrier^ tout dégrader^ tput détruire; ils vous parlentà chaque instant du jugement de.Greneltç I On vous dit que c'est une tx>ucherie... Eh biénj l'affaire de Grenelte était un nouveau délit qfoi ne poqvait pas être ajouté à l'affiilre de Floréal (grand iriiit î longs murmure^; tnais c'était la continuation de la conspiration [très longue agitation). On ne doit pas souffrir que des accusa vomissent à chaqtae moment contre là ^torités con^ituées .{vi/s, murmure^. Cest la troupe et le Peuplé qu'on veut exaspérer.:... [longue agitation).
ûoulart^ commissaire de police^ questionné, dit n'avoir rien vu de repréhensible dans les actes de la société. On lui montre une liste ob il figure comme bon pour commander un rassemblement ? Il répond :'ce n'est pas ^posalbk8;j)me st»is,pas' mitkatre. lUm ;|Utre U9S» U dâ^jgne «coQune; Mcmb» du Qoiineirneiiiant.de iVurîs ;. in'ftyaal fm frit laiiste,'dk«âl^ il.Be.peoCicpjttrejreiponaiible. On lui demande ce qu'il entend psr.AonèfliriMsiiwv^et Ment fait
SAiRBs 4 LA VIE DU PAUYRB et le crédit du p^»ie^<nMlOttlie.
Antoine Fiquet a été porté sur la liste des conjurés. 11 y figure comme bon à administrer révolutionnairement. A cela il répond au Pr&ident : je ne peux pas empêcher qa^on me porte sur une liste ; on pouvait vous y porter aussi; on a bien porté Cochon sur celle des royalistes ; pourquoi n^ést-il pas arrêté avec eux ?
Vergne^ ancien conunissaire de policej mis hors la loi le 9 thermidor, comme ancien membre de la Commune de Paris, dit n'avoir jamais eu connaissance d'une société 3e Déhiocrates ({ui avait des agtnts. Il a vu des ^oupes^ oui^ mais de muscadins, d'agloteUrs, de voleurs, au Petit Coblence^ et il avertit plusieurs fds le Gouvernement ; mais ndéê né lui serait jamais venu de signaîef des ra«seml)lements de Patriotes;
D'autres témoins sont entendus ; et leurs dépositions sont comme les précédentes, aussi rnsrgnifiantes pour le )[>rocès. A toutes les questions ils répondent mvariabletneiit : Non. DScidtîment les thargcfs ne seront ^mais accablantes.
Uun d'eùt prononce on discours wt Y*injustice d« Gouvernement qui a invbntâ la conspiration du '2 ri^oaiAt.
H)Ull SB DirA/RB DBS ROMES VK& 'PCtTS ^NnoiQUBS Vf LES PLUS IPROBESj qu'il IW'a TU XXSKMUnLK.
Un aûtt-è dit : f ai cohnaissanct cPuiie conspiration^ de
CBLLB QUI yCSt BirhréÉ DAΫS XA tÏTB OB OÎttSEl.
t?est à cette séance iqu^oii ihtcrrogealeWgenc&ftre'Potau-
%ux. Iln'arienvû^ fitti entettdu, il ne x:onnttît ai les
personnes, rk les choses. 'Tb&e fut en substance sa réponse.
n produisit des certiiicatsde^ ttoyfnune attestant <)ue4a
tranquillité n'en avait pas été th)c^blée. X^uéMkl "il etlt
connaissance de la ronspihiiion^ fl se rendit, dé (uinMéme,
cnprtsôû.'Srietië craignais de fâcbcr le cStoyen ^fiailly^
ajoute- t-il/ie parlerais contre le 'Gouivemement <}u4 m^a
placé, ainsi que ]^iLsieurs autiis^^ dans cette conspiration,
saûs qu'il existât rrenimitre nbuâ. (lè^îvie rentre hsi et
le Président une longue discuetîon qui est close par une levée de séance.
L'interrogatoire de Taffoureau, dé St-Omér, un des amis particuliers de Babeuf, ouvré la 44* séance.
On lui demande s'il a eu connaissance de la conspiration du 31 floréal ? — Non, répond-il.
S'il a entretenu quelques correspondances avec Babeuf ? — Ouiy jusqu'en vendémiaire à peu près.
S'il est exact qu'il ait censuré Babeuf pour uii écrit que ce dernier avait fait ? — Cela est vrai.
S*il n'était pas membre d'une réunion à St-Omer^ od on lisait les journaux ? — Il y alla quelquefois^ mafs pendant peu de temps y parce qu*il fut incarcéré quelque temps après ; et» comme ils ne prirent aucune part à son malheur, il résolut, à sa sortie, de ne plus les voir et de vivre en solitaire.
On l'avait désigné pour représenter le département de Ja Vendée^ — A cela Taffoureau répond que le scélérat de Girnot n'est pas novice en découverte de conspiration, puisqu'il y a quatre ans, il inventa la fameuse lettre an* glaise, au ^oyen de laquelle il fit incarcérer une infinité de personnes.
Toulottç, également de Saint-Omer, interrogé^ proteste contre la compétence de la. Haute-Cour« On lui donne lecture d'une lettre de ragçnt.du 7* arrondissement au Comité insurrecteur, dans laquelle son nom se trouve mentionné* Il répond : Çommp je ne veux pas en sortant d!ici, citoyens Jurés, avoir une place aux Petite^-Maisons, je vous^serve que dans les conversations que j'eus avec le frère Carnot» il ne fut question ni de Pitt, ni de Cobourg; Cochet pe^t vous ratfj:ster. . .
Cochet :. Ce que di; ^Ç^Ip^^^ ^^^ ^^^î* -r
Le Président à Cochet : Vous parlez â présent^et quand viendra votre tour, vous ne voudrez rien dire.*
Cochet : Je parle comme témoin, pour rendre hommage à la vérité^ et non comme accusé, '
Interrogé à son Cour^ CÔchél, se borne à fehouyèler sa protéstàfiondii^S tuiiinaire; puis il prononcé un discours dans lequel il fiit lé tableau dé ^ vîé et sa profession de fol, et qui se termine par dé vives attaques contre lès injustices de la Haute-Cour. En vain le Président lui dit prùsîeurs fois qil'il n'a plus la parole; ît continue fus- 4tra ce que les gendarmes, en* le prenant par le bras» le ftirœnt à s'asseoir et k se taire.
Il me semble, dif CdcUety rouvrant' son discours, ^ûè' ▼ous' n'aimez pas là vérité; mais vous n'y gagnerez i^ein; te livfènu tout à l^impVèssidn. Vous avez bien fait <le mUnténômpre; je né faisais que commencer.
Le t^résident énit par d^larer ^u'U n'exisUs rien, dans les piécéé du procès, contre Cochet, et ^ue cWt séuleinent par sa &ute qu^il a été mis en accusation.
Antonelle, Philips, Dûpûy fils, et autm, sôn\ qoestionnés à propos de la inention iaité de leurs noms pour reihpùr, au nom du Comité* insurécteur^ c^es fonctions gibllquesy comme celles, notamment^ de Ministre ^es Finances. Ils disent ne pas même se douter qu'il 7 avatt ud projet de conspiration.
Maurice Roy, prévenu, se recommande aux Jurés. Il est détenu depuis un an, pour une lettre arrêtée' à la, poste, a« m^ris des h>is de la République, tandis que l'auteur de la lettre n'a pas été inquiété.
Real fiût observer que le crimede soustraction de lettre ftt panidedeuxansdefers^; etquesottsle régime delà Terreur, on n^auraît pas osé agit ain^r.
Plusieirri( pèta^ôhliés^ dôtft ^ayte", fùfénrt ftitétrôj^ pendant la 45* iléhnds; ^ détniey, ^ttÀ t«Mtf p¥6ufver <ltfeti vôtilait ftk>R6tt XÉa( Aét^iLiCAiM, (jfékf k OottVer- MiiMt n'avait li^tVih^ ilx d6Hëf^i*i¥ioil ds Fix^<i^ que i^ANs CB BOT, et que" le» Ditedr^mis* Hr lOte» éiteiMt M ^M^Mifds 4Vic ttft; fuV VivèdieMi inte^Hffpal? BiHly, qui pritf avd£ eHafeiilP/ Itt défi^Ésë àài Diitt^eUs^ ée ^
BlondeaUf questionné s'il connaît une faction qui voulait le renversement du Gouvernement, dit : Oui, je connais celle qui a fait égorger les Républicains par milliers^ depuis le 9 Thermidor, ainsi qu'on a fait à Grenelle derliièrement.
On lui demande s'il a lu plusieurs papiers émanés du Comité fnsurrecteur, tels que le Tribun, PEclaireur^ les Cris du Peuple Français contre ses oppresseurs^ etc., etc. — Il répond affirmativement.
S'il a dîné plusieurs fois chez Le Pelletier. — 11 répond plus affirmativement encore : Oui, je m'en fais honneur ; c'est le firère du premier martyr de la Liberté et il marche sur ses traces. Vous osez, ajoute-t-il, me faire un crime de cela; voulez-vous que j'aille manger chez Cabourg ?
S'il a été, le 7, dans une orgie, rue de la Tannerie, et s'il n*a pas dit à ceux qui s'y trouvaient qu'il voulait enlever Drouet, Babeuf, etc. — ^ Oui, j'ai été boire bouteille rue de la Tannerie avec un ami ; quant à Drouet'il n'a pas d'autres crimes que d'être Démocrate et d'avoir arrêté le tyran à Varennes... J'ai accepté la Constitution de 93, avec tout le Peuple français, mais je n'ai pas accepté celle de 95 , parce que je n'étais pas libre, et si les royalistes se levaient pourlarenverser, je suis prêt à verser tout mon sang pour elle.
On passe aux débats du citoyen Félix Le Pelletier. La base de l'aocusation est toujours la fameuse dénonciation de Gâsel, qui, présent, la confirme.
Le Président demande à Didier s'il n'a pas fisit imprime^ le cachet du Dilatoire insurrecteur. Didier répond : Non, puisque je ne connaissais pas ce Directoire.
C'est le tour de Babeuf d'être questionné.
Le Président lui dit : N'av^-vous pas connaissance que le plan de l'organi^tion du Directoire insurrecteur ait été envoyé à quelqu'un des agents ?
Je n'en sais rien^ répond Babeuf; cela ne me regardait pas; mais je crois qu'il n'a été envoyé à personne.
A ces mots, le Président l'interrompt vivement et lui
lance cette violente apostrophe : Je ne yeux pas vous laisser mentir davantage... Voici celui envoyé à Grisel!.;.
C'est toujours le traître Grisel^ on le voit, qiy est rflme de l'accusation.
Le Président fait remarquer à Babeuf qu'il s'y trouve quelques mots de sa main. •— Ils auront été écrits, sous la dictée^ répond-il.
La situation réellement secondaire de Babeuf dans tous ces préparatifis de lutte politique, qu'on a qualifiée du nom • de conjuration^ s^affirme par cette déclaration : il n'était, en réaÛté^ que le secrétaire d'un Comité de Démocrates.
