‹ Histoire de Gustaf II AdolpheChapitre 85 sur 102 · CHAPITRE LXXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXIII

Gustaf-Adolphe et Wallenstein.

La conduite de Wallenstein, dans cette circonstance, fut aussi bizarre que de coutume. Il disait partout qu'afin de ne pas prolonger la durée de cette longue effusion de sang, il désirait devenir le médiateur de la paix, et il chercha, par diverses prévenances envers Gustaf-Adolphe, à inspirer les mêmes sentiments à ce prince. Dès les premiers temps de l’arrivée des Suédois à Nuremberg, le colonel Taupadel avait été fait prisonnier par les Croates; Wallenstein paya Ja rançon de cet officier de ses propres deniers, et le renvoya ensuite à Gustaf-Adolphe, pour le préparer à des négociations pacifiques. Quelque temps après, un autre officier suédois tomba entre les mains des Croates ; 1l fut également traité avec bonté, régalé à la table de Wallenstein, et renvoyé sans rançon, avec mission de dire au roi « que le duc de Friediand regardait Gustaf-Adolphe comme le guerrier le plus brave et le général le plus habile du monde. » La ré-

ponse n'a point été conservée ; mais un noble suédois, fait prisonnier depuis, fut renvoyé de même et chargé d'assurer Je roi « de l’estime de Wallenstein, de son vif désir de voir un prince si vaillant réconcilié avec l'empereur, movennant une paix solide et équitable. »

Gustaf-Adolphe ne prêta point l'oreille à ces discours; il n'y eut pas de paix, ni même de négociations à ce sujet. Cette conduite du roi a été interprétée de diverses manières ; les uns ont: blâmé «es projets étendus et ambitieux, les autres l'ont défendu, en alléguant sa résolution bien connue, de ne pas désarmer que la suprématie de l’empereur en Allemagne n'’eût été détruite. On se méfiait également de Wallenstein et de ses desseins. Quelques-uns des admirateurs de ce général ont soutenu que Wallenstein, dont l’élévation n était due qu'à l'épée, avait sérieusement l'intention de remettre cette épée dans le fourreau. Mais on croyait, en général, que son dessein était d'endormir son ennemi dans la sécurité, pour le surprendre ensuite, ou pour conclure avec lui une alliance contre l'empereur. On fit encore d’autres suppositions, qui ne pouvaient avoir de fondement que dans la bizarrerie connue de l'humeur et de la conduite de Wallenstein.

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