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CHAPITRE X Le mariage de Gustaf-Adolphe

La reine douairière, le sénat et les États avaient souvent représenté à Gustaf-Adolphe combien il importait à la sécurité du royaume que la succession au trône fût assurée. De son vivant, Charles IX s'était déjà occupé de ce soin, ef avait demandé pour son fils, âgé seulement de seize ans, la main d'Élisabeth d'Angleterre, princesse noble, courageuse, en un mot digne de Gustaf-Adolphe; mais elle venait d’être promise à Frédéric, comte palatin, depuis roi de Hongrie. Plusieurs années après, des propositions de mariage furent faites par le Wurtemberg; mais le roi, encore affligé de la perte d'Ebba Brahe, donna à entendre qu'il ne voulait point se marier.

L'électeur Jean Sigismond de Brandebourg avait plusieurs enfants de sa femme Anne de Prusse, et parmi ceux-ci se trouvait Marie-Éléonore, qui était d’une beauté remarquable. Des cheveux noirs, de grands yeux bleu foncé, un front élevé, des sourcils arqués, un nez bien fait, une taille fine, un esprit vif, de l’affabilité, avaient rendu Marie-Éléonore célèbre en Europe: l'attention de tous les Jeunes même en Suède, se dirigeait vers elle.

Dès l’année 1615, il fut question d’un mariage entre Marie-Éléonore, âgée de seize ans, et Gustaf-Adolphe. La cour de Brandebourg, en discussion avec la Pologne au sujet de la Prusse orientale, cherchait à se fortifier par une allance avec la Suède, et faisait connaître ses projets assez clairement. L’envoyé suédois, Birkholt, entendait partout

princes,

CR

faire l'éloge de la beauté, des vertus, de la raison de Marie: Éléonore. « Heureux, disait-on, le pays dont elle sera. la mère.» Birkholt ne manqua point de transmettre ces paroles, mais Gustaf-Adolphe ne voulut pas s’y arrêter; éependant, Birkholt revenant-loujours sur ce sujet, il reçut à ‘la fin l'ordre positif de s'occuper des affaires de L'État et non de mariages. De son côté, lorsque l'électeur eut terminé ses différends, ilcessadese montrer aussi favorablement disposé pour cette union; 1l-semblait donc que tout était terminé sur ce point. Mais les rumeurs au sujet de cette alliance ct la renommée des qualités éminentes de Gustaf-Adolphe ne furent pas sans influence sur le cœur de la jeune princesse, et l'électeur s’amusait souvent, pour faire rougir sa fille, de boire à la santé du roi de Suède et à celle de sa reine fu: ture (1). Le mariage d'Ebba Brahe ayant été célébré au commencement de l’année 1618, Gustaf:Adoiphe résolut de voir lui:même cette Marie-Éléonore tant vantée. Le voyage se fit avec le plus grand secret, Axel Oxenstjerna et quelques antimes en eurent seuls connaissance, Au rois d'août, le roi s'embarqua pour l'Allemagne à Galmar, et fut de retour au bout de quinze jours. La nultitide crut qu'il s'était promené sur la Baltique, pour fure l'essai d’un nouveau vaisseau de hgne. Mais on assure qu'il se rendit à Berlin et sut trouver l’occasion de voir Marie-Éléonore sans se faire conmaitre. Ce qu'il vit et entendit fixa son choix Peu de temps après son retour à Stockhoim, Gustaf-Adolphe lui-même

s’occupa d'affaires matrimoniales dans sa a correspondance avec Birkholt.

Mais plusieurs difficultés surgirent à la cour de l'électeur; ee prince et ses conseillers les plus intimes avaient embrassé

(1) Archives de Ridderstolpe, autrefois archives d’Oxenstjerna, n° 72- 81. Birkholt à Oxenstjerna. Stockholm, 10 novembre 1615. — Relation de Jérôme Birkholt sur la campagne de Berlin.

la religion réformée; l’électrice et ses sujets suivaient. au contraire, avec zèle la doctrine de Luther. L’électeur et son parti n'étaient donc pas fort enclins au mariage de Marie- Éléonore avec un prince luthérien;, l’électrice Anne pensait tout différemment. C'était une femme entreprenante, qui avait élevé ses filles, malgré son mari, dans la religion qu'elle professait. Quand le mauvais état de la santé de l'électeur ne lui permit plus de s’occuper des affaires, Anne en vint à ses fins, et dès 1619 on attendait en Suède la fiancée de Gustaf-Adolphe (4).

