‹ Histoire de Gustaf II AdolpheChapitre 97 sur 102 · CHAPITRE XCV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCV

Suites de la bataille,

Les pertes que Wallenstein avait éprouvées l’affaiblirent tellement, qu’il désespéra de se maintenir en Saxe, pays hostile, et cela malgré l'immense malheur arrivé aux Suédois. I marcha vers la Bohême, en emmenant avec lui, suivant quelques relations, vingt mille hommes seulement, uniques restes de ses troupes autrefois si nombreuses, Tous ceux qui s'étaient distingués dans cette bataille furent richement récompensés. Piccolomini reçut vingt mille écus; onéleva un magnifique monument à Pappenheïm, et sa veuve fut gratifiée d’une riche pension. D’un autre côté, on fitune enquête sévère pour connaître Ceux qui n’avaient pas rempli leur

devoir, et plusieurs individus haut placés sous le rapport de Ja naissance et des emplois furent exécutés malgré toutes les supplications. |

Par sa retraite, Wallenstein abandonnait l'Allemagne entière aux Suédois, et avouait en même temps sa défaite. Cependant tous les pays catholiques considérèrent la bataille de Lutzen comme une victoire, tant on attachait d'importance à la personne de Gustaf-Adolphe. A'Vienne, à Bruxelles, à Madrid, on chanta le Te Deum. Dans cette dernière ville, des fêtes furent célébrées durant douze jours, à l’occasion de la mort de Gustaf-Adolphe. Ferdinand se conduisit d'une manière plus décente; il ne manifesta point de ces Joies impétueuses; on dit même qu'il répandit des larmes d’attendrissement en voyant le collet taché de sang qui avait appartenu à Gustaf-Adolphe.

Mais la douleur de toute l’Europe protestante fut profonde ; la mort du roi lui fit répandre des larmes amères. La Suède resta stupéfaite et interdite; le sénat ne savait quel conseil donner, les généraux étaient incertans sur la conduite qu'ils devaient tenir, et, pour la première fois, Axel Oxenstjerna passa une nuit sans sommeil. Plusieurs ne purent supporter cette nouvelle accablante; le vieux Magnus Brahe et Jacob Spens moururent de chagrin. L’Allemagne manifesta la même douleur; peut-être le fit-elle d’une manière encore plus bruyante. Une foule d’écrits en vers et en prose, en allemand et en latin, d’un style plus ou moins bon, furent publiés, et exprimèrent le chagrin profond, dévorant, qui s'était emparé de tous les esprits. L’infortuné Frédéric, le roi momentané de la Bohême, était malade quand il apprit la mort de son unique protecteur; elle accéléra le terme de sa vie,

HISTOIRE DE GUSTAF-ADOLPIIE. ÀÂ83

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