CHAPITRE XXX
Gustaf-Adolphe et le clergé.
Gustaf-Adolphe, pénétré d’une piété véritable et sincère, mettait beaucoup de soins à graver ce sentiment dans le cœur de ses sujets. On veillait avec la plus grande sévérité à l’ordre et à la discipline de l’Église. Le mépris ou la légèreté sur ces matières, comme le manque de respect pour l'office divin ettout ce quien dépend, étaient rigoureusement punis. quelquefois par le bannissement et la mort. Gustaf-Adolphe était soigneux de la considération du clergé. « Les prêtres, disait-il, devraient être les véritables tribuns du peuple, car ils le connaissent mieux que personne; c’est à*eux de le diriger vers le bien par leurs préceptes et par leurs exemples. »
Mais les prêtres indignes, 1l les dépouillait de leurs fonctions sans miséricorde; le bonheur spirituel des paroissiens était pour Jui supérieur à l'intérêt inspiré par la femme et les enfants du coupable, Afin de manier plus facilement les affaires du elergé, le roi avait le dessein de créer à Stockholm un consistoire général pour tout le royaume; ce projet ne fut pas exécuté.
L'édition de la Bible, publiée par ordre de Gustaf \ asa, était épuisée depuis longtemps; Gustaf-Adolphe, ayant fait revoir ce travai), en publia une nouvelle édition avec un luxe jusqu'alors inconnu.
Les troubles occasionnés par les changements de religion de Jean IIT et de Charles IX (1) servirent d’avertissements à Gustaf-Adolphe ; il se tint avec fidélité à la doctrine évangélique. Une fusion des doctrines de Calvin et de Luther fut proposée par quelques étrangers, et Axel Oxenstjerna y prêta volontiers l'oreille. Le roi, au contraire, repoussa la proposition avec calme, mais en même temps avec fermeté, et fit sortir ses auteurs du royaume; il ne devait y avoir en Suède qu'une foi, qu’une espérance, qu'une confession. Plusieurs jésuites, qui s'étaient faufilés dans ce pays, en furent chassés, et trois Suédois qui avaient embrassé la religion catholique, n'ayant pas voulu y renoncer, furent, selon la lettre de la loi, condamnés à mort et exécutés. Une étroite imtolérance n’était pas dans les opinions du roi; 1l aimait la doctrine de Luther, était l'ennemi des catholiques sur le champ de bataille et dans les conseils ; vaincus, ils eurent à se louer de son indulgence et de sa douceur. Les jésuites furent les seuls avec lesquels il ne se réconcilia jamais.
(} Le premier était, disait-on, rentré dens le sein de V'Église catholique, et le second avait embrassé la doctrine de Calvin. (Trao.)