‹ Histoire de Gustaf II AdolpheChapitre 58 sur 102 · CHAPITRE LIX Le rorobs d'Angern · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIX Le rorobs d'Angern

Vers la mi-juillet , et lorsque les fortifications élevées par Gustaf-Adolphe se trouvèrent achevées, on reçut dans le camp la nouvelle de l'approche de Tilly et de son entrée dans Magdebourg. Le roi, par une détermination hardie, résolut de De brel une partie de ses troupes fatiguées par leur

marche. Il envova, le plus secrètement Hossibles trois nulle hommes; presque tous cavaliers, à Arenbourg, petite ville au.sud de Werben. Le 16 juillet au soir, il s'y rendit luimême à cheval, se mit à la tête de ses troupes et marcha pendant la NE vers Beldingen. Le 17 juillet était un dimanche; le roi resta Te tout le jour, mais une petite partie du régiment jaune fut envoyée à la recherche de renseigneménts sur la position de l'ennemi. Les Suédois s'emparèrent de quelques cavaliers autrichiens qui maraudaient ; on apprit par eux que l'avant-garde de Tilly élait à dus milles de 1à, et se composait de quatre régiments de cavalerie. Plus foi à l’ouest, et dans le villas de Burgstall, se-trouvait le régiment de Montécuculi; dans Angeïrn, à l'orient, étaient Holk et Coronini ; le centre, nié bar Bernstein, était à Rheindorff. Le roi arrêta son plan d'attaque d'après ces renseignements ; Baudis fut placé devant Montécuculi; le rhingrave devant Holk et Coronini; Gustaf-Adolphe se mit en face de Bernstein. Vers le soir, les Suédois sortirent de Beldingen et arrivèrent au commencement de la nuit auprès des villages nommés ci dessus, où ils se séparèreni pour se rendre de les lieux assignés à chacun de leurs généraux. Les habitants de ce pays; qui haïssaient les 1impériaux, les avaient laissés dans l’ignorance complète de ces

mouvements. Les soldats, harassés par la fatigue des journées précédentes, se gardaient avec moins de vigilance, et leurs chefs ne pouvaient pas supposer que Gustaf-Adolphe, inférieur en nombre, prendrait l'offensive. Baudis, ayant moins de chemin à faire, arriva le premier et trouva l’ennemi dans les bras du sommeil. Son colonel était absent. Il pénétra comme la foudre dans le village; presque tout le régiment fut sabré, quelques soldats seulement parvinrent à s'enfuir.

Le bruit occasionné par cette escarmouche attira l'attention de Bernstein, de sorte que le roi trouva, en arrivant, le régiment de ce colonel armé et rangé en bataille. Les impériaux reculèrent à la première attaque; Bernstein, par ses exhortations et son exemple, parvint à leur faire reprendre pied. Un combat court mais vif s’ensuivit. Le roi, entraîné lui-même par son ardeur, se précipita au milieu des ennemis, fut cerné et sur le point d’être tué; Harald-Stake vint à son secours et repoussa les Autrichiens. Le vaillant Bernstein et le comte Kollowrath, l’un de ses meilleurs officiers, ayant été tués dans ce moment, les impériaux prirent la fuite, Les Suédois les poursuivirent, et Gustaf-Adolphe fit mettre le feu au village, afin que le pillage n’occasionnât point de désordre parmi ses troupes. |

Le rhingrave, élant arrivé le dernier à son poste, trouva les deux régiments de Holk et de Coronini en bon ordre ; la fusillade qu'ils avaient entendue du côté de Burgstall et de Rhindorff leur avait donné l'éveil. C’est ici surtout que le combat fut rude; l’ennemi était nombreux et commandé par l’intrépide Holk. Cependant, sur ce point également, les impériaux se virent contraints de fuir. Après une poursuite de peu de durée, Gustaf-Adolphe fit rentrer dans Werben ses troupes chargées de butin.

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