De nouveaux obstacles se présentèrent. Jean Gel mourut, et Georges lui succéda. Réformé comme son père, il avait une répugnance secrète pour s’allier à un prince luthérien, et plusieurs cours étrangères le fortifièrent dans ces sentiments. Les pfinces catholiques, et surtout Sigismond, roi de Pologne, redoutaient la force qui pouvait résulter pour la Suède et le Brandebourg d’une alliance entre ces deux États. Il déconseilla donc ce mariage, et finit par demander la main de la princesse Marie- Éléonars pour son fils Uladislas. L'électeur avait besoin de la ratification de la Pologne pour valider son droit d’héritage sur la Prusse, il désirait donc se conformer aux volontés de Sigismond; mais l'électrice douairière jouissait d’une telle considération, qu'il n’osa point s'opposer ouvertement à sa volonté. « Je ne crois pas, écrivait-il au roi de Pologne, avoir le droit de disposer de ma sœur contre son gré et celui de ma mère. »

Cependant, cette affaire paraissant trainer en longueur, Gustaf-Adolphe résolut d'aller à Berlin et de la terminer luimême. Ce voyagese fit sans ostentation et presque incognito, car les conseillers intimes des deux cours en eurent seuls

- (4) Archives de Brahe, fol. 180. Plusieurs lettres échangées entre les cours de Stockholm et de Berlin, au printemps de 1619, au sujet du voyage alors projeté de Gustaf-Adolphe.

connaissance. La suite du roi se composa seulement du comte palatin Jean-Casimir et de quelques personnes. Un samedi soir du printemps de l’année 1620, Gustaf-Adolphe entra à cheval dans Berlin : on refusa de l’admettre dans deux auberges, car on supposait qu'il faisait partie des troupes mercenaires anglaises qui traversaient dans cet instant Ja ville. Enfin il eut le honheur de trouver une chambre. et fit prévenir secrètement l’électrice de son arrivée; elle le pria de se trouver le lendemain dans l’église du château. Dès neuf heures du matin, Gustaf-Adolphe était dans le lieu indiqué; il y trouva tonte la petite cour réunie. Son costume simple, mais riche, sa belle et noble figure, sa taille haute, majestueuse, attirèrent l'attention générale; on se demandait du regard et à voix basse quel était ce mystérieux étranger. La curiosité s’accrut encore lorsque l'électrice l'invita, après le service divin, à passer dans ses appartements intérieurs sans y admettre aucune autre personne. Gustaf-Adolphe et Marie-Éléonore se virent alors pour la première fois, et leur sort fut décidé pour toujours. Marie - Éléonore, âgée de vingt et un ans, parfaitement parée et dans tout l’éclat de la jeunesse, surpassa toutes les idées que Gustaf- Adolphe s’en était faites, d’après les portraits et les regards furtifs qu'il avait jetés sur elle lors de son premier voyage. Marie-Éléonore, de son côté, vit en lui le héros dont l’image planait depuis longtemps sur ses rêves. Les fiançailles furent célébrées à l'instant: le don du cœur suivit celui de la main. T8

De Berlin, Gustaf-Adolphe se dirigea vers le Rhin pour visiter des parents et des coreligionnaires. Il se fit passer pour. un capitaine suédois nommé Gars (1). |

(4) Ce nom est composé des initiales du titre latin de Gustaf-Adolphe Gustavus-Adolphus, rex Sveciæ.

