‹ Histoire de huit ans, 1840-1848Chapitre 137 sur 179 · CHAPITRE IIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIII

sortant de sa réserve habituelle, blâmait les banquets, et se prononçait contre toute réforme. Voici ce passage : <x Au milieu de l'agitation que fomentent les passions ennemies ou aveugles, une conviction m'anime et me soutient : c'est que nous possédons, dans la monarchie constitutionnelle, dans l'union des grands pouvoirs de l'État, les moyens les plus assurés de surmonter tous les obstacles, et de satisfaire à tous les intérêts moraux et matériels de notre chère patrie. Maintenons fermement, selon la charte, Tordre social et toutes ses conditions. Garantissons fidèlement, selon la charte, les libertés publiques et leurs développements. Nous transmettrons intact aux générations qui viendront après nous le dépôt qui nous est confié ; elles nous béniront d'avoir fondé et défendu l'édifice, à Tabri duquel elles vivront heureuses et libres. » Ces phrases travaillées, dont tous les mots ont un sens précis, intentionnel, furent seules entendues par la chambre. Sur toutes les autres affaires, le roi se taisait ou s'exprimait avec des rélicences calculées : sur l'affaire des banquets, il déclarait énergiquement son avis. Vainement on demandait la réforme; elle ne devait pas être accordée. Et qui, d'ailleurs, faisait tant de bruit autour de cette question frivole? La charte offrant toutes les garanties désirables aux intérêts moraux aussi bien qu'aux intérêts matériels, la réforme ne pouvait être réclamée que par des passions, des passions ennemies ou aveugles. Voilà ce que le roi disait, et sa voix affaiblie par l'âge retrouvait quelques sons plus pleins, plus vibrants, pour envoyer cette injure aux couvives des banquets réformistes. Elle fut accueillie comme elle devait l'être. Aveugles ou ennemis, tous les orateurs de l'opposition qui avaient pris part à l'agitation réformiste

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