‹ Histoire de Gustaf II AdolpheChapitre 90 sur 102 · CHAPITRE LXXX VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXX VIII

Les deux armées s’éloignent.

Le manque de vivres et les maladies régnaient dans le camp des Suédois et dans celui des impériaux ; les blessés du dernier combat augmentaient encore la misère. Plusieurs centaines d'individus mouraient tous les jours, et la plupart des chevaux avaient péri. Outre ces malheurs communs aux deux camps, celui de Wallenstein avait beaucoup à souffrir d’une multitude extraordinaire d'insectes. Les sauterelles couvraient les tentes, les mouches corrompaient les vivres, les taons et les œstres tourmentaïent les chevaux. Souvent on voyait ces derniers rompre leurs liens et se jeter, poussés . par une rage aveugle, dans les précipices les plus profonds. Gustaf-Adolphe avait perdu dix-neuf mille hommes, Nuremberg dix mille, et Wallenstein quinze mille.

I était inutile d'attendre l'éloignement de ce dernier. Gustaf-Adolphe, au contraire, ne put y tenir plus longtemps. Quinze jours après le combat de Burgstall, il dit adieu aux Nurembourgeois, leur laissa Axel Oxenstjerna et Kniephausen avec quelques mille hommes pour les défendre, et quitta cette malheureuse contrée avec le reste de ses troupes. Mais, auparavant, il se rangea complétement en bataille devant le camp de Wallenstein et attendit ainsil'ennemi pendant quatre heures. Celui-ci ne bougea point et retira même ses avantpostes. Gustaf-Adolphe marcha ensuite vers Neustadt, où il s'arrêta pour voir ce que Wallenstein allait faire : le général impérial resta encore cinq jours dans sa position, puis il parüt en toute hâte, mit le feu à Son camp et prit avec célérité la route de la Franconie septentrionale. |

Les deux armées se composaient chacune de soixante mille hommesenviron, lorsqu’elles furent amenées devant Nuremberg. Quand elles s’en éloignèrent, Wallenstein n'avait plus que trente-six mille hommes, et le roi trente mille. Tout le reste avait été moissonné par les escarmouches et les maladies.

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