Vous viviez en commun avez Darthé; comment vous arrangiez- vous? — Il me disait ce que fe devais et je payais^ répond Babeuf.
La 46* séance fut lugubre.'
*Bailly y prononça un long discours dans lequel il cita une foule de pièces pour prouver la conspiration. Il affirma que la conspiration de floréal était là continuation de celle de prairial an 3. Il s'efforça d'en détruire la moralité et d'établir que c*était à &ux qu'on accusait leGouvernement d'en être l'instigateur.
Son discours se terminait ainsi :
< Et l'on dira que les conspirateurs de floréal ont eu des intentions pures I... Et l'on oserait prétendre que des hommes qui seraient conviainçus'd'avoir^volontairement prispart à cette fiflreuse machination seraient acquittés ! . .. Et l'on se flatterait de trouver dans le Haut-Jury qui nous entend^ quatre hommes capables de les absoudre I... {Murmures). •
« Certes, ce serait une abominable calomnie; le Haut* Jury est composé d!étres vertueux^ de républicains sages, et amis de l'ordre et des lois. »
Real, se levant, crie avec colère à £ailly : «' C'est une
inftmiel... On n'a jamais vu d'homme aussi akéré du
sang des RépubUcaîns I... Il déshonore le Tribunal 1... >
Voulez- vous répéter cette phrase ? lui dit-il. Bailly la
r^pàte i ejt aloa éclat$iitcte loag^ manwreSr q^ obligeât le Pci(ftid€iit à fiiire rçtirer les accusa.
Nous vdibî arrivés à la 47* séance (8 fforéal) ; les débats vont se précipiter.
Baîlly continue ses accusations. Hier, dit-il, nous avons prouvé la conspiration. Nous allons examiner aujourd'hui s'il y a parmi les accusés des individus qui en sont acteurs ou complices. Nous ne classerons pas, •aJQutc-t-il,H[es accusés : c'est l'affaire du Haut-Jury; nous ne rec^uerrons pas Tapplication de la loi : elle apparaît au tribunal ; mais, nous allons faire connaître par des faits quels sont ceuf des accusés qui ont, « par des faits matériels, pris part à cette infâme conspiration. »
Babeuf, en est un des chefs, dit BalIIy ; une /grande partie des papiers est de sa main ; il a été pris oh milieu fewc ; et la oiCLARATiaii i>s Grisbi. L6 PROUVE.
Buonarroti, ajoate*^!, s'est diatifiguédana le cours <kt débats par beaucoup de décence et d'urbanité ;. et 1« conduite qu'il y a tenue intéresse en sa faveur ; et nous nous^ défendrions vainement d*un sentimmtde regret de le voâr un des principaux conspirateurs de floréal; les- écrits de sa main, qu'il a reconnus, et la déposition de Grisel le prouvent; d'ailleurs il a été pris chez Babeuf, au milieu des
papiers,
Charles Germain est depuis longtemps Tanû de Babeuf. Nous ignorons sa conduite pendant la Révolution ; mais il a été incarcéré avant Thermidor et après, ce qui ne prouve pas en sa &veur ; il nous a parlé de blessures reçues à l'armée, mais qotet-ce que des blessures quand on a coopéré à l'ioâme coup de floréal ; il y a une quantité de pièces de lui qu'il a reconnue»; il nous a dit qu4I n'avait voulu servir que le Gouvernement, aaaâs^ je^ pense qis'aucun Juré ne k^roim; ila^été>aflD6té>daasle rassemblementicbes^ Dufour ; il est «usai ua des cfacfr4
Le.citoyen Dastbé a oefosé de reooanaitoc; Im Hiauie»*. Couc; il y ai aui^i die bii biMitcoupde pitees^. encnc anlres
edle : Tuer les emqx nous le ngaiidom àoamt tut des chcËBL
Dîdief n'est Paiitouff cPftHCttne cbes piècesi, mais il s'est troavé à plusieurs s&uices des aonspiralears; bdéposhion 4e Grisel k prouve; nous Ip regardons aussi comcne un dea conspirateurs.
FiUé était le copiste du Directoire ; mais il a l'imagina* tion très faible et nous croyons qu'il n'y a pa& en nuto*» Taise intention de sa part.
Les citoyens Massart et Pion sont mentionn£s danc quelques pièces ; mais la plus Beirte charge contre eux est la déposition de Grise!, d'après laquelle nous croyons qu'ils ont piôs une part active à la conspiration.
Moroy, Caaîn et Mord étaient agents; leur cokrreapon* daoce prouve qu^lsont coopéré à la conspiration.
Il nf y a que deux pièces de i'accusé Goolart; mais eites prooveptt — loujourtiemot prouver 1 -*- qa'ily acompUcité*
Lamberté est l'imprimeur de la conspiration; ilaitQprimé après la loi do 27 germinal ; nous croyons qn'il a eu riatenjtion de coopérer à la conspiration.
Arrivé à cet endroit de son discours, et au moment de clore la séance^ BaiUy dit : je ferai passer aux accusés mon discours quand il sera imprimé.
Ferez«vous aussi imprimeries nôtres, demanda Real.
Cela vous regarde et non nous, répliqua Bailly.
Voici qu'elïe fut alors la réponse digne et juste de Real : Nous ne nous battons pas à force égale. Les accusés n'ont pas d'argent pour &ire des Impressions. En vous feisant imprimer, les Jurés auront toujours les yeux sur les accusations^ sans pouvoir voiries défenses; cela est désavantageux aux accusés.
Cela ne nous regarde pas. — Telle (ut k conclusion brève et dure de l'accusateur Bailly.
Toute la 4&® séance fut remplie de la suite du discours d^ fi^Uy^ comprenant les derniers, aqcusés et les coatu« maces. Nous tn continuons l'analyse.
Nous regardons Laignelot et Ricord, dit-il^ comme chefs da parti des ex-Conventionnels ; ils se sont réunis au Comité însurrecteur; nous pensons qu'ils ont travaillé activement à la réussite de la conspiration.
La conduite de Qercz n*est pas exempte de reproches, car il n'a point voulu reconnaître Grisel; mais il ne s|iit ni lire, ni écrire^ et sa conduite pendant les débats milite en sa faveur. .
Les conspirateurs ont été arrêtés chez Dufour ; mais tout indique que ce dernier ignorait ce qu'ils y allaient fiûre; nous ne le croyons pas coupable.
Il n'existe rien contre Amar, Vadier, Dupley père et fils, Cordas, Antoine Fiquet, Philips^ Potofeux, Crespin^ Vergue^ Lambert, Antonelie, Mugnier^ Thiéry, Breton et sa femme, Drouin et la veuve Monnard, et Maurice Roy.
Sophie Lapierre était la chanteuse révolutionnaire des rassemblements des Bains-Chinois, mais cela ne prouve pas qu'elle ait conspiré.
Des oui dire accusent Adélaïde Lambert. d'avoir engagé 2000 volontaires (111. ..)j i^&îs rien ne le prouve (III....)
Boudin et Reybois devaient avoir connaissance des mouvements anarchiques; mais nous ne croyons pas qu'ils aient eu la volonté de renverser le Gouvernement ; nous nous en rapportons à la coi\science des citoyens Jurés.
La mention des noms de Taffoureau, Toulott^^ Cochet et Nayez^ .sur les listes des conspirateurs^ les avait fait comprendre parmi les accusés ; mais il n'existe aucune charge contre eux. .
Fossard était un des plus chauds patriotes de Cherbourg; cela ne prouve pas en faveur de sa moralité; mais cependant il n'existe aucune preuve contre lui.
Il est prouvé que Blondeau a été à l'orgie du 7 messidor, et qu'il y a fait prêter serment, le pistolet à la main, d'être fidèle à Drouet, Babeuf et autres ; quoique ces faits soient postérieurs au ^i floréal, nous croyons qu'il est UQ des conspirateurs.
On passe ensuite à l'examen des accusés contumaces.
Pour corroborer la niposiTiON nl Grisbl^ Bailly en 6dt lecture, ainsi que d'une quantité de pièces^ et déclare
qu'on « NB PBUT, SANSCRIMB^ Y DONNER LB MOINDEB DOUTB..»
Le citoyen Drouet, dit-il^ n'est atteint que par cette déposition ; mais cela n'empêche pas que nous le regardons comme ayant personnellement^ sciemment et volon* tairement coopéré à la conspiration dn 21 floréal.
Grisel a dit que Robert Lindet s'était trouvé à la séance du 19 chez Drouet; mais qu'il l'avait appris par Drouet loi-même.
Vacret était Tami dé ûizin; les pièces nous obligent de croire qu'il a pris part à la conspiration.
La correspondance de.CUude Ficquet prouve qu'il était agents et qu'il a travaillé activement A la conspiration.
il n'y a pas de pièces de Guilhem ; mais tout prouve qu'il était agent.
Aucune charge ne pèse sur Baude, Jorry, Parrain, Cbrestien et Monnier.
Reys figure sur plusieurs listes ; c'est chez lui que le comité militaire s'est assemblé le 12 ; mais Grisel nous a dit qu'il n'était point du secret; cela diminuerait bea^ucoup les charges qui sont contre lui ; et nous déposons ces réflexions dans la conscience du Jury.
La correspondance de Menessier était très active et prouve qu'il était agent, ainsi que Bouin. ,
Joseph Bodson n'avait pas les mêmes opinions que Babeuf sur le Gouvernement révolutionnaire^ mais, malheureusement, tout nous prouve qu'il a conspiré.
Les déclarations de Meunier et de Pillé chargent beaucoup Félix Le Pelletier; on croit qu'il fournissait des fonds aux conspirateurs et qu'il écrivait pour le succès de la conspiration.
Rossignol est partout représenté comme prêt d'agir dAos le mouvement, et il s'est trouvé à^ beaucoup de séances des conjurés.
Cordeburd. dans les lettres qa*il écrivait à Reybpis, témoignait de l'intérêt aux anarchistes ; mais il fiaut des luts^jpérsoi^nab ot nous n'en AViiuis pas.
A tout ce qui vient d'être dit se résume ce qu'on avait pu découvrir de plus grave contrôles prévenus après ofl# enquête colossale.
L'accusateur fiailly termina son discours^ ^a invitant tous les Ffançais^ de quelque classe qu!ils fussent^ à se rallier au Gouvernement et les Jurés à lanooanseff ka accusés innocents, mais à ne pas fiublir centre ka coupa- Ues. ' -
Babeuf prononça ensuite un discours écrit, paclaqvd il demandai huit fours au tribunal pour rédigsFsa débâse; il ne lui en fut accordé que quatse.
Gettê fois nous tou^ons au démuemeot.
Après six jours d'intervalle la Haute-Cour reprit ses délibérations.
D^ l'ouyer^pre dq cette ^fance (la 49^)^ \^ parole fut donnée à Babeuf pour présenter sa Défense génitale.
