‹ Histoire de Gustaf II AdolpheChapitre 17 sur 102 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Revers de Teuffel près de Hammerstein.

Pendant l'hiver de 1626 à 1627, le commandement de l'armée suédoise fut confié à Thurn, et celui de l’armée polonase au général en second Koniecpolsky, qui avait fait preuve de courage et d’habileté dans la guerre contre les Turcs. L'hiver avait suspendu les opérations militaires : mais Dantzick, cernée par les Suédois, envoyait courrier sur courrier à Varsovie pour demander des secours. C’est pourquoi, en mars 1627, Koniecpolsky se dirigea vers Pardubitz; Nils Horn commandait dans cette ville. Ayant fort peu de troupes et manquant de toute espèce d’approvisionnements, 1l fut obligé, après une courte résistance, de capituler. Cet événement rendit à Dantzick la liberté de ses mouvements du côté de l’ouest.

Les colonels Teuffel et Streuff avaient enrôlé en Allemagne, pour le service de Gustaf-Adolphe, quinze cents hommes avec lesquels ils traversaient dans ce moment la Poméranie, afin de se réunir aux Suédois de Pardubitz. Lorsque Teuffel apprit la perte de cette ville, il marcha au sud, afin de rejoindre le camp de Thurn, près de Dirschau, en traversant ce qu'on appelait les déserts de Waldow. Plusieurs obstacles, suscités par le gouvernement poméranien, avaient ralenti la marche de cette troupe, et Koniecpolsky en eut connaissance. [1 devina le dessein de Teuffel, fit une extrême diligence pour l’atteindre, et y parvint. Il rencontra les Allemands près de Schlochau; ceux ci, inférieurs en nombre et nullement exercés, furent bientôt obligés de 4e et d'abandonner leurs bagages. Ils se retirèrent à

ammerstein, suivis de près par les Polonais, qui ne tardè-

rent point à les envelopper, et se défendirent d'abord avec courage; mais, les canons ennemis commençant à tirer, ils perdirent toute contenance. Teuffel essaya vainement de leur prouver que le danger n'était pas aussi grand qu'il le paraissait. On ne l’écouta point. Lorsqu'il leur ordonna, en sa qualité de commandant, de lui obéir, ils se révoltèrent, mirent leurs chapeaux sur les lances, en signe de paix, et se dirigèrent vers le camp ennemi. Quelques-uns d’entre eux prirent du service chez les Polonais, mais la plupart obtinrent la permission de retourner en Allemagne, en promettant de ne point servir contre la Pologne pendant une année. Teuffel, ayant été fait prisonnier, fut échangé peu de temps après, et devint colonel du régiment de la garde qui se rendit si célèbre depuis sous le nom du Régiment Jaune.

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