CHAPITRE IX
Histoire d'Osmîn et de la Iwlie Oira^à. '
Pendant que leurs majestés catholîqaes^^F^eiv dinand.et Isabelle assiéraient Paê'ça: Ton peuf' dire que les Maures donnèrent bien de l'oecupah- ' tien aux chrétiens,' et qu'il se fit de part et d'autre des actions; :de la dernière valeuT.»'La p)a»ce avàn-^ ' tageiisementsituéect en bon état, était défendue par une garutson «omposée der metllefrres trdu- "'
LIVRK î, CHAP. IX. ^
pes du roi de Grenade , Mahomet ^ souruoiau()é. El, Chiquito y c'est-à-dire le trqs-petit , el av^it ^ pour gouverneur un homme .fort expérimenté i dans la. guerre. IsHl>çlle , à Jaën, s'occupait ,à . faire pourvoir de munitiorA^S l'arjuiçe des chrétiens, , que Ferdinand commandait en personne, et qiù, élait partagée en deux corps, dont l'un faisait le siège, tandis que l'autre le soutenait..
Comme les Maures n'épargnaient rien pour rendre diiFicile la communication des deux canij^s^ il ne se passait point de jour qu'il n'y eût quelque escarmouche, qui devenait toujours sanglante. Il arriva dans une de ces occasions que les asaié- . gés combattirent avec tant de fureur , qu'ijs auraiVnt entièrement défait les assiégeans , si la . chose eût été possible; mais ceux-ci , animes par. la présence et par l'exemple de leur. roi , qui s'était mis de la partie,- et renforcés à tout momeiit par de nouveaux secours, firent prendre enfin la . fuite aux infidèles, et les poursuivirent ^i vive-*,, nienii, qu'ils entrèrent péle-m^le ^ans ^,ç,^^ubQurg. , de Baëjça.
Le gourverneur n'auraijt pas. nianqué de profiler de 1 ardeur indiscrète deschréliens , ?'il eût , eu assez de moi;idé pour faire alors une vigou- . reuse sortie ; mais voyant sa garnispn trop affaiblie pour oser l'entreprendre, il se contenta prudem- . ment de faire feu sur eux , pour les empêcher de , se loger dans le faubourg; çnsuite il fit fermer le&
go GDZMAiN D'ALFARACHE.
portes de la ville , de peur qu'elle ne fût emportée d'assaut. On eut beau lui venir dire que sa (illc unique était malheureusement allée prendre l'air dans un jardin qu'il avait au faubourg , et qu'il était à craindre qu'elle ne tombât entre les mains des ennemis, il répondit, en consul romain, qu'il aimait mieux perdre ^ fille qu'une place dont son roi lui avait confié la défense.
Parmi les seigneurs de l'armée chrétienne qui entrèrent dans le faubourg avec les Maures, don Alonse de Zuniga fut un de ceux qui se signalèrent le plus. Ce cavalier, qui pouvait avoir dixhuit ans, faisait sa première campagne; il aimait la gloire , et il n'était venu au siège de Baëça que pour mériter l'estime de Ferdinand par quelque action d'éclat. La fortune favorisa son dessein : comme il poursuivait les ennemis, passant au fil de l'épée ceux qui voulaient lui résister, il arriva près d'une maison de fort belle apparence, qu'il jugea devoir appartenir aune personne de qualité; curieux de savoir ce qu'il y avait dedans, il fit enloncer les portes à coups de hache : il se présenta d'abord une douzaine d'hommes armés seulement de sabres pour en défondre l'entrée ; mais quatre ou cinq d'entre eux, ayant été jetés par terre , abattirent le courage des autres, qui se sauvèrent par dessus les murs du jardin.
Les cavaliers de don Alonse, ravis de trouver