Il entra dans Heidelherg, où personne ne sut qui il était, excepté les membres les plus âgés de Ja famille des comtes palatins. Ceux-ci tinrent la chose tellement secrète et traitèrent Gustaf-Adolphe avec une indifférence extérieure si bien jouée, que chacun le prit pour un simple gentilhomme.de la cour de Jean Casimir. Le premier Jour on fut à la promenade; les princes marchaient devant, et leur suite à une distance respectueuse. Gustaf-Adolphe se mêla d’abord à cette dernière, puis 1} s'approcha peu à à peu des princes pour entendre leur conversation. La Jeune. princesse Catherine s'en aperçut; blessée de Ja hardiesse de ce gentilhomme supposé, elle dit en français à sa sœur, et de manière à être entendue : « Les Suédois doivent être des gens bien impertinents et bien insupportabies. » Gustaf-Adolphe n'eut pas l'air de comprendre ces paroles, Le lendemain il se rendit à cheval, avec quelques nobles :suédois, dans un dieu de FAI: sace où 11 y avait un camp; Rusdorff fut chargé par le comte palatin de les accompagner. Les manières de Gustaf-Adolphe lui plurent tellement, qu’une conversation animée s'établit entre eux sur les événements qui venaient de se passer, tant en Suède qu'en Allemagne. Les sites variés du Rhin donnè. rent lieu à mainte remarque intéressante. Lorsque le roi vit les grands châteaux et les domaines que les évêques possédat dans le palatinat, il dit: «Mon gracieux souverain n'aurait rien toléré de pareil; nous avons déjà mis au pas ces rois sacrificateurs. » En même temps il manifesta beau: CA de malveillance pour les catholiques.

: Rusdorff voulut profiter de cette occasion pour entamer avec ce Suédois, qui paraissait si bien en cour, une négociation de mariage entre Gustaf-Adolphe et la princesse Catherine, dont nous venons de parler. Il se mit donc à faire l'éloge du roi de Suède, de ses qualités éminentes,.et ajouta :.« Il est étonnant que les Suédois permettent à leur souverain de

rester si longtemps célibataire, car la tranquillité du royaume demande que la succession au trône soit assurée, — Le roi de Suède, interrompit Gustaf-Adolphe, a le dessein de se marier à sa fantaisie, et non pas suivant celle des États. » — Rusdorff aborda franchement la question et développa les. avantages de son projet, sous le rapport privé et sous le rapport politique. Gustaf:Adolphe répondit d’une manière évasive; la conversation redevint donc géuérale. Vers la fin du voyage, Rusdorffs'informa du nom de son compagnon. « Je m'eslimerais heureux, dit-il, d’avoir un ami comme vous en Suède, si mon souverain me chargeait d’unemission dans ce pays. — Mon nom est Gars, répondit le roi; je suis capitaine de la garde, et je vous promets non-seulement mon amilié; mais encore la bienveillance de mon souverain, si jamais le sort vous conduit dans ma patrie. » Rusdorff entra en effet plus tard au service de la Suède.

Après le retour de Gustaf-Adolphe à Heidelberg, on sut qui il était, et la princesse Catherine eut connaissance des projets qu'on avait pour elle; ils la firent, dit-on, changer de Sentiment sur ce Suédois qu’elle avait trouvé insuppor: table (1). Mais Gustaf-Adolphe se hâta de quitter les bords riants du Rhin pour retourner dans son royaume, et faire les préparatifs nécessaires pour la réception de sa royale fiancée: Huit des plus grands navires de la flotte suédoise furent équipés et mis sous les ordres du grand-amiral Carl Gyllenhjelm, pour aller chercher Marie-Éléonore. La députation, nombreuse et magnifique, chargée de recevoir la princesse, avait pour président le chancelier Axel Oxenstjerna. Divers enbuis nouveaux avaient été suscités par l'électeur; c'est pourquoi Gustaf-Adolphe ‘ordonna à Axel Oxenstjerna de ne pas se montrer trop difficile sur lés conditions du contrat, et

(4) Archives d’Albedyhl. Rusdorff à De Gruen. Heidelberg, le 2 mai 1620.

