‹ Histoire de Guzman d' AlfaracheChapitre 74 sur 101 · LIVRE I, CHAP. IX. i · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. IX. i

trouva de sympathie entre eux , ou , pour mieux dire , ta«l ils découvrireot l'un dans l'autre d'aimables qualités. Ils souhaitaient tous deux ardemment d'être informés de ce qui se passait chez le marquis de Padilla : c'est ce qu'ils ne pouvaient apprendre que de Glarice, dont ils ne recevaient aucune nouvelle. Cette suivante , étant connue de don Louis pour celle qui avait toute la confiance de dona Elvire , était plus observée que les autres. Cependant elle eut l'adresse de tromper ses argus , et de faire tenir à don Jajmé, chez don Alonse , une lettre qui contenait un détail tel que ces deux seigneurs pouvaient désirer. Clarice mandait à Vives que son vieux patron 9 au désespoir que le faux Ambroise lui fût échappé, le faisait chercher soigneusement dans Séville par dix ou douze hommes , qui jusque-là n'en avaient fait qu'une recherche inutile ; qu'Ëlvire était fort malade, et que Daraxa avait été aussi trés^indisposée tant elle avait pris de part aux peines de son amie ; enfin que don Louis était si houteux et si chagrin de toute cette affaire , qu'il ne voulait voir personne , et qu'il devait incessamment aller demeurer à la campagne , jusqu'à ce que -tons les bruitâ qui couraient à sa honte fussent dissipés.

La lettre de Clarice fut un nouveau sujet d'entretien pour les deux cavaliers , et divertit particulièrement don Alonse , qui , n^aimanl pas la

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maison de Padîlla , ne trouvait dans cette aven* ture qtt*an ridicule qui le réjouissait. OzmÎD, ajant une si belle occasion de donner de ses nouvelles à Daraxa , lui écrivit en lan^e maure une longue lettre qu'il lui 6t tenir par Glarice. La dame maure, qui ne savait ce qu'était devenu son amant, et qui craignait qu'il n'eût été blessé la nuit qu'on avait tiré tant de coups de mousquet , fut ravie d'apprendre le sort d'une peiv sonne qui lui était si chère , et de pouvoir lui faire réponse par la même voie.

Quelques jours après , le vieux marquis partît avec sa famille et ses domestiques pour se rendre h une maison de campagne qu'il avait à une lieue de Séville : ce départ aurait fort affligé le sei* gneur maure, à cause de l'éloignement de Gla* rice, dont l'entremise lui était d'un si grand te^ cours , si dou Âlonse , pour l'en consoler , ne lui eût dit : Nous devons être bien aîses que don Louis soit à la campagne. A un qusrt de lieue de ' sa maison , j'en ai une assez belle où je vais quel» quefois. Il faut que nous y allions le plus secrè-i tement qu'il nous sera possible ; nous aurons ]k plus facilement que dans cette ville des nouvelles de nos dames ; nous pourrons même trouver l'oo» casion de les voir et de leur parler.

Vives ne manqua pas d'applaudir à ce projet, dont ils commencèrent l'exécution, son ami et lui , dès le lendemain avant le jour. Ils sortirent

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