‹ Histoire de Gustaf II AdolpheChapitre 84 sur 102 · CHAPITRE LXXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXII

Expédition de Wallenstein contre Nuremberg,

© Wallenstein et Maximilien, après avoir opéré leur jonction, entrèrent dans la Franconie, mais en se dirigeant vers le nord, comme s'ils avaient le dessein de pénétrer en Saxe: ils espéraient ainsi faire sortir Gustaf-Adolphe des murs de Nuremberg, et avoir l’occasion d'attaquer et de détruire une armée bien inférieure à la leur. Mais le roi n'ayant pas été trompé par ce mouvement, Wallenstein reprit le chemin du midi, enleva quelques maraudeurs suédois et s’approcha de Nuremberg. Il examina avec attention les nouvelles lignes,

HISTOIRE DE GUSTAF-ADOLPuIE,. 451

puis annonça sa résolution de ne pas les attaquer. Maximilien voulait, au contraire, profiter de l’occasion pour écraser un ennemi inférieur : « Que Votre Altesse commence, répondit Wallenstein, et je saurai bien la soutenir: » L’attaque n'eut pas lieu. L'armée passa devant Nuremberg, et traversa la Regnitz à Stein. Sur la rive gauche ‘de cette rivière, au nord, et près de l'endroit où s'était effectué le passage, on voyait une colline appelée, d'après le village qui la touchait, la colline d’Aspach; il y en avait une seconde, plus élevée, nommée Altenberg ; puis une troisième. encore plus haute et plus escarpée, qui portait le nom de Burgstall ou vieille forteresse, parce qu'il s'en trouvait une en ruines sur son sommet. Les trois collines étaient assez escarpées et entourées de bois à leur base. Du côté de l'orient, la Reenitz coulait à leur pied, sur un fond vaseux et sans gué ; du reste, elles étaient environnées d'un terrain marécageux et entrecoupé de ruisseaux. Les collines ellesmêmes étaient séparées les unes des autres par des ruisseaux; celui qui coulait entre Altenberg et Burgstall, appelé la Biberbach, était assez considérable. Wallenstein choisit ces trois collines pour y établir son camp. Maximilien et les Bavarois occupèrent Burgstall, Wallenstein en personne et le principal corps d'armée s’établirent sur Altenberg; une division moins considérable, remplissant les fonctions d’avant-poste, fut placée près d’ Aepael: On éleva autour de ces collines de forts retranchements garnis de canons et de soldats ; on coupa les arbres pour en faire un triple abatis. Wallenstein se trouva donc bientôt près d'Altenberg, dans une position aussi inattaquable que celle de Gustaf-Adolphe à Nuremberg. Il y avait à peine la distance d’un demi-mille entre les deux armées.

Il paraît que le but de Gustaf-Adolphe était d'abord de protéger Nuremberg, et ensuite de retenir et de fatiguer, comme

à Schevedt et à Werben, les forces ennemies devant son camp retranché, tandis que ses généraux agiraient librement dans le reste de l'Allemagne. De son côté, Wallenstein se proposait, comptant sur sa supériorité numérique, d'intercepter l'entrée des vivres dans Nuremberg; et 1l occupa dans ce but toutes les forteresses des environs. Il voulait détruire l'armée suédoise par la famine, ou la forcer de sortir de ses retranchements, pour subir une défaite inévitable contre un ennemi trois fois supérieur en nombre.

Toute l'Allemagne, toute l'Europe fixaient des regards inquiets sur Nuremberg, et attendaient, avec crainte ou espoir, l'issue de cette lutte décisive.

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