Suivant son habitude, il l'avait écrite et en donna kcture.
L'émotion gagna de proche en proche, à mesure qu^l parlait, tous lés accusés sachant que leur sort était lié au sien.
Çettç Défense générale;^ qqe nous reproduisons 1(iiextenso dans notre secpnd volume, d'après le manuscrit auf paraphe de Babeuf, se compose d'un exonte et dp quatre parties, que nous allons analyser.
^» QB?I%»fl<»ï c?«Mf V» y Pflt pri^ B^rç ?
On a TU que pressé de déclarer le nom et Ip ((çp|)fif: 4fi ^ çfplB^çe8, Bfi^uf r^pqqdit fi^rço^t : « Qn me çoo- B»it WW W»l ¥ l'oA rvfi croit i^ss^^ lâch^ pow deyfnif ^ dénonciateur <îes amis de la Liberté. »
Iffins l'espoir de p^loi^ger les débats çt d'^ccrol^ ainsi ses chances d'acquittement, BabeUf tivs^it, en outre, demandé l'audition de (^yatce témoips, dont Tufi résidait à Algefj l'autre à Cont^ntinople, et les deux derniers en Amérique; mais les juges usant de leur pouvoir discrétionnaire s'opposèrent à cette audition qu'ils ne jugèrent Pif, a?Aç rai^m, nà^v^m*
jtp^n^ te Miflisfèr» pufaCc jiui 4éfrn4it d'ab^rdtr Iss qimtim^ 4e pdnc^p^j le rameiiiiH toujours ao fait pripcîiiU i)e la ^«iie : la coQ>uration ; de sorte qoe les Baixiai- TÎMe* avakpt M jusqu'ici à p«u près i^ùlta à diiguter
in Mu.
H«M oa anit pwmia A Bbtieiif que dans sa défmsq géi)âi»le»ildir4it tout ce qu'il virait. CpH ae qu'il feia.
AxFant de soumettre aux Jurés sa défensci Babeuf crut devoir leur en présenter, en quelque softe^ la préface, dans une eourte analyse |H'éliminaire| afin qu'ils pussent mieux embrasser le plan qu*il avait adopté, ses divisions et l'enchaînement qu'elles avaient entre elles.
La dÀ&nse devait nécessairement occuper plusieurs séances, puisqu'il y avait ft répondre à un acte d'accusa-i liea qui comprenait plusieurs volumes de pièces à charge.
Au cours des débats, Babeuf avait été entravé souvent dans ses moyens de défense, et il avait dû laisser fondre sur hii la gâélé de traits que l'accusation lui lançait, sans pouvoir en repousser presque aucun.
L'inconvénient de ne € pouvoir parler sans préparation»^ -* ce sont ses expressions (i), ~ lui avait surtout interdit les Mpliques au cours des débats ; mais le moment était venu dV>pérer un grand acte de résistance.
Il allait parler, manuscrit en mains, pendant fort longtemps.
• Loss qu'on saura que le manuscrit de k défense géné-
(i) Ailleurs, U parle de sa c mémoire ingrate n et il dit : • L'avan-* tage qu'ont su tirer de mon Incapaeité ab^lue de donner le moindre
â^^pan^^oi pav disomira îiBFS«?isé... »
raie de Babeuf se compose de plus de deux cents feuillets in-4, et que les discours accessoires sont au moins aussi étendus, on comprendra qu'elle dût être Timpreasioa produite par cette défense sur les Jurés et les accusés euxmêmes.
Après certaines considérations générales^ dans lesquelles il annonçait que sa défense générale réparerait tout ce que le débat particulier avait pu avoir d'imparfait^ tout ce qu'il avait laissé de lacunes^ de désordre et d'obscurité, dans les explications, Babeuf parla de l'importance du procès de floréal, puis de l'institution des Jurés ; il fit au Jury une apostrophe éloquente^ et reconnut en lui une vraie représentation nationale. Il dit que seul, le Jury avait le droit de juger dans une Démocratie représentative. Il rappela la doctrine sacrée pour laquelle il était poursuivi. « Ah ! certes^ — s'écria-t-il, — - nous ne sommes pas les premiers que les puissances delà terre persécutent pour des motifs à peu près semblables. Socrate, combattant le fanatisme, but la coupe empoisonnée; Jésus, préchant aux hommes l'Egalité^ la haine des riches, la vérité et la justice, fut cloué vif au poteau ; Lycurgue s'exila pour éviter d'être crucifié par ceux qu'il avait rendus heureux; Agis^ le seul juste d'entre ks Rois, fut tué pour avoir fait exception à la règle ; les Gracques à Rome furent massacrés; Caton se perça le sein; Barnevelt et Sydney moururent à l'échafaud ; Margarot végète dans des déserts ; Manlius est précipité du Capitole ; Koskiusko languit dans les cachots de Pétersbourg; James Welion est déchiré en lambeaux ; et chez nous, dans notre Révolution, Michel Le Pelletier périt sous un fer assassin!...»
Puis il reprit :
« Peindre l'importance de la cause qui vous est sou*, mise^ l'influence terrible de la résolution que vous prendrez, qui décidera inévitablement du résultat de la Révolution, du sort de la République et de tous les Républicains, et qui arrêtera ou maintiendra les progrès de la
raison et des vrais principes chez les autres Peuples ; exposer la grandeur et la sublimité de vos fonctions^ montre lesmotifis réels de votre accusation, ^qui ne sont autres que le propagandisme exercé par nous des principes éversifs de toutes les tyrannies ; évoquer l'ombre des héros par tous immolés pouc le même crime; prédire la proscription prochaine de tous les amis de la Liberté, dont les cadavres serviront de marche-pied au trône aussitôt rétabli ; prou* ver que cette cause, dans une véritable démocratie, serait jugée parle peuple lui-même ; déduire la nécessité de la plaider ici^ devant ses représentants judiciaires, comme devant lui-même; rappeler à ces représentants l'obligation de la juger au nom du peuple^ comme il le ferait lui méme^ c'est-à-dire conformément à son intérêt général :telles seront les matières d'un exorde que je terminerai par l'annonce de l'ordre qui sera suivi dans les autres parties de mon plaidoyer.»
Babeuif déclara ensuite qu'il n'adopterait d'autre marche que celle des accusateurs nationaux^ dans leur exposé du 6 ventôse, et qu'il avait divisé sa défense en quatre par* ties principales^ concluant qu'il n'y apas eu de conspira* tion du 21 Joréal, et que àès lors^ ilny a point de cons-pirateurs.
Dans la première partie qu'il intitule : Coup d'œil gé- NiRAL SUR CB GRAND PROCÈS, Babeuf examina d'abord quels personnages, quels noms y figuraient; et il présente comme contraste le tableau de la Révolution et de son but dans le sens des vrais Républicains, avec celui ds la Révolution et de son but dans le sens des Accusateurs nationaux.
Il aborda ensuite ces questions : Y a-t-il eu conspiration ? Qu'est-ce qu'une véritable conspiration ? Suis-je on consfirateur? A cet égard Babeuf établit qu'il ne fut < qu'Apôtre des principes de la Démocratie pure^ » parce qu'il croyait qu'elle était « le seul but de la Révolution ; » qu'il s'était opposé de toutes ses forces^ mais seulement
(3po>
comme écrivain ^ à ce oue son dernier ré<i|lt^t fut le. 979* tème ari8tocr9.ti(}ue. Puis il exposa h situation de lit République après le i3 vendémiaire an IV, époque k laquelle les Accust^teiirs faisaient remonter l'origine de la conspiration que Babeuf nommait : appstol^t démocra* tique. A cette époque, dit-il, le peuple était royalisé^ et il avait des raison^ pour l'être; Babeuf tent^ d^ le amener au ^irpn de la République, et c'^st alors qu'il publûi sa doctrine du bonheur commun^ qui dérouta les projets du. royalisipe et rattacha le peuple à la Révolution. ^
Quand un peuple, disait-il, « fait une Révolution, c'est parce qvye le jeu des institutions vicieuses a tellemeiit pous^ ^ bout les meilleurs ressorts de la société que U plupart de ses membres utiles ne peut plus subsister dans la méipe position. Elle se $ent ma] à l'aise dans cette position; elle a besoin d'en changer et elle s'agite pour y parvenir. E^ société a raison dans ce cas, parce qu'elle, n'est instituée que pour étre^ en masse^ la plus heujneqse pqsajble. Le but de la société est le bonheur commun / » Et il ajoutait : < Le but de la Révolution est aussi le bonheur du plus grand nombre* Donc, si ce but n*est pas atteint, si le peuple n'a pas trouvé la plape meilleure qu'il cherchait, la Révolution n'est pas finie, quoique le disent et le puissent vouloir, ceux qui ne désirent que substitua kiiP.damiMtiQn * um auti^'; ou hm, 4i k Bi$mlutioa était fime» «U« n*«jiiw(t i^ qu'uA gK^ni mwfiu »
Bebfêsf pro«yit, à cm égard, qu'il ue s'^it inspiré quf» dea plus jmnds pbilosopbei, notamii^qii^- 4e c^ui qui atait écDÎt ; 4^Le bcM»}iettr est uae idée Gt^vq en Europe... ti«.aouârc% point qu'ii y ait an malbeuireuj: on udq pnsos^ dans l'Etat... Que l'Europe apprenne que vouant voûtes fàm Ut^ %Erei/sic^r sur le territoire, français... Les malheureux sont les puisj^nces d^ la, terre;, ils ont le droit de p^iVler en m«ître «ijix gQuyern^ment^ qui Ips ^iéglligen^..;^ Çette^ 41 bonne cpuvre » llui valut la prpscsiption dut ÇQUverQçpient et servie à, fi^er l'oirÂgine 4e sa prétendue ^Q^Apir^tioDK Pour ^MO^r p0f, U ^ite ^éw^i \^ ^4^
(Sbl )
ims€M dam VAnàtyêe^ qu'il reeottBâistak 6tr» Paoalyse fidèk de» pmcif es qu'il avait proclaofté» dans le Tribun et ea avoir autorisé la publicatioiv^ les AceuBateutf» natio* flaax avaient fait de cette pidce la partie essentielle et londameatale de la eonspiraCiOQ* C'est eUe^ en efTet, ffti figore da«6 Ta^usatioD^ sous les titres- de x- Pillage d^s ' fropriétés, M agraire ^ brigandage ^ dé^aei^tiùn^ désor^ gânhatiort^ affreux système, subversion de Perdre sù^ cial, etc.^ devant avoif ponr conséquenoe € la destruction « de Pespdce huoMltney le retour de ce qui sufvtvrakà € l'état sauvage^ l'abandon de toute culture- et de toute < industrie^ etc. >
Cette accusation fut la base de toutes les autres^ telles que celles de vouloir renverser le Gouvernement de lygS^ rétablir celui de 17 93, et faire massacrer un grand nombre de citoyens*
La doctrine du bonheur commun, dans la pensée de fiabeuf, n'était. < autre chose que la vraie Démocratie, but de la Révolution et but de tout» association civile. »
11 entendait par ces mots le Bonheur de tous, le bon^ heur gérrérai, ^l il défiait q^'on lui prouvât qu'en se râunissant en association les hommes aient pu avoir d'autre volotfté que celle d'être heureux. « Tel fut le contrat primitif, » suivant lui •
Il ne 8*était arrêté» parait-il^ à ce système^ < qu^ed pure spéculation » et il ne se flatta « jamais de k voir établi ^ et que c le peuple fut disposé à l'accepter. » Les développements dece S3rstàme^ publiés dans le Tribun, établissent^ par le rapprochement et le parallèle des principes des Accusateurs nad|nauz et des siens, qu'il ne fut « q^e le disciple et l'écho de plusieurs philosophes législateurs » que les gpuvernementS' royaux ne s^étaient pas' encore avisés d'accuser de conspiration.
