‹ Histoire de Gustaf II AdolpheChapitre 46 sur 102 · CHAPITRE XLVIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIT

Les combats dans la Poméranie ultérieure,

Les Suédois réunis dans Rugenwalde chassèrent tous les impériaux de la Pomérante ultérieure, et ces derniers n’eurent bientôt plus que Colberg. Mais, déjà à cette époque, Colberg était regardée comme l’une des plus fortes places de l'Allemagne ; c'est pourquoi Conti tenait essentiellement à la conserver. La garnison se composait de dix-sept cents fantassins et de quelques cavaliers. Les troupes suédoises qui en faisaient le siége, sous les ordres de Kniephausen, étaient peu nombreuses dans le commencement, l'intention du roi étant de bloquer la ville et non de l’assiéger. Conti envoya quelques renforts de cavalerie ; mais Horn, ayant eu

connaissance de leur marche, les repoussa, après quoi,

Monræ, Hepburn et autres s'étant joints à Kniephausen, le corps commandé par celui-ci se monta à douze mille hommes. Conti envoya-encore un renfort de dix mille hommes conduits par Ernst Montécuculli, qui avait Isolani, Gætz, Colloredo et Sparre sous ses ordres. Ils devaient se rendre de Gartz à Colberg en passant par Schiefelbein, pour essayer de faire lever le siége. Horn, quiétait à Stettin, et Kniephausen devant Colberg, furent prévenus tous deux du dessein des impériaux. Le premier envoya Baudis, Teuffel, Thurn et leurs régiments au secours de Kniephausen; ce dernier laissa une partie des troupes de siége, et Alexandre Lesslie devant Colberg, et marcha avec le reste à la rencontre de l'ennemi ; il avait cependant, auparavant, envoyé Monræ et ses Écossais à Schiefelbein, avec ordre de défendre cette position jusqu’au dernier homme, afin de laisser ainsi le temps aux troupes qui venaient de Stettin d'opérer leur jonction avec lui.

Monræ partit, mais 1l trouva en arrivant que sa commission était dangereuse. Les fortifications de Schiefelbein étaient absolument hors de service, et on ne pouvait défendre le château que pendant vingt-quatre heures au plus. À peine fut-1l parvenu, avec l’aide des habitants, à donner un peu de solidité aux remparts, que les impériaux parurent. Après une résistance aussi longue que possible, Monræ se retira dans le château, Montécuculli le suivit avec des soldats et de l'artillerie ; 1l le somma de capituler, sinon il ne serait fait aucun quartier à la garnison. Monræ répondit : « Le mot de capitulation ne se trouve pas dans mes ordres; je n’ai, au service de l’ennemi, que des boulets et de la poudre. » L’obscurité qui commençait à venir empêcha l'ennemi de donner l'assaut, et pendant la nuit Monræ fit mettre le feu à la ville ; Montécuculli fut obligé de se retirer. Le lendemain matn il prit la résolution de ne pas perdre.

davantage son temps avec cet Écossais entêlé, et marcha droit sur Colberg. |

Dans l'intervalle les secours venus de Stettin s'étaient réunis à Kniephausen et campaient près de Gross-Gustin, village situé à un mille sud de Colberg. Ce même soir Montécuculi arriva dans cette contrée ; 11 n’y avait pas un quart de mille entre les deux camps, et l’on entendait de Fun la musique de l’autre. Plusieurs officiers conseillèrent à Kniephausen d’attaquer, mais 1l ne voulut pas quitter son avantageuse position. Montécuculli reconnut de son côté l’impossibilité de se faire jour à travers les troupes de Kniephausen: dans la crainte d’être cerné, il résolut de se retirer et d’abandonner Colberg à sa destinée. Ce mouvement s’effectua vers trois heures du matin. Les Suédois ayant entendu du bruit, Kniephausen se décida à poursuivre l'ennemi qui fuyait. Baudis s’élança le premier avec la cavalerie, Teuffel et Hepburn le suivirent avec de l'infanterie, et Thurn avec de l'artillerie. Avec son courage habituel, ou, pour mieux dire, avec une bravoure AE audi, se précipita contre l'ennemi, eut plusieurs fois le bonheur de le disperser et de lui causer beaucoup de mal. Avec le soleil se leva un brouillard qui dura une partie de la journée ; il devintsi épais qu'on distinguait à peine les objets les plus rapprochés. Baudis ne se laissa point arrêter par cet obstacle; il avançait hardiment partout où il entendait le bruit de la marche des impériaux. Il remporta des avantages en plusieurs endroits, mais il finit par heurter un régiment d’ infanterie en bon ordre qui venait de se mettre en mouvement, et le” reçut avec un feu si bien nourri qu'un grand nombre de cavaliers furent tués, les autres reculèrent et entraînèrent leur. chef dans leur Rite: Baudis, soutenu par quelques troupes qui arrivaient, attaqua de nouveau, mais le brouillard s’opposait encore à toute manœuvre résonne On se

heurtait sans cesse contre l'infanterie impériale, et la cavalerie suédoise ne pouvait résister à son feu. Pour comble de malheur, deux régiments de cavalerie suédois, trompés par le brouillard, se battirent avec acharnement et pendant longtemps avant de reconnaître leur erreur. Ce revers les ayant abattus, ils se retirèrent vers l'infanterie qui approchait. Les impériaux profitèrent du moment et s’éloignèrent en hâte. Il fut ensuite impossible de les atteindre.

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