surtout de hâter le départ de la princesse. Oxenstjerna remplit sa mission avec un succès spécial. L'électrice déclara même qu’elle n’exigeait point que le contrat fût signé à l'avance; confiante en la justice et en la loyauté de Gustaf- Adolphe, elle voulait différer cette affaire Jusqu'au moment où elle viendrait en Suède. Le jeune électeur était en Prusse lorsque Oxenstjerna arriva; dans la crainte des nouvelles difficultés qu'il pourrait susciter, Annc résolut de conduire elle-même sa fille à Gustaf-Adolphe. On raconte qu'elle se rendit, par une porte secrète et dont elle avait seule connaissance, sous la voûte où l’on gardait les joyaux de l'État, et en emporta la quantité qu’elle jugea proportionnée à la part d’héritage qui revenait à Marie-Éléonore. Deux lettres arrivèrent : l'une de l'électeur et l’autre du roi de Pologne. Dans la crainte d'y trouver de nouvelles oppositions, Anne ne les ouvrit point etse mit en route avec une promptitude qui ressemblait presqu’à une fuite. Les princesses arrivèrent par le Mecklenbourg à Wismar, où Marie-Éléonore, sa mère, sa tante, sa jeune sœur et une suité nombreuse montèrent à bord de la flotte suédoise, qui mit à la voile et se dirigea vers Calmar. | Dans son impatience, Gustaf-Adolphe s’étaitrendu à Calmar afin dediriger les préparatifs dela réception de Marie-Éléonore. Ce n’était pas chose facile. Une sorte de peste avait éclaté dans cette ville précisément à l’époque où la princesse était attendue. Gustaf-Adolphe fit disparaître toutes les traces de Ja contagion; les malades furent conduits hors de Ja ville et on brüla leurs maisons. Ensuite les objets les plus indispensables manquaient dans cette contrée, récemment saccagée par l'ennemi. Il fallut faire venir de Stockholm des draps et du. linge de table, des épices et des sucreries de l’Allemagne, et# le roi fut obligé d'en surveiller lui-même l'emploi : personne ou presque personne ne connaissait en Suède les usages des

pays étrangers. Gustaf-Adolphe ne voulait pas que Marie- Eléonore fût privée, dès son entrée dans ce royaume, des Jouissances que la richesse procure dans les contrées méridionales.

Enfin, le 7 octobre, on vit la flotte suédoise gouverner vers le détroit de Calmar. Les sénateurs Abraham Brahe, Gabriel Bengtsson Oxenstjerna et Nils Stjernskæœld reçurent la princesse à bord, et Gustaf-Adolphe sur le rivage. Plusieurs jours s’écoulèrent au château dans les bals et les fêtes, puis le cortége se dirigea lentement vers le nord. Le roiavait pris les devants et s'était rendu avec la plus grande hâte à Stockholm, car là aussi sa présence était nécessaire pour tout préparer. Il vint encore de nouveau à la rencontre de sa fiancée à Westeros, retourna à Stockholm, où 1l la reçut enfin, lors de son entrée solennelle, le 25 novembre. Le mariage fut célébré le même jour, et le couronnement eut Leu jé 28. Les deux cérémonies se firent avec un luxe et une magnificence extraordinaires. Les nobles, plusieurs centaines de dames, les évêques, les princes et les envoyés étrangers y furent invités; le roi les logea, les nourrit, ainsi que leur suite, au château. Un seul marchand présenta un mémoire sur lequel se trouvaient : cent soixante-dix-sept muids de vin du Rhin, cent soixante-dix pipes de vin de France, quinze pipes de viu d'Espagne et cinq cent vingt: huit tonneaux de bière allemande, le tout consommé au

mariage du roi.