A ce sujets U invoquait surtout Jean-Jacqûes Rousseau, Mably, le sincère ami des hommes, Diderot» Te partisan 2élédu bonheur-commun, de < Végalité dejait qu'on a titNlultepai<lrfliét>iM^qf««» •
Arrivant à ceux de ses contemporains législateurs qui, eux aussi^ ont prêché la doctrine de l'Egalité, il rappds que Tallien écrivait en février 1793, dans son foôrnii IMiftf des Sans^Culoties (n« 71) : « On parle beaucoup d^anarchie. Je réponds qu'elle cessera du moment oti là agents de la République cesseront d'ourdir leurs trames contre la liberté. Je réponds qu'elle cessera du moment où
les FORTUNES SetOflt MOVkS IMIÊGALBS.... SURCHARGBR L*OPU- LKNCB, SOULAGER LA MISÈRE, AK^ANTIR L*UNB AVBCLfe SUPER- FLU DANGEREUX DE l'aUTRB^ VOILA TOUT LE SECRET DE LA
Révolution ! >
S'il n'a rien dit de plus fort qu'eux sur l'Egalité^ il de* mandait pourquoi ils n'ont point été traduits à une Haute- Cour et pourquoi lui, s'y trouve traduit ?
Comme on vient de le voir, oh avait surtout accusé per fidement Babeuf de vouloir le pillage des propriétés. Il répondait à cette accusation par ces paroles très sages, et que feront bien de méditer ses détracteurs :
« Le Manifeste des Egaux, qui n'est point sorti de la poussière d'un carton^ qui n'aurait peut-être jamais vu le jour sans la publicité quil bien voulu lui donner le tribunal, ne contient sûrement rien de plus que les manifestes de J.-J.' Rousseau, de Mably que j'ai analysés. Pourquoi donc en a-t-on fait tant de bruit. Ah 1 citoyens propriétaires, ne craignez rien. Fiez-vous-en^ pour le maintien du système que vous chérissez, aux passions, aux préjugés, aux habitudes, aux vices qui vous dominent. L'ambition, la cupidité, l'égoïsme, sont autant de barrières qui vous gardent de tout danger. Je ne fais pas moi à la nation l'injure de dire qu'elldi^it absolument corrompue, mais j'ose affirmer qu'elle n'est point asses vertueuse pour adopter un ordre de choses qui, au rapport de tous les sages, la rendrait heureuse de ce bonheur naturel et pur, simple et innocent, dont elle est actuellement trop éloignée pour s'en faire même une idée juste. »
La deuxième partie deja défense de Babeuf fut oonsa-
crée à l'examen de tout ce que l'on prétendait avoir préparé et précédé la Conspiration. Au débuts Babeuf invoqua cette maxime^ reconnue par les accusateurs nationaux^ que c l'empire de la loi^ sur les délits de conspira- » tion, comme sur tous autres, ne commence que là où se » trouvent essais ou commencement, (inexécution. > Il établit d'après l'acte d'accusation^ d*après les dires de» accusateurs nationaux et les volumes accusateurs, la fixa« tion de l'origipe des prétendus projets immédiatement ' après l'époque de vendémiaire, origine dont la manifestation ne se remarque d^accord, dit-il, que dans le Tribun du Peuple et autres écrits analogues. 11 produisit de nouveaux motifs justificatif, suivant lui, du contenu de ces écrits ; il prouva qu'ils n'étaient point conspirateurs et devaient être, par conséquent, élagués de l'accusation.
Passant fl l'examen chronologique de quantité de pièces employées à charge et datées du 25 nivôse au lo germinal^ il demanda qu'on distinguât parmi ces pièces l'appel de quelques athlètes auxiliaires à l'apostolat de la démocratie; la fameuse lettre à Joseph Bodson, celle prétendue inspiratrice de la conspiration^ par Charles Germain, etc. : aucune de ces pièces, disait-il, n'était conspiratrice.
A cet égard il exposa qu'il fit son Tribun pour ramener le peuple, presque royalisé, après vendémiaire, dans le giron de la République. Il ne pouvait, disait-il, qu'écrire avec énergie, ayant tant de raison d'exécrer les auteurs de la famine de l'an III. Alord détenu à Arras, il apprend que ses enfants trop chéris, objets de sa tendre affection, soufEraient et périssaient, avec tant d'autres, au milieu des angoisses de l'horrible famine due aux soins du populicide Boissy d'Anglas. Il avait une fille de sept ans; il apprit bientôt qu'elle était morte des suites de la réduction assassine des deux onces de pain. Il revoit ses deux autres enfants en fructidor; i\ les trouvp tellement exténués qulls sont méconnaissables à ses propres yeux.
Sa belle péroraison, en cet endroit (Voir page 8i de la Défense), fût dite, suivant un journal du temps, avec une
€ sensibilité» qui iaiiuùt l^éîô^ de sodcœuf.* On de sâàraiti en eâet, mieux parler dé ceux qu'on aimé.
La 5(y sii»bb (iS ft>t<fllX fat atifisi MtiteeiaeflC:ataor« béefpar Babetff.
It tefittihtf â*ia>ôrd lé iéfitièm€ pàtûédeÈotkidiaean^ <^ec netteté et ^afâcbrse, f^âte dbdrâa lâ troiàîdaé pâMt, oi if tfàîfif 4e tôtiMS les pied» prdduitM ootane ayant dû àtûnt lâ c<m$pirtfftofi.
jAmiié Bïisf e D^RttAUfeiKtiorf^ de i«nA:b># 6'BiièéMbiti 4-iid^Miorit eV dé BUT tài (^tie li^ p^&enftilt raâcètfi«6è.
11 ex|!ibsa' q^'if y aVàit àtt lieu dé éda' uti Q»irti i>à Mkbclkiit^ ré^lUÉ i tiéVeilfef fe^^it piâ>Bt, ih pibBtAëià Révolutïûn. Quoi, cfisait-if, «f soti^ utt régime éMiré^tépûbîieak, cjtiatld le iptttxï lé pUii àmi de ce ^^^ et le ptb!û tôtaié âé seé plus iitipfacàbles àé^^àfÈûités Èiiàt ta présence; qmûétùûi éknt qùàUfient d!dHâr^khfMt UnM dt)cttliiesf respectives; rdnafdite réptiblitâine àétét tndlài pt p^Iégiée (iM Tatiàf cMe lAohitùMqnt ? Un* péOtùûàéf att àut ànarcbisteit l'oyaubc d'aVoir pul di'éteéi^ dbs %tit^ ries contre Ifii aitochistéâ démocrates, cftiiairfkit Aél àitit-ttMtt forfait i>i«diii$si&le d'kvûii' ^ lei dStpoiiûons et (f aVttir ptô\été det' cùàir&'-mé&tireé I if
Bàf>éUféiaillinà etl^ulté ûti prététidM diicbUtsi, ptep^ fîtôifé dé la eoûsj^iraiioil'; qâ}, ^lôtf feé' &VAii&teai« natid^ nàûx, Cuisit été prônâ^eé déh:ui utie^tetUSèré séatttft des conjuiâ.
Il s'expliqua âtfi'lés' ptàéiidtii pViSfblli d€ lAtikfùMf ^ de trîbunat; et démontra îi t(ttWté âéi dùii^qîlé^'^ûii aVaif voulu tifer de toutei^ ces pièces dotit Tulib' était Mùt"ginaire.dont deux autres étaient insignifiâAtéâ, éiéùHt 1A dernières étaient extraordiiiairenlent tfisrseitfbtebk^ et Contrastantes àvec le& idées que pré^ûftaifnt leur titre fidMtueux. llp rouvà qUe ce n'étaiéat que des croqilis impaffaits, isolât, absoludïetlt détacha et iti((tépéfldants Id uns dte autres, éàtii tolài t^ di», taJdiir tûppùtt iiiéMtJHài étàc
mi]iure.dautitf«>4)iii> .aa> fond^ ne8ontiqliVuM>eapècaidfri dÊ^lêÈÊMme^ une-ooDccpjiioii en&atéfi.pttkidéliîifxîtiqi% JMbf-lt fisiMitiaaie de^Famo&r^a Peuple*; -âieZ'Ceclni^ qiaQt^qui i|k.élé9inagiD<» que pdu<'âii8phec<attx.cori^ pea^n^ dés idées capables d^nfiamnaer kuri zèle,^ pour^. lesiporter à mettre plus -d'actiTîté: dasf i . UoafYoi de, leûni : rMi8eîgaeinfeflti4urJ*eq>rit^public; ^pvèsical;^ qoe^ieate'P. t-il? Un simple établissement de correspondance éontles.. ofgaidsateiir^aont k ceotre et dont les pointa de copunivnkitioo soqt les^oôrvespoBdabtiqiiifits cboisissenit. %
AiM«n( à^rçxametkdes pièces intitulées^ Créatiot^ £wl Directoire insurrecteur ; organisation d'agents citib et '• mUUairÊSç • instructions à'cês^ agents, il expliqua a»mment ces . pièces^ n?eiistaient qu'ep projet ; • qu'elles ; nei se | litient point encom àJa présumée conspiration ; qa'qlles , n'^eaoffir^ientipoînt, conformécoent au système habile, et béa^fsk desiaccttsateurs, ku tese, la colonne foçdaqtien-.
Qu^nËaiiil nen^endatopes quVMi avait qualifiéeade^/û^e^» dSuget^ts^ eUea savaient trait à tout autre objet, et Ja-pluparfrn'itf iedt qiue-des littéè d'abonnés au Tribuft. Par une* déplonUieietfrerir, ajouta- fiabeuf, ces. listes servirent àx inculper les hommes qu'elles désignaient et à les^signaler» comme de principaux coupables ; oncles représenta pomme leiichaînons^de l'Arganisation^ supposée réelle et sérieuse^ dkinrDircot^îrQ insarrocteur ; et c'est sur ce prétendu lien dacommunicatioaqu'on-étabUt la base et leprincipè faux^ dbti aordreat inévitablement les ^Conséquences fausses du système d'accusatioUi conséquences ^ui croulaient néces-, tfirëment^ dès- que la base eîle*même était renverséei
Basvenu vàce^oîntdesondi^ours^ Babeuf établit que^ la pcétfaducsicrâition' d'un Dir^toire n'avait jamais é^réj 91'fii^ projet^ et aborda-résolument l'examen de la correspan^î^ûcâ incriminée ;-il ne lui fut pas difficile de- prouver qu'elle ne dépendait en rien de ce prétendu Directoire.
