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CHAPITRE XV Combat de Wallhoff

Les Lithuaniens, plus fatigués de la guerre d'année en année, commencèrent à élever des difficultés pour leur par-

ticipation aux nouveaux armements ; le vaillant Kodkewitz était mort durdnt la dernière guerre avec les Turcs. Ces circonstances et la négligence habituelle de Sigismond firent penser à Gustaf-Adolphe qu'une attaque contre la Courlande et la Livonie rencontrerait peu de résistance. Vers la fin de juin 1625, 1l mit à la voile avec des forces considérables et se rendit à Riga, d’où il tomba de toutes parts sur l'ennemi. Jacob De La Gardie et Gustaf Horn furent envoyés vers la Livonie ; en peu de mois ils s'emparèrent de Dorpat, de Marienbourg, de Trikal, d'Adzel, etc. Presque tout le pays se trouva donc conquis. Le roi, accompagné de Johan et de Pehr Banér, de Gyllenhjelm, d’Arnheim, de Thurn et autres, s’avança par les routes de terre et par la Duna, prit Kockenhiusen, Berson, Salbourg, Scheffeling, etc.; après quoi les Suédois se répandirent dans toute la Courlande, prirent Birzen, Bautske et Mittau, sans éprouver beaucoup de résistance. te Polonais avaient deux:bons généraux, Christophe Radziwill et Gosiewsky; mais, leurs mouvements ayant été paralysés par Sapieha, sous les ordres duquel Sigismond les avait mis, ils s'en offensèrent et se reti- BRDEN EU? |

Cependant Marie-Éléonore, ne pouvant plus rester en Suède séparée du roi, s’embarqua pour Revel, d’où elle voulait absolument se rendre au camp; il fallait pour cela traverser la Livonie, ravagée par la peste. Gustaf-Adolphe réussit enfin à lui persuader de rester à Revel, en promettant de s’y rendre dans quelques semaines. Le roi espérait en effet que les Polonais prêteraient l'oreille à des propositions raisonnables ; c’est pourquoi il envoya quelques négociateurs vers eux, mais ils furent arrêtés; des. troupes ennemies s'assemblèrent en Courlande, et Gustaf-Adolphe se vit obligé de faire une campagne d’hiver pour protéger ses conquêtes. [l ordonna de cacher pour le moment ce pro-

jet à la reine, et marcha ensuite avec une armée assez considérable vers Kockenhusen. Cette expédition fut périlleuse et fatigante. L’ennemi occupait la rive opposée, et le roi eut un jour un cheval tué sous lui par un boulet de canon venu de ce côté. Les employés les plus rapprochés de sa personne tombèrent malades, de sorte qu’il fut obligé de faire presque tout par lui-même. « Je suis, écrivait-il à Axel Oxen-

stjerna, secrétaire et trésorier; si le calfat tombait malade,

je serais omnia tria. » Ayant appris que Sapieha avait réuni

des forces assez considérables près de Walihoff, Gustaf-Adol-

phe prit mille mousquetaires choisis, autant de cavaliers

qu'il put en réunir à la hâte, puis il passa la Duna de

5 janvier 1626, et marcha droit à l'ennemi. Celui-ci, averti

de son approche, mit le feu au village, aux fortifications, et se rangea en bataille, mais avec peu d'ordre, selon l’habi-

tude polonaise. Ce fut le 6 janvier, de bonne heure, que les

Suédois parurent. Thurn commandait l'aile droite, et Gus-

taf Horn l'aile gauche, avec Arnheim sous ses ordres ; le roi dirigeait l'ensemble. Après un combat de courte durée, la

cavalerie polonaise prit la fuite, l'infanterie ne tarda point

à la suivre. Sept cents morts restèrent sur le champ de ba-

taille; cent cinquante prisonniers, parmi lesquels se trou-

vait Gosiewsky, furent conduits dans le camp suédois. On

prit cinq drapeaux, trois canons et tout le bagage de l’en-

nemu. La perte des Suédois fut presque nulle. Cette victoire

est la première que Gustaf-Adolphe ait gagnée seul : De La

Gardie, Wrangel, tous les vieux généraux, étaient absents :

le roi eut donc tout le mérite du plan de ce combat comme

de son exécution.

Le combat de Wallhoff mit les Suédois en sécurité contre de nouvelles attaques. Gustaf-Adolphe, ne voulant point prolonger la campagne durant l'hiver, retourna à Rig ga. C’est dans cette ville qu'il donna à ses fidèles amis, aux Brahe, à

Gyllenhjelm, à Klas Fleming, aux Banér, à Thurn fils, ete., un grand nombre de propriétés en Livonie, soit pour les récompenser de leurs services, soit’ pour les rendre plus zélés encore à défendre le pays nouvellement conquis. Jacob De La Gardie fut nommé gouverneur de la Livonie, avec Riga pour résidence, et Johan De La Gardie gouverneur de PEsthonie, avec Revel pour chef-lieu. Le roi se rendit en hâte dans cette dernière ville, afin d'y rejoindre la reine; il y resta Jusqu'à la fin de février; après quoi ils retournèrent ensemble en Suède.

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