‹ Histoire de huit ans, 1840-1848Chapitre 159 sur 179 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

paru désirer le maintien de la paix, s'était laissé persuader qu'il fallait profiter de Toccasion pour faire de la force et rétablir, par une compression opportune, les affaires trèscom promises du cabinet; M. Guizot, plus raide, plus tranchant encore qu'il ne Tétait d'habitude, déclarait qu'un gouvernement est perdu lorsqu'il pactise avec ses ennemis; M. Hébert souriait, comme il savait sourire, en disant que tout était rompu ; M. Jacqueminot, devenu subitement un foudre de guerre, témoignait par des éclats de voix qu'il était impatient de châtier les auteurs de l'agitation. Personne n'entendait plus les conseils de la prudence. Tout ce qu'on avait dit aux ministres pour les convaincre que l'opinion publique allait se prononcer contre eux, les avait engagés à faire mouvoir des bataillons; et, s'ils espéraient ' que la menace d'une répression énergique suffirait pour mettre l'opposition en déroute, ils étaient au besoin décidés à pousser les choses beaucoup plus loin.

M. Barrot et ses amis furent bien troublés quand ils apprirent que leurs explications étaient repoussées. Le gouvernement n'acceptant plus les conditions qu'il faisait lui-même proposer la veille, une collision devenait inévitable si l'opposition persistait dans ses desseins; et cette collision ne s'engageait pas au seuil de la salle du banquet, sur la question même du droit de réunion dans une maison particulière, mais sur la place de la Madeleine, au lieu désigné pour le rendez-vous commun des invités^ des souscripteurs, des gardes nationaux, etc. , etc. , et sur une question très-différente, celle du droit d'attrouppement sur la place publique, droit barbare, supprimé par de sages lois, comme l'opposition le reconnaissait volontiers. Évidemment les circonstances ne lui étaient pas favorables.

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