H fit £çatH^à» pitceà^ même le témoignage irréfragable
( 3oé )
qae le projet de création d'ua Directoire insurreetear et les iastnictions à la suite ne furent jamais exécutées.
Il expliqua comment la correspondance reposait sur un autre fondement, sur rînstitution d'un simple établissement sous le nom de Société de Démocrates, ayant pour seul et unique but de raviver Tesprit public, de propager les purs principes du vrai républicanisme, de «urveiller la conspiration flagrante de la royauté et d'en entraver les succès.
Presque dès la constitution de cette société, on abandonna le titre de Directoire insurrecteur, qui ne fut rendu public et dont n'eurent connaissance que quelques
intimes.
Il ne faut pas, ajoutait Babeuf, tirer plus d'inductions qu'il ne convient, de ce que ce titre fut conservé dans quelques unes des pièces en expédition trouvées dans les archives de la Société : cette Société, €|en son pardcu- € lier, a pu avoir la petite gloriole de se vouloir targuer 4 constamment de cette qualification, fort approchante et « équivalente de celle de Directoire cPesprit public, qui « lui eut été tout à fait convenable; mais une telle petite € faiblesse peut ressembler à tant d'autres dont presque « personne n'est exempt et on ne saurait la transformer « en crime. »
C'est presque un aveu.
Il était trois heures et demi et Babeuf parlait depuis dix heures un quart. Arrivé à ces mots : « Appliquons nous bien plus à tenir tous les républicains en mesure de bataille contre les royalistes que contre les hommes qui gouvernent, malgré tout le mal que ces derniers font oa laissent faire», Babeuf représenta qu'il était fatigué et demanda à se reposer; mais le président Gandon voulut qu'il continuât et on allait prolonger la séance, lorsque les Jurés, fatigués eux-mêmes, sans doute, ou mus de pitié pour un homme qui se défendait avec tant de courage, se levèrent pour se retirer.
Aujnilieu du bruit qui se produisit, le Président, redou-
blant de vivacité, demanda à Babeuf s'il adhèverait le lendemain son discours. Sur sa réponse incertaine il lui dit avec brutalité^ qu'il fallait « enfin en finir ».
Cette attitude provoqua de vifs murmures et clôtura cette séance mémorable, qui va être suivie d'une autre séance non moins importante par ses conséquences.
Le lendemain i6 fioràil (5 1» séance), Babeuf acheva la troisième partie de son discours.
II passa en revue les principales listes d'agents et démontra qu'elles ne se composaient que de noms de personnes à qui il distribuait des numéros du Tribun • il prouva que les prétendues correspondances d'agents, nieraient que de simples renseignements envoyés à la Société des Démocrates; il fit voir, en outre, que plusiearsde ces correspondances émanaient d*autres personnes que celles accusées; il constata, malgré les dénégations de Vieillart,. que les dépositions de certains témoins étaient empreints de haine politique ; il prouva enfin, que la réanion des Démocrates ne voulait que se mettre en mesure de résister aux royalistes.
Il indiqua les moyens employés par le parti monarchique pour renverser la République; et, citant une partie de la défense des conspirateurs royalistes, dont un de leurs défenseurs disait que la République serait anéantie sans efforts, sans conspirations et sans, chocs, il s'écria : < Les choix faitscetté année, nous prouveront peut-être dans peu que cette prophétie n'est pas vaine, car Louis XVIII a présidé aux élections I »
A ces mots, Bailly, Vieillart et le tribunal interrompirent Babeuf et il s'en suivit de longs murmures et une vive discussion entre plusieurs accusés, les accusateurs et le tribunal, au cours de laquelle celui-ci se retira pour délibérer.
A la rentrée du tribunal, le Président lut un jugement portant que Babeuf ayant déversé la calomnie, tour à tour sur les assemblées primaires, sur les élus du peuple.
présents, anciens et futurs, il lui était ejijpint dç difcontifiuerson cHteours; sauf à changer son travail; si cell. émit nécessaire^ etque^ dans ceci|s, it. serait entendu lé lendemain, mai^ que ce serait la dernière séance qu'ilobtiendrait.
D» longs murmures- répondirent à cette injonction et dégénérônnt en débats d*une extrême rioletice.
A Touvertm-erde la 5zf s(%^ç^ TAccusaietiff natioaal Vieillart prit la parole en cesitormes : «Jki déiOfati Jûechardiment Babeuf quand il a répondu quç le.cifqiyfÇOjGtMchard avait dit que la république s'an^Qtipniit dr>Uer^ même, sans efforts, sa,ns secousses et s^SiTéfoliitioniu. Je n'aurais jamais pu croire qu'ua défenseur eut osé tçpîr. de pareils, propos, nique le Conseil [d^ g^erfe les e|i{. soufferts > (Murmures) .
Puis il lut une partie 4eSrStéjEiogi;^pl^.:d^ (^HÛl d^: guerre*
Babeuf l'interron;ipit pour di^c^: :«,Vpus^voyj^:q\M^cta a étjé dit ; je ne me, suis trompé qui^ sj^jT: les; pisf^iim^ »i<
YieiUart répliqua : oc Celan*a étécMtquç^.pai.suMMtrt» tion; et voici le texte : Si la Constitution e^C b^BOfL^^ qu'elle plait au peuple français rien ne pou^a larçnvefr ser^ mais si elle est mauvaise, la, Répu^Ugw . s'anéantira sans efforts, etc« »
11 releva enfia quelques prétenciues, fa\i$se$ citatioof^) laites par Babeuf de Mably, de Rousseau; puis il, ^ipu^r: « Nous lui abandonnerons volontiers Diderot^ cfpréteiviA: philosophe qui a renversé tous les princij^es des mœoif ef de la morale. x>
Il termina par ces mots : « On. nous dit que les, conspirations royalistes, cellerci et celle de.Greoplle^ ont. ét^,, inventées parle Gpuvernemei^t. Pourquoi donc le^ a'^l^* chiites soutiennent-ils ici que ce n'est quç pomç s'ppppi^. au royalisme qu'ils travaillent depuis un an...»
L'accusation de travailler non poujç le^ r^p.u,^.liçain$j mais pour les royalistes, s*^ffirmait» op Iç vpi^ de plu9l,e)(i^ plus, dans left déclarations de VieiUatt ; cette , açgu^iiojii.
^ihoûvélée 'solennéUeinent à la dernière heure du procès
^^ubla^ à n'en pas douter, la conscience des jurés et, dès ce
moulent, on put deviner quelle serait Tissue des débats.
Aussi 'tbt-^tte accueillie^ au banc des accusés^ par 1^
''plus violents murmures d'indignation.
Le talmc revenu, Babetff^ toujours ferme et courageux^
continua fai lecture de h troisième partie de son distours.
Il soutint iqu'iln'ffvait auctrae connaissance de la prétendue réunion des ex-Conventionnels^ et qu'elle était encore une invention de Grisel ; passant à Drouetj dont il
"fit l'éloge, il affirma -que et brave républicain n'avait ja-
'tùiûs conspiré.
Utévisant toutes les correspondances de la Soeiité des Démocrates, il démontra qu'elles ne renfermaient rien de criminel.
S'attressant ensuite aux Jurés, il leur^dît que quand ulftne il n'aurait pas prouvé qu'il n'j a pas eu de conspiration^ il devrait être encore acquitté, ainsi que ses co- 'accusés, puisque^ sliivant les accusateurs eux-mêmes, l'on n'est pas coupable quand on n'a pas commis le crime, et qu'on i s'est arrêté, parsa propre volonté, au moment tle le Commettre ; or, ajouta-il, le 2 1 floréal au tnatin^ il avait rédigé le n^ g de VEclaireur du Peuple qui prouve qu'il inottkitarréter le mouvement et se rallier au Gouvernement.
VietUaYt iiitem>mpit fiabcnaf pour lui dire : « Je demande ^à fiiire quelques observations et alors le citoyen Babeuf ^ine répondra demaîïi en finissanAtadéfeiise.... Je suis loin de désavouer la maxime par finoi- avancée dans ks premières.séances que celui qui, prêt à commettre un crime^ s'arrête de sa. propre yolontéj n'est pas coupable; mais Babeuf peut- il invoquer cette maxime? Pour se justifier il a (Aie deux pièces... Je m'étonne que Babeuf ait la confiance de dire que l'une d'elles était un traité proposé au Gouvernement au nom des Démocrates (^urmur^i?) -, il semblerait par là qu'il se croyait sûr d'en être toujours le
(3io)
chef.... Il a été obligé de rapporter cette pièce au 21 floréalj mais on voit qu'elle se rattache à la fermeture da Panthéon ; d'ailleurs^ cette pièce insignifiante ne peut» en l'absence de date^ militer en sa laveur. La deuxième es^ la minute de VEclaireur du Peuple. 11 m'a reproché de ne pas l'avoir fait imprimer avec les autres pièces ; il a eu raison ; mais je ne suis pas coupable, parce que j*ai cru que cette pièce était le n® 3 de VEclaireur au lieu du n*" g. L'épigraphe seul prouve que cette pièce n'était pas destinée à ce que vous dit Babeuf; à se réunir au Gouvernement. »
Lisant ce n^ 9 de VElaireur du Peuple^ Vieillart conclut ainsi : « Vous voyez^ Citoyens Jurés^ que ce que vous a dit Babeuf est £eiux ; mais, puisque j'ai la parole^ je vais de suite &ire quelques observations sur la défense de Babeuf. Un des principaux points de sa défense consiste à dire qu'il y a eu des changements dans les instructions données aux agents ; mais Içs correspondances prouvent le contraire. Il prétend que la conjuration^ qu'il a avouée lui-même, avait été dirigée contre le Gouvernement, puis qu'elle a été tournée contre les royalistes, mais toutes les correspondances prouvent encore le contraire, puisque quand il est question d'eux, ce n'est que comme d'un parti que l'on ne craint pas... »
Il lut alors plusieurs de ces pièces pour prouver ce qu'il avançait.
Bailly fit ensuite remarquer qae la pièce invoquée par Babeuf comme étant du "2 1 fioréalj était très antérieure à cette époque, puisqu'eHl avait été faite au moment de la réunion des ex-Conventionnels.
Nous touchons au déitouement. Nous voici à la 53« séance (18 floréal) de ce grand drame judiciaire.
