CHAPITRE IV
donnait des espérances; un discours adressé aux électeurs de LisieuXy après sa nomination, était destiné à satisfaire ou à tromper les amis du progrès.
Dans ce discours, après avoir montré Tordre et la paix assurés, il ajoutait :
« La politique conservatrice pourra, devra se livrer aussi à d'autres soins, à d'autres œuvres. Un gouvernement bien assis a deux grands devoirs. II doit avant tout faire face aux affaires quotidiennes de la société, aux incidents, aux événements qui surviennent dans sa vfe, sans aller au-devant de ces événements, sans chercher des affaires ; c'est bien assez de suffire à celles que la Providence nous envoie et de les conduire sagement. Ce devoir rempli, le gouvernement doit aussi s'appliquer à développer dans la société tous les germes de prospérité, de perfectionnement, de grandeur. Développement tranquille et régulier, qui ne doit point procéder par secousses, ni poursuivre des chimères, mais qui doit s'adresser à toutes les forces saines que possède la société, et lui faire faire chaque jour un pas dans la carrière de ses espérances légitimes. C'est là, sans nul doute, pour la politique conservatrice, un devoir impérieux, sacré, et c'est là aussi, soyez-en sûrs, Messieurs, un but que, cette politique seule peut atteindre. Toutes les politiques vous promettront le progrès; la politique conservatrice seule vous le donnera. »
C'était un engagement solennel pris par M. Guizot; il ne fallut pas longtemps pour apprécier le cas qui devait être fait de sa parole.
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CDAPITRE Y.
Sesiioa de quelques jours. — ll«ijorité prononcée en Unnr dn mînntère, — Insuffisance de la récolte, misère des campagnes. — Imprévoyance du ministre de Tagriculture. — Crise financière. — Position difficile de la Banque. — Mariages espagnols. — Koureanx dissentimenU entre 11 France et l'Angleterre.
La session de la nouvelle chambre qui s'ouvric It 19 août, fut sans darée. Ce n'était, pour ainsi dire, f*^**^ revue des forces mutnelies des partis; le cabineldais A^ citer du résultat; une majorité de 120 voix douB9aWii«^ dence au candidat ministériel, H. Sauiet. LeflMWr^*^ Topposition, H. Odilon Barrot, n'eut que tère du 29 octobre parut désormais i Ti Au moins avait-il devant lui les ture dévouée. Rassuré désonnaii pouvait eo toute sécurité enliu àm ir^ progressives, promises par M.
teurs. Hais le succès mtec IJjpie'*'-^*^**^ ^' • • * avait promis au momcn****^**"*'^* ""^ triomphe. Se crojaii
était maître du parlement, M. Guizot ferma Toreille à toute demande d'amélioration, repoussa tout progrès, se retrancha dans une opiniâtre immobilité, et content de ce qu'il était et de ce qu'il avait, prétendit que toute la France fût contente avec lui ; aveugle et inflexible jusqu'au jour où il succomba sous le mécontentement de toute la France.
La courte session d'août ne fut que l'enregistrement d*un triomphe, et les députés se séparèrent au moment même où des crises intérieures et extérieures auraient dû éveiller toutes leurs sollicitudes. L'intérieur était menacé en même temps d'une disette alimentaire et d'une disette pécuniaire. L'extérieur était assombri par le soulèvement général de toute la diplomatie européenne contre la France, par suite de ce qu'on appelait les mariages espagnols. Nous allons parcourir rapidement ces divers incidents.
La récolte des céréales en 1845 avait été médiocre, et Tinsuffisance fut d'autant plus sentie, qu'en même temps la pomme de terre était frappée d'une maladie inconnue qui réduisait de moitié les ressources des cultivateurs. On comptait sur une nouvelle récolte pour combler les vides; la récolte de 1846 fut encore plus désastreuse; le déficit s'accrut dans des proportions enrayantes. Une sécheresse extraordinaire, tout en donnant au grain une qualité supérieure, en diminua le rendement d'une manière alarmante. La crainte et la spéculation, se combinant avec les besoins réels, un renchérissement extraordinaire se manifesta sur tous les marchés, même avant que la récolte fût commencée. Ce qui contribuait à l'augmenter, c'est que tous les autres pays de l'Europe, et l'Angleterre surtout, menacée d'une crise semblable, faisaient des demandes considérables.
Le commerce, désespéré, fit un appel au gouverne*