Au premier coup d'œil, l'union de Gustaf-Adolphe et de Marie-Éléonore semblait he toutes les chances du bonheur privé : Marie-Éléonore aimait son mari avec une sorte d’idolâtrie, et Gustaf-Adolphe lui témoignait de la tendresse, avait pour elle des attentions soutenues; mais on observa que ce n’était pas avec répugnance qu'il lui refusait la permission de le suivre dans ses campagnes, et qu’il ne lu

confia jamais les affaires importantes de l'État. La tête et l'esprit de Marie-Éléonore n'étaient pas assez forts pour de telles confidences, ni propres à inspirer un amour basé sur la confiance. Son humeur était singulière, capricieuse ; les facultés de son âme, distinguées sous plusieurs rapports, manquaient de calme et de réflexion, et même son attachement sans bornes pour Gustaf-Adolphe donnait heu souvent à des scènes fort étranges. En l'absence du roi, elle éprouvait un désir extrême de le revoir et en fut plusieurs fois malade ; elle écrivait lettre sur lettre pour peindre son chagrin, sa douleur, demandant de la manière la plus pressante la permission d’aller le rejoindre, et le suppliant de revenir au moins près d'elle. Axel Oxenstjerna lui-même reçut plusieurs lettres de ce genre, avec prière d'intercéder auprès du roi afin que ce prince ne repoussât point les demandes de la reine ; Marie-Éléonore promettait en retour au chancelier une reconnaissance sans bornes. Afin de la calmer, sa mère resta longtemps avec elle en Suède, mais tout fut inuile. L’électrice et Gustaf-Adolphe la priaient en vain d'avoir de la patience pendant quelques semaines encore; on lui donnait même à entendre que son arrivée gênerait beaucoup: le roi; rien n'y faisait. Marie-Éléonore déclarait « qu’elle mourrait si on ne lui permettait point de rejoindre son seigneur. » Il fallait faire des préparatifs dispendieux ; tantôt elle rencontrait Gustaf-Adolphe à moitié chemin, tantôt elle traversait la Baltique et venait le surprendre au camp. Souvent elle occasionna de grands embarras aux commandauts des places de la Livonie, qui ne savaient où trouver les vivres et le mobilier nécessaires, lorsque la reine et sa suite arrivaient ainsi à l'improviste (1): Marie-Éléonore

(1) Archives du royaume. Acta historica, 1612-1632. Pehr Banér à Axel

Oxenstjerna. Revel, 18 juillet 1625. — Archives de Ridderstolpe, n° 184. Plusieurs lettres de Maric-Éléonore à Axel Oxenstjerna pour le prier de

était, en général, violente, inconsidérée dans ses résolutions: elle n'avait aucun ordre dans ses dépenses, et était souvent accablée de dettes que le roi ignorait (1). Ges dettes étaient occasionnées par la générosité prodigue de la reine, mais surtout par son goût pour la musique, les tableaux, les bâtisses ; elle faisait aussi une grande dépense en parures et en vêtements précieux. Les Suédois, graves et peu CiVIlisés encore, ne comprenaient pas le prix qu'on pouvait mettre à des choses pareilles. La reine, dans ses moments d'humeur, avait eu l'imprudence de se permettre des paroles de mépris contre le pays el ses habitants, ce qui augmenta nécessairement beaucoup la froideur des Suédois pour elle, et rendit sa position encore plus désagréable. Gustaf-Adolphe s’aperçut des défauts de la reine; mais, connaissant la pureté de son cœur et-ses autres bonnes qualités, ilse tut. Cependant une affection intime pour Marie- Éléonore ne trouva jamais accès dans son cœur; 1l la regarda toujours, plus ou moins, comme un enfant. Il badinait avec elle dans ses moments de loisir, lui donnait de beaux habits et des bijoux, puisqu'elle les aimait. La reme éprouvait en effet une joie extrême de se présenter parée avec art et richesse, dans tout l’état de sa beauté, devant son époux, et d'apprendre par ses regards et ses paroles qu'il l’admirail.

Beaucoup de personnes cependant présumaient que Gustaf-Adolphe éprouvait le besoin d’un attachement plus profond, et que l’image de la parfaite Ebba Brahe s'offrit mainte fois à ses regrets. S'il en fut ainsi, Gustaf-Adolphe

persuader au roi de renoncer à ses campagnes, ou d'obtenir pour elle la permission de l'accompagner, etc. |

(A) Archives de Falkenberg. Axel Oxenstjerna à Gabriel Oxenstjerna. Wurtzhbourg, 16 novembre 1632.

cacha parfaitement ses sentiments, et le monde en général croyait le roi et la reine également heureux.

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