Babeuf réfuta les objectiojis soulevées dans la précédente séance, par les Accusateurs nationaux, avec € autant de précision que d'avantages », puis^ terminant la lecture de la troisième partie de sa Défense^ il s'efforça de prou-
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ver que d'après le relevé qu'il venait de faire de toutes les pièces incriminées,- il n'avait pu y avoir de conspiration^ mais « contre-mine du complot royaliste. >
Charles Germain, à son tour^ passa en revue toutes les pièces qui étaient de sa main^ et démontra qu'aucune d'elles^ d* après leurs propres expressions, n'étaient contraires aux lois, et ne pbuvaient le criminaliser. Il fit un tableau de sa vie politique^ et parla avec tant d'éloquence, de clarté et de sensibilité qu'il émut tout l'auditoire. Il finit par un tableau des vicissitudes révolutionnaires, dans lequel il fit intervenir Robespierre et ceux qui le conduisirent à l'échafaud, et qui^ renversés à leur tour, furent poursuivis quelques jours après.
Vieillartj en ouvrant la 54* séance dit aux Jurés : < Vous ne vous attendez pas^ sans doute, que je détruise le prestige que le citoyen Germain a cherché à répandre par ses éloquentes phrases, ses services et ses blessures^ dont il a fait parler les honorables cicatrices ; mais mon ministère m'oblige de vous révéler ce que, dans la défense de Germain, j'ai aperçu de contradictoire avec les pièces.... »
Puis^ il reproduisit les charges de son résumé.
Germain répondit d'abondance avec tant de précision que Vieillart ne jugea pas à propos de répliquer.
On admit ensuite Babeuf à lire la quatrième partie de sa Défense^ qui renferme plus particulièrement sa défense personnelle.
Passant en revue toutes les pièces de sa main^ il fit voir aux Jurés que ces pièces n'avaient aucun rapport avec la conspiration ; qu'elles n'étaient que des lettres d'amis, des correspondances pour son journal, et des notes nécessaires à sa profession de publiciste. Toutefois, il reconnut que < tous les partis étant en fermentation dans l'attente d'un » changement dans l'ordre politique, dont chacun se flat- » tait de profiter », il utilisait ses correspondances en vue € dedéterminer les Démocrates et le Peuple à se mettre le » plut en avant pour faire tourner les chances au profit
.> de .la m^jorii^» 'tofijoujr8;tromp4e.danaJer.eteilttit4kt > grand», événements antérieiMs.'»
indépendamment de bupreuve de c non con^piratioii.^, Babeuf donna celle^ toujours suivant lui^ qu'il € ne fiit pas conspirateur. »
Il lui était bien permis, sans doute^ disait-il| de prému^ nif le Peuple contre la faiblesse ^u Gouvernement^ et ses condescendances envers le royalisme, qui mettaient la Ré* publique en péril; et il pensait même que si le Gouver*nemens se laissait arracher le timon par ceux pour qui il avait tant d'indulgences, il pouvait, sans crime^le disputer à ces derniers pour le remettre au Peuple, en profitant de de toutes les dispositions faites en prévision d'un tel événement.
C'était l'aveu, non déguisé, d'une préparatîob'à la lutte; ade là^ tme organisation effective, il n'y avafit pas loin ; tt tm pouvtit Tadmettre, après les aiffirmitions^ si bien tbac- ' pentées, de Fecousation publique.
Babeaf déclarait, au reste, que ce quil y avait eu >« d'extrême, de peu mesuré, dans la marche de la Société ^ dite 4€s DétMcraUh » avait été « le r feoltat des kisi- » nuations provocatrices des plbs cruels ennebiis -de la . f» Répdibliqiie >; la < bonhomm]e,'ia frsoidiise, le dé- » vouement candide des ' hommes de floréal les avaieiK j» rendus complètement les dapes de QriseL »
Grîsel £ut^ en effet^ l'excitateur edieux de quelques hooimes isolés, qu'il conduisit « par le bout du nez^ ^râce^ ^son habilité et à sa perfidie », qu'il trompa et qu'il c»m- 4>romit,loi:squ'ilx:ruLxiuele .moment était vemid'atteiodre lai Société JesMémacnatts toute 'entière, daa^JaqueUe il n'avait jamais pu pénétrer.
Celte Société, Babeuf l'avoue i<^alement^ était ^.oemiae je récèptade de teut.ce qui s'imagiDait-d'ex^réne et d'exalté j^, le «grenier ^ général > oti s'eiitassafteot-< péle- «léle^ toutes lesex€es»ivea idées, le«s les ré^SU-^ Vexeltar lion «fntfKbe ou non fraaobe »; dès lors, il n'y >a «pas i^rdeji'éfifmMr>qu'on(titt trouvé thun 3if0var«hftVff'<eef-
"tioa ;"<nai8 1 cft^fâècM^iMtflîeiir^ difis ^dbcifmeills ^^nrchives. Toutefois, on savait cette modelé •< ^MpâMe-d'iti- "deiriaiiéaîstiiices aa attOu^eiMllt 'piâsUiné > ; -dn 'dééidtt dès tlon^ rde^UaÉQéamir,) etr ce fat Grléèl^uV>ii^ choisit '^étir la •Âappér à Hioit,
A ce moaMhit/iEKt Babeuf, il w'^t tm iMdteàient ^de 'ftealaia stin ^ Ut Sotiélé' dés Démocrates, à laquelle il -€i£iait*ttiii cornue piOblidlite » ;'ce mouvement étdt "^motivé par le caractère équivoque de certains actes qùHïn piâendaif Ittî iospôser. Jevis^ afotttaSt^t-'iIj« que nous itous ^embarfassions înÀnlMbiemeût dans mue sorte^d^ labyrinthe/ dans^dn défilé tortueux qui ne mènerait à rien qu'à -'oocss plonger tons dans un fnneiite'état fie compromise. 'Je'vèyai9iqQex:ette'irél:^nlon^ avaitd^cnccellettfès iii -maisKpi^He était^sânsïorce^ sans înôyen/^t qu'il y avait 'un levier cacbé,^<|tii,flrofitantde sesvertus et les exaltante loalait les: fidte éervir'à l'avantage de quelqu'aûtre parti qi^e celui du Peuple. 'J'apercevais Vies excitations, des proi^atkms/des aspirations de toute espèce^ des proporftfoosrfoUes et inèotf sidérées^ que la bonhomie et le zèfe
•chdqiie'dtaitentsotttent'tliafposés à accueillir avec trop "peu \^ dccàict» etde'i'éfléxten ; ..» C'est alors.conchit Babeuf,qu11 ^ *ltela!tte diriger ces mèines'fôfces en faveur du soutien' du I>ih(Ctdre/si Mtflfaeé ; hiais il éttait trop : tard, la lutte éodriAMrfMts-efltre le'Diféctôii'e et tes Babouvrstes.
Etbk, dtffis an ^ tenarquabtei^M^iàé, Bàbéûf f étapitufia tonees^Ies'Jonnée» jultiUcatives^à Fàfppui des dettx propo- 'iittoiis: '^ Il n^ à fùlHT Au BfE'dùMpfairiON nu 21
^KUKélL ; ^^IL^K^r A i^Omr l>BCèNSt>IRATEURS.
S^ionaant tfes ^iléglijg^endes 'de ceitaià'és parties de sk défMAe, durèfl^îlti)tô«t ift- l'insuIBsàticb du '- tétùps qu'il pou- . '^ity consacrer, il priait les Jurés de ^ reporter 'tfux f iètes aiteu9àtri(5es^ (juî dévaîeht/ ëlles-tnéme^ Rsur monti^r>feou¥eAtqné%prtyeftdu coàlspiHiteur àvafit «quelques ^"prfUcJ^'vtlftueâx 'frt a'àftMuir ^és liuilimes ^, et 11
espérait que ces principes resteraient intacts à leurs yeux, en dépit des efforts faits pour « les salir d'un vernis de > boue et de crimes, »
Il termina par une péroraison qui arracha des larmes à tout l'auditoire, ainsi qu'aux. Jur^, excepté aux Juges et aux Accusateurs nationaux qui, eux, ràolus à le condamner^ quand même^ restèrent impassibles.
Cette péroraison doit être lue, en son entier^ aux pages 3 1 3 à 3 1 5 de sa Défense. Nous ne pouvons qu'en détacher les lignes suivantes :
« Si notre mort est résolue^ si l'horlo^ fatale a sonné pour moi, si mon heure dernière est fixée à ce moment dans le livre des destinées, je l'attends cette heure, il y a longtemps. Victime, presque perpétuelle, 4e mon amour pour le Peuple, identifié avec les cachots, âuniliarisé avec la pensée des supplices, des morts violentes, qui sont presque toujours le partage des révolutionnaires, que peut avoir qui m'étonne cet événement ! Depuis un an surtout, n'ai-je pas tous les jours présent la roche Tarpéienne ? Elle n'a rien qui m*effraie; Il est beau d'avoir son nom inscrit sur la^colonne des victimes de Tamour du Peuple. Je suis sûr que le mien y sera, alors, trop heureux Gracchus Babeuf, de périr pour la vertu MI
Eh 1 tout bien considéré que manque-t-il à ma consolation ?... La puissance qui fut bien forte pour nous opprimer longtemps, ne le fut guère pour nous diffamer... Combien ne devons-nous pas être plus sûrs que Thistoire impartiale gravera notre mémoire en traits honorables.... Je lui laisse des monuments écrits, dont chaque ligne attestera que je ne vécus>t ne respirai que pour la justice et le bonheur du Peuple... Drouet I Le Pelletier 1 O noms chers à la République. Si l'on nous condamne, ah ! je le vois, nous sommes les derniers des énergiques républicains. L'affreuse terreur royale va partout promener ses poignards et la proscription horrible moissonner tous les amis de la Liberté... O I préjugés vulgaires I Vous n'êtes rien pour nous 1... Mais, 6 mes enfants, du haut de ces
bancs, lien senl d*bù je puis vous foire entendre ma voix, je n'ai qu'un regret bien amer à vous exprimer : c'est, qu'ayant désiré fortement de concourir à vous léguer la Liberté^ source de tous les biens, je vois après moi l'esclavage et je vous laisse en proie à tous les maux. Je n'ai rien du tout à vous l^uer!!! Je ne voudrais même pas vous léguer mes vertus civiques, ma haine profonde contre la tyrannie, mon ardent dévouement à la cause de l'Egalité et de la Liberté, mon vif amour pour le Peuple. Je vous ferais un trop funeste présent. Qu'en feriez-vous sous l'oppression royale qui va infailliblement s'établir ? Je vous laisse esclaves et cette pensée est la seule qui déchirera mon âme dans les derniers instants... »
La Défense générale s'arrête là ; malgré quelques redites, — et ce n'est certes pas nous qui les reprocherons à Babeuf, — elle est magnifique dans toutes ses parties et parfois sublime; et nous croyons satisfaire au vœu de tous ceux qui s'intéressent aux grands faits de la Révolution, en la reproduisant en entier dans notre deuxième volume.
Ce document, en efiét, est du plus haut intérêt pour l'histoire de Babeuf et du Babouvisme.
Dans les séances suivantes, toujours très agitées, on continua les interrogatoires des accusés.
