III
se promirent d*exercer de justes représailles. Tout ula^ pour reproduire ici les sinistres paroles du duc de Join- Yi^le, tout cela devenait très-sérieux.
Une perte domestique, qui fut d'autant plus douloureuse qu'elle n'était pas pressentie, Tint atteindre le roi le premier jour de Tannée nouvelle. Sa sœur. M""* Adélaïde, mourut à la suite d'une légère indisposition. Depuis quelque temps, le roi parlait souvent de sa vieOlesse, et sentait ses forces défaillir. Sa sœur, née le 23 août 1*777, était plus jeune que lui de quatre années. Cette fin subite le frappa comme un avertissement. Ajoutons qu'il perdait à la fois une sœur compagne des dures épreuves de sa jeunesse, et une amie qu'il consultait volontiers sur les choses de l'État; car l'intelligence presque virile de M"** Adélaïde avait toujours eu du penchant pour la politique.
Ce fut un deuil pour la cour; mais, dans le public, la cause de ce deuil fut à peine connue : personne ne s'inquiétait des affaires privées de la famille d'Orléans. Les affaires publiques suffisaient, d'ailleurs, pour occuper les esprits. Les bureaux de la chambre dioisîssaient les membres de la commission de l'adresse, et, avant même q\it celte commission fut nommée, on annonçait déjà que le débit serait animé, que toutes les voix Moquantes seraient eutesdues, et que la tribune allait retentir de véhémentes aecusa-
tiOQS.
Un événement bien plus considéraUe que h mort 4e
M"* Adélaïde, la soumission et la capture d'Abd-el-Kate,
[annoncée dans la journée du 4*' janvier, ne causa lui-méne
qu'une émotion légère.
' Établi sur les frontières du Maroc, Abd-el-Kader avait