‹ Histoire de Guzman d' AlfaracheChapitre 65 sur 101 · LIVRE I, GHAP. 1%. i · texte numérisé non relu

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àuBieur, elle imputait à cette Maure toutes les railleries de don Jajmé : d'où , concluant qu'en SQiour il y avait de l'imprudence à se servir de procureur , quand on pouvait faire ses affaires soi-même , ^le résolut de ne se fier désormais à personne , et de tout mettre en usage pour engager Vives ,à l'enlever.

Elle n'en fit pourtant pas plus mauvaise mine a Daraxa le lendemain : elles se revirent comme à l'ordinaire , sans entrer dans aucun éclaircissement , sans se dire un seul mot sur ce qui s'était passé ; le soir elles se promenèrent ensemble , dissimulant toutes deux ^ et chacune occupée de ses intérêts. Il arriva dans cette promenade une aventure qui eut de grandes suites ^ comme vous allez l'entendre.

J'aî déjà dit que don Rodrigue avait jeté les

I yeux sur Âmbroise pour en faire son confident

' auprès de Daraxa , qui , jusqu'à ce jour, n'avait payé que d'indifférence l'amour que ce seigneur espagnolavait pour elle. Gela ne le rebutait point,

' grâce à la froideur de son tempérament : incapable d'aimer avec violence , il voyait pret^que sans chagrin le peu de progrès qu'il faisait dans

' ie cœur de la belle Maure, ou bien il s'en consolait par le plaisir de voir et d'entretenir cette dame quand il voulait , avantage qu'il avait sur ses rivaux, et qui lui tenait lieu du bonheur d'être le galant chéri. Comme Une lui avait encore

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fait connaître ses sentîmens que par des soSos peu empressés , et s'étant aperçu qu'elle se plaisait à parler maure avec Ambroise , il s'avisa de charger ce jardinier de lui faire , de sa part , une déclaration d'amour en celte langue. Ambroise accepta la commision , en promettant à son jeune maître de s'en acquitter avec tout le zèle imaginable , la première fois que l'occasion s'en présenterait : elle s'offrit dès ce] jour là même.

Les dames , après quelques tours d'allées , entrèrent dans le cabinet de verdure où elles avaient coutume de s'arrêter pour se reposer. Ambroise arriva portant une corbeille de fleurs. Don Ror drigue lui ordonna d'en faire des bouquets , et fit signe en même temps à dona Ëlvire de le suivre, comme s'il eût quelque chose de particulier à lui dire. Le frère et la sœur sortirent du cabinet , où Ozmin se voyant seul avec sa maîtresse , se préparait à lui parler d'un ton plaisant de la passion de don Rodrigue; mais il la trouva si triste , qu'il en fut étonné. Qu'avez-vous donc, madame lui dit-il d'un air attendri , Quoi ! lorsque je m'apprête à vous divertir en jouant avec vous un personnage peu différent de celui que vous avez fait cette nuit au rendez^vous, je vous vois dans un accablement mortel! Daraxa ne lui répondit que par un soupir , ce qui redoubla l'étonnement dû cava? lier jet Lui causa de l'inquiétude. Parlez ^ ajoutar

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