Lorsque vint le tour de Didier, celui-ci prononça un discours éloquent, par lequel il s'efforça de représenter Grisel comme un infâme calomniateur, faisant ressortir, avec habilité, beaucoup de contradictions de ce principal témoin. 11 appela particulièrement l'attention des jurés sur ce iait que son nom ne figurait sur aucune des listes, ni dans aucune des pièces dites de la Conspiration, et qu'il n'avait été produit aucune pièce contre lui. A la fin de son discours, il s'écria : Voilà un beau conspirateur en chef, celui contre qui on ne trouve aucun mot de sa main et dont le nom n'est écrit dans aucune des nomenclatures de la prétendue conspiration I Puis, se tournant vers les
VMÎllart'>8eiM9,maîs^u<Ii«U4le>r<poBibeâ Didier, il .•e-«Mt8nta -^e lui dire : Voas tvu oteeifi par Gmsbl ;
41 «jouta ^ue 4ie :qui vpfouiradt' to^eutie ^n'il était'da «4e8-«eajuféfl9cfest<)a*ilâwit été anété daaslevntsembl»- .flM»tchez Dttfoar.
Didierl'épliqtta defti^dôtfr^aux aooosatetM «ittii>rfMMiX'l'taviede parkr de-AOïrvftau.
;Soadiso(Hinht(litlataflda l'âltenlfion -etf twkiisit^^ beau- •dôupideftessîfeiiîté* ^
La courte séance (95*) du f^fioréd fût occupée éntîîrement par Buonarroti qui^ dans u^ discours^ dont l'exorde fit l'âdthlrfition de tous les auditeurs^ parla^ avec 'force '^t clàtté^ 'dés principes qui le guidaient^ et prouva, phrases par phrases, que toutes tes pièces incriminées tit Contenaient que lés plus pUfs principes de la phi1anth>pie et de la philosophie.
Le discours de Buonàïroti avait produit le plus grand éfiët; il le continua à ta séance suivante^ rendit compte de sa conduite politique, et tertaina par une péroraison, forte de. principes, qui émut l'assistance. 'Vîéiltart lui répôridît, par écrit. 11 é^ëleva avec force contre les principes naturels ptDcIamés par Buonarroti, 'et déclara qu'il n'était pas possible que dés 'Hauts- Jurés, siégeatir en vertu delà Constitution de Tan III, déparassent que ce n'était pas Un crttaie d'avoir voulu renverser cette Constitution.
'buonaitoti demanda la permission de i-é^oâdte par ^ébrit, Ce qui lui fut acco f dé avec peine.
On^éntendirensuite Càtherinèt, défenseur de Pillé, qui, i^eâbrça'ùt de faire Vapologîe du' Gôuvernem ent et d'alta- 'qUèr, plii' les mots les plus violents, tous les conspirateur, 'en général,' finit par exciter rhîlari té;
Kf àSsârt, présentant âa défense attaque Grisel. Viëîllâtt'lùi fépôtld que !ie^ invectives Contre Grisel protivéttt
déposition s'appuie à chaque circonstance» de preuyeax)iiin nitp^roKKtfSifpM dogd^utctndecjlliiMcéétÀ.MMMtt^-
fïqw ea p» ^.dedootit
Ûp«Vi i?prodtt«iaiit; tefiQ^nM; mojreofti dai défaii»i qiM». dw^ sga d^bdli pATtifittUia^ . artacbCi dasi lataie» àii r«|si^M!|CQ,,
VieJUi^4pgrJ%.ap^j|ui^.enio«t.teimAs nJi^in^ r^f^fOr^ dfM BMr^JCÇ.qjgw vîentdifTiVpiis^UftJM^iMyj .iMis^f'pbiilh. YQ aa^.citcu$i^ Jiaut-J|u^,4P#i8fib^f A.dîfl'dMl satdi? .
feoK q^'qn^ayaÂV qfiai984i le^JntfQU^ipm.aiix jlg^llMi |«C^. qu'il n'est pas présumable quat M. c'4tiyt»i.oaQr<^, pMi. cl^iijjSans^ rageât. Maroy^j>VMsqji9^ d^if^-8tid4pûsîtion méme^^ilu'a, pa^ le^t^ts . rçqqU ipoi»:emi!Mr iwois tc^ nussioa.
B%er, lUs^uti^, comm^iCOMlmçQ.; Jf qf^ttsaâ.ptt , d^peîn^,à^dé£sodre Içicitiogr^^rMor^y*». Ce.quftjidientxlfti di[e l^cUqyejçi, Vj^ilnf^: mfiBii dftftqft 1^ QMiiyM^ Voua.* Toyez» citoyens Jurés^ que le citoyen Moroy avait AiMft.. d^tajiédt» poun exçrçfs;p,I^p)ace d^e^isncibutftpc.dii.papien, etc,/et q^'il n;au7ait {yicxçrcejr ceUf 4'Ag»iHii^^Ka Gomif^/. iQsufxç(|tf uiv Q4^j)rpuve,lat^vii9^ iPWiçm Q|J«iVQitaiAj»r.v me JOUR Babeuf» dans sa défe^fs,, qVi'PP 4(y4«¥:iqiAll9^£Uftt wjpiugci^^s^ipTrGo^via^içicp^^ Pjl^,n(f tw/CIIPMii iIMTI.
c^ç^gufB^tajwin.,
A l'ori^ne^fpîet à^ Pf^i^Ari » . dwfctw^j le^ ^ft dtaftr duj^;tre« éi^émèrft.tfiwJaitt, ii, «t> yiti, 4i «W^Wiefrlft». G^ayemen^çgç.
peut être prêt à être mis à exécution, t^gîiMt ^IgTOVifMb
Mki
A la 57* séance, Buonanroti s'ezcase, ayant été inalade, de ne poavoir répondre encore aax accusateurs nationaux.
Fyon,. accusé, dit aux Jurés : Vous n'ignorez pas qae ce sont les royalistes quij depuis le commencement de la Révolution ont fait égorger les Républicains, les uns par les autres. J'ai donné ma fortune pour la cause du Peuple et j'ai bien feiit. J'ai mille fois exposé ma vie pour le Peuplé : j'ai fait mon defvoir. Je suis jeté dans les fers> sans l'avoir mérité : cela est oublié. Je suis l'ami du Peuple, je m'intéresse à son bonheur^ — et à celui de la République ; n'étant pas conspirateur^ j'attends votre jamenty sans crainte ni espoir.
VieiUart répond : Pour être conspirateur, il ne vaut PAS BEAUCOUP DB FÂrrs. Les preuves contre Fyon et Mas* sart sont en petit nombre, mais elles emportent avec elles l'ÉviDBNCE, et nous croyons que les Jurés les verront de même. D'ailleurs Fyon a été pris à l'affaîre de Grenelle et personne n'ignore que cette aflfaire n'était que la suite dé celle-ci .
A ces mots éclatent de vifs murmures. Le défenseur Real fait beaucoup de tapage, parle très haut,' mais essaie vainement de se faire entendre au milieu du bruit formidable qui éclate de toute part.
Cazin^ en un langage noble et élevé^ parle ainsi aux Jurés : C'est au Peuple français^ citoyens Jurés, que vous représentez, que ma voix se ùit entendre. Plus d'une fois j'ai porté ses réclamations* aux pieds de ses mandataires. Je ne croyais pas alors que ses ennemis auraient un jour le pouvoir de me traîner sur ces gradins. Les registres de la commune de Paris et ceux de mon arrondissement prouvent les nombreux services que j'ai rendus à la Liberté. •
Dans sa défense Gazin répéta ce qu'il avait déjà dit que tous ses actes avaient été i nspirés par le désir de résister aux royalistes, au cas oti ceux-ci, eussent bougé. Puis, comme confirmation de ses tendances, il donna lecture de
rfk
la lettre qa*il écrivit au Directoire quelques jours après le ai floréal.
Mais ces déclarations ne parurent pas suffisantes à Vieillart pour atténuer les ciiarges portées contre Cazin. .
Morel^ autre accusé, ouvrit sa défense par cette apostrophe énergique : Si nous n'avions affaire à des Carnot^ à des Cochon, à des Gérard, je serais étonné de me voir^ moi^ ardent ami du Peuple et de la République^ dans une conspiration contre cette même République pour rétablislement de laquelle j'ai fait tant de sacrifices. Il n'employera pas, dit-il, les moyens d'atténuation que lui ont indiqués les accusateurs nationaux, à savoir qu'il a été agent, mais qu'il a renvoyé sa commission après la réception d'une lettre de reproche; il persiste à soutenir qu'il n'a JAMAIS tTÉ AGENT. Il feit^ cusuite, une virulente sortie contre Carnôt ; il sejcompare au serpent d'Egypte rongeant continuellement sa queue ^ pour se reproduire, puisqu'il immole chaque jour des républicains pour conserver le pouvoir.
A cela Vieillart répond que c'est un étrange moyen de se défendre ' d'une accusation contre le Gouvernement que d'insulter tous les premiers membres de ce Gouvernement : les législateurs^ les magistrats, et jusqu'aux lois.
Puis, il provoque une abominable suspicion.
Il demande ppurquoi Morel a fait une diatribe virulente sur ce qu'il appelle l'inquisition de la police : nous ne lui avons pas ïaitde crime, cependant, ajoute-t-il, de s'être trouvé aux Bains Chinois et ailleurs...
Il demande pourquoi Morel n'a pas voulu se servir du moyen que l'accusation lui avait donné pour se sauver? Ici la suspicion est absolue ; Nous sommes obligés de le dire^ déclare Vieillart ; nous croyons que c'est dans la craints
QUB SES CO-AGCUSéS NB LE CHARGENT DAVANTAGE, s'iL ESSAIE DE LES CRIMINALISBR, ET QU'aLORS ILS AGISSENT PAR KiClPROCITé.
On ne saurait pousser l'inftmie plus loin.
ce qui le prouve, c'est que ces débats formidabJii^. qfipfc Aws%3a))greçrfil% P9feilj.^Te(Lffmen« a^rmio^gié):'.
L«xn)ieirt4.nc riiepomiy>HK'««r<Mtesft4K'vA«i$iwt^'
1% Gn^tt^ \fiîmÇfiisf qj^ ^ efit: r«JAtî£4.
s«ip^ni^M^:d# troiiqmrrtQ«tf%Mi)Pim>te». .eDcfai 4teii6ifiiî* lqli:d4t>^d|9.1l^Hlv^te9Çp^r| eti sii^wt raP:^ i<WBi4; il.
d^^Aq^^«'<il PÎ^lMX W^ài^mM UJib«rt^id«rlt.praiM:
il ppMTW}vm( d^jpcM-eilis c^bmimicurst..
VafU«Sy f^uféi.dit qi^5Î>jtos<^prQCiMi}lilp^ der du sort de la République, il n*ayaità répondfpNqfpfc pturrlû s#i|J^. il. ffirdei^^it .1^ silcme* EaÎMOt 1# tflUeiLU d«9)fm«r$9l»liQSI9 q^'iln^endu^^éM» il. eno roj^^M: Uifnt%; sur lt9 r$)iyaiist0s, lçirs««aB$îl^.se^Uv«, fui^bpaéti. pôii| Iwl«ri];maÎ94ea.i^(9«iy^ij|Qe9ti d'jndijpifitîoAjet de. 1<^mi^ murmures éclatent dans toutes les parties de la salle,. e|. suspendent, OR^qtf^Vl^^s^irt^ l^a^WQ9<.
Dàlli<V»f lojC^lJM eMirét^bJi Qiîll}^.p;ft%^ tSftTpj^: lie mwvQfDmtqul yîWl j4c.5epMftiiÇ|?tV,4U-^4 l'apSWd<s.j
rien au procès... •
Co«h«!t^]i'iAt«n;W^pW{ bWfSP«P«tilttL ^^ s :P<Wq9Pi e«-il.l4?UM
filil^ nfpmdi: OaTWfctitqMec'etfU^roy^W^quiAI^
Nfliy no Cf03F9Q« PM d#ypyr relever, lesiotwfiff qjif^l'û^c ▼kPt ^a^WigCp^We, l^.PwplftCt.WiPjlW 3&^44fi«Vseurs... {Longue agitation). Je demande que ^i>^iu)9(||^
MÈ ROULE QUE SUIh Ca^I^ D^'AMWATI9»r Cgf, Qi]^9M0*JQ|Un-
( 3ai )
DONS PAS que l'on iRioB la Hautb-Cour bn assbhblAb
POLITIQUB.
Vadier veut parler^ mais la Haute-Cour se retire pour délibérer, puis revient prononcer un jugement portant que la parole est retirée à Vadier, attendu qu*il a déclaré ii*aToir rien à Jire pour sa défense personnelle^ mais vouloir seulement venger le Gouvernement révolutionnaire^ mal à propos attaqué, selon lui.
Une longue et violente agitation se produit à la suite de la lecture de ce jugement, et oblige le président à or« donner aux gendarmes de taire retirer Amar.
Maurice Roy prononce un long discours pour établir que l'esprit de parti et des vengeances personnelles sont seuls cause de son arrestation. Bailly répond que Roy doit en vouloir aux auteurs de cette arrestation et non aux juges qui ont fait leur devoir. Nous-mêmes, ajoute-t-il, nous en voulons à ceux qui l'ont plongé dans les fers.
La 5 8* séance s'ouvrit par une longue discussion entre Vadier^ qui réclamait la parole, et le président qui s'obstinait à la lui refuser. Enfin, on la lui accorde, mais à peine a-t-il prononcé quelques mots, que le tribunal TinterrcMnpt de nouveau, ce qui cause une violente agitation, pendant laquelle la Haute-Cour se retire pour délibérer* A sa rentrée, le président donne lecture du prononcé du jugement : Considérant, y est-il dit, que la Haute-Cour n'a rendu la parole à Vadier qu*à condition qu'il n'insulterait plus les autorités constituées et qu'il s'occuperait de sa défense, mais que malgré sa promesse il a continué d'entretenir le tribunal de tout ce qui n'a pas rapport à cette défense et qu'il continue de faire l'apologie du Gouvernement révolutionnaire, arrête que la parole lui sera définitivement retirée. Une trèslong^eagitation s'en suivit. Vadier, non déconcerté, s'adressant au président des jurés, le somme d'ordonner qu'il soit entendu. Et Monnier, dominant le débat, prononce sententieusement ces paroles : Sommes-nous ici pour entendre la défense des accusés et pour les juger ? Dans ce cas, je déclare que mon
ai
vOèulfest i^uMls^ôi^ht M^èndûï^ %t qû'ôû leûr'accx>tde là plus grande latitude de rapporter toutes les persé&titiôns qu'ils ont é^tiyéefs.
Ce^ pàrblè^^ prudentes et sages^ itispiréei pàf le plus pur sentfment de la Justice, déplurent! Bailly^ qui répliqua : Voilà enfin la lutte ouverte, tx d'une maïii'ére quiK nctis n'aurions jamais <^ru pôtivoir \t ùîtt ; ceci devient sérieux. Et certes^.... nous tit nous y attéùdiotis pas. Sofûmes-'housici pour juget la conspiration du ^i âôr&t« où toutes les autres époques de la Révolution 1... Le âroît d'arrêter toute discùs^on étrangéi-e à l'affàifè à'ppattieftt au 'Président ; b loi se prononce à cet égàfd. 11 a^t évident que si, <f ùti côté, oh a donné aux aec^ùsé^ le droit de ^ùuv6ir dite tout ce qu^^ veulent pôu'r leùf déférence, àt Fautre, la loi a Attihi au ï'réddent celle de Tes lnterH>iùpre, Ibrilqu'ils Vécalrtclùt de cet 'ot)}et. Ainsi, Vàdiar n'étant accusé 'que de la COhst>ii:àtio'n de ïloVéal, ti^ doit parler qiie de Taffaifrekie floiCal. (IiMf^ «n^i»w^m)... Pourquoi «fiaicea-mas le ptociès à ta >Rêvolfitlda ?
Vieîlhntm joute: Quelle (consé^tieiice petittiltr^ii jtté ^i croit que l'onà ôté à l'accusé lesilaoyens^ sK dtffte^ dre? — Qu^i est iitnocem. Dès4olrs U 4^aitte. Aintfi, noua louerons (ce quri fut aditàs) qut la flfàut^tôëftr maindeone son j^ugement cotitre Vedier.
Didier prouve^^enaulte, que Grisel n-apaspu le trouver à 'la séance du II floréal, chez Babeuf, puisqu'il était chet lui, de l'aveu même de Griaél.
Amar parle longuement des différentes époques ^e la Révolution; il foit l'apologie du Gouverneft^A iMIxx^ tionhaire et de la Convienlion sivant^tteliteidâï'.
Vieillart, qui seiaablejsesôuvehir de^ reproches qti^il a dû aubir, en plusieurs séaïides^ dit ^{xSOipétiMXMrit ififi -forme de justification : 'Làlnanière dontvieiitde é'ékprf* mer lecitoy^sn Amar^doît .convaincye'le'jiTry d^e-nôtrefoipartialité 4X de iiotre justice (Oh tit). '<2.uéUe v^ttièresi nous devions répondre à tout ce qu'il dit !...
Baiily. toujours -sur la bfééfae, kiépfiqt^e Viveilsetft :
Si k <Mojen Amar s'était boraé A oc qui loî-^tt perpojdodj je ne prendrais point la parole; mais on veut introduire 4d le «ystàne que nous faisons k procès A U Révolutîon , en fisiaaat le procôs du ai floréal. Certes, k jujré qui veut •tout entendre po^ir )uger masse les divagations des aqoisés esc un honnête homme, oui, un très l^nnéte homme, mais... Vieillart force BaiUy de se tajuce.
Buonarroti reparait dans cette séance. 11 combat Vieillart par les principes et par la raison. U le force presque d'avouer qtie la Constitution de 93 avait reçu une acceptation plus solennelle que celle de 95. Ses longues inflexions sur k moralité de Faction et sur celk des accusés émurent tout l'auditoire.
Mais Vieillart lui répondit qu'il ne pouvait kisser passer sous silence dejtelles doctrines, et que, s'U fieilktt admettre que quand on ne renverse pas le Gouvernement du Peuplé, il n'y a pas de crime, tous les conspirateurs sendent inattaquables. Et il ajoute : Nous n'avons pas à examiner si k Constitution de 93 est plus populaire que celle de gS^ et si elle a reçu une sanction plus universelle ; jl s'agit de savoir seulement si les accusés ont cons^é •Bour k jrenvei^ement de la Cpnstitution de 95. S'adressent à Buonarroti lui-même, il lui dit : A-t-on jaopais élevé des do^tea .sur l'acc^pfaition de cette Constitution ? Oui I Otti-l, çnc^titous les accusés; miais Vieillart répUfjue: :D'^Ikur8,eUe vient d'être sf^ictionuée de nouveau par \t» dernières assemblées primakes.
Cette ^uv^lk lacçept^tion n'avilit pas eu Ueu, lors de l'aiiire du ai floréal ripostçpt, avec véhéqieace, tes accusés; et, as;iiv4ment^ ce fait est à leur décbaj;ge ;.mais il ne kur en ser^ pas tenu compte.
Bupnarroti, çnfln,, dot cette (|isc^saion, par un discours auquel Bailly.fe borne à çépondre : Vous voyez comJbÂifn toutes ces questions sont étrangères à l'afiTaire ; nous |^ 4pmm^ pasici pour politiquer, mak pqur juger,. .:7- c'fstà«dire,pour.condamneri — ks ^nspjrateui^fi .du fti flo-
{JH)
De longs murmures acceuillirent ces dernières
les.
Nayez prononce un assez long discours pour sa défense; il se plaint amèrement du Directeur du Jury qui a ordonné sa mise en accusation^ et de la municipalité de Vendôme^ qui Ta tenu quatorze jours au secret^ dans un cachot dont les fenêtres étaient clouées.
Blondeau, Laignelot et Ricord sont entendus au débat de la 59* séance, puis Vieillart lit un nouveau résumé de l'affaire^ qui motive une réplique de Real. .
Cordas manifestant son attachement aux principes de la démocratie et aux accusés qui les soutiennent, Bailly avoue qu'il est étonné d'entendre les accusés contre qui il n'existe rien faire l'apologie des principaux conspirateurs, et accabler d'outrage une administration qui les a comblés de tous les égards dus au malheur. Mais il ajoute en forme de menace^ qui va bientôt se réaliser : Il ne faut pas qu'ils croient que leur dévouement à ce parti soit ici un moyen d'absolution^ ni un titre de recommandation auprès des hommes probes 1...
Reybois et Fossard se déclarent aussi^ dans la 60* séance, très attachés à la démocratie.
Ahtonelle^ qui leur succède, invite^ par un discouis énergique, tous les républicains à la paix et à l'oubli de toute haine. Ce discours émut Vieillart qui se leva pour dire: Après avoir entendu le citoyen Antonelle^ nous croyons devoir oublier pour un instant le rôle d'accusateurs nationaux pour nous réunir aux vœux du citoyen Antonelle^ par l'oubli réciproque de toutes les fifutes.
La déclaration de Vieillart amena Taffoureau à procla« mer que lui aussi faisait volontiers le sacrifice des vérités fortes qu^il avait à dire contre les accusateurs nationaux.
Vergne, "Crcspin et Lamberté, ce dernier pour lui et son ami Chrétien, prononcent chacun une courte défense.
Philips témoigne son mécontentement d'ittt placé
à cAté d*Antonelle dans le résumé des accusateurs nationaux.
Bailly lui répond qu'en le faisant figurer à côté d'An« tonelle il n'a entendu laisser subsister aucun doute sur son innocence.
Dufour déclare que jamais il n'a pu croire que ceux